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Variant du Covid : la souche mutante bien présente en France, mais à quel niveau ?

Variant du Covid : la souche mutante bien présente en France, mais à quel niveau ?




SommaireMutation du Covid en Angleterre eten Afrique du SudVariant ou nouvelle souche du Covid ?Nouvelle souche plus contagieuse ?Variant du Covid en FranceDes symptômes plus graves du Covid ?Mutation du virus sur les enfantsUne mutation résistante au vaccin ?[Mis à jour le 9 janvier 2021 à 18h02] Un nouveau cluster du variant britannique a été détecté à Marseille. 21 personnes ont été testées positives, sur les 46 membres d’une famille. “Des investigations sont en cours pour limiter au maximum la diffusion de ce variant très contagieux”, a expliqué la préfecture des Bouches-du-Rhône. Ces personnes seraient des expatriés en Grande-Bretagne, qui venaient passer leurs vacances dans les Bouches-du-Rhône, d’après l’Agence régionale de santé de PACA, citée par France 3. Les autorités sanitaires surveillent de près la propagation de la mutation du Covid-19 observée pour la première fois au Royaume-Uni, qui serait une variante plus contagieuse de la maladie. Jeudi 7 janvier, le ministère de la Santé avait indiqué que deux foyers épidémiques de la variante britannique avaient été détectés, dont un à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Une personne a contracté cette mutation de la maladie, il s’agit d’une animatrice qui est intervenue dans deux écoles de la ville. Son cas inquiète puisqu’elle n’a pas été en contact avec de personnes qui avaient voyagé au Royaume-Uni. Une campagne de dépistage massive est organisée auprès des habitants depuis vendredi et jusqu’à mardi. Le deuxième cluster évoqué par les autorités sanitaires concernait neuf personnes dans une unité de soins longue durée du Pôle gériatrique rennais de Chantepie en Ille-et-Vilaine. Finalement, l’ARS de Bretagne a précisé qu’il s’agissait d’une autre mutation du virus, différente de celle observée au Royaume-Uni. Véran : “Je ne vous cache pas mon inquiétude sur le variant anglais”Indépendamment de ces deux clusters, le ministère de la Santé a indiqué que 19 personnes au moins ont été contaminées en France par le “VOC-202012/01”, appelé précédemment VUI-202012/01 et encore appelé B.1.1.7. Il s’agit du variant anglais du coronavirus. On dénombre au moins 3 cas de contamination par la variante sud-africaine, soit “501.V2”. Cette circulation accrue du nouveau variant est à ce stade très difficile à quantifier avec précision, mais elle inquiète. Les autorités sanitaires prennent évidemment le sujet très au sérieux. En conférence de presse ce jeudi 7 janvier, le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré que “tous les labos” étaient “mobilisés pour traquer le variant”. “Nous nous attendons à en identifier davantage”, a d’ores et déjà prévenu le ministre qui promet que “toutes les mesures qui s’imposeront” seront prises “si ces variants devaient s’avérer diffusés sur le territoire national”. Sur BFMTV quelques heures plus tard, Olivier Véran a expliqué que les services traitaient ce variant “presque comme un virus différent” qui ‘donne les mêmes symptômes, ne donne pas plus souvent de cas graves que le virus qu’on connaît, mais est plus contagieux”. Jugeant la nouvelle souche “extrêmement rapide”, il a montré inquiétude et détermination : “Je ne vous cache pas mon inquiétude sur le variant anglais”, a-t-il avoué, avant de conclure : “Nous ne voulons pas que ce virus commence à se diffuser sur le territoire”.Que sait-on sur la mutation du coronavirus ?La stupeur a saisi le monde entier le samedi 19 décembre, quand les autorités britanniques ont décidé de reconfiner Londres et et le Sud-est du pays en urgence, avec déplacements interdits. En cause, la propagation d’une variante du Covid en Angleterre qui a d’emblée préoccupé les organismes scientifiques et sanitaires du pays. Les virologues britanniques ont rapidement estimé que cette mutation du virus, baptisée VOC-202012/01 (précédemment VUI-202012/01) ou plus simplement B.1.1.7, est apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent. Les premières estimations indiquaient que la mutation aurait été à l’origine de 62% des contaminations