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2010-2019 : comment la dernière décennie a changé notre vision de l’espace

2010-2019 : comment la dernière décennie a changé notre vision




Pendant très longtemps, l’homme croyait habiter un système solaire à part. Mais à l’aube des années 2010, un télescope spatial nommé Kepler a changé à tout jamais notre vision du cosmos en mettant au jour des planètes extrasolaires, confirmant que la Terre n’est pas une exception galactique.
Entre 2010 et la fin de sa mission en 2018, Kepler aura découvert plus de 2.700 mondes au-delà de notre système solaire. A l’aide d’autres télescopes spatiaux comme Hubble ou Tess et d’observatoires terrestres, il a permis aux astronomes de jeter des hypothèses sur leurs caractéristiques et leur éventuelle habitabilité. Dans les prochaines années, des analyses inédites de leurs atmosphères vont essayer de découvrir si elles abritent de la vie ou non.
La quête d’une autre vie est l’un des principaux fils rouges de la conquête spatiale de la décennie écoulée. On ignore encore si Mars a eu des habitants, mais on sait qu’elle a déjà réuni les conditions propices à la vie. En 2012, le rover Curiosity de la Nasa a en effet découvert des preuves que des rivières y coulaient il y a plusieurs milliards d’années. Puis que la planète rouge renfermait des sources chaudes, des lacs et peut-être même des océans ainsi que différents ingrédients chimiques propices à la vie.

La plupart des puissances spatiales projettent aujourd’hui de partir explorer Mars. Quatre nouveaux explorateurs robotiques seront par exemple lancés en 2020, l’américain Mars 2020, l’européen Rosalind Franklin, le chinois Huoxing-1 et l’émiratie Hope, pour tenter d’exhumer des indices d’une forme de vie microbienne passée dans les sols de la planète rouge. Avant d’envisager d’y envoyer des humains à la toute fin de la prochaine décennie.
Ces dernières années ont aussi confirmé le regain d’intérêt des puissances spatiales pour la Lune, qui fait désormais figure de passage obligé vers la nouvelle frontière martienne à conquérir. Première nation à se poser sur la face cachée de l’astre, la Chine espère notamment s’installer durablement à sa surface pour exploiter ses ressources. La Nasa prévoit d’y envoyer une première femme d’ici à 2024 avant d’y établir une possible base lunaire.
L’avènement des vols spatiaux commerciaux
Le dynamisme actuel de la conquête spatiale doit beaucoup à la montée en puissance de sociétés privées comme SpaceX ou Blue Origin. Sous l’impulsion d’entrepreneurs milliardaires comme Elon Musk et Jeff Bezos, ces entreprises se sont imposées ces dernières années comme des acteurs majeurs du secteur et constituent peut-être aujourd’hui la meilleure chance de faire des humains “une espèce multiplanétaire”, comme le rêve Elon Musk.
Lancés dans une course aérospatiale low-cost, SpaceX est devenu un partenaire clé de la Nasa tout en conquérant le marché du lancement de satellites privés, quand BlueOrigin travaille à mettre en place des vols touristiques suborbitaux. Les deux ont lancé et perfectionné le concept de fusée réutilisable qui est en passe de révolutionner le secteur en réduisant drastiquement le coût de l’accès à l’espace.

Au carrefour de ces projets, Elon Musk et Jeff Bezos font figure de nouveaux conquérants de l’espace. Le premier veut construire une métropole sur Mars, lancer un service de liaisons internationales via l’espace et connecter la Terre avec une méga constellation de 42.000 satellites en basse orbite. Le second est persuadé que le salut de l’humanité passera par la colonisation et la délocalisation d’une partie de nos technologies.
De nouveaux éclairages sur des mystères de l’univers
La décennie écoulée a aussi ouvert de nouvelles fenêtres sur notre compréhension de l’univers. Le 14 septembre 2015, les scientifiques ont fait les premières observations des ondes gravitationnelles, validant l’incroyable théorie d’Albert Einstein. En 1916, le scientifique avait prédit l’existence de ces ondes, générées par une déformation de l’espace-temps lorsque des masses, comme le Soleil, une étoile ou des trous noirs, voient leur énergie ou leur trajectoire modifiées. Leur existence ne faisait plus de doutes grâce à la découverte de certaines étoiles à neutrons. Mais on les pensait indécelables.
Un siècle plus tard, des physiciens ont réussi à intercepter ces vagues cosmiques voyageant à travers l’Univers. Une collision entre deux trous noirs, 29 et 36 fois la masse de notre Soleil, a permis aux scientifiques de détecter des ondes gravitationnelles dont la source était située à 1,3 milliard d’années-lumières de la Voie lactée. Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle astronomie avec l’assurance de pouvoir observer des phénomènes jusqu’ici invisibles.
Les prédictions d’Einstein ont été à nouveau validées le 10 avril 2019, avec la publication de par une équipe de scientifiques internationale de la toute première photo d’un trou noir, le supermassif M87 situé à 50 années-lumière de la Terre, prouvant l’existence de ces monstres cosmiques et confortant la théorie de la relativité générale.

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Author : Benjamin Hue

Publish date : 2019-12-24 16:00:00

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