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Sans la présence de son invité, une journaliste anglaise assure l’interview… seule

Sans la présence de son invité, une journaliste anglaise assure




Quel(le) journaliste n’a jamais eu l’angoisse de l’invité qui se désiste au dernier moment ? C’est la situation à laquelle a dû faire face la journaliste de Sky News, Kay Burley, mercredi 6 novembre. Elle qui s’apprêtait à recevoir le président du Parti conservateur anglais, James Cleverly, a eu la mauvaise surprise de se retrouver face… à une chaise vide.
En effet, le chef du parti était attendu sur la chaîne d’information en continu pour la matinale. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Dans l’extrait de l’émission, repris sur les réseaux sociaux – et largement commenté -, la journaliste explique que James Cleverly avait pourtant accepté de participer à l’émission, avant de se désister, le temps de la publicité.
Selon elle, l’entretien avait été confirmé la veille par SMS avec l’équipe de communication.

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Good on @KayBurley for exposing Conservative Party chairman @JamesCleverly for pulling out of her programme in a panic, and asking every single question she was going to ask him, while the camera shows an empty chair and he cowers, apparently, fifteen feet away. Classic Dom. pic.twitter.com/CIfoSMC09h— Alex Andreou (@sturdyAlex) November 6, 2019

“Je sais que le Premier ministre regarde notre émission, et que ses communicants m’avaient absolument assuré par SMS que quand les politiques faisaient des matinales, ils passaient par notre programme”. Avant de conclure : “Pourtant cette chaise est vide”.
Visiblement irritée par l’absence de son invité, Kay Burley ne s’est pas laissé démonter. Dans la vidéo relayée des milliers de fois sur Twitter, la présentatrice anglaise énumère les sujets qu’elle aurait abordés avec son invité.
“Je lui aurais demandé ce qu’il pense de la Une du Telegraph sur le parti travailliste où Boris Johnson compare Jeremy Corbyn (chef du parti travailliste, ndlr) à Staline” explique-t-elle, légèrement agacée.
Ajoutant : “Je lui aurais posé des questions sur la période de transition du Brexit, si elle sera étendue a mi-2020 si nous n’atteignons pas un accord.”
Un grand moment de solitude que la journaliste a réussi à surmonter. De son côté, James Cleverly a assuré sur Twitter n’avoir jamais été invité par la chaîne.
My morning. Pre-booked back to back interviews. I wasn’t booked in to do @SkyNews this morning. https://t.co/w0Fgd9aLo1 pic.twitter.com/YJhYUkB2Ox— James Cleverly (@JamesCleverly) November 6, 2019




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Publish date : 2019-11-08 18:23:26

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Dans les montagnes d’Isère, des colis livrés par drone

Dans les montagnes d’Isère, des colis livrés par drone




Les Isérois habitant à la montagne pourront désormais se faire livrer par drone. Vendredi, la DPD, filiale de la Poste, a ouvert sa deuxième ligne commerciale d’acheminement de petits colis via ce “moyen de transport”. Une nouvelle évolution dans le monde de la livraison en France, qui reste tout de même à relativiser.
Quatre minutes aller, quatre minutes retour : c’est le temps qu’il faut au nouveau dispositif de drones mis en place par la Poste pour livrer un colis depuis Fontanil-Cornillon jusqu’au village de Mont-Saint Martin, près de Grenoble – soit l’équivalent d’environ trois kilomètres à vol d’oiseau. Auparavant, les livreurs prenaient près de trente minutes à atteindre cet objectif, du fait, entre autres, du caractère montagneux de la région.
Désormais, il leur suffit d’actionner le déploiement d’un terminal mobile dont sont équipés leurs véhicules, de scanner le colis et de clipser ce dernier sous le drone avant de demander une autorisation de décollage à l’entreprise en charge du bon déroulement du vol. Le colis, qui ne doit pas dépasser les deux kilos, arrive ensuite dans un terminal de réception prévu à cet effet, avant d’être récupéré par un employé municipal.

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Une évolution en demi-teinte

Il y a trois ans, la Poste ouvrait sa première ligne commerciale de livraison par drone, dans le Var. Une évolution vitesse croisière comparée à celle des géants du web outre Atlantique. En France, la sécurité du transport aérien est gérée par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), qui doit donner son accord pour chaque nouvelle ligne commerciale de vol par drone. Pour le moment, seuls les colis de moins de trois kilos peuvent circuler dans les airs et ce, uniquement à la campagne. Si le communiqué rédigé par la Poste n’évoque pas de raisons particulières à cette restriction, un dirigeant du groupe avait confié aux Echos, en avril, que la livraison en zone urbaine serait “trop risqué [e] et pas forcément rentable”.

>> A lire aussi : Cadences infernales et disparition du lien social : une journée dans la vie d’un postier

Les Etats-Unis prennent de l’avance

Pourtant, sur le continent nord-américain, il semblerait que la course aux drones soit bel et bien lancée. En avril, Wing, la filiale de livraison par drone de Google, a obtenu la première autorisation de la Fédération de l’Aviation Américaine (FAA) pour livrer des colis, devançant ainsi Amazon, son principal concurrent. Le mois dernier, l’entreprise inaugurait son service de livraison à domicile :
Today, Wing begins air delivery trial in Christiansburg, Virginia! If you live in the Christiansburg area, apply to become an Early Flyer, and have Wing aircraft deliver goods from @Walgreens and local favorite Sugar Magnolia, plus some of your @FedEx packages. pic.twitter.com/8Ej65BBKXv— Wing (@Wing) October 18, 2019

Bien que l’autorisation soit pour l’instant limitée à la Virginie, il y a fort à parier, avec l’arrivée de la concurrence sur le marché, que cette dernière s’étende rapidement. En octobre, la filiale d’UPS spécialisée dans la livraison par drone a obtenu l’autorisation de livraison de colis pour l’ensemble de ses pilotes – alors que Wing l’avait obtenue pour un seul pilote. Elle pourra donc envoyer autant de drones que désiré dans les airs, même pour les colis de plus de 25 kilos.
De son côté, Amazon a effectué une demande de dérogation à la FAA afin de livrer ses clients Prime en moins de trente minutes. Pour le moment, le géant américain ne semble pas avoir obtenu d’autorisation.



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Publish date : 2019-11-08 18:37:11

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Marlène Schiappa : “Le témoignage d’Adèle Haenel ne sera pas le dernier”

Marlène Schiappa : “Le témoignage d’Adèle Haenel ne sera pas




Elle ne s’est pas encore publiquement exprimée sur l’actualité qui secoue le cinéma français depuis plusieurs jours. Dans une longue enquête de Mediapart, Adèle Haenel accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’ “attouchements” et de “harcèlement sexuel”. Elle a fait le choix de parler à un média, expliquant ne pas vouloir porter l’affaire devant la justice, qui, selon elle, “condamne si peu les agresseurs” et uniquement “un viol sur cent”. “La justice nous ignore, on ignore la justice”, assène-t-elle.
Des propos qui ont “choqué” la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, déclarant deux jours après sur France Inter : “Je pense au contraire qu’elle devrait saisir la justice qui me semble être en capacité de prendre en compte ce type de situations.” Une injonction que réfute ici la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes. “Comment persuader les femmes d’aller porter ces affaires en justice si elles savent par avance que le violeur a très peu de probabilité d’être condamné ?”, interroge-t-elle.
Les Inrocks consacreront leur Une au geste fort de l’actrice avec un dossier “Adèle Haenel a-t-elle initiée un #MeToo français ?”. En kiosques le 13 novembre prochain. 

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Pensez-vous que les déclarations d’Adèle Haenel peuvent ouvrir une brèche et initier un MeToo français ? Que peuvent-elles produire dans le futur ? Quels changements attendez-vous après ce témoignage ?
Marlène Schiappa – A chaque fois qu’une femme parle des violences sexistes ou sexuelles qu’elle a subies, c’est un progrès, pour toutes les femmes qui elles ne peuvent pas parler. Je veux commencer par saluer le courage d’Adèle Haenel et la justesse de ses propos qui résonne dans toute femme ayant déjà vécu des violences de cette nature. Elle précise bien qu’elle parle aujourd’hui car elle se sent suffisamment en sécurité notamment dans sa carrière pour le faire. Celles des actrices dont la notoriété est moindre sont trop souvent soupçonnées de vouloir “se faire de la pub”, comme si c’était une pub souhaitable ! C’est du délire pour disqualifier leur parole.
Dans la réalité, qu’on soit actrice, étudiante ou chargée d’accueil dans une banque, oser dénoncer un agresseur est toujours une difficulté. C’est cela que nous nous employons à faire évoluer et les prises de parole fortes sont précieuses dans ce combat. Le monde artistique doit tout mettre en œuvre pour protéger les plus fragiles dans l’expression de leur talent et l’exercice de ce qui est un métier. Nous avons commencé ce travail dans le mannequinat : j’ai travaillé avec de grandes marques françaises (LVMH, Kering, L’Oréal, la Fédération de la mode, la Fondation ELLE…) et nous avons signé à mon ministère un engagement de suivi des dispositifs de protection des mannequins face à l’emprise, aux violences sexistes et sexuelles, à une forme de traite des êtres humains, pour préserver leur qualité de vie au travail. J’ai fait appel à Model Alliance à New York qui a mené un travail similaire aux Etats-Unis. le monde du cinéma pourrait aussi s’en inspirer.