survenues à Londres en décembre et de 43% dans le sud-est, bien plus qu’à la mi-novembre.Une autre variante très proche, mais vraisemblablement sans rapport a été observée à peu près au même moment en Afrique du Sud. Cette variante, baptisée quant à elle 501.V2, n’a été d’abord décrite que comme “une variante similaire” à la souche B.1.1.7 par le ministre de la Santé sud-africain Zwelini Mkhize, dans un communiqué cité par Le Point. Néanmoins, dès le mercredi 23 décembre, le Royaume-Uni a tiré la sonnette d’alarme. “Ce nouveau variant est hautement préoccupant, parce qu’il est plus contagieux et semble avoir muté davantage que le nouveau variant qui a été identifié au Royaume-Uni”, a ainsi annoncé le ministre de la Santé Matt Hancock. Des restrictions de voyages ont donc été “immédiatement” prises outre-Manche.Doit-on parler de variant, de nouvelle souche ou de mutation du Covid ?Faut-il parler de variante, de nouvelle souche ou de mutation du coronavirus qui sévit dans le monde depuis novembre 2019 ? Il faut d’abord savoir que le SARS-CoV-2 subit depuis son émergence dans la région de Wuhan, en Chine, des mutations régulières, autrement dit des changements mineurs liés à des erreurs de réplication de brins d’ARN du virus (l’acide ribonucléique, constitutif de son génome) dans nos cellules. Ces mutations, qui n’ont généralement aucun impact, peuvent parfois à l’inverse modifier plus sensiblement le virus. On parle alors de variantes ou de nouvelles souches, qui font tous les deux référence à une modification plus structurelle et veulent donc dire peu ou prou le même chose. Parmi elles, la variante D614G est devenue la forme dominante du virus en Europe à partir du mois de février 2020. Ces variations sont communes à tous les virus, selon les spécialistes, et c’est le cas pour le Covid-19 qui aurait déjà connu 12 000 mutations.Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance, a estimé que la nouvelle variante B.1.1.7, observée en Angleterre en cette fin d’année, présentait 23 changements par rapport au virus (le Conseil scientifique français en a évoqué 24). Les premières analyses évoquaient quant à elles 17 mutations, ou altérations potentiellement importantes. Des mutations en nombre “inhabituellement grand” en tout cas, beaucoup étant “associées aux changements dans la protéine que le virus fabrique” et “à la manière dont le virus se lie aux cellules ou les pénètre”, selon des propos rapportés par l’AFP. Il s’agit donc bien de mutations qui ont abouti à une nouvelle souche du virus.La nouvelle souche du coronavirus est-elle plus contagieuse ?Le principal motif d’inquiétude au sujet de la variante B.1.1.7 du coronavirus mais aussi de la variante 501.V2 est que celles-ci seraient plus contagieuses encore que la souche dominante à ce jour en Europe. Un premier rapport du Nervtag, le groupe chargé de conseiller le gouvernement britannique sur les virus respiratoires, laissait entendre dès la mi-décembre que la variante dite “anglaise” présentait “un avantage sélectif par rapport aux autres variantes” du virus et a connu une “croissance exponentielle pendant une période lors de laquelle des mesures nationales de verrouillage étaient en place”. Surtout, les mutations du coronavirus “portent principalement sur la protéine des Spikes (spicules)”, indiquait le rapport, autrement dit les pointes qui se trouvent à sa surface du coronavirus et lui permettent de s’attacher aux cellules pour les pénétrer, jouant donc un rôle clé dans l’infection virale.Une autre étude menée par plusieurs chercheurs britanniques et publiée sur le forum scientifique Virological.org, a elle aussi laissé entendre très rapidement que cette forme du Covid serait plus contagieuse. Il est question notamment d’une des mutations observées : la mutation N501Y, liée justement aux Spikes du coronavirus. L’une des conclusions des chercheurs est que le coronavirus aurait subi “un nombre étonnamment élevé de modifications génétiques, notamment dans le domaine de la liaison aux récepteurs du virus dans le corps humain”.Jusqu’à 50 ou 70% plus contagieuse ?Ce sont ces premiers éléments qui ont fait dire à Boris Johnson mi-décembre que la nouvelle mutation pouvait se transmettre “jusqu’à 70% plus facilement”, tandis