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Les Inrocks

“Anhell69”, Theo Montoya se raconte dans un premier film unique et habité

“Anhell69”, Theo Montoya se raconte dans un premier film unique et habité



À bien des égards, Anhell69, premier long de Theo Montoya, répond aux préceptes baziniens sur les arts plastiques comme actes d’embaumement, capables “d’exorciser le temps” et de sauver “d’une seconde mort spirituelle”, et le cinéma comme leur versant animé et convulsif. Anhell69 nous vient d’outre-tombe. Sa voix est celle de son auteur, qui nous parvient d’un cercueil où le cinéaste met en scène sa dépouille, baladée dans un corbillard dans les nuits de Medellín.

Dans ce récit à la première personne, Montoya raconte son enfance, la violence de son pays, la drogue très tôt et le cinéma très vite. Dans un lent panoramique se dévoile sa chambre d’ado, posters de Titanic, Britney, E.T., photos du Christ sur les murs, et les mouvements de caméra la regardent comme la dépouille d’un souvenir.

Quelque chose d’une infinie meurtrissure traverse le film, donnant le sentiment de parcourir les vestiges d’un monde d’aujourd’hui déjà en ruines. Ce récit de soi se mélange à un autre, celui annoncé par son titre, pseudo d’un ami de Theo. Le garçon à la beauté androgyne nous apparaît dans les séquences d’un casting au cours desquelles le réalisateur, comme une actualisation de la célèbre formule de Jean Rouch dans Chronique d’un été (“êtes-vous heureux ?”), demande à ses proches comment ils et elles envisagent l’avenir. Aucun·e ne peut l’entrevoir, le présent est le seul mode de survie dans un pays qui n’a jamais connu la paix.

À cette ébauche préparatoire se mêlent des images de la fiction où Theo serait devenu le héros d’un récit fantastique, entre Terminator et Apichatpong Weerasethakul, où une jeunesse queer et spectrophile cohabiterait avec des fantômes-ami·es persécuté·es par des instances de pouvoir. Film “trans, sans genre et sans frontières”, Anhell69 se nourrit comme un vampire de ses fragments épars, de ses ami·es sacrifié·es, beaux et belles mort·es-vivant·es. L’endroit du film est leur tombeau de repos, mais un tombeau à ciel ouvert au goût de rêve de liberté, “une maison sans murs, sans fenêtres”.

Anhell69 de Theo Montoya, avec Alejandro Hincapié, Camilo Machado, Alejandro Mendigaña (Col., Roum., Fr., All., 2024, 1 h 15). En salle le 29 mai.



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/anhell69-theo-montoya-se-raconte-dans-un-premier-film-unique-et-habite-618634-27-05-2024/

Author : Marilou Duponchel

Publish date : 2024-05-27 06:00:00

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Crystal Murray brille de mille feux sur “Sad Lovers & Giants”

Crystal Murray brille de mille feux sur “Sad Lovers & Giants”



Découverte en 2019 avec Princess, tube néosoul imparable, Crystal Murray passe enfin le cap du premier album. Désormais installée à Londres et proche d’une scène qu’elle a toujours affectionnée, l’artiste de 22 ans s’engage avec Sad Lovers & Giants dans une nouvelle voie (assez étonnamment) mâtinée de rock voire de punk et, surtout, d’hyperpop. De ce style aux contours flous et aux inflexions volontairement fourre-tout, Crystal Murray conserve surtout l’essence hors cadre.
Le disque est ainsi impossible à ranger dans une case, passant d’une synthpop tubesque (Starmaniak) à des productions délicates et mélancoliques (Air, Dickstraction) et des morceaux aux allures résolument hybrides, à la fois très pop et radicales (Payback). Et c’est peut-être de là que Sad Lovers & Giants tire sa plus grande force.
Une œuvre intime, singulière et surprenante
Absolument contemporain, ce premier disque n’a de cesse d’explorer des horizons nouveaux, de briser les frontières musicales. Si cette hétérogénéité pourrait troubler au premier abord, l’ensemble trouve une cohérence dans la voix et les sentiments de son autrice, traversée par les troubles de son époque et des relations humaines.
Épaulée par le producteur Kyu Steed (Amaarae, Booba) et Elliot Berthault (musicien du groupe postpunk Rendez Vous), Crystal Murray livre donc une œuvre intime, singulière et surprenante, qui cristallise et réunit toutes les facettes de la jeune songwriter française.
Sad Lovers & Giants (Because). Sortie le 31 mai.



Source link : https://www.lesinrocks.com/musique/crystal-murray-brille-de-mille-feux-sur-sad-lovers-giants-618648-27-05-2024/

Author : Xavier Ridel

Publish date : 2024-05-27 07:00:00

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“Salem” : Jean-Bernard Marlin signe un film de genre bien maladroit

“Salem” : Jean-Bernard Marlin signe un film de genre bien maladroit



Dans leur jeunesse, Djibril et Camilla incarnaient une sorte de version moderne de Roméo et Juliette, dans les quartiers Nord de Marseille. Leur union, rendue impossible à cause de la violente rivalité entre deux cités – comorienne d’un côté, gitane de l’autre –, a pourtant vu naître une fille. Persuadé que cette enfant est le messie qui sauvera la ville de l’apocalypse, Djibril, qui sort de prison, joue les prédicateurs illuminés. Entre gansta love et bouffées délirantes mystiques, le scénario de Salem n’a certainement pas peur de l’excès.

