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Xavier Dupont de Ligonnès : retour sur l’une des plus mystérieuses énigmes criminelles

Xavier Dupont de Ligonnès arrêté à l’aéroport de Glasgow en




La fin d’une cavale de 8 ans ? Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011 à Nantes, aurait été arrêté vendredi 11 octobre après une “dénonciation anonyme” à l’aéroport de Glasgow (Écosse) en provenance de Paris sous une fausse identité, selon des informations du Parisien.
A son arrivée en Ecosse, un homme aurait été contrôlé et ses empreintes correspondraient à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, selon deux sources françaises proches de l’enquête, confirmant une information du Parisien. Les enquêteurs attendent cependant “les comparaisons ADN pour être complètement certains”, selon l’une de ces sources.

Depuis huit ans, Xavier Dupont de Ligonnès est activement recherché. A maintes reprises, des signalements sont parvenus aux enquêteurs dont les milliers de procès verbaux rédigés n’ont pas permis de dire s’il était mort ou vivant, s’il avait pu organiser sa fuite ou s’il s’était suicidé. Tout débute en avril 2011. Le 1er, Xavier Dupont de Ligonnès achète dans plusieurs magasins du ciment, une bêche et une houe et, le lendemain, quatre sacs de 10 kg de chaux.
Le macabre scénario imaginé par le tueur
La nuit du 3 au 4 avril est la “date probable” du décès de la mère, Agnès, et des enfants Benoît (13 ans), Anne (16 ans) et Arthur (21 ans), selon le parquet de Nantes. Le 5, Thomas (18 ans) rentre à Nantes dans la soirée à la demande de son père. Il est probablement tué cette nuit-là.
Six jours plus tard, le collège des deux benjamins de la famille et l’employeur de l’épouse reçoivent des courriers expliquant leur absence par une mutation en Australie. Neuf proches reçoivent un courrier expliquant le départ soudain de toute la famille pour les États-Unis par la double vie d’agent secret qu’aurait eu Xavier Dupont de Ligonnès. Dans la nuit du 12 au 13, Xavier Dupont de Ligonnès dîne seul et dort dans une luxueuse auberge du Vaucluse.

Aperçu pour la dernière fois le 15 avril 2011
Ce n’est que le 13 avril que sont passés de premiers appels à la police nantaise, provenant de voisins de la famille inquiets. De son côté, Xavier Dupont de Ligonnès est aperçu pour la dernière fois le 15, après une nuit passée au Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var). Il est vu par un témoin s’éloignant à pieds avec un sac sur le dos.
Le 19 avril, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante de l’ensemble de la famille. Deux jours plus tard, les enquêteurs découvrent les cinq corps d’Agnès et de ses quatre enfants tués par balle enroulés dans des draps et de la chaux sous la terrasse de la maison familiale. Les autopsies révèlent une “exécution méthodique”, avec chacun au moins deux balles tirées en pleine tête. Le 26 avril, une marche blanche d’hommage aux victimes réunit 450 personnes à Nantes, deux jours avant les obsèques.

Une multitude de fausses pistes
De premières fouilles infructueuses sont organisées trois jours plus tard autour de Roquebrune-sur-Argens, avant qu’un mandat d’arrêt international ne soit émis contre Xavier Dupont de Ligonnès le 10 mai 2011.
À la fin du mois de juin, de nouvelles fouilles ont lieu dans une quarantaine de cavités autour de Roquebrune-sur-Argens, puis dans les environs avec une centaine de CRS, d’enquêteurs de la police judiciaire de Toulon, de sapeurs-pompiers et quatre équipes cynophiles. Le 26 juillet, une centaine de policiers dans toute la France procèdent à une quinzaine de perquisitions et 25 auditions libres parmi les proches parents et amis de Xavier Dupont de Ligonnès. Sans résultat.
L’enquête piétine et les fausses pistes se multiplient. En avril 2015, des ossements sont découverts près de Fréjus (Var), non loin du dernier endroit où a été vu le père de famille. Ces ossements humains s’avèreront finalement ne pas être les siens. En juillet de la même année, un courrier, daté du 11, et signé “XAVIER Dupont de Ligonnès” est envoyé au bureau de l’AFP de Nantes. Au terme des expertises, la police juge que ce message énigmatique – “Je suis toujours vivant”, puis en minuscule “de là jusqu’à cette heure (sic)” – au dos d’une photo de deux de ses fils, ne permettent pas d’identifier Xavier Dupont de Ligonnès.
Aucun élément nouveau depuis janvier 2018
Le 23 mars 2016, un fonctionnaire de police est condamné à 3.000 euros d’amende pour avoir divulgué en 2012 des documents sur l’affaire. Puis, deux ans plus tard, en janvier 2018, la police intervient, sans succès, dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles pensaient avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès.
Depuis, aucun élément nouveau sur l’affaire n’avait été divulgué. Jusqu’à ce 11 octobre, où le suspect numéro 1 est repéré par des policiers de l’aéroport parisien de Roissy, qui n’ont pas le temps d’intervenir avant son embarquement, mais préviennent Interpol.
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Author : Marie-Pierre Haddad,Léa Stassinet,AFP

Publish date : 2019-10-12 08:26:00

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