que le ministre de la Santé, Matt Hancock, a évoqué avant les fêtes une variante “hors de contrôle”. Chris Whitty, directeur général de la santé d’Angleterre, a lui aussi fait part de son inquiétude, dans un communiqué publié le 19 décembre. Il a confirmé que “le groupe consultatif sur les menaces nouvelles et émergentes des virus respiratoires (Nervtag) considérait maintenant que cette nouvelle souche pouvait se propager plus rapidement que les autres variantes du virus”. “Il semble que ce virus [soit] largement plus infectieux que la souche précédente”, a abondé le Pr John Edmunds, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, le 21 décembre, sur Science Media Centre.Un rapport publié le jeudi 31 décembre par les chercheurs de l’Imperial College de Londres, qui ont analysé des milliers de génomes de virus du Sars-CoV-2 séquencés entre octobre et décembre, confirme que ce variant à un “avantage important” en termes de contagiosité : 50 à 75% plus contagieux, ou un taux de reproduction du virus (R) entre 0,4 et 0,7 supérieur au virus habituel. Une étude britannique publiée le 4 janvier semble confirmer que cette forme mutante du virus serait plus rapide dans sa transmission. Une souche “50% à 74%” plus contagieuse résume pour sa part l’un des auteurs, Nick Davies, biologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM). L’étude fait part de son inquiétude quant à un nombre de personnes contaminées plus important et donc une forte hausse des hospitalisations. Des conclusions contradictoires sur la contagiositéMardi 22 décembre, des experts américains ont débuté des premières études sur la nouvelle souche du coronavirus et selon ces dernières, il n’y a aucune preuve d’une contagiosité plus élevée. “Il n’y a pas de preuve tangible que ce virus soit effectivement plus contagieux”, mais “il y a des preuves claires qu’il est plus répandu dans la population”, a fait savoir Moncef Slaoui, le conseiller principal du programme gouvernemental de vaccination, à l’occasion d’une conférence de presse.”Les éléments de preuve sont encore insuffisants pour permettre de se faire une opinion ferme sur la question de savoir si le virus a réellement augmenté la transmission”, a aussi déclaré le professeur Jonathan Ball, virologue à l’université de Nottingham, dans des propos repris par la BBC le même jour. Plus mesurée elle aussi, l’Organisation mondiale de la santé a rejeté l’idée d’un variant “hors de contrôle”, en indiquant que les taux d’incidence du virus avaient pu être élevés lors de la première vague sans pour autant que la situation n’échappe au contrôle des autorités sanitaires.Interrogé sur le sujet en France, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, estime qu’il faut rester prudent, sans s’alarmer. “La crainte, c’est une véritable mutation de la protéine Spike, c’est-à-dire celle qui permet au virus de s’accrocher. Or, celle décrite par les Anglais porte sur cette protéine, et des données suggèrent que le virus serait plus infectieux. Cela demande à être confirmé. Je ne suis pas inquiet car nous avons déjà levé ce type d’alerte : rappelez-vous les récentes craintes sur les visons” disait-il au Parisien mi-décembre.Pour Guillaume Rozier, fondateur de Covid Tracker et interviewé par les Dernières Nouvelles d’Alsace, “beaucoup d’éléments vont dans le sens d’une variante plus transmissible”. “Or, c’est pire d’avoir un virus qui se transmet plus vite, qu’un virus plus mortel. Il vaut mieux un virus 50 % plus mortel, qu’un virus 50 % plus transmissible. Cela peut sembler contre-intuitif mais, à moyen terme, un virus plus transmissible causera plus de morts qu’un virus plus mortel”, a-t-il expliqué.La mutation du coronavirus circule-t-elle en France ?Un premier cas positif a été détecté en France, vendredi 25 décembre, plus spécifiquement à Tours. La personne contaminée est un homme français, domicilié à Londres et en séjour à Tours depuis le 19 décembre. Asymptomatique, il a été pris en charge par le CHU de Tours et placé à l’isolement. “Il se porte bien”, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué mis en ligne le jour de Noël. Le 21 décembre, Emmanuel Macron avait qualifié cette mutation du virus de “problématique”. “On doit redoubler de vigilance. Tout