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Pourquoi la Chine prend plus de précautions face à ce nouveau coronavirus qu’il y a 17 ans

Pourquoi la Chine prend plus de précautions face à ce



SANTÉ – Pékin a annoncé mercredi 22 janvier que la ville de Wuhan, d’où est partie l’épidémie du nouveau coronavirus, était placée sous quarantaine. Ce jeudi, la Chine a également verrouillée la ville voisine de Huanggang, alors que le bilan est passé à 17 morts.En confinant deux villes de 11 et 7 millions d’habitants pour lutter contre ce nouveau type de coronavirus, la Chine change radicalement d’attitude par rapport à la crise du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), il y a près de vingt ans, lorsqu’elle avait été accusée d’avoir tardé à donner l’alerte et tenté de camoufler l’ampleur de la situation. À la veille des congés du Nouvel An chinois, aucun avion ni train n’était censé quitter Wuhan (centre), au cœur de l’épidémie qui depuis décembre a contaminé plus de 500 personnes et fait 17 morts. Toutes les personnes décédées ont succombé à Wuhan ou dans sa région. Comme le Sras, cette nouvelle maladie se transmet entre humains et appartient à la famille des coronavirus. Mais Pékin a changé d’attitude comparé à l’épidémie de 2002-2003 (774 morts dans le monde dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong) qui lui avait valu les critiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Plus de transparence et de rapidité“Les autorités chinoises expriment la volonté de collaborer de façon plus transparente et plus rapide que pour l’épidémie de Sras”, explique à l’AFP Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé global à l’Université de Genève (Suisse). “C’est une attitude extrêmement différente par rapport à 2003 même si des questions persistent sur le nombre exact de cas et la possibilité d’une sous-estimation”. Au temps du Sras, les autorités chinoises ont mis des mois à signaler la maladie et empêché initialement l’accès d’experts de l’OMS à la province méridionale du Guangdong où elle était apparue. Pékin, conscient que son attitude sera comparée avec celle de l’époque, semble déterminé à ne pas réitérer ses erreurs de 2003. Changement d’époqueLes médias d’État eux-mêmes reconnaissent qu’à l’ère des réseaux sociaux “les agences gouvernementales ne peuvent cacher l’information même si elles le souhaitaient”. Pour Zhong Nanshan, scientifique de renom membre de la Commission nationale de la santé, qui avait aidé à évaluer l’ampleur de l’épidémie de Sras, “le pays tout entier a accru sa vigilance”, a rapporté lundi la télévision d’État. “L’épidémie de Sras d’il y a 17 ans ne va pas se répéter”.Le nouveau virus s’est déjà propagé à d’autres pays ―États-Unis, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan, Hong Kong, Japon. Mais le gouvernement chinois a publié des mises à jour régulières sur les informations concernant ce virus depuis son apparition en décembre.L’OMS salue les mesures “très fortes” de la ChineEn 2003, c’était exactement le contraire: le Sras était apparu en novembre 2002 mais Pékin avait attendu février suivant pour reconnaître la maladie, la minimisant et assurant qu’elle était “sous contrôle”. En juin 2003, le virus avait tué plus de 300 personnes en Chine, avec plus de 5329 autres cas. Sous pression de l’OMS pour rapporter tous les cas, les autorités chinoises avaient aussi interdit aux experts de l’organisation l’accès aux hôpitaux militaires de Pékin.Par contraste, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué mercredi 22 janvier les mesures “très, très fortes” prises cette fois par la Chine, estimant qu’elles allaient “diminuer” les risques de propagation hors de ses frontières. Il s’exprimait lors d’une réunion du comité d’urgence de l’OMS qui doit reprendre jeudi pour décider si le nouveau virus constitue une “urgence de santé publique de portée internationale”.À Washington, un responsable du département d’État a souligné sous couvert de l’anonymat les “signes encourageants qui montrent que le gouvernement chinois a compris la gravité de ce problème”. Mais il a ajouté: “nous restons inquiets à propos de la transparence du gouvernement chinois”. Stabilité sociale et santé publiqueCar tout n’est pas parfait pour autant. La priorité accordée à la stabilité sociale sur la santé publique pourrait avoir entravé une réponse initiale plus rapide au virus à Wuhan, estime Dali Yang, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago. Début janvier, durant la réunion annuelle des autorités de Wuhan, le gouvernement local a voulu “montrer une atmosphère de stabilité et de calme dans la région”, dit-il à l’AFP. Le maire de Wuhan a été critiqué pour avoir organisé samedi dernier un banquet auquel étaient invitées 40000 familles. C’était avant la confirmation officielle lundi d’une transmission entre humains, a-t-il expliqué mardi 21 janvier à CCTV.Et le nombre de cas rapportés par la Chine diffère des estimations de chercheurs étrangers. Les scientifiques de l’Imperial College de Londres ont estimé mercredi à 4000 le nombre de personnes contaminées, bien plus que les quelque 500 cas officiellement déclarés.À voir également sur Le HuffPost: Vous avez déjà eu un coronavirus, mais voici pourquoi celui-ci inquiète tantLIRE AUSSI :
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Author : Le HuffPost avec AFP

Publish date : 2020-01-23 11:24:27

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Tags : Huffington Post

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