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L’Express

Intelligence artificielle : Macron lance une importante séquence pour la France

Le président de la République Emmanuel Macron lors de l'édition 2022 du salon Vivatech, le 17 juin 2022 à Paris




C’est le président lui-même qui marquera l’ouverture, ce mardi, d’une importante séquence sur l’intelligence artificielle. Les salons de l’Elysée recevront les “talents” du secteur, avant de se rendre mercredi au salon VivaTech, avec l’objectif de “faire de Paris une place incontournable de l’IA” dans le monde, a affirmé lundi la présidence. Deux jours qui seront donc dédiés à cette “technologie extrêmement stratégique, qui pose beaucoup de questions mais représente un réservoir important de croissance”, a détaillé le Palais de l’Elysée. Plusieurs acteurs importants du secteur, comme comme Eric Schmidt, ancien PDG de Google, ou encore Yann Le Cun, vice-président de Meta, seront présents.Dans ses discours, le président français devrait fixer les “orientations pour aller encore plus loin” en matière d’intelligence artificielle et faire de Paris “une puissance de l’IA”, selon l’Elysée. Au cœur de cette allocution, des annonces qui s’articuleront autour des recommandations d’un comité d’experts sur l’IA générative, qui avait rendu son rapport à l’exécutif à la mi-mars. Ce dernier recommandait notamment à la France de lancer un plan de sensibilisation de la Nation, ou encore d’investir cinq milliards d’euros par an sur cinq ans pour faire jeu égal avec les Etats-Unis et la Chine.Préparer le salon IA 2025 à ParisLe président de la République devrait également annoncer le lancement de plusieurs groupes de travail pour préparer l’ordre du jour d’un sommet sur l’IA qui sera organisé par Paris en 2025, après le Royaume-Uni en 2023 ou la Corée du Sud cette année. L’objectif : “asseoir les modalités d’une gouvernance mondiale et cadrée de l’IA”. La France entend notamment se distinguer du Royaume-Uni, l’un des leaders du secteur, en ne limitant pas le débat sur l’IA aux “risques existentiels de cette technologie”, a détaillé la présidence. “Il y a d’autres enjeux plus urgents et concrets sur le déploiement de l’IA et son utilisation pour le bien commun”.Le chef de l’Etat poursuivra cette séquence dédiée mercredi après-midi par une déambulation au salon VivaTech, plus grand événement européen sur les nouvelles technologies, qui a lieu de mercredi à samedi à Paris et consacrera très largement sa 8e édition à l’intelligence artificielle.



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Publish date : 2024-05-20 15:17:23

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Espagne – Argentine : récit d’une crise diplomatique en quatre actes

Le président argentin Javier Milei lors de la Convention "Europa Viva 24" à laquelle participent une dizaine de partis nationalistes européens, le 19 mai 2024 à Madrid