Employant un casting d’acteur·rices non professionnel·les, Jean-Bernard Marlin poursuit la veine naturaliste initiée dans son premier long métrage (le convaincant Shéhérazade, 2018) et restitue avec une certaine justesse le quotidien tragique qu’engendrent ces éternelles guérillas urbaines. C’est grâce à cette rigueur que le film évite à peine le ridicule, malgré son incursion maladroite dans le cinéma de genre. Multipliant les métaphores religieuses chaotiques et s’encombrant d’effets de mise en scène superflus, Salem, dans sa dimension fantastique, tire vers le caricatural. Un miracle de moins aurait peut-être pu nous sauver du désastre.

Salem de Jean-Bernard Marlin, avec Dalil Abdourahim, Oumar Moindjie, Wallen El Gharbaoui (Fr., 2023, 1 h 43). En salle le 29 mai.



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/salem-jean-bernard-marlin-signe-un-film-de-genre-bien-maladroit-618622-26-05-2024/

Author : Rose Baldous

Publish date : 2024-05-26 06:00:00

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Entre féerie et susurrements, Bat for Lashes est aérienne avec “The Dream of Delphi”

Entre féerie et susurrements, Bat for Lashes est aérienne avec “The Dream of Delphi”



Devenir mère (de la petite Delphi du titre), revenir s’installer à Londres après plusieurs années à Los Angeles, passer la barre des 40 ans : Natasha Khan, la tête pensante de Bat for Lashes, a franchi plusieurs étapes importantes depuis son dernier disque en date, Lost Girls (2019), ancré dans une synthpop dansante.
Pourtant, elle est immédiatement reconnaissable quand elle nous revient avec son sixième album, The Dream of Delphi, qui retourne aux fondamentaux qui nous avaient tant enchanté·es à ses débuts, en 2006 : des chansons hantées, qui touchent au mystique, où la voix céleste de l’artiste côtoie des mélodies à la fois intuitives et travaillées.
Une personnalité unique éclairée par l’ombre de Kate Bush
Cette fois, l’Anglaise laisse beaucoup de place aux instruments (une bonne moitié de l’album n’a pas de paroles) et en particulier aux claviers, son jouet fétiche, renforçant les comparaisons avec Kate Bush. Impossible de ne pas fondre d’émerveillement en l’écoutant susurrer, seule derrière son piano, diverses voyelles aériennes sur Her First Morning ou en découvrant en introduction le morceau éponyme, qui met d’emblée la barre très haut (avec, en guests, la harpe féerique de Mary Lattimore et les programmations du merveilleux Ben Christophers). Une rêverie dans laquelle on peut se lover à l’infini.
The Dream of Delphi (Decca/Universal). Sortie le 31 mai. En concert au festival Beauregard, Hérouville-Saint-Clair, le 6 juillet.



Source link : https://www.lesinrocks.com/musique/entre-feerie-et-susurrements-bat-for-lashes-est-aerienne-avec-the-dream-of-delphi-618597-26-05-2024/

Author : Noémie Lecoq

Publish date : 2024-05-26 07:00:00

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[Cannes 2024] Masterclass George Lucas : le portrait d’un “outsider” devenu “parrain”

[Cannes 2024] Masterclass George Lucas : le portrait d’un “outsider” devenu “parrain”



“Je suis têtu et je n’ai jamais aimé qu’on me dise comment faire mes films”, a lancé George Lucas sur la scène du théâtre Debussy, en conclusion d’une masterclass animée par Didier Allouch, qui aura essentiellement tourné autour de la question de l’indépendance : comment la gagner, comment la garder, comment la partager ?

Accueilli comme une superstar à la veille de la remise d’une Palme d’or d’honneur, le cinéaste s’est prêté au jeu des questions-réponses, balayant les grandes étapes de sa carrière dans de longs développements, tantôt précis tantôt flous, dessinant surtout le portrait d’un “outsider” devenu “parrain” – pour reprendre deux célèbres titres de films de Francis Ford Coppola qui joua un rôle central dans l’ascension de son cadet.

Son amitié avec Coppola

Alors que ce dernier venait, après ses études de cinéma à la University of Southern California (USC), de décrocher un stage à la Warner, le futur réalisateur du Parrain le prit en effet sous son aile lors du tournage de son troisième long métrage, La Vallée du bonheur en 1968. L’année suivante, il allait fonder ensemble American Zoetrope. Lucas est amplement revenu sur l’amitié qui les liait et les lie encore, eux “les seuls à se comprendre” dans le studio system déclinant des sixties, où l’on ne “pensait plus qu’au fric” alors qu’eux “voulaient juste faire des films”.

C’est évidemment un paradoxe : parce qu’il a un rapport extrêmement réaliste à l’argent, le père de Star Wars aura su occuper le centre de l’industrie comme nul autre, mais sans jamais rien lâcher de son indépendance. Venu du cinéma arty (THX 1138, dont il a raconté le passage à la Quinzaine des réalisateurs en 1971), il n’a par la suite eu de cesse d’intégrer la dimension commerciale dans son cinéma (dès American Graffiti en 1973). Il s’est d’ailleurs montré beaucoup plus précis sur les grands deals de sa carrière (notamment la garde des droits de merchandising de Star Wars) que sur les anecdotes de ses tournages… C’est cela qui le différencie fondamentalement de Coppola pour qui l’argent aura toujours été une part maudite. Et l’est encore aujourd’hui avec Megalopolis, que Lucas semblait ne pas avoir encore vu au moment de la masterclass.



