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Pourquoi il faut voir la série “Veneno”, sur l’icône trans Cristina Ortiz

Pourquoi il faut voir la série “Veneno”, sur l’icône trans Cristina Ortiz



Alors que la grande Pose, située dans le New York des bals queer, termine sa course ce mois de mai avec une troisième saison ultra attendue – visible sur MyCanal) -, c’est d’Espagne qu’arrive une nouvelle série consacrée à la communauté transgenre, dans une atmosphère bien différente, moins directement consciente des enjeux de représentation contemporains mais assez fascinante dans les sujets dont elle se saisit.

Veneno raconte l’histoire d’une icône espagnole des années 90, Cristina Ortiz Rodrigues, femme trans, prostituée, mannequin et star de la télé trash de l’époque. Etendard des luttes LGBT+ très connue dans son pays, celle qu’on appelait “La Veneno” est morte en 2016 après avoir à peine dépassé la cinquantaine.

La série explore sa vie comme un biopic atypique, aussi agitée et outrancière que son personnage central. C’est d’ailleurs le premier aspect qui saisit et accroche dans les huit épisodes : le désir de fiction et de romanesque irrigue chaque scène, sans limites ou presque, comme si le monde devenait une scène de cabaret.

La façon dont La Veneno a fait de son existence une performance électrise la fiction. Elle apparait comme un moteur inépuisable d’imaginaire, dans toutes les situations de sa vie. Après un début qui la montre alors qu’elle est redevenue une semi-anonyme pleine de regrets, la série éclaire peu à peu rétrospectivement ce qui a fait d’elle une star d’un nouveau genre. Son enfance dans une famille qui ne le comprend pas, au cœur d’une petite ville andalouse, offre des moments choquants d’homophobie parentale et sociale. Veneno ne recule devant rien ou presque, montrant la violence infligée par celles et ceux qui se réclament pourtant de l’ordre et de la morale. Ce thème traverse toute la série, comme une ombre menaçante, même quand l’héroïne a acquis un statut censé la protéger.

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Entre Almodovar et Waters

Dans son goût pour les allers-retours entre les époques, un certain too much coloré proche du soap et des thématiques liées au corps et à ses états extrêmes, Veneno se rattache à la tradition instaurée en Espagne par Pedro Almodovar – ou par John Waters de l’autre côté de l’Atlantique. On y pense souvent, même si le style n’est pas forcément le point fort de Javier Ambrossi et Javier Calvo, le couple de scénaristes à l’origine du projet. Tous les deux ont fait leurs armes en tant qu’acteurs de soaps et ont acquis une certaine célébrité en Espagne – l’un a été récemment engagé comme juré dans la version locale de RuPaul’s Drag Race. Ils portent clairement le désir de rendre populaire la culture queer, ce qui ne les vaccine pas contre certains excès franchement malvenus – certaines crises de La Veneno et son rapport à la drogue ont déjà été vus mille fois – mais leur donne aussi un souffle évident. La bonne idée de la série consiste à mettre en avant un personnage de jeune étudiante trans contemporaine dont on suit le parcours. Elle rédige un livre pour mettre en lumière la vie de celle qui la fascine, avec des yeux d’aujourd’hui.

Red flags

Il y a dans Veneno ce que certain·es militant·es queers actuel·les appellent des ”drapeaux rouges” (“red flags” dans le langage anglo-saxon dont le concept est issu) qui concernent surtout la sexualisation à outrance des corps trans. Les luttes actuelles insistent sur le fait que trop de raccourcis ont été faits dans les décennies passées, associant systématiquement les personnes transgenres à leur sexualité. Cet aspect majeur de la représentation, la série le prend en compte comme un fait, presque une donnée de base, sans la critiquer au premier abord. L’héroïne le dit elle-même : “Les hommes m’utilisent pour assouvir leurs fantasmes, mais je m’en fiche”.

Veneno ne se prive pas de filmer sous toutes les coutures le corps de cette femme aux formes qui remplissent tous les canons de la féminité caricaturale (gros seins, gros cul, maquillage et cheveux flamboyants), exploitant d’une certaine manière son image – précisons que les actrices qui incarnent le personnage central à plusieurs moments de sa vie sont toutes trans, fort heureusement. Elle montre à quel point ce point de vue patriarcal sur le corps des femmes a donné du pouvoir à La Veneno en même temps qu’il l’a enfermé dans un cycle de violence. On pense à ce moment-là à plusieurs icônes des années 1990-2000, au-delà de la communauté transgenre, de Loana à Lolo Ferrari. Celles que la machine télévisuelle et surtout le regard social ont porté aux nues et dévoré avec férocité.

Roman d’apprentissage, escapade queer, petite leçon d’histoire des discriminations sociales, sexistes et homophobes, biopic post-Une étoile est née : Veneno porte bien des casquettes en même temps, ce qui induit une sorte de bordel permanent, malpoli, raté parfois, mais toujours extrêmement vivant. Grand succès en Espagne, ces huit épisodes rappellent aussi à quel point la France reste frileuse quand il s’agit de saisir des mondes et des personnages en dehors des clous.

Veneno. A voir sur la plateforme Brut X

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Author : Olivier Joyard

Publish date : 2021-04-30 16:38:02

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Tags : Les Inrocks

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