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Au théâtre de l’Odéon, pas de spectacles et une occupation qui continue

Au théâtre de l’Odéon, pas de spectacles et une occupation qui continue



Ce mercredi 19 mai, alors que les salles de spectacles, dans toute la France, ont enfin la possibilité de rouvrir leurs portes au public, le théâtre de l’Odéon n’y prendra en fin de compte pas part. Ce n’est pas La Ménagerie de Verre, mise en scène par Ivo van Hove, qui s’y joue comme il était prévu depuis des semaines, mais plutôt l’avenir du mouvement des occupations des théâtres. Une affaire compliquée, aussi tendue que désolante, dont les rebondissements sont bien plus improbables que ceux de la pièce de Tennessee Williams.

A 14 heures, la situation est complètement bloquée. La direction du théâtre, assurée par Stéphane Braunschweig, et les occupants, toujours présents dans la salle, ont mis fin à leurs négociations sans aboutissement. Les représentations sont annulées jusqu’à nouvel ordre. Les deux camps s’enfoncent dans leur position et se renvoient désormais la responsabilité de l’annulation du spectacle par communiqués interposés. Une guerre de communication dont il est difficile de prédire l’issue.

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Des revendications et toujours pas d’aboutissement

A ce jour, les occupant·e·s estiment toujours qu’ils n’ont pas eu gain de cause : la réouverture du 19 mai n’est que partielle (de nombreux théâtres n’ouvriront qu’à la rentrée, plusieurs festivals d’été ont été annulés), la prolongation de l’année blanche de 4 mois n’est pas suffisante et la réforme de l’assurance chômage n’est pas abrogée. Il n’est donc pas envisageable de quitter les lieux. De son côté, Stéphane Braunschweig, qui se dit solidaire de leurs revendications depuis le début du mouvement, a appelé, le 12 mai, à la levée des occupations dans une tribune cosignée par Serge Dorny, directeur de l’opéra national de Lyon, Macha Makeïeff, directrice de La Criée à Marseille et Muriel Mayette-Holtz, directrice du théâtre national de Nice. “Nous n’imaginons pas que ceux qui portent comme mots d’ordre la défense du secteur culturel de notre pays, le retour à l’emploi de dizaines de milliers d’artistes et de techniciens et de techniciennes, puissent s’opposer aux réouvertures”, peut-on y lire.

Pendant plus d’une semaine, la direction du théâtre et les occupant·e·s ont tenté de trouver un accord sur de nouvelles modalités d’occupation, afin que les représentations puissent avoir lieu. “Nous avons fait énormément de concessions, explique le porte-parole du mouvement, Denis Gravouil, également secrétaire général de la CGT Spectacle. Nous garantissions la bonne tenue de la représentation, comme ce fut le cas lors de la générale de La Ménagerie de verre le mardi 18 mai. Et surtout, nous étions prêts à concéder une occupation à minima lors des spectacles et pendant la nuit, afin de garantir des conditions sanitaires acceptables, pour le public et pour les équipes.”

Impossibilité de s’accorder

Or, c’est justement sur ce point que les négociations ont échoué. Stéphane Braunschweig, qui était prêt à accepter une occupation diurne, refuse catégoriquement que celle-ci se poursuive la nuit. “Il est interdit que des gens dorment au théâtre, explique-t-il. Il en va de la sécurité des personnes. Je ne sais pas ce qu’elles font la nuit, je ne sais pas ce qu’elles boivent. S’il y a le moindre pépin, je suis responsable pénalement.” Les occupant·e·s, qui ont peur de voir leurs banderoles retirées s’ils quittent la salle avant les représentations, lui rétorquent qu’iels ont pris leur quartier à l’Odéon toutes les nuits depuis deux mois. “Et c’était déjà parfaitement insupportable, objecte le directeur, il est temps de revenir dans la légalité. Je m’étais engagé sur l’honneur à ne pas faire retirer leurs banderoles !”

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En l’absence d’un compromis, Stéphane Braunschweig a créé la surprise générale,  mardi 18 mai, en publiant un nouveau communiqué annonçant l’annulation des représentations. “Les conditions ne sont pas réunies pour que la vie de la salle reprenne avec sérénité, tant pour son personnel que pour le public et les artistes”, y écrit-il, mettant la responsabilité de cette décision sur le mouvement d’occupation. “On veut nous faire porter le chapeau et c’est proprement scandaleux, lance Denis Gravouil lors d’une conférence de presse. Nous demandons à la direction que le spectacle se tienne. Nous voulons que tout le monde travaille. Ceux qui ont la chance d’être programmés, et ceux qui n’ont pas la chance d’être programmés. C’est précisément pour cela que nous continuons à nous battre.”

Le problème : Stéphane Braunschweig campe exactement sur la même position. “Ce sont eux qui ne veulent pas que l’on joue, s’exclame-t-il. Je suis convaincu qu’au fond, ils ne veulent pas trouver d’accord. Au moins, au théâtre de la Colline, ils ont l’honnêteté d’être clairs. Ils bloquent le théâtre et les représentations.”

Vers une radicalisation du conflit ?

Stéphane Braunschweig, que Les Inrockuptibles a rencontré ce mercredi en fin de matinée dans les coulisses du théâtre, semble particulièrement ému et n’a pas l’air pas prêt à demander l’expulsion des manifestants par la police, comme ça a été le cas au TNB à Rennes, ou encore au Théâtre de la Cité à Toulouse. “Je suis un artiste. Je ne suis pas le gouvernement. Je ne suis pas la police. Et je ne veux pas les virer.” Le metteur en scène navigue à vue et semble laissé à son sort. “Je n’ai aucun moyen de pression sur les revendications des occupants puisqu’il s’agit de revendications qui vont bien au-delà du monde de la culture. La seule chose que je peux négocier, c’est comment on cohabite. En réalité, le bras de fer n’est plus entre eux et moi maintenant, mais entre eux et le gouvernement.”

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En l’absence d’une solution, le combat qui se joue à l’Odéon ne serait que la répétition générale du conflit majeur qui pourrait avoir lieu lors des festivals d’été, à commencer par le festival d’Avignon.



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Author : Igor Hansen-Love

Publish date : 2021-05-19 16:33:10

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Tags : Les Inrocks

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