En quarante-huit heures, une brouille a éclaté et pris une telle proportion qu’elle secoue désormais la relation diplomatique entre l’Argentine et l’Espagne, qui menace en l’absence d’excuse de rompre ses relations avec le pays sud-américain. Si la dispute, partie d’une attaque visant la femme du Premier ministre Pedro Sanchez, peut paraître superficielle, elle s’encre en réalité dans un terreau de tensions croissantes entre l’Etat européen socialiste et le dirigeant argentin fraîchement installé en 2023. Récit d’une brouille en quatre actes, dont le dénouement n’est pas encore connu mais pourrait être fatal aux relations entre les deux pays.Acte I : le terreau fertile de la brouille diplomatiqueC’est sur fond d’ambiance déjà particulièrement tendue qu’éclate aujourd’hui la brouille diplomatique. En visite de trois jours en Espagne, le président argentin Javier Milei n’a rencontré ni le roi Felipe VI, ni le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui avait soutenu son rival Sergio Massa lors de la présidentielle argentine.Il y a quelques semaines déjà, une controverse avait pris de l’ampleur : Oscar Puente, le ministre espagnol des Transports, avait ouvertement suggéré que Javier Milei se droguait. La présidence argentine avait réagi en accusant Pedro Sánchez d’avoir “mis en danger la classe moyenne avec ses politiques socialistes qui n’apportent que pauvreté et mort”. Des critiques jugées à leur tour “infondées” par Madrid. Cette passe d’armes avait finalement été considérée comme “terminée” par la présidence argentine et par Oscar Puente lui-même, qui avait admis avoir fait une “erreur” et n’avoir pas eu conscience des répercussions de ses déclarations.Acte II : la “femme corrompue” de Pedro SanchezC’est finalement l’une des habituelles phrases chocs du président argentin qui a mis le feu au torchon entre Madrid et Buenos Aires, dimanche 19 mai. En conflit ouvert, depuis plusieurs mois donc, avec le gouvernement espagnol, c’est durant une visite en tant qu’invité d’honneur au congrès “Europa Viva 24” organisé par le parti d’extrême droite espagnol Vox qu’il s’attaque, comme à son habitude, au “socialisme” du parti de gauche au pouvoir en Espagne. Mais pas seulement : cette fois, c’est aussi à la femme du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, Begoña Sanchez que le vigoureux politique argentin s’en prend verbalement, la qualifiant — sans la nommer directement — de femme corrompue.”Les élites mondiales ne réalisent pas à quel point la mise en application des idées du socialisme peut être destructrice. Elles ne savent pas le type de société et de pays que cela peut produire et le type de gens accrochés au pouvoir et le niveau d’abus que cela peut générer”, déclare-t-il. Et d’ajouter : “quand vous avez une femme corrompue, vous vous salissez et vous prenez cinq jours pour y réfléchir”. Des propos perçus comme une allusion claire à la récente décision de Pedro Sánchez de suspendre toutes ses activités durant cinq jours pour réfléchir à une démission — option finalement écartée — après l’ouverture d’une enquête préliminaire pour “trafic d’influence” et “corruption” contre sa femme.Acte III : rappel de l’ambassadrice pour “attaque sans précédent”La réaction se fait peu attendre. Dans la foulée, le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares annonce, dès dimanche, le rappel jusqu’à nouvel ordre de l’ambassadrice d’Espagne en Argentine après les “paroles extrêmement graves” de Javier Milei, considérées comme une attaque “sans précédent dans l’histoire des relations” entre l’Espagne et l’Argentine. “Il est inacceptable qu’un président en exercice en visite en Espagne insulte notre démocratie”, tance le ministre dans une déclaration lue à la télévision, en évoquant une entorse aux “coutumes diplomatiques” et aux “règles les plus élémentaires de coexistence entre les pays”.Le même jour, Buenos Aires rétorque : c’est à Pedro Sánchez de s’excuser pour ce que le gouvernement espagnol a dit sur Javier Milei, accusé notamment vendredi par la numéro trois du gouvernement espagnol de semer la “haine”. “Il n’y a aucune excuse à faire. Aucune excuse. Je pense, au contraire, que le gouvernement espagnol devrait présenter des excuses pour ce qu’il a dit de Milei”, affirme alors le ministre argentin de l’Intérieur Guillermo Francos, à la chaîne TN.Acte IV : vers une rupture des relations diplomatiques ?Partie d’une phrase choc, la dispute diplomatique atteint des proportions plus que conséquentes ce lundi 20 mai, tandis que la tension continue de monter entre les deux pays. En l’absence de geste de la présidence argentine, c’est l’ambassadeur du pays en Espagne qui a été convoqué au petit matin pour être messager d’une nouvelle demande d’excuses. “Je vais lui faire part de la gravité de la situation et exiger à nouveau des excuses publiques de la part de Javier Milei”, a expliqué le ministre espagnol des Affaires étrangères sur la radio Cadena Ser.Interrogé explicitement sur la possibilité d’une rupture des relations diplomatiques si le président argentin ne s’excusait pas, le ministre espagnol n’a pas écarté cette éventualité. “Nous ne voulons évidemment pas prendre ces mesures”, a-t-il assuré. “Mais s’il n’y a pas d’excuses publiques, nous le ferons”.