>> A lire aussi : [Vidéo] Harcèlement sexuel : le récit poignant d’Adèle Haenel

Comment expliquez-vous qu’un tel témoignage arrive si tardivement en France, deux ans après l’affaire Weinstein et la libération de la parole qu’elle a déclenchée ?
Mais toutes les femmes n’ont pas parlé au moment de MeToo… Le témoignage d’Adèle Haenel ne sera pas le dernier. Sandrine Bonaire la semaine dernière sur les violences conjugales, Katherine Pancol cette semaine sur le viol… Et autour de nous, des femmes moins connues, tous les jours. Je reçois des centaines de témoignages quotidiens, par lettres ou mails, de femmes chaque jour, qui ont besoin d’en parler à quelqu’un… Je crois que notre société n’a pas pris la mesure exacte de l’ampleur des violences sexistes et sexuelles. Elles n’épargnent aucune classe sociale et aucune tranche d’âge. C’est pour cela que c’est la grande cause du quinquennat, pour soutenir ces femmes. Plus que d’une libération de la parole, nous avons besoin d’une libération de l’écoute. C’est à cela que je travaille. Mais je ne veux pas porter d’injonction du type “vous êtes obligée de parler, vous êtes obligée de porter plainte”. Il y a des moments de vie différents pour chacune et chacun. Je ne jugerai jamais les choix de prise de parole ou non d’une femme victime de violences sexuelles.
De quoi, selon vous, ce silence (l’enquête de Mediapart révèle que plusieurs personnes savaient) est-il le nom ?
Le viol et les violences sexuelles restent des tabous. Quand j’ai écrit mon livre Où sont les violeurs ? La culture du viol il y a cinq ans, aucune maison d’édition à part L’Aube n’a eu le courage de publier un livre avec le mot “violeurs” sur la couverture, on me disait que c’était trop choquant. On préfère souvent fermer les yeux. Partout dans le monde et dans tous les secteurs d’activité, dans toutes les familles, dans toutes les entreprises, il y a des gens qui sont informés de harcèlement sexuel et qui ne disent rien. Peur des conséquences, peur de l’agresseur, peur de gêner la victime… on considère trop souvent que c’est un sujet privé. Or les violences sexistes et sexuelles sont un fléau sociétal et restent encore trop souvent un tabou. La parole d’Adèle Haenel, le livre de Flavie Flament La Consolation ou la diffusion en prime time du film d’Andréa Bescond Les Chatouilles sont des appels à parler pour celles qui le souhaitent.
Toute la société doit se mobiliser. Quand vous voyez un vol de téléphone portable dans la rue, un cambriolage chez vos voisins, vous venez au secours de la personne ou vous appelez la police… Vous ne dites pas “Bof, elle n’avait qu’à pas décorer aussi bien sa maison, elle a dû le chercher”. Je voudrais que chaque témoin direct de violences sexistes vous sexuelles appelle la police de la même façon, et vienne au secours de la victime ne serait-ce qu’en l’accompagnant dans cette démarche. Par ailleurs je n’ai pas le droit de m’exprimer sur une affaire judiciaire en cours, le Parquet a ouvert une enquête comme vous le savez, je dirais juste qu’en général, un adulte évoquant une “histoire d’amour” avec une fille de 12 ans doit d’urgence aller trouver un accompagnement psychiatrique s’il n’est pas passé à l’acte et sinon, se rendre au commissariat. Un rapport sexuel de toute nature entre un adulte et un enfant de 12 ans est un viol, ou a minima une agression sexuelle si c’est sans pénétration. Avec la ministre de la justice nous avons renforcé la loi l’an dernier qui désormais est plus claire et condamne cela fermement dans les textes.
Pensez-vous que l’association Deuxième regard et le collectif 5050 pour 2020 ont été l’anti-chambre de cette déclaration ?
Je l’ignore et chacun doit être dans son rôle, le mien n’est pas d’orchestrer un procès ni de mener une investigation. C’est de créer et conduire des politiques publiques. C’est ce que je m’emploie à faire depuis deux ans et demi. Le monde de la culture, sous couvert de ne valoriser que le talent – concept subjectif – reste encore trop peu accueillant pour les femmes. Il est plus difficile de faire financer votre film quand vous êtes une femme. Les femmes artistes sont encore trop souvent invisibilisées au profit des hommes avec qui elles travaillent. Le gouvernement s’est employé à faire une place pour les femmes dans les jurys de prix par exemple, mais regardez les prix littéraires de cette semaine : pas une seule femme. Est-ce que les femmes ont moins de talent ? Je ne le crois pas. D’ailleurs a contrario les auteurs femmes françaises vendent énormément de livres notamment à l’international. Les Inrocks vous mettez souvent en avant des femmes artistes, mais allez voir les tops des meilleures ventes de romans, vous seriez surpris de découvrir des auteurs femmes qui n’ont pas les honneurs qu’ont, à juste titre, d’autres auteurs masculins. Il y a donc un biais quelque part, et nous devons permettre à la moitié de l’humanité d’exprimer aussi son art et son talent tout autant que les hommes.
Concrètement que peut faire le gouvernement face à ce type d’agressions et de comportements qui perdurent sur les plateaux de cinéma et bien au-delà ? Pensez-vous que c’est au gouvernement de légiférer à ce propos et si oui, quelles mesures mettre en place ?
Nous avons, dans la “Loi Schiappa”, allongé les délais de prescriptions de dix ans supplémentaires pour les crimes sexuels commis sur mineurs, c’était un engagement de campagne du Président de la république. Nous avons créé une plateforme, arretonsles.gouv.fr, qui permet de dialoguer avec deux unités de police et gendarmerie spécialement formées 24 heures sur 24 pour préparer les plaintes, renforcé les moyens du 3919 qui peut accompagner les femmes victimes mais aussi leurs proches dans leurs démarches et renforcé la présence des travailleurs sociaux pour mieux comprendre la sidération ou l’emprise dans les commissariats. Nous devons maintenant passer du droit formel au droit réel. Il y a urgence, c’est pour cela que je mobilise les acteurs ensemble, me rends à l’école de police, interviens auprès des professionnels… Nous avons besoin que les partenaires sociaux se saisissent de ce sujet, dans les conventions collectives, dans les négociations : le gouvernement pose un cadre mais si personne ne s’en saisit pour le faire vivre et l’appliquer, on prêche dans le vent.

>> A lire aussi : Rencontre avec Laurence Lascary, la productrice qui veut “voir la diversité de la rue sur nos écrans”

Dans l’enquête de Mediapart, Adèle Haenel dit ne pas vouloir porter l’affaire devant la justice qui, selon elle, “condamne si peu les agresseurs” et “un viol sur cent”. “La justice nous ignore, on ignore la justice.” Ce témoignage ne constitue-t-il pas un aveu d’échec de la justice vis-à-vis des violences faites aux femmes et plus généralement du gouvernement face à ce sujet ?
Je partage hélas le constat d’Adèle Haenel. Je l’ai même écrit dans plusieurs notes d’analyses quand j’étais experte pour la Fondation Jean-Jaurès sur ce sujet. En moyenne, on estime que seulement 1 % des violeurs fait de la prison. Comment persuader les femmes d’aller porter ces affaires en justice si elles savent par avance que le violeur a très peu de probabilité d’être condamné ? Lors du grenelle des violences conjugales à La Réunion, le Procureur général a dit : “la judiciarisation ne doit pas ajouter de la maltraitance à la maltraitance.” C’est très fort de l’entendre d’un professionnel lui-même, qui se rend compte des difficultés et parfois des traumatismes causés par la procédure.
Dans Les Chatouilles, André Bescond montre comment elle a dû répondre à l’avocat de la défense qui l’accusait, lorsqu’elle était petite fille, d’avoir aguiché le violeur ! Les femmes savent que ce sera difficile et un “à quoi bonisme ?” existe. Jamais je ne dirai à une femme victime de violences comment elle devrait réagir. Je respecte les choix et les possibilités de chacune. Mais il nous appartient, nous gouvernement, de créer les conditions d’un vrai choix et donc d’une vraie condamnation pour mettre fin à ce sentiment d’impunité. C’est ce constat révoltant qui m’a amenée à m’engager en politique, vous savez, pour faire bouger les choses. Depuis deux ans et demie je m’emploie de toutes mes forces à faire évoluer ce constat, on me reproche même parfois d’en faire trop, il y a des réticences de partout mais nous ne lâchons rien. Je pense que c’est trop important pour en faire un sujet politicien pro ou anti-gouvernement, hélas les viols n’ont pas commencé en mai 2017, soyons sérieux et respectueux dans le débat.
“Je n’ai jamais vraiment envisagé la #justice, il y a une violence systémique qui est faite aux femmes dans le système judiciaire. Je crois en la justice mais elle doit se remettre en question pour être représentative de la société” – Adèle Haenel https://t.co/e4lN8WQqmt #MeToo pic.twitter.com/e3GGbK3LQq— Mediapart (@Mediapart) November 6, 2019