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/cannes-2024-masterclass-george-lucas-le-portrait-dun-outsider-devenu-parrain-619890-25-05-2024/

Author : Jacky Goldberg

Publish date : 2024-05-25 18:17:27

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[Cannes 2024] Sean Baker, Payal Kapadia : une 77e édition au palmarès juste et équilibré

[Cannes 2024] Sean Baker, Payal Kapadia : une 77e édition au palmarès juste et équilibré



Dans sa dernière ligne droite, le festival semblait avoir trouvé sa palme incontestable : présenté la veille du palmarès, Les Graines du figuier sauvage soulevait une très vive émotion et prenait la tête des pronostics. L’évasion d’Iran de son réalisateur Mohammad Rasoulof, condamné début mai à huit ans de prison, la virulence et le courage de la critique politique qu’opère son film à l’endroit de l’oppression du régime iranien semblaient augurer d’une Palme à valeur d’intervention comme le festival en a régulièrement décerné (L’Homme de fer de Wajda en plein mouvement Solidarność, Yol de Yilmaz Güney, alors que le cinéaste kurde était incarcéré, Fahrenheit 9/11 de Michael Moore pour tenter d’éviter la réélection de Bush…).

Le jury présidé par Greta Gerwig a déjoué cette attente sans pour autant dénier au film sa valeur symbolique. Les Graines du figuier sauvage s’est ainsi vu récompensé ) cette occasion d’un prix spécial du jury. Ce qui a valu une prise de parole très habitée de Rasoulof, dédiant son prix aux membres de son équipe “qui ne sont pas là, retenus par les services secrets iraniens”. Avant de se déclarer “ravi que le film soit montré, reconnu, mais chagriné par la catastrophe que vit son [mon] peuple, pris en otage par le régime de la République islamique”. 

La cérémonie n’a pas réservé un coup de tonnerre aussi tonitruant que le discours de Justine Triet l’an passé. S’y sont pourtant fait entendre des prises de position et des paroles fortes. Nadine Labaki (membre du jury) et Lubna Azabal (présidente du jury des courts métrages) ont ainsi fait référence au conflit à Gaza (sans toutefois le nommer). Extrêmement émue, Karla Sofía Gascón, lauréate avec ses co-interprètes d’Emilia Perez d’un prix collectif d’interprétation – en plus d’un prix du jury pour Jacques Audiard, complétant sa collection déjà très fournie de statuettes cannoises –, a dénoncé “la souffrance des personnes trans” et leur exclusion du milieu du cinéma. Coralie Fargeat, prix du scénario pour The Substance, a diagnostiqué le besoin “d’une révolution [féministe] qui n’a pas encore commencé”.

Payal Kapadia, lauréate du grand prix, Sean Baker Palme d’or

Payal Kapadia, lauréate du grand prix pour All We Imagine as Light, a quant à elle soutenu, sans le citer mais avec une très grande clarté, le mouvement Sous les écrans la dèche. Payal Kapadia encore, mais aussi Miguel Gomes, en notant l’extrême rareté en compétition de films issus de leurs pays (Inde, Portugal), ont ouvertement critiqué une certaine rigidité des frontières cinématographiques dessinées par le festival.

Enfin, Sean Baker, à l’issue d’un discours prenant le parti de la salle contre les écrans domestiques et fustigeant la mainmise des compagnies de la “tech” sur l’industrie du spectacle, a dédié sa Palme remportée pour Anora aux “travailleur·euses du sexe, passé·es, présent·es et à venir” – un soutien tout à fait inédit dans l’histoire des discours de remerciement du festival. Des paroles politiques engagées donc, mais aussi des choix précurseurs : c’est la première fois qu’une actrice transgenre obtient un prix d’interprétation cannois ; la première fois qu’une réalisatrice indienne est sélectionnée puis primée.

Contrairement à ce qu’affirmaient les pronostics, ce n’est donc pas la dimension d’urgence et de gravité politique qui a prévalu dans les choix du jury. Mais plutôt une certaine idée du cinéma. Une idée à la fois œcuménique, avec une Palme d’or décernée à un film séducteur, accueillant, à la fois consensuel et très réussi (Anora) ; mais aussi ménageant une forte visibilité à la part la plus formaliste et expérimentale des films présentés en compétition : l’élégie vaporeuse à la sororité du très atmosphérique All We Imagine as Light (Payal Kapadia) ; ou encore le travail de pastiche ironique et savamment ouvragé de Miguel Gomes dans Grand Tour. En fin de compte, cette 77e édition nous a paru d’une grande richesse, avec des sections parallèles fortes (une Quinzaine des cinéastes audacieuse, une Semaine de la critique comportant des révélations marquantes). Mais la compétition, censée représenter une sorte de ligue A du cinéma d’auteur·ice, n’était pas forcément le lieu le plus stimulant du festival – y compris à l’intérieur de la sélection officielle, qui comprenait quelques grands films hors compétition, à commencer par Miséricorde d’Alain Guiraudie. À l’intérieur d’une compétition en demi-teinte, le palmarès a donc su opérer des choix à la fois inattendus et éclairés.

