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“Resident Evil Village” : quand le jeu d’horreur est à son meilleur

“Resident Evil Village” : quand le jeu d’horreur est à son meilleur



“Regarde par la fenêtre”, peut-on lire au dos d’une vieille photo abandonnée dans la maison vide. Alors on se redresse pour jeter un œil à l’extérieur et, à cet instant précis, un zombie surgit de l’autre côté de la vitre. Sursaut : on s’est encore bien faire avoir. Bienvenue dans Resident Evil Village (aka Resident Evil VIII), le nouveau volet de la saga d’horreur japonaise dont les créateurs maîtrisent toujours leurs effets.

C’est d’ailleurs ce qui, au cours des toutes premières heures de jeu, peut susciter une certaine réticence. Après l’audacieux virage qu’avait pris la saga avec son épisode VII en allant piocher des idées dans des registres horrifiques qui lui semblaient étrangers (le found footage, le torture porn…), Resident Evil Village semble d’abord marquer un retour en terrain connu avec son village aux habitants ensauvagés qui rappelle celui de Resident Evil 4 puis son château luxueux et néanmoins mal fréquenté dont on explore méthodiquement les étages, passages secrets compris, comme dans le premier épisode de la série. Sans parler des déambulations constantes, dans ledit château, d’une certaine créature particulièrement agressive qui se lance à notre poursuite dès qu’elle nous aperçoit tel le Nemesis de Resident Evil 3 (mais en nettement plus sophistiqué). Tout cela ne serait-il pas un peu trop sage et familier ? 

Défilé de monstres

On en viendrait presque à voir le brutal enlèvement par Chris Redfield, protagoniste historique de la saga, dont est victime au début de l’aventure Ethan Winters, le héros de cet épisode qui était déjà celui de Resident Evil VII, comme une forme d’aveu : après son audacieuse escapade de 2017, Resident Evil serait-il ramené de force à la maison (des horreurs) ? Pas exactement, car malgré le nombre de séquences, de lieux, d’adversaires ou de dispositifs ludiques qui en rappellent d’autres – en particulier de Resident Evil 4 –, cette virée au Village est très loin de tourner à la balade monotone.

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D’abord parce que, du volet précédent, le jeu conserve l’intensité, l’épaisseur et le côté fiévreux qui en ont fait une expérience profondément marquante, y compris si, pas téméraire, on évite ses modes de difficulté les plus cruels. Mais si Resident Evil Village se révèle tout sauf routinier, c’est surtout grâce à son sens magistral de la mise en scène, de son défilé de monstres idéalement répugnants (avec une mention toute particulière pour la chose qui rôde dans la maison Beneviento) à l’utilisation inventive de ses somptueux décors (qui profitent pleinement des capacités des nouvelles consoles) en passant par ce que l’on pourrait appeler sa “direction” des joueurs et joueuses comme, au cinéma ou au théâtre, on parle de la direction d’acteurs. Resident Evil Village est ainsi de ces jeux qui donnent le sentiment de nous emmener toujours exactement là où ils le veulent, même quand on croyait avoir pris des chemins de traverse (ce qui est aussi possible dans cet épisode dont le monde s’ouvre progressivement et qui se rapproche d’un “Metroidvania” par son système de progression). Là où ils veulent, c’est-à-dire là où ça secoue, là où ça fait froid dans le dos. 

Parc d’attractions

La maison des horreurs, disait-on. Ce pourrait être le nom de l’une des habitations que l’on visite dans ce jeu qui se parcourt un peu comme un parc d’attractions. Sur notre plan du village et de ses environs où les bâtiments changent de couleur quand on a découvert tout ce qu’ils avaient à nous offrir, on fait le point. Il y a le château de la noble dame possédée, le monstre du lac artificiel… Et ensuite, on fait quoi ? On va voir la parade ? A noter que, comme à Disneyland, le trajet entre deux manèges est aussi un espace qui se visite et où l’on peut croiser quelques joyeux drilles – sauf que ce sera ici un loup-garou grimaçant ou un affreux zombie plutôt que Mickey et Minnie. N’oublions pas non plus le marchand, alias le “Duc”, qui apparaît un peu partout pour nous proposer de refaire le plein de potions de soin ou de munitions, d’améliorer notre arsenal (car, plus que le précédent, Resident Evil Village est aussi un jeu de tir) ou de nous racheter les trésors divers dont on souhaiterait se défaire. Ce marchand devient vite une présence réconfortante dans un jeu qui, par ailleurs, ne nous épargne pas grand chose.

Des doigts arrachés, une main coupée, des créatures qui se précipitent sur nous pour nous mordre ou nous transpercer : globalement bien sanglant, Resident Evil Village se distingue tout particulièrement par les sévices qu’il fait subir à notre personnage. Lorsqu’on ne se montre pas à la hauteur de ses défis, bien sûr – c’est la règle du jeu – mais aussi, régulièrement, lors de scènes cinématiques qui ne dépendent en rien de nos actions et dont l’impact est encore accru par la représentation en vue subjective héritée de Resident Evil VII. C’est vers nous que les monstres arrivent, c’est à nous qu’ils vont faire du mal et il y a quelque chose d’assez étrange et perturbant à se voir ainsi souffrir virtuellement. S’il fait un usage efficace du hors-champ et des effets suggestifs (bruits à la provenance incertaine, mouvements entraperçus dans le noir, pièce que l’on retrouve changée quelques minutes à peine après l’avoir quittée), le jeu est d’ailleurs largement tourné vers le “voir”. Voir ce qui fait peur, ce qui fait mal, ce qui perturbe et pourrait provoquer des cauchemars (ici, entre autres, la religion, l’enfantement, les rapports de classe…) Jouer à se faire peur, c’est d’abord jouer à voir ce qui (nous) fait peur, le regarder en face pour bien le reconnaître, frémir et s’en remettre – ou quand le grand huit se fait presque psychanalytique. Allez, on jette encore un coup d’œil par la fenêtre ? Cette fois, ce sera peut-être vraiment atroce.

Resident Evil Village (Capcom), sur PS4, PS4, Xbox One, Xbox Series X/S, Windows et Stadia, de 50 à 70€.

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Source link : https://www.lesinrocks.com/actu/resident-evil-village-quand-le-jeu-dhorreur-est-a-son-meilleur-379553-14-05-2021/

Author : Erwan Higuinen

Publish date : 2021-05-14 14:52:10

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Tags : Les Inrocks

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