Le témoignage d’Adèle Haenel est d’une puissance inédite en cela qu’il conjugue l’intime au politique et dépasse largement la sphère du cinéma. Dans l’interview vidéo de Mediapart elle dit : “Les monstres, ça n’existe pas. C’est notre société, c’est nous, c’est nos amis, c’est nos pères. C’est ça qu’on doit regarder”. N’est-ce pas sur le terrain de l’éducation que cette lutte contre les violences, contre la persistance du patriarcat, du sexisme ordinaire doit principalement se mener ?
Mais si. C’est exactement ce que je dis dans Où sont les violeurs ?. Si les violeurs avaient un autocollant “violeur” sur le front ce serait simple, or souvent ce sont des gens insérés dans la société, qui n’éveillent pas de soupçon. L’éducation est primordiale, des filles mais aussi des garçons. C’est pour cela que nous mettons en œuvre depuis un an la loi de 2001 sur les cours d’éducation à la vie affective et sexuelle et ce malgré la campagne de désinformation dont nous avons été les cibles, de la part d’officines extrémistes de tous genres. On n’y apprend pas aux enfants à se masturber contrairement à ce qui a été diffusé sur les réseaux sociaux, mais au contraire le respect de l’autre, le consentement, la décontraction des stéréotypes de genres… Nous en présenterons bientôt le premier bilan avec le Ministre de l’éducation nationale.

Dans une récente interview, vous déclariez : “Il faut qu’il y ait un réveil citoyen” ; “L’idée est de mener un combat culturel”. Qu’entendez-vous par là ? Doit-on/peut-on agir sur la représentation du masculin et du féminin à l’écran sans que cela ne passe pour de la censure ?
Je suis frappée d’entendre à longueur d’émissions de radio et de télévision des gens (des hommes, souvent) qui pleurnichent “on ne peut plus rien dire sur les femmes”. Ils disent ça toute la semaine, à longueur d’émissions de grande écoute… où l’on n’entend jamais parler une mère isolée qui galère pour sa pension alimentaire, jamais une femme de chambre épuisée, jamais une femme qui porte un projet d’innovation scientifique, jamais une femme victime de viol. La liberté d’expression est encadrée, c’est la loi et ce n’est pas moi qui l’ai faite. On ne menace pas les gens de mort, on n’appelle pas à la haine à raison du sexe… c’est illégal. C’est tout.
Vous imaginez deux minutes la réaction de la femme qui avait préparé son baluchon pour quitter son mari violent et qui tombe sur ce programme à la télé ? Elle va penser qu’elle a bien mérité ce qui lui arrive et peut-être renoncer à partir… Et l’homme violent qui regarde ça et se dit : “Bof, au fond, tout le monde le fait à sa femme donc je peux continuer, mon animateur de télé préféré me donne sa bénédiction.” Quand un animateur de télévision dans une émission familiale fait la promotion des violences conjugales ou du viol, oui ça me choque. je peux avoir un humour très trash mais Desproges disait qu’on peut rire de tout, pas avec tout le monde. Les circonstances et l’émetteur comptent. Une émission regardée par des enfants, ça n’est pas la même chose qu’un film interdit aux moins de 16 ans ou qu’un spectacle intimiste. On ne paye pas une redevance télé pour voir des gens expliquer que c’est super drôle de tabasser sa femme. Ça vient défaire tout le combat culturel que nous nous échinons à mener – quand je dis nous, je parle de toutes les personnes engagées sur ces sujets, tous bords politiques ou non confondus.
Propos recueillis par Marilou Duponchel



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Publish date : 2019-11-08 16:40:15

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L’obtention du prix Simone Veil par Zineb El Rhazoui fait polémique

L’obtention du prix Simone Veil par Zineb El Rhazoui fait




Un hommage qui passe mal. Jeudi 7 novembre, la région Ile-de-France a décerné son prix Simone Veil des Trophées Elles de France à la journaliste franco-marocaine Zineb El Rhazoui. Hasard du calendrier : deux jours auparavant, dans le cadre d’un débat sur CNews sur les violences qui ont récemment eu lieu dans les Yvelines, elle avait choqué en appelant la police à “tirer à balles réelles” dans ce genre de situation.
Décerné par le public, qui était invité à voter sur le site de la région ces dernières semaines, le prix Simone Veil récompense “la femme francilienne de l’année, sa détermination et son dévouement à défendre une cause”. Après la cérémonie, le compte Twitter de la région Ile-de-France a relayé un message félicitant la journaliste et louant “son courage et sa force dans ses combats pour la défense de la laïcité, la lutte contre toutes les formes d’obscurantisme et de l’égalité entre femmes-hommes”.
🏆 @ZinebElRhazoui exprime sa fierté d’avoir été plébiscitée par les Franciliens pour ce prix du public Simone Veil, lors de la remise des Trophées #ellesdeFrance 2019 ! pic.twitter.com/hBWbqSPwNE

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— Région Île-de-France (@iledefrance) November 7, 2019

Pour ce prix, la polémiste était en concurrence avec d’autres personnalités, comme l’actrice Isabelle Adjani, la directrice générale d’Air France Anne Rigail ou encore la dessinatrice et réalisatrice iranienne Marjane Satrapi. Lors de la cérémonie au musée du Quai-Branly, Zineb El Rhazoui s’est dite “fière et honorée” de recevoir cette distinction. Elle avait invité les internautes qui la suivent sur Twitter à voter pour elle avec cet argument : “Ma promesse électorale ? Continuer à tenir un des rares bastions de la liberté d’expression qui résistent encore à la terreur islamique.”

>> A lire : “Il faut que la police tire à balles réelles” : Zineb El Rhazoui dérape complètement sur CNews

Une journaliste habituée aux controverses

L’annonce n’a pas tardé à faire réagir sur les réseaux sociaux :
– Bachar El Assad, le prix de la région @iledefrance reçu par Zineb El Rhazoui?
– Je suis déçu… vous savez moi, j’ai fait tirer partout à balles réelles sur les civils. J’ai mis en application cette doctrine dans mes quartiers, et on ne m’a jamais récompensé! pic.twitter.com/1IQq9l24Gp— Vanneur 🇫🇷🇺🇳🇲🇦 (@Vanneur) November 8, 2019

pic.twitter.com/gYDzCYQkZV— ☕️+ 🍉+✏️️ (@rakidd) November 7, 2019

🏆 Le Prix Gandhi des Trophées #LuideFrance est attribué à @lepenjm ! Un prix du public récompensant son courage et sa force dans ses combats pour la défense de la laïcité, la lutte contre toutes les formes d’obscurantisme et de l’égalité entre les cultures. pic.twitter.com/3k58v9EnpW— Mr. Kaiz (@MrKaiz) November 8, 2019

Attribuer ce prix à une femme qui ne prône que la haine de l’autre.
Simone Veil doit se retourner dans sa tombe 😯
Bonjour tristesse…. pic.twitter.com/jwxEg4UH3y— ML la plus belle (@amelpoupiya) November 8, 2019

Simone Veil est une des grandes figures de notre pays. Elle s’est battue pour l’humanité contre la bêtise. Que son prix récompense @ZinebElRhazoui, qui prône une certaine division entre citoyens me révolte et fait honte à notre Histoire.
Rendez-vous compte de notre évolution.— Le Filmanthrope (@LeFilmanthrope) November 8, 2019

Contactée par les Inrocks à propos de l’obtention de ce prix par la journaliste, la région Ile-de-France nous a répondu ceci par mail : “On ne peut pas réduire son combat à ces propos [sur le fait de “tirer à balles réelles”, ndlr]. Par ailleurs, Zineb El Rhazoui a clarifié et précisé les paroles tenues le 5 novembre dernier.” Sur LCI, elle déclarait en effet au lendemain de son intervention controversée : “C’est une fausse polémique. Lorsque j’ai dit ça, je parlais du guet-apens de Mantes-la-Jolie ou cent racailles ont tendu un piège à la police et aux pompiers (…) J’ai rappelé un principe légal qui s’appelle la légitime défense. Les policiers sont armés, ils n’ont pas des pistolets à eau. (…) Moi je pose la question : pourquoi la police n’a-t-elle pas recours à son droit sur la légitime défense quand on a des guets-apens comme cela.”
Son allocution lui a en tout cas valu des insultes de la part de Booba, le rappeur demandant à ses followers sur Instagram de “pourrir la vie de cette grosse merde puante”. Vivant sous protection policière depuis plusieurs années et régulièrement la cible de cyberharcèlement, Zineb El Rhazoui a affirmé jeudi 7 novembre, par le biais de son avocat, porter plainte contre l’artiste.
Mais au-delà de ses propos tenus il y a peu sur CNews, ce sont ses prises de position, notamment sur l’islam, qui lui valent d’être régulièrement au coeur de polémiques. Par exemple, l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo avait écrit le 7 octobre sur Twitter qu’“au lendemain d’un attentat islamiste qui a frappé la France au cœur [faisant ici référence à l’attaque au couteau qui a eu lieu le 3 octobre à la préfecture de Paris, qui a fait quatre morts. Le 30 octobre, France inter révélait que la “piste terroriste ne serait plus privilégiée par les enquêteurs”, ndlr], réclamer une énième concession à l’islam confine à la collaboration”. Autre exemple : récemment, une photo d’elle posant avec Papacito, un auteur connu de la fachosphère, a refait surface.