Le Palmarès complet

Palme d’or Anora de Sean Baker

Grand Prix All We Imagine as Light de Payal Kapadia

Prix du jury Emilia Perez de Jacques Audiard

Prix de la mise en scène Grand Tour de Miguel Gomes

Prix spécial du jury Les Graines du figuier sauvage de Mohammad Rasoulof

Prix d’interprétation féminine Collectif pour Karla Sofía Gascón, Zoe Saldana, Selena Gomez et Adriana Paz dans Emilia Perez de Jacques Audiard

Prix d’interprétation masculine Jesse Plemons pour Kinds of Kindness de Yórgos Lánthimos

Prix du scénario The Substance de Coralie Fargeat



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/cannes-2024-payal-kapadia-sean-baker-un-palmares-juste-et-equilibre-619895-25-05-2024/

Author : Elsa Pereira

Publish date : 2024-05-25 20:50:32

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Arthur Nauzyciel s’empare des “Paravents”, la pièce de Genet au parfum de scandale

Arthur Nauzyciel s’empare des “Paravents”,  la pièce de Genet au parfum de scandale



Près de soixante ans après sa création sous la direction de Roger Blin, mettre en scène Les Paravents conduit forcément à réveiller les fantômes de l’Histoire. Faut-il rappeler que ce qu’on nomme “La Bataille des Paravents” a été souvent considéré comme une préfiguration de Mai 68 ? Un face-à-face mobilisant en 1966 des défenseur·ses de la liberté d’expression s’opposant aux tenants de la censure, aux représentants de l’armée et aux nostalgiques de l’Algérie française.
Étrangement, ce n’est pas la représentation de ce qu’on nommait à l’époque les “opérations de pacification en Algérie” qui met le feu aux poudres, mais la fameuse scène des pets, censée offrir à un officier agonisant l’illusion de s’éteindre sur sa terre natale pour qu’il “respire en mourant un peu d’air de chez nous”. La formule du critique du Figaro résume, à ce moment-là, le niveau de l’affront : “L’armée est bafouée, le drapeau outragé et le théâtre subventionné.” Sous la plume de Jean Genet, l’image de cette mort héroïque a pour référence “un nuage dans un tableau de Murillo”. En se réclamant d’un peintre du Siècle d’or espagnol, contemporain de Vélasquez, l’auteur teinte d’une belle dose d’humour noir le rituel pétomane pour lui donner la dimension d’une révélation quasi mystique.
L’Algérie, sans la nommer
Avec Les Paravents, Jean Genet écrit une pièce sur les prémices d’une insurrection anticoloniale où l’Algérie n’est jamais nommée. Il inscrit son propos à la manière d’une fable dans un Maghreb de fantaisie, au prétexte du mariage de Saïd, un petit voleur si pauvre qu’il ne peut prétendre qu’à épouser Leïla, “la plus laide femme du pays d’à côté et de tous les pays d’alentour”. On suit les tribulations de la famille des Orties, des déclassé·es dans n monde qui cristallise autour d’elles et eux tous les motifs de la révolte en réunissant prostituées et clients, propriétaires et ouvriers agricoles, gradés et simples troufions.
De Xavier Gallais à Marie-Sophie Ferdane, Mounir Margoum et Catherine Vuillez, Arthur Nauzyciel réunit la bande de ses fidèles pour former une troupe de seize comédiens et comédiennes regroupant trois générations, et dont certain·es avaient participé à la mise en scène de Patrice Chéreau dans les années 1980. Avec plus d’une centaine de personnages convoqués sur le plateau, la pièce est une épopée baroque qui renvoie à une guerre qui ne dit pas son nom. Ne pouvant se résumer aujourd’hui au récit de la fable, le spectacle se devait de mettre en perspective la réalité des événements historiques.
“Il y a eu ce hasard, précise le metteur en scène. Je découvre les lettres d’Algérie que mon cousin Charles, alors jeune appelé étudiant en médecine, adresse depuis Tlemcen à ses parents pendant son service de 1957 à 1959. Ses lettres dialoguent étrangement avec la pièce de Genet.” D’où l’idée de les associer à la représentation comme un contrepoint de réel pour accompagner le texte.
“Dans cette fresque épique, en dehors de toute morale et bienséance, la pièce déjoue et affole nos codes et nos attentes” Arthur Nauzyciel
Pour Arthur Nauzyciel, “la pièce est certainement l’un des piliers fondateurs dans la création du théâtre français contemporain”. L’œuvre dénonce la situation politique d’une Afrique du Nord aux mains des colons, pour autant elle n’empêche pas le metteur en scène d’affirmer : “Les Paravents sont un trompe-l’œil. On croit que la pièce traite de la guerre ; on se trompe. On croit que les rebelles en sont les héros et c’est le traître qui triomphe. Car dans cette fresque épique, en dehors de toute morale et bienséance, la pièce déjoue et affole nos codes et nos attentes. Jean Genet nous emporte en illuminant le monde de la mort et le monde des vivants à travers divers tableaux qui composent un fascinant rituel politique et poétique.”
Comme une stèle dédiée à une page d’histoire qu’il s’agirait enfin de finir d’écrire, Arthur Nauzyciel et son scénographe Riccardo Hernández choisissent de verticaliser le plateau à travers les emmarchements immaculés d’un escalier qui monte jusqu’aux cieux. Ainsi, en l’inscrivant sur cette partition qui donne le vertige, le spectacle semble naître dans l’apesanteur d’un temps suspendu. La grâce des chorégraphies de Damien Jalet s’accorde alors à la sarabande délicate des costumes de José Lévy, pour convoquer une danse des spectres où Genet réunit les vivants et les morts dans le chaos d’une tendre apocalypse. 
Les Paravents de Jean Genet, mise en scène Arthur Nauzyciel, avec Hinda Abdelaoui, Zbeida Bekhajamor, Mohamed Bouadia, Aymen Bouchou, Océane Caïraty, Marie-Sophie Ferdane, Xavier Gallais… À l’Odéon-Théâtre de l’Europe, du 31 mai au 19 juin.