cela montre la complexité du virus, son agressivité, oserais-je dire son inventivité et l’humilité qu’il nous faut toujours avoir”, a-t-il déclaré durant une réunion de crise. Samedi 2 janvier 2021, c’est l’Aviron Bayonnais qui a révélé être touché par cette mutation du virus. Au moins sept membres du club de rugby de Top 14, dont des joueurs, auraient été contaminés le 19 décembre à l’occasion d’un match contre le club anglais de Leicester, et testés positifs à ce variant du Covid-19 pendant les fêtes. Depuis, d’autres cas ont été détectés dans le pays.Preuve que la découverte de cette mutation du coronavirus préoccupe au sommet de l’État, la France avait choisi de fermer sa frontière aux déplacements avec le Royaume-Uni pour 48 heures le dimanche 20 décembre, afin de se prémunir au maximum d’une contamination sur son sol. Une reprise limitée du flux des personnes du Royaume-Uni vers la France a toutefois été annoncée à l’issue de ces 48 heures. Depuis le 23 décembre, et après deux jours de fermeture des frontières, les Français, les ressortissants de l’Espace européen et les ressortissants britanniques ou de pays tiers qui, soit résident habituellement en France, dans l’Union européenne ou dans l’Espace européen, soit doivent effectuer des déplacements indispensables, sont autorisés à revenir en France. Le 25 décembre, le ministère de l’Intérieur a fait savoir que des mesures restrictives étaient maintenues au moins jusqu’au 6 janvier. “Seules certaines catégories de personnes sont autorisées à se déplacer vers la France ou à y transiter depuis le Royaume-Uni, munies d’une attestation de déplacement”, a indiqué Beauvau dans communiqué. Par ailleurs, toute personne souhaitant rejoindre l’Hexagone doit également se munir d’un test PCR négatif de moins de 72 heures.La circulation de cette nouvelle souche du Covid en France sera en tout cas difficile à évaluer avec précision. Samuel Alizon, chercheur au CNRS et spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses a indiqué il y a quelques jours dans Libération que la France était un mauvais élève dans le séquençage de la maladie. “La France a partagé environ 2 500 séquences contre 123 000 pour le Royaume-Uni”, expliquait-il dans le quotidien. La propagation de l’autre variante, détectée en Afrique du Sud, est encore inconnue. Les symptômes de la variante du Covid sont-ils plus graves ?Le ministre de la Santé britannique a indiqué le 20 décembre que “la nouvelle souche (de coronavirus, ndlr) était hors de contrôle”, justifiant ainsi les mesures de confinement imposées, mais il a bien précisé que les travaux en cours n’avaient pas pointé de symptômes plus graves. “Rien n’indique qu’il est plus mortel ou qu’il cause une forme plus sévère de la maladie”, a également précisé le Premier ministre britannique Boris Johnson. De son côté, le Nervtag, conseil consultatif britannique, a conclu que les données actuelles sont insuffisantes pour tirer une quelconque conclusion sur la gravité de la nouvelle souche, estimant que “4 décès sur environ 1 000 cas ont été identifiés”, mais que “d’autres travaux sont nécessaires pour comparer ce taux de mortalité avec des ensembles de données comparables”. Quant à la variante sud-africaine mentionnée plus haut, elle pourrait être pour sa part plus dangereuse, même s’il faut se garder de toute conclusion alarmiste, faute de connaissance suffisante. Celle-ci aurait provoqué des formes sérieuses de la maladie chez des jeunes patients ne présentant pas de comorbidités.En France, le virologue Bruno Lina, membre du Conseil scientifique, a estimé le 22 décembre sur RTL que “ce clone infectieux n’est pas plus pathogène” et “ne donne pas des infections plus grave” que les autres variantes. D’après une étude publiée fin novembre dans la revue de référence Nature, des chercheurs ont rappelé que “les mutations récurrentes actuellement en circulation semblent être neutres sur le plan de l’évolution et principalement induites par le système immunitaire humain, via l’édition de l’ARN”. Pour la souche trouvée dans le sud de l’Angleterre, les conclusions sont les mêmes : “la variante est porteuse du N501Y, a priori sans mutation inquiétante”, expliquait François Balloux, directeur de l’Institut de génétique de