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Publish date : 2019-11-08 15:30:00

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Les 5 chiffres alarmants de la pauvreté en France en 2019

Les 5 chiffres alarmants de la pauvreté en France en




Comme chaque année, le Secours catholique publie son rapport statistique sur la pauvreté. Dans ce document de 120 pages, le Secours catholique dépeint les différentes facettes de la pauvreté en 2019, s’appuyant sur les données des 1.3 million de personnes accueillies par l’association l’année précédente.
Pour comprendre l’état accablant de la pauvreté en France, retour sur cinq chiffres importants.

39,2 % sont des mères isolées

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Selon le rapport, les femmes sont en majorité touchées par la pauvreté, avec une hausse de 0,3 point en un an. Les membres de l’association ne manquent pas de souligner que “l’augmentation de leur proportion dans les accueils traduit une précarisation de leur situation socio-économique, précarisation qui touche principalement les femmes françaises.”

Un revenu moyen de 535 euros

Sur le plan économique, le constat est amer. Selon le rapport, le revenu moyen des personnes accueillies par le Secours catholique est en baisse de 15 euros par rapport à 2017, soit 535 euros. Cette chute s’explique par la multiplication des ménages qui ne perçoivent aucune ressource.

45 % des personnes ont suivi des études secondaires

Contrairement à ce que l’éditorialiste Julie Graziani prétendait sur le plateau de LCI il y a quelques jours (celle-ci affirmait qu’il suffisait de faire des études pour éviter de finir au SMIC), 45 % des personnes aidées en 2018 par l’association ont suivi des études secondaires, et 16,6 % ont un niveau baccalauréat ou supérieur.
Parmi les personnes employées, près d’un quart est en CDI à temps plein. Les trois quarts restant des personnes qui travaillent mais ne sont pas en CDI sont pour la plupart des femmes : 25% d’entre elles sont à temps partiel. 

30 % de personnes vivent en logement précaire

Le logement est l’une des conséquences importantes de cette précarité financière. D’après le rapport, l’accès au logement précaire ne cesse d’augmenter depuis 2010, passant de 20 % à 30 %. En cause : la baisse des Aides personnalisées au logement (APL), qui feront l’objet d’une nouvelle réforme, qui entrera en vigueur en janvier 2020.

43 % des personnes accueillies sont étrangères

D’après le rapport, 43 % des personnes qui se rendent au Secours catholique sont étrangères. Parmi elles, la proportion des sans-papiers aidés ne cesse d’augmenter depuis 2016, avec trois points de plus en moyenne chaque année.

>> A lire aussi : Des sans-papiers assignent l’Etat en justice pour dénoncer l’impossibilité d’avoir un rendez-vous en préfecture



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Publish date : 2019-11-07 18:46:58

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Franck Riester salue “le courage” d’Adèle Haenel et de “toutes celles qui osent briser le silence”

Franck Riester salue “le courage” d’Adèle Haenel et de “toutes




“Mobilisez-vous. C’est de votre responsabilité d’être irréprochable”. Lors des rencontres cinématographiques de Dijon, les mots du ministre de la Culture Franck Riester ont résonné comme un appel au tournant au sein du monde du cinéma. Il ne s’était pas encore exprimé sur le sujet, et a tenu ce jeudi 7 novembre a salué “le courage” de l’actrice Adèle Haenel qui, dans une longue enquête de Mediapart, accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’attouchements et de harcèlement sexuel lorsqu’elle était âgée de 12 à 15 ans.

Des annonces à suivre

#MeToo Le Ministre de la Culture Franck Riester à l’attention des professionnels du cinéma réunis pour les Rencontres de l’ARP à Dijon : « Mobilisez-vous. C’est de votre responsabilité d’être irréprochable » @franckriester @L_ARP #RDC2019 #AdeleHaenel pic.twitter.com/q1ISfTrRtI

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— AlloCiné (@allocine) November 8, 2019

Devant des professionnels du cinéma, le ministre a tenu à apporter son soutien à “toutes celles qui osent briser le silence” et “leur dire que leur parole est nécessaire. Qu’elle ne sera pas vaine”.
Publiées dimanche dernier, les révélations de Mediapart, puis la force du discours de la comédienne, ont provoqué une véritable onde de choc dans le cinéma français. Adèle Haenel a fait le choix de parler à Mediapart, expliquant ne pas vouloir porter l’affaire devant la justice. “La justice nous ignore, on ignore la justice”, a résumé la comédienne.

>> A lire aussi : [Vidéo] Harcèlement sexuel : le récit poignant d’Adèle Haenel

Franck Riester a également indiqué que “de nouvelles annonces seront faites, le 25 novembre, dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales”.
Rappelant la responsabilité des autorités d’“apporter des solutions aux victimes”, il a également dénoncé le comportement de “ceux qui savent et qui se taisent”. Et a assuré que des mesures seront annoncées lors des deuxièmes Assises pour la parité, l’égalité, et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel, qui doivent se tenir mi-novembre.

>> A lire aussi : Les principales propositions du Grenelle des violences conjugales




Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/08/actualite/societe/franck-riester-salue-le-courage-dadele-haenel-et-de-toutes-celles-qui-osent-briser-le-silence/

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Publish date : 2019-11-08 12:10:28

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Eric Vuillard : “Le cas Vincenzo Vecchi dit quelque chose du climat répressif général”

Eric Vuillard : “Le cas Vincenzo Vecchi dit quelque chose du




Une peine de douze ans de prison l’attend en Italie, pays qu’il a fui il y a plusieurs années pour Rochefort-en-Terre, dans le Morbihan. Vincenzo Vecchi est, notamment, accusé de “dévastations et pillage” lors du contre sommet du G8, à Gênes, en 2001. Depuis son arrestation en France le 8 août dernier, l’écrivain Eric Vuillard a décidé de monter au créneau pour le défendre et empêcher son extradition vers l’Italie.
Manière pour celui qui a reçu le plus prestigieux des prix littéraires français pour L’Ordre du jour (éd. Actes Sud, 2017) de dénoncer les “politiques répressives” qui se diffusent, selon lui, en Europe. Les Inrocks l’ont rencontré mercredi 6 novembre, lors d’une réunion du Comité de soutien au militant antifasciste, à Paris.

Pourquoi s’engager en faveur de Vincenzo Vecchi ?

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Eric Vuillard – Une vieille amie m’a parlé du Comité de soutien de Rochefort-en-Terre, et m’a proposé de signer la pétition en faveur de sa libération. Une fois que je m’y suis intéressé, j’ai découvert que le cas de Vincenzo Vecchi disait quelque chose du climat répressif actuel, qui se généralise. On voit que cette affaire glisse lexicalement, qu’il y a une surqualification dans les termes employés par la justice. Parler de “dévastations et pillage” criminalise et emphatise ce qu’il s’est réellement passé. Il m’a semblé que c’était le moment de dire quelque chose.

Vous parlez de “recul des libertés publiques”. Comment analysez-vous ce phénomène ?

On le voit tous je pense. Il y a eu ce livre du juriste François Sureau sur la liberté (Sans la liberté, paru en septembre dernier, ndlr). La rétention de sûreté, décidée sous Sarkozy, contrevient à des principes élémentaires du droit pénal. La façon dont on peut assigner à résidence de manière administrative contrevient également à des principes élémentaires, qu’il y a vingt ou trente ans, on pensait intangibles.
Le fait que l’état d’urgence ait été prolongé pendant deux ans, cela aussi, c’est très mauvais. A chaque fois, le mot “disproportionné” ne convient même plus. On voit bien que les choses glissent. Mais comme ceux qui nous présentent ces mesures sont des gens qui ont l’air très propres sur eux, qu’ils ne portent pas des bottes et ne sont pas en train de défiler avec des képis, tout cela nous semble partiellement acceptable. On les tolère et on se compromet.
Conférence de presse du 17/10/19 du comité de soutien de #vincenzovecchi, prise de parole d’Eric Vuillard.#vincelibero #libertepourvincenzo #niprisonniextradition #antirep https://t.co/7ixXUthRBe— Soutien Vincenzo (@soutienvincenzo) October 21, 2019

Comment interprétez-vous ces condamnations ?

