MondialNews.com : Quand Arnaud Lagardère parle de son “mentor” Nicolas Sarkozy : “Je lui dois ma longévité”
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Quand Arnaud Lagardère parle de son “mentor” Nicolas Sarkozy : “Je lui dois ma longévité”

Quand Arnaud Lagardère parle de son "mentor" Nicolas Sarkozy : "Je lui dois ma longévité"




Rarement un ancien président aura autant fait parler. “Sarko après Sarko”, c’est le sujet sur lequel se sont penchés notre collaborateur Etienne Girard et le journaliste Laurent Valdiguié (Marianne) dans un livre qui paraît cette semaine au Seuil intitulé Le Parrain. Sarko après Sarko : l’enquête. Nous publions ici des extraits concernant les liens qu’entretient l’ex-hôte de l’Elysée avec le PDG héritier Arnaud Lagardère, qui parle sans langue de bois. Inédit.Nicolas Sarkozy, le “parrain” d’Arnaud LagardèreIl y a chez lui quelque chose d’enfantin. Une bouille ronde de môme. Une façon de parler cru. Et un petit quelque chose de pas sérieux. Comme si ce qu’il disait ne l’engageait pas vraiment. Arnaud Lagardère, malgré ses 62 ans dont vingt aux commandes du groupe de son père, continue de détonner dans l’univers feutré des grands patrons. Il le sait. Il en joue. Et surtout, il s’en fout. Sans chercher à s’en cacher. “Moi je refuse tous les déjeuners, les dîners, ça ne m’intéresse pas. Et mes vacances, je ne les passe qu’en famille”, annonce‐t‐il sans tourner autour du pot. Et s’il habite la villa Montmorency, dans le XVIe arrondissement de Paris, à deux pas de la maison de Vincent Bolloré, et à une encablure de celle de Nicolas Sarkozy, Arnaud Lagardère ne les fréquente jamais en privé. Il ne s’est jamais rendu au cap Nègre, chez Carla Bruni. Et il ne voit Bolloré, hors réunions de travail, “qu’à travers la vitre de la voiture”, ou “quand on sort les poubelles” [sic]. Il vit à part, en dehors du milieu des patrons et des affaires.L’héritier Lagardère, contrairement à son père, n’a finalement jamais fait partie de ce monde. Reste à comprendre comment, depuis la mort de Jean‐Luc Lagardère, reconnu comme un capitaine d’industrie flamboyant, ce fils atypique et un brin méprisé est parvenu à se maintenir pendant si longtemps à la tête de cet empire. Contre vents et marées. Et aussi contre lui-même. La clé de cette longévité ? L’intéressé dit qu’il la doit à un homme : son “frère”. “Appelez‐le mon mentor, ou mon parrain si vous préférez, mais, oui, je dois tout à Nicolas, admet Arnaud Lagardère. Oui, je lui dois ma longévité.”Installé dans le bureau de son père, à l’étage de l’hôtel particulier de la rue de Presbourg, qui fait face à l’Etoile, l’héritier est intarissable. Il n’est dérangé ni par son téléphone ni par une assistante. Le bureau, avec ses tentures fanées, a des allures de mausolée. Une maquette d’avion. Un ballon de foot dédicacé et quelques objets épars semblent avoir été ajoutés et plaqués sur la décoration initiale du fantôme des lieux. Il l’appelle “Jean‐Luc”. Plus rarement “mon père”. Et le cite à tout bout de champ, comme une boussole indispensable dans l’inconnu du présent. Lagardère en est persuadé : nombreux sont ceux qui ont cherché à le sortir et à lui “piquer” son groupe. A l’entendre, en vingt ans, “tout le CAC 40 ou presque” y est passé. Des “prédateurs étrangers aussi”, dit-il. “Mais Nicolas a toujours fait barrage”, assure l’héritier en une phrase.L’héritier et le ministre se connaissent de longue date sans qu’Arnaud Lagardère ne se souvienne en particulier d’une première rencontre. “C’est Nicolas qui avait pris cette initiative auprès de mon père, lui disant qu’il aimerait bien faire ma connaissance. Il a fait avec moi ce qu’il a fait avec les enfants de Vincent [Bolloré], de Bernard Arnault, de Bouygues. La nouvelle génération, le monde d’après. Ça le fascine, parce que ça le rajeunit.” “Nicolas et Arnaud” ont six ans d’écart. Le premier est né le 28 janvier 1955, le