Source link : https://www.lesinrocks.com/arts-et-scenes/arthur-nauzyciel-sempare-des-paravents-la-piece-de-genet-au-parfum-de-scandale-616040-25-05-2024/

Author : Patrick Sourd

Publish date : 2024-05-25 06:00:00

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Anastasia Coope émerveille avec “Darning Woman”, premier album folk modeste et incantatoire

Anastasia Coope émerveille avec “Darning Woman”, premier album folk modeste et incantatoire



Qu’est-ce qu’un événement en pop ? He Is on His Way Home, We Don’t Live Together, le morceau d’ouverture de l’album inaugural d’Anastasia Coope, apporte un élément de réponse : le surgissement soudain de la guitare électrique, après l’entêtante litanie vocale, fait littéralement événement. C’est que l’artiste new-yorkaise est sûre de ses effets – des effets qu’elle ménage (album court, arrangements clairsemés) mais dont elle joue subtilement pour délivrer leur plein potentiel.
À la fois modeste et incantatoire (What Doesn’t Work What Does, comme une chorale solitaire), l’art de Coope suscite un émerveillement proche de celui qui nous a saisi·es à la découverte du Acquainted with Night (2021) de Lael Neale – et alignement des étoiles, Anastasia est en tournée américaine avec cette dernière. Comme cette dernière, elle dépouille son folk de tout gras, n’en retient qu’une ossature fragile sur laquelle elle échafaude de stupéfiantes miniatures.
L’apparition d’une magnifique singularité
En neuf titres et vingt-deux minutes seulement, les sources d’étonnement abondent : Woke Up and No Feet et son swing au ralenti, Sounds of a Giddy Woman à l’ensorcellement björkien et un Women’s Role in War comme venu du fond des âges. Si bien qu’au fur et à mesure, Darning Woman, en douce et sans prévenir, nous devient terriblement indispensable : au terme du libérateur Return to Room, on ne souhaite qu’une chose, reprendre le cycle au début. Reprenons donc : un événement en pop, c’est d’abord l’apparition de magnifiques singularités comme Anastasia Coope.
Darning Woman (Jagjaguwar/Modulor). Sortie le 31 mai.



Source link : https://www.lesinrocks.com/musique/anastasia-coope-emerveille-avec-darning-woman-premier-album-folk-modeste-et-incantatoire-618554-25-05-2024/

Author : Rémi Boiteux

Publish date : 2024-05-25 10:00:00

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“Fainéant·es” de Karim Dridi, manifeste libre et anticonformiste 

“Fainéant·es” de Karim Dridi, manifeste libre et anticonformiste 



En trente ans, Karim Dridi n’a cessé d’affirmer un tropisme particulier pour des personnages et des personnes peu, parfois mal, représentées à l’écran. Chez lui, la menace de considérations datées ou démagogiques sur la supposée rivalité entre fiction et documentaire, entre “vraie vie” et fantasme, est balayée par l’authenticité d’un regard plus rageur que compatissant, plus complice que curieux.

Cette année, le cinéaste nous aura donné par deux fois la confirmation de ses appétences. D’abord avec Revivre, beau docu à l’étrange quiétude au vu de son sujet (des nourrissons gravement malades) ; aujourd’hui avec Fainéant·es, portrait d’un attachant duo, Nina et Djoul, expulsées d’un squat et vadrouillant sur les routes à bord de leur camion-maison.

Le film est le récit de leurs péripéties, de ces hasards qui mènent aux rencontres, aux petits boulots, aux salles de concerts chahutés par une foule légèrement décatie mais toujours prête à pogoter. C’est cette communauté de voyageur·ses itinérant·es, anticonformistes, babos, punks et punkettes, que regarde, sans les épier, Fainéant·es, à travers ces deux amies.

On imagine fort bien ce qui a motivé Sébastien Lifshitz, en qualité de président du jury, à récompenser Fainéant·es lors de la dernière édition du festival queer Écrans mixtes de Lyon, ses Invisibles s’accordant à merveille au projet Dridi et à l’inclusivité portée par le titre ironique de son film. À travers l’itinéraire buissonnier que forment les vies de Nina et Djoul, le cinéaste nous laisse libres de saisir l’étendue ambiguë de leur lien, dans un bricolage précaire mais émouvant de vrai et de faux.

Dans cette vague évocation du Sans toit ni loi d’Agnès Varda, Dridi ne cherche à convaincre de rien, sa place est celle d’un ami qui accomplit le petit miracle d’un renversement de certains paradigmes : fainéantise contre ardeur, centre contre marge – qui n’est marginale que lorsqu’elle est regardée comme une anomalie.

Fainéant·es de Karim Dridi, avec Faddo Jullian, .jU. (Fr., 2024, 1 h 43). En salle le 29 mai.



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/faineant%C2%B7es-de-karim-dridi-manifeste-libre-et-anticonformiste-618626-25-05-2024/

Author : Marilou Duponchel

Publish date : 2024-05-25 07:00:00

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Rendez Vous, DIIV, Zaho de Sagazan… sont dans la playlist de la semaine !