C’est un peu comme le mot “bagnard” qui, jadis, terrorisait les gens. Il a fallu 200 pages des Misérables d’Hugo et de pouvoir s’identifier à Jean Valjean pour que le lecteur se retrouve dans un autre climat, comme désenvoûté de ses peurs. Cette peine de douze ans de prison rendue en 2012 contre Vincenzo Vecchi est faite pour terroriser. On se dit tous : “Douze ans de prison, tout de même, ça ne peut pas être décidé sans raison.” Eh bien c’est tout le contraire qu’il faut penser. Et je crois que c’est par le biais d’un un processus identificatoire que l’on peut y parvenir. Il faut se dire que ces peines portent sur des évènements qui datent d’il y a 18 ans. Qu’est-ce que je faisais il y a 18 ans ? C’est toute une vie qui nous sépare de ces évènements, c’est abyssal.
Et puis douze années de prison, c’est absolument démesuré par rapport aux faits qui sont reprochés à Vincenzo Vecchi. Ces faits ne sont même pas étayés. On a juste des photographies prises par la police elle-même, sur lesquelles, lorsqu’on peut l’identifier, on le voit en train de boire une canette de bière. Autrement, on n’aperçoit que des gens dissimulés par des cagoules. Mais eux, on ne sait pas qui ils sont.

>> A lire : “Vincenzo est un exemple” : le militant antifa arrêté en Bretagne vu par ses amis

Que pensez-vous du recours à des mandats d’arrêt européens ?

Cela montre bien l’échec d’une politique pénale européenne. Une politique pénale, c’est prendre un Code pénal, et cela demande de réfléchir. Le Code civil a été rédigé par des commissions qui se sont réunies avec de grands juristes. Cela suscite des débats publics, on a le temps d’être en désaccord.
Utiliser le mandat d’arrêt européen, c’est permettre que les éléments les plus répressifs de chaque législation contaminent toutes les autres. Et c’est une solution purement administrative : cela veut dire moins d’avocats, moins de garanties, moins de juges. C’est une procédure en elle-même répressive. Pire encore, elle se présente comme neutre politiquement. Mais en réalité c’est tout l’inverse. C’est la cristallisation d’une politique répressive : je refile aux justices voisines, sans trop regarder les prévenus qu’elle me réclame.

Lors de votre intervention, vous avez invoqué la “tradition littéraire” et cité Hugo. En tant qu’écrivain, estimez-vous qu’il est de votre devoir de vous engager ?

Tout à l’heure, dans la salle, quelqu’un citait à la volée Les Ames mortes (roman de Nicolas Gogol, ndlr). La tradition littéraire est émancipatrice. Que ce soit Gogol, Tolstoï, Hugo, Zola ou Dos Passos, on voit bien que tous ces noms représentent un moment de la vie collective. Tolstoï n’est pas qu’un type qui écrit des livres, c’est aussi quelqu’un qui annonce les révolutions de 1905 en Russie et ce qui va suivre. Il est adossé à un mouvement collectif plus général. Zola, c’est l’affaire Dreyfus, c’est les grèves de mineurs et toute la société qui bouge en même temps que lui. On ne peut pas séparer la littérature de la vie sociale.

Dans votre dernier ouvrage, “La Guerre des Pauvres” (éd. Actes Sud, 2019), vous évoquez ceux qui se révoltent contre les puissants. Vincenzo Vecchi pourrait-il être le personnage d’un de vos livres ?

En général, j’écris des livres sur l’histoire, au passé. En revanche, je crois que, contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas l’histoire qui revient toute seule vers nous. C’est l’inverse : le présent nous oriente vers l’histoire. A l’heure où aujourd’hui, les inégalités sociales sont fortes, cela ressemble à l’époque de ceux que l’on a appelés les “barons voleurs”, au XIXe siècle, aux Etats-Unis. Une littérature qui ne parlerait pas de la concentration des richesses serait angélique et parlerait d’un autre monde. Naturellement, les révoltés comme Vincenzo Vecchi sont le pendant de cette situation. Les gens s’accoutument mal d’être assujettis.
Propos recueillis par Thomas Guichard

>> A lire aussi : “14 Juillet” d’Eric Vuillard : un récit ardent sur l’origine de notre fête nationale



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/08/actualite/societe/eric-vuillard-le-cas-vincenzo-vecchi-dit-quelque-chose-du-climat-repressif-general/

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Publish date : 2019-11-08 10:52:56

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Marlène Schiappa veut expulser les étrangers condamnés pour violences sexuelles

Marlène Schiappa veut expulser les étrangers condamnés pour violences sexuelles




“Je remercie Edouard Philippe d’avoir retenu ma proposition d’expulser les citoyens de nationalité étrangère qui ont été condamnés pour des violences sexistes et sexuelles.” Ces propos, tenus par Marlène Schiappa sur le plateau de Linfo.re lors de son passage à la Réunion mercredi dernier, par ailleurs retweetés par la principale intéressée, ne sont pas passés inaperçus.
Depuis le 6 novembre au soir, nombre d’internautes s’indignent contre la mesure proposée par la Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, jugée raciste et xénophobe.
Elisa Rojas, avocate et militante activiste, pointe par exemple le caractère “raciste” de cette mesure et rectifie les propos de la ministre en indiquant que le terme de “citoyens étrangers” n’est pas correct puisqu’en France, “les étrangers ne sont pas citoyens. Seuls les ressortissants de l’UE, sans être nationaux, ont des attributs de la citoyenneté”.

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Au delà du racisme ignoble de cette mesure et du sous-entendu qu’elle alimente (les violences serait surtout le fait des étrangers).

Il y a vrai problème dans cette phrase. Il n’y a pas de « citoyens étrangers » ça n’existe pas au sens juridique. https://t.co/rCMzJxPu81— Elisa ROJAS (@elisarojasm) November 7, 2019

La militante féministe et antiraciste “Melusine_2”, particulièrement active sur les réseaux sociaux, a fait part de son dégoût face à de tels propos :
Haha je vais vomir https://t.co/2WDXMzpTjT— Mélusine (@Melusine_2) November 7, 2019

Sans surprise, le RN approuve

Côté extrême droite, l’occasion était trop belle pour passer à côté. Marine Le Pen et Jean-Lin Lacapelle – respectivement présidente du Rassemblement National (RN) et vice-Président du RN au Conseil régional d’Ile-de-France -, se sont empressés de retweeter la publication de la Secrétaire d’Etat :
Une étude de janvier 2016 de l’ONDRP indiquait que 52% des auteurs de viols à #Paris en 2014 étaient des étrangers ! Il faut expulser les coupables, mais pourquoi s’arrêter aux viols ? MLPhttps://t.co/oLgTWvjOtt— Marine Le Pen (@MLP_officiel) November 7, 2019

Marlène Schiappa veut expulser les étrangers condamnés pour violences sexuelles. Allez jusqu’au bout de votre réflexion ⁦@MarleneSchiappa⁩ : 25% de la population carcérale est étrangère. Ils n’ont pas plus de légitimité à rester en France. https://t.co/gr95M2l1vR— Jean-Lin Lacapelle (@jllacapelle) November 7, 2019

Et comme si cela ne suffisait pas, Marlène Schiappa a confirmé et développé ses propos dans une interview publiée sur le site de Marianne ce matin. S’auto-positionnant à “la gauche de la gauche du gouvernement”, elle n’hésite pourtant pas à déclarer, entre autres, qu’elle ne “voi[t] pas qui pourra honnêtement nous dire qu’un citoyen étranger qui a violé une femme peut rester sur le territoire sans que cela pose problème !”.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/07/actualite/politique/marlene-schiappa-veut-expulser-les-etrangers-condamnes-pour-violences-sexuelles/

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Publish date : 2019-11-07 15:57:06

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Dilagha, Irina, Hakim, Alfred… : ces migrants expulsés des campements Porte de la Chapelle

Dilagha, Irina, Hakim, Alfred… : ces migrants expulsés des campements




Dilagha a beau attendre dans le calme, ses yeux caves trahissent son inquiétude. Il est 4 heures du matin, les bus qui doivent évacuer les migrants installés à Porte de la Chapelle et le long de l’avenue Wilson n’arrivent que dans deux heures. “J’ai l’impression de passer ma vie à attendre, sans jamais rien savoir”. Où la préfecture les emmène, lui, sa femme et ses quatre garçons, il n’en a “aucune idée”. Aziz, le plus jeune de la fratrie, empile les coussins sous son pull pour faire barrage au froid de novembre.
Venus d’Afghanistan pour demander l’asile en France, ils font partie des 62 familles entassées, jeudi 7 novembre, sous l’un des ponts du périphérique parisien au nord de Porte de la Chapelle. Soit environ 200 personnes d’après les chiffres de l’association Utopia. De part et d’autres des arches de béton du pont, il pleut à verse. A quelques mètres, un autre groupe attend lui aussi, celui des hommes seuls, qui ne seront pas prioritaires.
Évacuation camp de la porte de La Chapelle pic.twitter.com/eF039vLiK0