l’University College London, le 20 décembre à l’AFP.Le Conseil scientifique français a rendu public, le 29 décembre, un avis émis une semaine plus tôt et qui s’est penché sur ce qu’il appelle le “clone anglais ‘VUI-UK'”. “Les données actuelles fournies par les autorités britanniques rapportent une augmentation du risque de transmission […], mais aucune différence n’est notée à ce jour en termes de pathogénicité (manifestations cliniques, durée de la maladie) ou d’échappement à la réponse immunitaire des personnes déjà infectées”, écrivent les experts en charge de conseiller le gouvernement français sur le coronavirus. “Ces données épidémiologiques doivent inciter à la prudence, mais demandent à être confirmées à moyen terme”, écrivent encore les scientifiques qui écartent donc à ce stade tout “risque de réinfection” d’une personne ayant déjà eu le coronavirus (“Les premières données montrent que des sérums issus de patients ayant fait un COVID avec une autre souche peuvent neutraliser le clone anglais in vitro”).Les enfants sont-ils plus touchés par la mutation anglaise ?Autre information s’étant répandue comme une traînée de poudre : celle selon laquelle les enfants serait davantage touchés par cette mutation du Covid-19. Une interview a notamment frappé les esprits le 1er janvier : celui de Laura Duffel, infirmière en chef de l’hôpital King’s College de Londres. Celle-ci a alerté sur la BBC sur la situation sanitaire alarmante de l’établissement, où une “aile entière” aurait été “occupée par des enfants”. L’incidence de la variante du Covid chez les enfants a aussi été analysée par une étude en prépublication de l’Imperial College, dirigée par l’épidémiologiste Neil Ferguson. Celle-ci a conclu, le 31 décembre dernier, que les moins de 19 ans étaient “significativement plus nombreux” à être infectés par la version mutante du virus que par la souche d’origine. Mais ces conclusions ont très vite été nuancées voire démenties par d’autres scientifiques et par les données des autorités sanitaires. Au lendemain du témoignage de Laura Duffel sur la propagation du coronavirus chez les enfants, le Collège royal de pédiatrie et de santé infantile (RCPCH) a publié un communiqué pour contester le tableau dépeint par l’infirmière et pour assurer qu’il n’y avait “pas de pression significative du Covid-19 en pédiatrie au Royaume-Uni”. La Public Health England, agence de santé britannique, a pour sa part indiqué dans un rapport que les admissions à l’hôpital n’avaient pas augmenté en fin d’année, alors même que la nouvelle souche du Covid poussait les autorités à reconfiner le sud du pays (depuis le mercredi 6 janvier, c’est l’ensemble du Royaume-Uni qui est de nouveau confiné).En France, un communiqué publié par plusieurs experts en pédiatrie a réaffirmé que les données britanniques sur les hospitalisations ne reflétaient pas d’augmentation significative pour les plus jeunes. Selon Robert Cohen, président du Conseil national de la pédiatrie, qui s’est exprimé le 3 janvier dans Le Parisien, “le Covid-19 n’était pas un souci particulier pour les enfants, sauf de rares complications. Mais avec cette mutation, comme il est plus contagieux, les jeunes vont contaminer davantage de personnes, que ce soit leur entourage familial, ou à l’école. Il faut donc que l’on se donne plus de moyens pour le détecter, notamment à l’école”. Toutefois, “le variant anglais ne provoque pas, pour l’instant au moins, d’afflux supplémentaires de jeunes patients dans les hôpitaux britanniques”, rassure -t-il. Interrogé sur France Inter le 4 janvier, il a aussi estimé que “ce variant britannique est plus contagieux que les autres variants, en revanche il n’est pas plus contagieux chez les enfants que chez les adultes”. Sur BFMTV enfin, le pédiatre a reconnu qu’il fallait “multiplier le nombre de tests” et “envoyer les prélèvements pour un séquençage, pour voir si ce variant anglais, qu’on n’a jamais encore isolé chez un enfant en France, apparaît”. Même son de cloche du côté de la la Société française de pédiatrie. Pour 20 Minutes, sa présidente Christèle Gras-Le Guen estime que “la proportion d’enfants positifs par rapport aux adultes reste minoritaire et on ne constate pas de formes plus graves “. Selon elle, la situation en