Rendez Vous, DIIV, Zaho de Sagazan… sont dans la playlist de la semaine !



On l’avait noté depuis belle lurette : ce vendredi, on avait rendez-vous avec Rendez Vous. C’est donc avec Downcast que s’ouvre notre playlist hebdomadaire, titre éponyme de son second disque tout juste dans les bacs. Un morceau aux saillies industrielles qui ne laisse que peu de doute sur la vigueur du groupe parisien formé une décennie auparavant.

Autre retour (très) attendu : celui des New-Yorkais de DIIV, lesquels délivrent un nouvel album au titre métaphorique de Frog in Boiling Water. Une image pour dépeindre l’“effondrement lent et extrêmement banal d’une société au stade ultime du capitalisme”, disent-ils. Parmi ces 10 titres, qui nous attirent dans un halo musical aux vapeurs hypnotisantes, Raining On Your Pillow est tout en poésie écorchée et guitares brumeuses.

À retrouver également cette semaine

Après 26 ans d’absence, Gastr del Sol partage un alliage d’archives inédites, dont The Japanese Room at La Pagode : scindée d’un silence comme suspendu – ensuite rompu par de brusques éruptions synthétiques –, cette pièce expérimentale illustre tout le travail de recherche sonore mené par le duo américain, avide de rebattre les cartes de la composition musicale.

Cette semaine, on cède aussi au rythme lancinant de Hi No Tori, morceau que signent conjointement le producteur et DJ Golden Bug et le duo The Limiñanas, aux côtés de l’artiste japonaise Vega Voga. Dans un registre tout autre, Clairo nous envoûte une fois encore avec Sexy to Someone, single qui annonce le retour de la prodige américaine – son troisième disque est attendu pour le mois de juillet.

Côté tricolore, Zaho de Sagazan nous offre sa reprise du mythique Modern Love de David Bowie, performé avec brio lors de la soirée d’ouverture du 77e Festival de Cannes. Comme une envie de lui dire merci.

Beaucoup d’autres pépites à écouter cette semaine : Aquaserge, AJA, Les Mercuriales, Marine Quéméré, Past Life Romeo, Swell, Paul Weller, Ahmed Malek, Whisper, Emilíana Torrini, Softcult, Katy J Pearson, Clément Froissart, Il Est Vilaine, Mustang, Personal Trainer.



Source link : https://www.lesinrocks.com/musique/rendez-vous-diiv-zaho-de-sagazan-sont-dans-la-playlist-de-la-semaine-619785-24-05-2024/

Author : Louise Lucas

Publish date : 2024-05-24 16:27:06

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[Cannes 2024] “Les Graines du figuier sauvage”, la critique politique corrosive de Mohammad Rasoulof

[Cannes 2024] “Les Graines du figuier sauvage”,  la critique politique corrosive de Mohammad Rasoulof



C’est dans un contexte particulièrement chargé que l’Iranien Mohammad Rasoulof présente aujourd’hui son dernier film en compétition officielle, Les Graines du figuier sauvage. Ayant fui clandestinement son pays après avoir été condamné à une peine de cinq ans de prison pour “collusion contre la sécurité nationale”, le voilà en cavale sur la Croisette. Parallèlement, on apprenait la mort dans un accident d’hélicoptère du président iranien Ebrahim Raïssi le 19 mai dernier.

La grande charge politique du film de Rasoulof, tourné à l’abri du regard des autorités iraniennes puis post-produit à l’étranger, est d’emblée exhibée. Le film nous plonge dans un Téhéran au bord de l’implosion. La révolte de toute une jeunesse s’intensifie, brutalement réprimée par le régime théocratique. Celui-ci impose sa légitimité en ayant recours à une violence de plus en plus accrue.

Lent dérèglement domestique

À la périphérie de cet embrasement, le film suit un père de famille tout juste nommé juge d’instruction. Cette récente nomination et les responsabilités politiques et morales qu’elle implique vont plonger l’homme, sa femme et ses deux filles dans une spirale de paranoïa et de violence.

C’est un lent dérèglement domestique que Rasoulof scrute. Comment les effets de la révolte contaminent les membres de cette famille. Comment le dehors surgit et bouleverse l’apparente quiétude du dedans. C’est d’abord les nombreuses images des manifestations publiées sur les réseaux sociaux qui s’infiltrent dans la maison et vont réveiller la révolte.

Stratégies narratives

Pour raconter cette trajectoire le film a recours à deux stratégies narratives opposées et à l’articulation maladroite. Un premier bloc d’environ deux heures, essentiellement en huis clos et tourné vers la parole. Dilatant le temps et visant une certaine rétention émotionnelle, cela donne un enchaînement de scènes extrêmement verbeuses, où tout semble se répéter deux fois. Un excès de didactisme qui donne aux spectateur·rices le sentiment d’avoir toujours un temps d’avance sur les personnages.

Cette lente combustion accouche d’une dernière partie beaucoup plus nerveuse, voire totalement décomplexée où Rasoulof assume le thriller de home invasion. Pas maladroit formellement (on en retient une scène très réussie de course-poursuite en voiture), le film ne prend dès lors plus aucune pincette, se détourne de la complexité de ces personnages et accélère subitement leur trajectoire comme excédé par l’extrême patience qu’il leur avait réservée plus tôt pendant deux heures.