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— Sébastien Thomas (@sebnantes) November 7, 2019

>> A lire aussi : A Paris, l’errance des familles de migrants à la recherche d’un endroit où dormir

(Thomas Guichard pour Les Inrocks)
Géorgiens, Somaliens, Pakistanais, Congolais… Des dizaines de nationalités sont présentes dans la file. Seuls les paquetages se ressemblent : baluchons, couvertures et tentes pliées.
Derrière ses lunettes fines posées sur le bout de son nez, Alfred semble un peu perdu au milieu des mouvements de foule. Ce professeur d’université de 53 ans est un fervent soutien de l’opposant russe Alexeï Navalny. Il a été contraint de quitter sa Russie natale accompagné de sa femme, pour gagner la France en avion. Lui s’occupe de se faufiler, elle suit, un bébé dans les bras et une guitare dans le dos. L’opération va commencer. Le couple disparaît sous les couvertures et file en direction des bus.
Hakim souffle sur ses doigts pour se réchauffer. Cet Afghan de 22 ans compte bien faire partie des premiers à embarquer. “Mon fils est atteint d’une grave maladie musculaire, avec le froid ça ne fait qu’empirer”, explique-t-il. C’est sur les routes de l’exil qu’il a rencontré sa femme Irina. Originaire d’un village situé à côté de la ligne de front de Donetsk, en Ukraine, elle a fui la guerre comme Hakim.
Ils se sont mariés dans une mosquée à Munich, mais la ville n’a pas voulu d’eux très longtemps. Déboutés de l’asile en Allemagne, le couple est venu s’entasser dans les camps du nord de Paris, il y a un mois. Ils n’imaginaient pas vivre dans une telle misère. “Chaque nuit, des gens se baladaient avec des couteaux et nous menaçaient. Je me suis fait voler deux téléphones et mon sac à dos. La police n’est intervenue qu’une fois pour les arrêter”, témoigne-t-il en jetant des coups d’œil aux policiers.
Un dispositif inédit
Si les opérations d’évacuation de migrants sont devenues courantes dans le nord de Paris, celle de ce matin revêt un caractère “exceptionnelle”, d’après les mots de la préfecture. 600 policiers sont mobilisés.

(Thomas Guichard pour Les Inrocks)
En juillet dernier, le camp de Rosa Parks a été évacué. Fin août, c’était au tour de celui de La Villette. Il y a trois semaines encore, une trentaine de familles regroupées sur un bout de terrain dans le XVIIème arrondissement était évacuée par les forces de l’ordre.
“Au bout d’une semaine, tout le monde s’est retrouvé une nouvelle fois à la rue”, s’agace une bénévole d’Utopia, “d’ailleurs j’en reconnais certains qui sont là ce soir”. Les associations d’aide aux migrants déplorent “l’absence de dialogue avec la préfecture”. La rumeur qu’une “mise à l’abri” de grande ampleur devait avoir lieu a bien circulé ces deux derniers jours, mais les autorités n’ont jamais pris contact avec Utopia.
“Une fois Porte de la Chapelle nettoyé, ce sera une chasse à l’homme”, estime une volontaire. Le préfet de police Didier Lallement, venu tenir une conférence de presse au moment de lancer l’opération, à 6 heures du matin, ne dit rien de différent : “Je déconseille aux gens de venir se réinstaller ici, je prendrais des mesures de police [dans le cas contraire, ndlr]. Il n’est pas possible que des tentes s’installent dans l’espace public.”
La Porte de La Chapelle va-t-elle être sanctuarisée ? Peu d’associations veulent y croire. Décision inédite, le préfet de police a pris un arrêté pour cadrer cette évacuation et prévoit des contrôles renforcés sur place pour empêcher tout retour. Le ton de la préfecture s’est durci, à l’image de celui donné par son supérieur hiérarchique, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.
La veille, le gouvernement a annoncé une série de mesures restrictives en matière d’immigration, dont l’évacuation des camps. Pour la maire de Paris Anne Hidalgo, qui accompagnait le préfet de police avec son adjoint au logement Ian Brossat : “Si l’on veut éviter que ça se reproduise, il faut mettre en place des dispositifs dignes”.
Des arrestations de migrants en situation irrégulière ont été menées sur un autre site, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ce matin. “Ils sont infâmes. Ils profitent de l’excitation de l’évacuation pour faire des rafles”, dénonce une autre volontaire témoin de la scène.

>> A lire : Immigration : les associations dénoncent des mesures “dangereuses” et “idéologiques”

Dans les gymnases, retour au point de départ
A vingt minutes de la noria des véhicules de police, le centre sportif Courcelles se prépare à accueillir les migrants fraîchement évacués. Une quinzaine de gymnases, dont deux intra-muros, a été réquisitionnée. Cent lits picots et autant de sacs de couchage sont dépliés par les volontaires de L’Armée du Salut.
Combien de temps le centre restera ouvert, personne ne sait. “Au moins cet hiver”, espère-t-on du côté de l’association. La préfecture a promis que l’hébergement serait “inconditionnel et sans expulsion dans l’immédiat”. Pourtant, en moyenne, 30 % des personnes hébergées retournent dans la rue quelques jours après. “Quand on ouvre un gymnase, on vérifie qu’il n’y a pas de remise à la rue par l’Etat. Sinon on dit non”, assure Emmanuel Ollivier, un responsable de L’Armée du Salut.
Au gymnase de Courcelles, dans le XVIIème arrondissement, les bénévoles de l’@ArmeeduSalut installent des lits de camp et des duvets. 100 personnes doivent s’installer dans les prochaines heures. pic.twitter.com/h0H4AQlEXj— Thomas Guichard (@t_guichard) November 7, 2019

Mahmud vient de s’enregistrer auprès des bénévoles qui bordent l’entrée du préau. Assis sur son lit de camp, il dit n’avoir “aucune idée” de ce qui l’attend désormais. Ses empreintes ont été prises en Bulgarie, il fait partie des “dublinés”. Sa demande d’asile a été refusée dans un autre pays européen, il se retrouve sans solution.
Nasratullah est en train de déplier son sac de couchage. Il a 27 ans et vient, lui aussi, d’Afghanistan. Après deux ans passés d’un camp à l’autre, il attend toujours la réponse de l’OFPRA sur sa demande d’asile. pic.twitter.com/AQvRH9iYf0— Thomas Guichard (@t_guichard) November 7, 2019

Quelques lits de camp plus loin, Nasratullah ne sait plus s’il doit pleurer ou se réjouir. “J’étais content de monter dans le bus, pour échapper à l’hiver. J’essaie de rester optimiste en attendant la réponse de l’OFPRA [Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui reconnaît le statut de réfugié, ndlr]. Mais je ne sais pas quoi faire, attendre, encore.”

(Thomas Guichard pour Les Inrocks)



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Publish date : 2019-11-07 17:16:05

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1989 : peut-on parler d’“annexion” de l’Allemagne de l’Est ?

1989 : peut-on parler d’“annexion” de l’Allemagne de l’Est ?




Alors que les commémorations des trente ans de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, battent leur plein, célébrant unanimement la fameuse “réunification” de l’Allemagne, Le Monde diplomatique s’inscrit en faux. En Une de son édition de novembre, un titre va à contre-courant d’une mémoire officielle uniquement positive : “Allemagne de l’Est, histoire d’une annexion.”
Celui-ci serait peut-être passé relativement inaperçu, si le président du groupe France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon, n’avait pas braqué les projecteurs dessus. Le 31 octobre, celui-ci a en effet tweeté une photo de cette Une, avec ce commentaire : “Enfin le mot juste pour nommer ce qui s’est passé il y a 30 ans. Une violence qui n’en finit plus de se payer.”
Enfin le mot juste pour nommer ce qui s’est passé il y a 30 ans. Une violence qui n’en finit plus de se payer. pic.twitter.com/APS0htHUcw

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— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 31, 2019

“En fait, il n’y a rien de nouveau dans cette discussion”

Cette qualification d’un événement présenté la grande majorité du temps comme évidemment et éminemment positif – puisqu’il a mis fin à la dictature d’un Etat, la République démocratique allemande (RDA), dirigée par un parti unique, le Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED) -, a suscité une salve de commentaires désapprobateurs. Ainsi le journaliste Jean-Michel Aphatie a répliqué : “Je suis abasourdi de constater qu’en 2019, Jean-Luc Mélenchon considère que la réunification de l’Allemagne il y a trente ans était en fait une ‘annexion’. Les Allemands de l’est découvraient la liberté. Leur régime était haïssable. Quelle inquiétante lecture de l’histoire.”
Je suis abasourdi de constater qu’en 2019 @JLMelenchon considère que la réunification de l’Allemagne il y a trente ans était en fait une « annexion ». Les Allemands de l’est découvraient la liberté. Leur régime était haïssable. Quelle inquiétante lecture de l’histoire https://t.co/fYSxWt8360— jean-michel aphatie (@jmaphatie) October 31, 2019

Forcément, quand on pense à la mobilisation populaire puissante et durable qui a fini par abattre le mur de Berlin, dans la joie et le soulagement de la population de RDA, désireuse de libertés politiques et de prospérité, en 1989, le terme d’“annexion” semble pour le moins déplacé. En présentant un processus démocratique comme une manœuvre autoritaire venue de l’extérieur, il choque le sens commun. Mais, comme souvent, les choses ne sont pas aussi simples. Il suffit de lire l’article très renseigné du Monde diplomatique, signé par les journalistes Rachel Knaebel et Pierre Rimbert, pour se rendre compte que, par la suite, une confrontation politique a eu lieu entre les partisans d’une RDA démocratique et la République fédérale d’Allemagne (RFA), qui souhaitait la transplantation d’un système capitaliste libéral en RDA, et la liquidation de ses institutions.

