OTAN : ‘Beaucoup de pays attendent de la France autre chose qu’un alignement’
‘Pour beaucoup de pays dans le monde, la décision de la France de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN est symbolique d’un renoncement français à une certaine autonomie de pensée et d’action dans les relations internationales’, estime Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, dans un chat au Monde.fr
Pierre-carole : L’intégration complète des armées françaises dans l’OTAN ne signifie-t-elle pas que, pour longtemps, la France renonce à promouvoir une force de défense européenne commune et indépendante ?
Hubert Védrine : C’est tout le débat. Le président de la République nous dit que de l’intérieur il va pouvoir faire avancer ce projet. La plupart des opposants ou des critiques en doutent énormément, compte tenu de l’expérience qu’on peut avoir de la politique américaine, du poids du Pentagone et du fonctionnement de l’OTAN.
Cela dit, pour être honnête, il faut rappeler que le projet de défense européenne se heurte déjà à beaucoup d’obstacles, le premier étant qu’il n’y a pas de vraie volonté chez les autres Européens pour promouvoir une défense européenne. Ils craignent que ça ne fasse double emploi avec l’OTAN, ils n’ont pas envie de dépenser plus pour la défense, et ils n’ont pas forcément envie de prendre plus de responsabilités. Donc il faut reconnaître que ce projet est difficile à mettre en oeuvre, que l’on soit ou non dans le système intégré. Mais on a du mal à comprendre pourquoi, en s’intégrant plus, on aurait plus d’influence sur ce projet, qui est un projet d’autonomie.
antoniou : Si vous aviez été ministre des affaires étrangères, vous seriez-vous prononcé contre le retour de la France dans le commandement intégré ?
C’est une des raisons pour lesquelles je ne pouvais pas être ministre dans ce contexte. J’ai d’ailleurs déjà écrit dans mon rapport de l’automne 2007 pourquoi ça ne me paraissait pas une bonne chose. Nous étions dans une situation optimum, et à mon avis il n’y avait pas de raison convaincante pour en sortir. Les Américains eux-mêmes ne le demandaient plus. Donc je n’aurais pas pu approuver ce processus .… lire la suite de l’article sur Le Monde.fr
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