Étourdissement étrange qui donne le sentiment d’un film à la fois trop long et trop court où l’angle métaphorique de la révolte intra-familiale comme miroir de celle d’un peuple – tout aussi courageux soit-il – ne parvient pas à transcender son sujet. Les images réelles de l’insurrection populaire saisies par le film, elles, resteront dans nos têtes.

Les Graines du figuier sauvage de Mohammad Rasoulof, avec Misagh Zare et Soheila Golestani



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/cannes-2024-les-graines-du-figuier-sauvage-la-critique-politique-corrosive-de-mohammad-rasoulof-619736-24-05-2024/

Author : Ludovic Béot

Publish date : 2024-05-24 16:45:51

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[Cannes 2024] Pourquoi “La Plus Précieuse des marchandises” de Michel Hazanavicius nous déçoit

[Cannes 2024] Pourquoi “La Plus Précieuse des marchandises” de Michel Hazanavicius nous déçoit



C’est la quatrième fois, après The Artist (prix d’interprétation masculine pour Jean Dujardin en 2012), The Search, Le Redoutable, qu’un film de Michel Hazanavicius est sélectionné en Compétition (Coupez ! avait été projeté en ouverture du festival en 2022, mais hors compétition).

La Plus Précieuse des marchandises, est l’adaptation en dessin animé d’un conte publié en 2018 par le grand écrivain et dramaturge Jean-Claude Grumberg, qui lui vaut à l’époque de remporter le Prix spécial du jury du prix des Libraires. Un conte aujourd’hui étudié dans les collèges.

Un enfant recueilli

“Il était une fois, dans un grand bois, un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne”, dit la voix off (le regretté Jean-Louis Trintignant). C’est l’hiver et un jour, près de la voie ferrée qui passe pas très loin de la maison du couple de pauvres bûcherons, la pauvre bûcheronne (Dominique Blanc pour la voix) découvre un bébé dans la neige – nous apprendrons plus tard que nous sommes pendant la Seconde Guerre mondiale, que ce bébé, une petite fille, a été jetée d’un train de juif·ves déporté·es vers un camp d’extermination nazi par son père, un étudiant en médecine, dans l’espoir qu’elle survive. Le film raconte en parallèle l’histoire de cette petite fille et celle de son père.

Le pauvre bûcheron (Grégory Gadebois) et d’abord rétif à l’idée de son épouse, qui voit dans cette enfant un don et veut la garder. Car le pauvre bûcheron a compris que ce bébé appartient à la race des “sans-cœur”, celles et ceux “qui ont tué le Christ”. Sans que le mot soit prononcé, il s’agit évidemment des juif·ves. Mais peu à peu, séduit par la petite fille, le pauvre bûcheron change bien d’opinion. Le père qui avait déporté devient coiffeur (il rase le crâne des nouveaux arrivants), quant à son épouse et leur autre enfant, il et elle sont exterminé·es dès leur arrivée. À la libération, il retrouve par hasard sa fille et la reconnaît. Mais va-t-il faire ?

Suggérer plus que montrer

Malgré la qualité de l’animation et la beauté des personnages et des paysages (qui ont été dessinés par Michel Hazanavicius lui-même, graphiste de formation), il y a quelque qui achoppe dans le film de Hazanavicius. Il n’a retenu du livre de Grumberg que l’histoire et oublié (presque) totalement le style (sauf dans la voix off), qui en fait tout le prix. Ce film n’est pas un échec total, bien sûr, mais il pose un problème quasi théorique : comment mettre cette histoire, évidemment bouleversante, en images ? Et ce n’est peut-être pas une bonne idée de le faire, parce qu’il montre ce que le texte ne faisait que suggérer.

La Plus Précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius Avec les voix de Dominique Blanc, Denis Podalydès, Grégory Gadebois, Jean-Louis Trintignant



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/cannes-2024-pourquoi-la-plus-precieuse-des-marchandises-de-michel-hazanavicius-nous-decoit-619744-24-05-2024/

Author : Jean-Baptiste Morain

Publish date : 2024-05-24 17:07:33

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Au Dover Street Market, à la galerie 19M… Où est le cool cette semaine ?

Au Dover Street Market,  à la galerie 19M… Où est le cool cette semaine ?



Dans le “beau chaos” de Rei Kawakubo et Adrian Joffe

Pas de vitrine et des espaces dédiés à des événements culturels et musicaux : à l’image des sept Dover Street Market ayant ouvert depuis 2004, la nouvelle adresse logée au 35/37 rue des Francs-Bourgeois s’érige à contre-courant des espaces classiques de vente. Orchestrée par la très influente créatrice de Comme des Garçons, Rei Kawakubo, et le PDG du Dover Street Market, Adrian Joffe, l’espace de 1100 m² dans l’ancien Hôtel de Coulanges rassemble une sélection éclectique mêlant vêtements du quotidien et avant-garde, pièces accessibles et haut de gamme. À l’occasion de l’ouverture du lieu, une installation et une exposition intitulées Comme des Garçons pour et par Paolo Roversi seront présentées. Le photographe de mode est par ailleurs au centre d’une exposition au Palais Galliera jusqu’au 14 juillet.

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Gadji FC à la galerie 19M

Gadji FC est une équipe féminine qui réfléchit à la réappropriation de l’espace public par le foot. Le collectif s’installe les 25 et 26 mai à la galerie du 19M avec un programme qui mêle ateliers de customisation d’écharpes et d’accessoires de supporters, brunch festif par Kristy Armstrong, concert performance de Tessa Dixson, et tournoi de foot féminin. Dimanche 26 mai, les festivités s’achèveront avec une conférence sur le sens du collectif, modérée par Laurianne Melierre.