>> A lire aussi : Berlin : le business florissant des morceaux de Mur

Le Monde diplo n’est donc pas le premier à parler d’“annexion”. Interrogé par les Inrocks, l’historien Nicolas Offenstadt, spécialiste de la RDA et auteur du livre Le Pays Disparu. Sur les traces de la RDA (éd. Folio Gallimard, 2019), explique que cette bataille d’interprétation ne date pas d’hier : “En fait, il n’y a rien de nouveau dans cette discussion. Dans l’Allemagne des années 1990, devant le processus d’unification et la dissolution de l’ensemble des structures de la RDA, les termes d’‘annexion’ et même de ‘colonisation’ sont utilisés, notamment par les critiques de gauche. Une étude en ce sens s’intitule même ‘Colonisation de la RDA’, en 1995. Un écrivain de l’Est qui fit polémique, Rolf Hochhuth, évoqua lui un pays occupé.”

“Prise de contrôle”

Le Monde diplo cite quant à lui Christa Luft, ministre de l’économie du 18 novembre 1989 au 18 mars 1990, pour qui la réunification visait à “assurer, au moyen du mark, l’annexion rapide de la RDA à la RFA”. Ou encore l’universitaire italien Vladimiro Giacché, auteur d’une étude intitulée Le Second Anschluss, qui relate comment pour la RFA, au lendemain de la chute du mur de Berlin, “la priorité est la liquidation absolue de la RDA”. Wolfgang Schäuble, ministre de l’intérieur de la RFA chargé des négociations sur le traité de réunification, déclarait lui-même clairement en 1990 à la délégation est-allemande : “Il s’agit d’une entrée de la RDA dans la République fédérale, et pas du contraire. Ce qui se déroule ici n’est pas l’unification de deux Etats égaux.”

Faut-il voir dans cette manière de présenter les faits une pente glissante vers le révisionnisme historique ? Pour Nicolas Offenstadt, il y a “trois éléments tangibles à rappeler” : “D’abord, les premières élections dites libres en mars 1990 (mais avec une forte implication des appareils de l’Ouest) ont donné la majorité aux partis favorables à l’unification rapide. Deuxièmement, il y avait un courant alors, souvent rassemblé sous le terme de ‘troisième voie’, qui aurait voulu préserver la RDA mais en la transformant en un socialisme démocratique, ‘à visage humain’, mais qui n’a pu s’imposer. Troisièmement il est clair qu’il n’est pas resté grand-chose des structures politiques ou économiques de la RDA dans le processus. Un livre récent sur le sujet, écrit pourtant par un historien de l’Est sans concession aucune pour le régime, s’intitule : La prise de contrôle (Die Übernahme, en allemand)”.

“Une violence sociale de grande ampleur s’est exercée sur de nombreux Allemands de l’Est”

Interviewé sur France Inter le 3 novembre, Jean-Luc Mélenchon a réitéré ses propos sur l’Allemagne de l’Est, renvoyant à son livre paru en 2015, Le Hareng de Bismarck : “Dans ce pays, un autre pays voisin a annexé toutes les usines du pays, changé toutes les institutions et modifié le régime de la propriété, ça s’appelle une annexion.”
[email protected], 30 ans après la Chute du Mur de Berlin : avec la réunification, “c’est une violence sociale inouïe qui a été commise contre les Allemands de l’Est” #QuestionsPol pic.twitter.com/D6uKhEE8nZ— France Inter (@franceinter) November 3, 2019

Parler d’annexion n’équivaut donc pas à relativiser l’importance de la chute du mur de Berlin, ni à regretter la douce époque où les agents de la Stasi s’infiltraient partout, jusque dans les familles, comme l’a dit en substance l’ancien député européen Daniel Cohn-Bendit sur France Inter le 4 novembre.
[email protected] refuse le terme “annexion” pour évoquer la réunification de l’Allemagne il y a 30 ans. “C’est une bêtise incroyable (…). Dire ‘annexion’, c’est reprendre ‘radio nostalgie Allemagne de l’Est’, c’est ce que dit l’extrême droite ” #Europe #le79Inter pic.twitter.com/G6XnLCaSAw— France Inter (@franceinter) November 4, 2019

Ce mot d’“annexion” décrit ce qu’il s’est passé après, et qui a eu de graves conséquences sur la santé économique de la RDA. “Il est certain qu’une violence sociale de grande ampleur s’est exercée sur de nombreux Allemands de l’Est après 1990, confirme Nicolas Offenstadt. Habitués au plein-emploi et à la protection sociale dans l’entreprise, ils ont été soumis au chômage de masse et au sous-emploi. Dès l’automne 1990, il y a 500 000 chômeurs. Les mesures de pré-retraites et de formations, parfois infantilisantes, se multiplient aussi. Sans compter les effets induits par le fait de voir se fermer de grandes entreprises, dont le régime ne cessait de vanter l’importance, et les productions. La question n’est pas ici qui parle, mais dans quelle mesure ce que l’on sait d’un point de vue historique est respecté.”



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Publish date : 2019-11-07 12:08:33

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Violentes critiques d’une mère isolée : Julie Graziani écartée du magazine “L’Incorrect”

Violentes critiques d’une mère isolée : Julie Graziani écartée du




“La rédaction de L’Incorrect a décidé qu’en aucun cas Julie Graziani ne pouvait plus la représenter, à la télévision ni ailleurs, sur les réseaux sociaux ou dans quelques médias.” Dans un communiqué publié jeudi 7 novembre, Jacques de Guillebon, directeur de la rédaction de ce magazine proche de l’extrême droite, a indiqué avoir écarté Julie Graziani. En cause, les propos tenus par cette dernière sur LCI lors de l’émission “24 Pujadas”, lundi 4 novembre, qu’il qualifie de “scandaleux”.
Après avoir visionné un échange entre le Président de la République et une mère de famille déplorant le caractère extrêmement précaire de sa situation, l’éditorialiste avait en effet déclaré : “Je ne connais pas son parcours de vie à cette dame, qu’est-ce qu’elle a fait pour se retrouver au SMIC, est-ce qu’elle a bien travaillé à l’école ? Est-ce qu’elle a suivi des études ?” Ajoutant, le plus naturellement du monde : “Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer non plus.”

>> A lire aussi : “Est-ce qu’elle a suivi des études ?”: Sur LCI, Julie Graziani en roue libre sur les mères isolées

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Au lendemain de la polémique, L’Incorrect avait permis à l’éditorialiste de (tenter) de clarifier ses propos. “La formule était provocatrice et blessante pour les intéressées, déclarait-elle alors. Je le reconnais et je présente mes excuses à ceux qui l’ont ressenti comme tel. Mon propos n’était pas de dire qu’une mère de famille en situation de précarité n’avait pas à divorcer.”

>> A lire aussi : [Vidéo] Clément Viktorovitch explique pourquoi les propos de Julie Graziani “ne sont pas un dérapage”

Jacques de Guillebon, qui précise lui avoir, en vain, laissé le temps “de revenir à la raison et de s’échapper hors la meute médiatique dans la dignité” a finalement décidé de l’évincer – la principale intéressée, elle, affirmant sur Twitter “cesser sa collaboration” avec le magazine, “oubliant” sans doute de préciser que ce choix n’est pas de son fait. Déplorant son manque de remise en question, ce proche de Marion Maréchal a critiqué les tweets et vidéos publiés par Graziani ces dernières heures, qui renvoient selon lui à un “dédain plus que macronien”. Hier, la désormais ex-éditorialiste a notamment publié une vidéo “humoristique” (sic) sur son compte Twitter. Loin de détendre l’atmosphère, elle s’est, une fois de plus, attirée les foudres des internautes (voir les commentaires sous son post).
pic.twitter.com/v7XIPXz113— Julie Graziani (@grazianijulie) November 6, 2019




Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/07/actualite/medias-actualite/violente-critique-dune-mere-isolee-julie-graziani-ecartee-du-magazine-lincorrect/

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Publish date : 2019-11-07 12:43:41

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Vérification des locations : comment Airbnb veut protéger ses utilisateurs

Vérification des locations : comment Airbnb veut protéger ses utilisateurs




Pour rassurer ses 600 millions de clients à travers le monde, Airbnb s’attaque à un véritable chantier. Celui de passer en revue, d’ici le 15 décembre 2020, les 7 millions de locations proposées sur sa plateforme. L’exactitude des informations sur le site à savoir, entre autres, la photo, l’adresse, l’état du logement, ainsi que la sécurité qu’il confère, sera ainsi examinée.
Pas de temps à perdre pour Brian Chesky, l’un des cofondateurs du site qui entend retrousser ses manches… tout de suite. Le patron a déjà annoncé que, dès le 15 décembre de cette année, si les utilisateurs de la plateforme se retrouvent insatisfaits de leur location, ils pourront demander à être relogés ou remboursés.