pédiatrie est même rassurante : “alors que d’habitude, on croule sous les grippes et les bronchiolites, cette année, nos services pédiatriques sont vides… “, indique-t-elle. Ce qui ne l’empêche pas de nuancer : “il faut qu’on reste vigilant, qu’on continue à tester les enfants. Et s’ils sont positifs, qu’on séquence la souche pour voir si c’est ce variant”.Le jeudi 7 janvier sur BFMTV, le ministre de la Santé Olivier Véran s’est aussi montré prudent : “Statistiquement, c’est extrêmement rare que les enfants se contaminent à l’école. Pour le variant anglais, j’ai besoin d’études scientifiques plus étayées. Aujourd’hui, il ne circule pas chez les enfants, donc il n’y a pas lieu d’avoir peur”.Le vaccin est-il moins efficace face à cette mutation du Covid ?Il est très vraisemblable que les vaccins, déjà utilisées ou sur le point de l’être, soient efficaces contre la mutation anglaise. Les vaccins à ARN, dont le Pfizer-BioNTech déployé en France depuis le dimanche 27 décembre, resteraient efficaces sur cette nouvelle mutation. Dans un communiqué publié le vendredi 8 janvier, le groupe Pfizer a annoncé que son vaccin, développé avec BioNTech, pouvait d’ores et déjà “neutraliser” les variants britannique et sud-africain du Covid-19. Le PDG du laboratoire BioNtech, qui a mis au point le principal vaccin avec Pfizer, a par ailleurs assuré dès la fin décembre que son groupe sera capable de fournir un nouveau vaccin “en six semaines” en cas de mutation significative du Covid.Ces perspectives optimistes semblent pour l’instant partagées par les scientifiques et les autorités sanitaires. “En terme de vaccination, il n’y a pas trop de différence entre ces deux virus. Les vaccins tels qu’ils ont été produits devraient nous protéger”, assurait sur RTL le 22 décembre Bruno Lina, membre du Conseil scientifique et professeur de virologie au CHU de Lyon. Et d’ajouter qu’en cas d’altération, les scientifiques pourront réagir rapidement : “On pourrait faire exactement comme pour les vaccins contre la grippe en changeant une partie de la formule. Ce n’est pas très compliqué à faire”. Une analyse partagée par le Professeur Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches et référent vaccin Covid-19, qui s’est exprimé auprès d’Europe 1. “Nous n’avons pas de raison de penser que cela pourrait modifier la réponse à la vaccination, car il ne s’agit pas d’une mutation de l’ensemble de la cible du vaccin. C’est seulement une petite partie. Mais on peut imaginer que l’on passe d’un vaccin d’une efficacité de 95% à une efficacité de 85%”, a-t-il déclaré. D’après les modèles développés sur certains animaux, les nouvelles souches du Sars-CoV-2 n’empêcheraient pas l’action des anticorps, a de son côté souligné Le Figaro.Le ministre français de la Santé Olivier Véran a fait savoir lui-aussi qu’a priori, “il n’y a pas de raison de penser que le vaccin soit moins efficace”. Il suit sur ce point l’avis de l’OMS qui considère pour le moment que cette mutation devrait bien être stoppée par les campagnes de vaccination.Des virologues appellent toutefois à vacciner rapidement, pour éviter que le virus ne se propage, continue de muter et devienne imperméable au vaccin. Ravindra Gupta, virologue de l’Université de Cambridge, a estimé sur la BBC que “si nous laissons de virus muter davantage, alors nous pouvons commencer à nous inquiéter”. Selon ce professeur qui travaille sur les mutations virales, le SARS-CoV-2 est “potentiellement sur le point de sortir du cadre du vaccin” et a même “fait quelques premiers pas dans cette direction”. Le professeur David Robertson, de l’université de Glasgow, a pour sa part indique que le coronavirus sera à l’avenir “probablement capable de générer des mutations qui contournent le vaccin”. Un scénario que n’a pas écarté Moncef Slaoui, le conseiller principal du programme américain de vaccination, pour qui “il est impossible d’exclure qu’un jour, quelque part, un virus parvienne à échapper à la réponse protectrice provoquée par le vaccin”. Au fur et à mesure que le virus s’adaptera aux vaccins, il faudra donc aussi que ces derniers évoluent.



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Publish date : 2021-01-09 17:02:00

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