Gadji FC – Joue-la comme Gadji

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Loewe x On

À la fin de ses défilés pour la maison Loewe, Jonathan Anderson salue, parfois chaussé de sneakers noires. La marque ? La maison suisse On. Des runnings portées aussi bien par des athlètes que des étudiant·es en école de mode et qui réaniment l’esthétique Gorpcore, une tendance popularisée par Asap Rocky ou Bella Hadid en 2017 qui consiste à porter en ville des vêtements de randonnée ou d’escalade. Loewe et On signent cette semaine une cinquième collaboration composée d’une série de pièces techniques ultra-innovantes telles que des parkas ultra-légères en tissu “ripstop”, comprenez résistant aux déchirures. De quoi survivre en ville et enrichir son vocabulaire.

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Une quatrième playlist curatée par La Grande Dame

Le créateur Louis-Gabriel Nouchi, connu pour son tailoring et plus largement son travail chahutant le concept de masculinité, a invité la Grande Dame à réunir ses titres préférés pour une quatrième playlist. On passe de Daft Punk à Air, on danse sur Dannii Minogue et Peggy Gou, et on replonge début 2010 pour redécouvrir le duo français Exocita.

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Source link : https://www.lesinrocks.com/ou-est-le-cool/au-dover-street-market-a-la-galerie-19m-ou-est-le-cool-cette-semaine-619677-24-05-2024/

Author : Manon Renault

Publish date : 2024-05-24 12:49:39

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“Flow”, the cinema like a shelter

“Flow”, the cinema like a shelter



With Flow, Latvian filmmaker Gints Zilbalodis presents his vision of a Noah’s Ark deprived of human presence, with a cat as the main protagonist of this adventure tale. There’s no anthropomorphism in Flow, but the story’s progress seems to be freed from classic narrative stakes, tightened around primary elements – survival and the relationship with others, the sense of community. While Gints Zilbalodis sustains the feline’s destiny with a creative solitude that echoes his own – reduced, in this second film, with more substantial teamwork – he constantly favors the practical, sensory experience of his animals. Flow thus gives the impression of wandering through a video game’s open world, having substituted its camera for a joystick. The film takes on this role, by opting for an animation that doesn’t try to erase its artifice, making the movement of elements as fluid as they are jerky. Following on from Jonathan Millet’s Ghost Trail and Caroline Poggi and Jonathan Vinel’s Eat the Night, Flow attests to that same tropism for a virtual world resembling a shelter. 

Traduction Emma Frigo



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/flow-the-cinema-like-a-shelter-619667-23-05-2024/

Author : Marilou Duponchel

Publish date : 2024-05-23 17:59:38

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Vassili Schneider : ”Je rêverais de jouer Michel Berger jeune”

Vassili Schneider : ”Je rêverais de jouer Michel Berger jeune”



Comment orientes-tu tes choix de carrière ?

Au début, je n’orientais pas du tout. Maintenant j’ai un agent qui m’envoie les choses qu’il pense me convenir. Mais en général, ce qui ne me fait pas envie ce sont des rôles qui se répètent. Même si je n’ai pas fait beaucoup de films, il y a quand même des rôles que j’ai l’impression d’avoir déjà joués et j’essaie de varier. En tout cas, je ne calcule pas ce qu’un film va concrètement m’apporter, je n’en suis pas au stade de penser à ça, pour l’instant je me concentre sur le projet en soi. Je pourrais accepter même un tout petit rôle si le réalisateur me plaît.

Comment s’est passé le tournage d’une grosse production comme Le Comte de Monte-Cristo ?

J’étais stressé, je pensais que ça allait être trop impressionnant. Mais l’avantage sur ces grosses productions, c’est qu’on a beaucoup plus de temps. Du temps pour faire les scènes, pour discuter avec les comediens, et ça c’est génial.

Est-ce que tu souhaites continuer à faire des courts métrages ou des projets plus modestes ?

Oui absolument. Je ne veux pas faire de différence entre les longs et les courts même si la portée n’est pas toujours la même. Si le scénario et le rôle me plaisent, qu’il y a quelque chose qui me challenge, je suis ravi de le faire.

Qu’est-ce que Les Amandiers a changé pour toi ?

Ça a changé plus de choses que ce que je pensais, parce que c’est quand même un petit rôle, car ça a permis que certains directeurs de casting et réalisateurs me repèrent. Je le remarque maintenant quand je fais un casting. 

Y-a-t-il un ou réalisateur·ice avec laquelle tu rêverais de travailler, ou un rôle que tu rêverais d’interpréter ? 

J’aimerais beaucoup tourner avec des réalisateur·rices comme Justine Triet, Monia Chokri ou Leos Carax. Et sinon, je rêverais de jouer Michel Berger. Je fais pas mal de musique, pas autant que mon frère Aliocha mais quand même un peu, et ça serait mon rêve de faire un biopic musical. 

Le Comte de Monte-Cristo de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière avec Pierre Niney, Bastien Bouillon (France). En Compétition officielle.



Source link : https://www.lesinrocks.com/cinema/vassili-schneider-je-reverais-de-jouer-michel-berger-jeune-619670-23-05-2024/

Author : Maud Tenda

Publish date : 2024-05-23 18:26:55

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