second le 18 mars 1961. Quand il est en poste aux Etats‐Unis, dans une des filiales du groupe, entre 1994 et 1998, Arnaud Lagardère se souvient de rendez-vous à la mairie de Neuilly lors de ses passages à Paris. Il revoit “le feu dans la cheminée”. Pour Sarkozy, c’est l’époque de sa “traversée du désert” après le fiasco de la candidature de Balladur. Arnaud Lagardère évoque sa “fascination” “pour ce type au fond du trou”, comme il avait vu son père, quelques années auparavant, au bord du gouffre après le fiasco de la 5e chaîne de télé. “C’est de là que date l’alchimie avec Nicolas, assure‐t‐il. Il avait pris très cher et je l’ai vu rebondir, renaître comme un phénix, comme avait su le faire mon père…”Nicolas Sarkozy et Arnaud Lagardère en mars 2007 avant une émission politique sur Europe 1.”Montre que tu es le patron”Peu à peu, Sarkozy revient dans le jeu politique. Arnaud Lagardère rentre à Paris. Il est invité aux réunions avec les barons du groupe, les “grognards de Jean‐Luc” qui le regardent tous un peu de haut. Personne, parmi ces briscards des affaires, qui ont participé à la construction de ce géant industriel qu’est le groupe qui contrôle Hachette, Airbus et EADS, et est présent dans Le Monde, Canal +, ainsi qu’une foule de journaux, ne prend ce blanc‐bec très au sérieux. De surcroît, dans ce milieu de polytechniciens bardés de diplômes, le jeune Arnaud a un CV de garçon de courses. Tout cela aussi le rapproche de Sarkozy, lui aussi mal‐aimé de son milieu, le sans‐grade de la politique, qui n’a pas fait l’ENA.En mars 2003, le décès de Jean‐Luc Lagardère est annoncé une première fois par erreur. “Chirac m’appelle en me disant : ‘Alors, ce pauvre Jean‐Luc est décédé.’ Non, non, cher président, mais bon c’est vrai qu’il n’est pas bien”, se souvient son fils. “Nicolas a été fantastique à l’hôpital. Il a pris du temps pour moi. Les mauvaises langues disent qu’il récupère une influence dans un groupe de médias, mais j’ai senti une véritable amitié. Dans les moments difficiles, il en a tellement vécu lui-même, il est incomparable.” Après les obsèques de Jean‐Luc Lagardère à Saint‐François‐Xavier, derrière les Invalides, en présence de tout le CAC 40 et d’une partie du gouvernement, Sarkozy cornaque l’héritier : “Il me dit : ‘Prends du temps, si tu as besoin de pleurer, tu vas chez toi. Mais quand tu es au bureau, tu ne montres rien. Tu montres que tu es le patron.’ C’est en ça qu’il m’a beaucoup aidé.””Montre que tu es le patron”, la phrase, rapportée à vingt ans de distance, dit tout de l’enjeu du moment. Car pour ce fils unique, au lendemain du décès brutal du patriarche, rien n’est encore totalement acquis. Jean‐Luc Lagardère, qui n’avait pas anticipé le pire avant son opération de la hanche, n’avait pas vraiment mis en ordre ni son héritage ni sa succession. Ses dernières dispositions écrites datent de 1995.Depuis, Nicolas Sarkozy n’a jamais cessé de parrainer l’héritier. “Il y a toujours eu des gens qui ne nous voulaient pas forcément du bien, qui espéraient nous inclure dans un grand ensemble de médias, confie Arnaud Lagardère. Tout le monde savait que c’était Nicolas le plus proche du groupe. Alors, ils passaient tous par lui. Ensuite Nicolas me disait : ‘Arnaud, qu’est‐ce que tu veux faire ? Est‐ce que tu veux changer de vie ? Est‐ce que tu veux gagner de l’argent ?'” Le patron du groupe qui porte son nom se souvient des tentatives de Jean‐René Fourtou, alors à la tête de Vivendi. Il évoque aussi Patrick Sayer, le président d’Eurazéo, de 2002 à 2018, ancien associé‐gérant de Lazard. Ils avaient des visées sur son groupe. “Et beaucoup d’autres, sourit-il. A chaque fois, Nicolas leur disait : ‘On ne touche pas à Arnaud.’ Il l’a dit à beaucoup de personnes.” Arnaud Lagardère veut rester aux commandes. Et, pour l’essentiel, vend par appartement le fabuleux empire industriel dont il a hérité. Il se sépare d’EADS en 2013, contre 2,5 milliards d’euros. Cette année‐là, il vend aussi ses 25 % du groupe Amaury, qui lui permettaient d’avoir un pied dans Le Parisien et dans L’Equipe. Il vendra aussi ses 20 % dans Canal +…Le douloureux épisode Paris MatchAvril 2005. Le groupe Lagardère organise son séminaire annuel à Deauville. Autour de l’héritier, tous les cadres importants du géant mondial. Et deux invités politiques, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui a accepté l’invitation que François Hollande avait déclinée avant elle. “Je vous présente mon frère”, lance Arnaud Lagardère en introduisant celui qui est président de l’UMP et qui ne deviendra ministre de l’Intérieur qu’en juin. C’est la première fois qu’éclate en public, aussi ouvertement, le lien entre les deux hommes. Il fait jaser d’autant que tout le monde sait que Sarkozy sera candidat en 2007. Mais le 25 août 2005, en couverture de Paris Match, Cécilia Sarkozy est prise en photo au pied d’un immeuble de New York en compagnie d’un autre homme, Richard Attias, avec lequel elle consulte les plans d’un appartement. Son amant fait la Une…Arnaud Lagardère se souvient de ce jour comme de “l’horreur absolue”. “Je suis aux Etats‐Unis. C’est Nicolas qui m’appelle. Donc c’est lui qui me l’apprend. Il me dit : ‘Je ne peux pas imaginer que tu n’es pas au courant.’ C’est sa première phrase. Il est glacial. Il ne m’en veut pas parce que je l’aurais su, il m’en veut de ne pas tenir les choses assez fermement et de ne pas être au courant de ce genre de choses. Je lui dis : ‘Je veux que tu me croies, je ne suis pas au courant. – Je te crois, mais dans ce cas‐là, c’est de la négligence de ta part. – Oui c’est de la négligence de ma part.’ C’est l’horreur pour lui à ce moment‐là.’ A l’évidence, compte tenu de leurs liens, s’il avait été consulté, Arnaud Lagardère aurait empêché la publication de ce qui va être une des meilleures ventes de l’année de son hebdomadaire… Quand il évoque l’épisode aujourd’hui encore, Nicolas Sarkozy se souvient d’une humiliation en place publique. Il mentionne les “regards d’hyène sur lui”, en sortant du Conseil des ministres. Cette “image du cocu”, dit‐il entre les dents, l’œil encore sombre. La blessure, sur le coup, est immense. Outre celle de son amour‐propre, il y a aussi les dégâts sur sa famille…Alors à la tête de Paris Match, Alain Genestar, ancien patron du JDD, avait jusque‐là de bonnes relations avec le fils Lagardère. Lui non plus n’a pas anticipé la foudre que son coup éditorial va provoquer. Tous les proches de Nicolas Sarkozy se souviennent de sa colère noire. “Il imaginait même que Villepin était derrière ça… C’était terrible… En plus, on était obligés de vivre avec Genestar parce que c’était compliqué de le virer tout de suite même si, honnêtement, j’en crevais d’envie. On s’en est séparés un an après”, dit Arnaud Lagardère. Sarkozy ne sera plus jamais malmené.”On est resté fâchés quelque temps, et les choses ont repris leur cours”, poursuit Lagardère. Sarkozy remarié avec Carla Bruni est probablement le politique de ces vingt dernières années à avoir fait le plus de couvertures de Paris Match… Élu à l’Elysée, il remettra la Légion d’honneur à son “frère” Arnaud dans son bureau. “C’était un dimanche, on était quatre, mes deux aînés, leur mère, et juste Nicolas, c’était un moment inoubliable”, se souvient Arnaud Lagardère, qui a retrouvé son mentor. La scène en dit long elle aussi sur leurs relations et la solitude de l’héritier Lagardère. Tant d’autres que lui auraient organisé pour leur remise de Légion d’honneur, de surcroît par le président à l’Elysée, une cérémonie festive avec du monde… Pas lui. Sa famille, c’est Sarkozy.Le Parrain. Sarko après Sarko : l’enquête. (Le Seuil). Publié le 29 septembre 2023.



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Publish date : 2023-09-27 03:24:56

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