>> A lire aussi : Faut-il interdire Airbnb à Paris ?

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Ouverture d’une permanence téléphonique 7j/7

Autre avancée, le responsable de la plateforme s’engage à mettre en place une ligne d’appel d’urgence disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, pour pouvoir joindre “une vraie personne chez Airbnb partout dans le monde et à tout moment” rapporte l’AFP. La ligne sera effective dès le 31 décembre aux Etats-Unis, puis dans le monde entier en 2020.
Pour former ses employés à une meilleure prise en charge des clients aux demandes urgentes, la plateforme a fait appel à deux consultants au CV bien fourni : Charles Ramsey, ancien patron de la police en Californie, ainsi que l’ex-conseiller de Barack Obama, Ronald Davis.

Arnaques en tout genre et locations à risque

Pour sécuriser l’accès au logement et prévenir tout risque, le patron de Airbnb a annoncé une nouvelle interdiction. Il n’est désormais plus possible de se payer une location si celle-ci est exclusivement utilisée pour faire la fête. Comme le rappelle l’AFP, la mesure a été annoncée le 2 novembre, soit deux jours après la fusillade d’Orinda en Californie.
Pour rappel, une femme avait loué un logement, accompagnée officiellement d’une dizaine de personnes pour célébrer Halloween. Sauf, qu’à la grande surprise de leurs voisins, ils étaient une centaine à avoir investi les lieux pour faire la fête. Après avoir appelé la police pour tapage nocturne, une fusillade a éclaté, causant la mort de cinq personnes.



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Publish date : 2019-11-07 12:38:01

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“Des cagnottes Leetchi dans tous les sens” : à Levallois, une asso veut payer la caution de Balkany

“Des cagnottes Leetchi dans tous les sens” : à Levallois, une




Certain.e.s font des cagnottes en ligne pour l’anniversaire de leurs ami.e.s, d’autres souhaitent faire la même chose… pour Patrick Balkany. L’ex-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), actuellement incarcéré à la Prison de la Santé – car, rappelons-le, condamné pour “fraude fiscale” et “blanchiment aggravé” – aurait vraisemblablement des problèmes de trésorerie.

>> A lire aussi : Courriers, polars, clopes et… cornichons : On en sait plus sur la vie de Patrick Balkany en prison

L’homme politique Les Républicains a en effet affirmé, lors de sa première demande de remise en liberté, ne pas avoir en poche les 500 000 euros demandés par la Cour d’appel à titre de caution. Alors trois de ses ex-administré.e.s n’ont pas hésité à prendre le problème en main, en lançant, comme l’a révélé BFM TV, un “Balkanython”.

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Une association, nommée “Association de soutien à Patrick Balkany”, a été créée en ce sens, de façon à le faire sortir de prison.

“J’ai eu peur qu’ils se fassent gruger”

Une information confirmée par Isabelle Balkany, maire de Levallois par intérim et épouse de Patrick – elle-même condamnée à de la prison ferme. Voici ce qu’elle a dit à la chaîne d’info en continu : “Connaissant notre situation, des habitants de Levallois avaient spontanément lancé des cagnottes Leetchi dans tous les sens. Je leur ai donc demandé d’arrêter car j’ai eu peur qu’on ne sache pas où allaient les fonds, qu’ils se fassent gruger par des gens qu’on ne connaît pas.”
Des déclarations qui ne manquent pas de saveur, quand on connaît les faits pour lesquels les Balkany ont été condamnés.
Isabelle Balkany: “Avec notre accord, des Levalloisiens ont déposé une association de soutien pour acquitter la caution de Patrick” pic.twitter.com/rsINquJRJ0— BFMTV (@BFMTV) November 5, 2019

En tout cas, la deuxième demande de libération de Patrick Balkany a été mise en délibéré au 13 novembre prochain.

>> A lire aussi : 5 choses à savoir sur le procès Balkany




Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/06/actualite/actualite/des-cagnottes-leetchi-dans-tous-les-sens-a-levallois-une-asso-veut-payer-la-caution-de-balkany/

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Publish date : 2019-11-06 11:18:45

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Cette semaine dans les Inrocks : FKA Twigs, Kanye West, les créateurs de Rick et Morty…

Cette semaine dans les Inrocks : FKA Twigs, Kanye West, les




FKA Twigs, est-elle la nouvelle Björk ?

Avec MAGDALENE, l’Anglaise mêle mysticisme et sensualité pour traduire son désir de réinvention. Un deuxième album qui plane très haut et l’impose comme une artiste majeure de notre temps.

Matthew Stone

Tindersticks : rencontre avec Stuart Staples pour le nouvel album “No Treasure but Hope”

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Après des escapades solo (“Arrythmia”) et au cinéma (“High Life” de Claire Denis), Stuart A. Staples a réuni ses Tindersticks pour “No Treasure but Hope”. Pour cet album au “désespoir teinté d’espoir”, le chanteur a quitté La Souterraine dans la Creuse, où il réside, pour l’île d’Ithaque.

Stuart Staples à Paris en 2019. Renaud Monfourny

Entretien avec les créateurs irrévérencieux de “Rick et Morty”

Depuis 2013, Rick et Morty, la série d’animation créée par Dan Harmon et Justin Roiland, est devenue une véritable icône de la pop culture avec son humour noir, son nihilisme et sa tendresse. Rencontre avec ses deux créateurs.

Rick Sanchez, le savant fou, et son petit fils Morty Smith. Adult Swim

“Le Plan B pour la planète” lumineux et combatif de l’essayiste Naomi Klein

Et si l’heure était à un nouveau socialisme alliant urgences écologique et sociale ? Alors que l’essayiste altermondialiste canadienne Naomi Klein publie un enthousiasmant recueil de textes, “Plan B pour la planète : le New Deal vert”, partout sur la planète, des mouvements sociaux et courants politiques radicaux portent cette exigence. Tour d’horizon.

Naomi Klein devant le siège de la police de Toronto pour manifester contre les arrestations effectuées par la police lors du sommet du G20 à Toronto en octobre 2010. Lucas Oleniuk/Toronto Star/Getty

Kanye West ressuscite avec “Jesus Is King”

Avec son neuvième album solo, Kanye West livre le témoignage poignant d’une dévotion aussi touchante qu’ambiguë.

Jamel Toppin/The Forbes Collection/Contour RA/Getty Images

Le Greco, une noirceur dissonante en regard avec notre temps

Le Grand Palais consacre une rétrospective – la première en France – à ce peintre majeur du XVIe siècle. Sa sombre palette entre en résonance avec les menaces sourdes qui hantent notre décennie finissante. Echos d’une œuvre qui, de Picasso à des artistes d’aujourd’hui, n’en finit pas de hanter les chevalets.

Le Greco (Dominio Theotopoulos), “L’Ouverture du cinquième sceau”, dit aussi “La Vision de saint Jean”, 1610-1614. New York, The Metropolitan Museum of Art ; Rogers Fund, 1956. The Metropolitan Museum of Art/Dist. RMN-Grand Palais/image of the MMA
Et toujours les critiques ciné, séries, musique, livres, scènes, arts…



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Publish date : 2019-11-06 14:12:45

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Après le témoignage d’Adèle Haenel, le parquet ouvre une enquête pour “agressions sexuelles”

Après le témoignage d’Adèle Haenel, le parquet ouvre une enquête




A la suite des révélations de Mediapart et des accusations d’Adèle Haenel envers le réalisateur Christophe Ruggia, le parquet de Paris a ouvert une enquête, ce mercredi 6 novembre, pour “agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité” et “harcèlement sexuel”. L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) est chargé de l’enquête.

>> A lire aussi : Nicole Belloubet “choquée” par ce qu’a dit Adèle Haenel sur la justice

Elle avait fait le choix de parler à Mediapart, expliquant ne pas vouloir porter l’affaire devant la justice. “La justice nous ignore, on ignore la justice”, a résumé la comédienne. Dans une longue enquête publiée dimanche, elle accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’attouchements et de harcèlement sexuel lorsqu’elle était âgée de 12 à 15 ans. Des faits remontant notamment à l’époque de son premier film, Les Diables.

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>> A lire aussi : [Vidéo] Harcèlement sexuel : le récit poignant d’Adèle Haenel



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Publish date : 2019-11-06 14:34:52

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