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Publish date : 2024-05-20 10:55:22

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Eric Niedziela (ArcelorMittal) : “Sur l’acier, nous ne sommes plus dans une compétition loyale”

Vue de l'aciérie d'ArcelorMittal sur son site de Dunkerque, dans le nord de la France, le 11 février 2022




Près de 80 millions de tonnes d’aciers produits par an. 160 000 salariés dans le monde, dont 15 000 en France, un chiffre d’affaires de plus de 79 milliards de dollars en 2022 et une production d’acier qui alimente 17 % des voitures construites dans le monde… Le groupe sidérurgique ArcelorMittal est un mastodonte industriel. Mais avec une activité qui nécessite un recours constant au charbon — le coke, essentiel pour produire ses alliages — c’est aussi une des entreprises les plus émettrices de la planète. En France, le groupe représente à lui seul près d’un quart des rejets de CO2 du secteur industriel.Contrainte de se décarboner, l’entreprise (qui vise la neutralité carbone en 2050) doit désormais opérer des changements très importants de procédés industriels. Nouveaux réacteurs pour la transformation du minerai de fer, utilisation de l’hydrogène, captage de CO2… Les leviers sont nombreux. Mais verdir a un prix : près de 9 milliards d’euros seront investis par le groupe d’ici à 2030. Et la concurrence, faussée par des différences de réglementation, est féroce. La délocalisation en dehors de l’Europe d’une partie des activités d’ArcelorMittal est-elle inévitable ? Eric Niedziela, le président d’ArcelorMittal France, n’exclut pas cette possibilité.L’Express : Au niveau européen, ArcelorMittal s’est fixé comme objectif une réduction de 35 % de ses émissions d’ici 2030. Cela signifie changer radicalement les procédés industriels, comment comptez-vous y parvenir ?Eric Niedziela : Nous disposons de trois moyens d’action. Le premier consiste à intégrer encore plus de ferraille de récupération dans nos processus de fabrication d’acier actuels, qui sont fortement carbonés en raison de l’utilisation dans les hauts fourneaux de charbon. L’usage de cette matière recyclée devrait doubler d’ici 2030 pour nous permettre de réduire de 8 à 10 % nos émissions de CO2 par rapport à nos rejets actuels. Le deuxième levier, qui représente un vrai basculement, c’est de se passer du coke – du charbon – et d’effectuer la réduction du minerai de fer avec du gaz naturel. Cette solution nous permettrait de réduire de près de 65 % les émissions de carbone vis-à-vis d’un haut-fourneau classique qui émet 1,8 à 2kg de CO2 par kilo d’acier produit.À terme, le gaz naturel sera remplacé par l’hydrogène lorsque ce dernier sera disponible et compétitif. Cette solution permettra de réduire d’environ 90 % l’émission de CO2. Mais nous n’y sommes pas encore. La troisième solution, qui interviendra en complément, est la capture du CO2, suivie de son stockage ou de sa réutilisation.Le gaz naturel va donc garder une place importante dans vos procédés industriels ?Il faut comprendre que la production d’acier vert en utilisant de l’hydrogène n’a encore jamais été démontrée à cette échelle et pour de telles capacités sur le long terme. Les dispositifs intégrant le gaz naturel ou l’hydrogène sont les mêmes, c’est pourquoi nous voulons démarrer avec le gaz, car il y a une courbe d’apprentissage indispensable avant d’arriver à l’hydrogène et car ce dernier n’est aujourd’hui pas disponible. Cela dit, il faut souligner que nous sommes directement impactés par la guerre en Ukraine et la régulation de la Commission européenne qui a banni l’utilisation du gaz russe pour l’énergie et de manière plus générale pour les industries fossiles. Or c’est un réducteur de minerais de fer dans nos procédés.Demandez-vous une exception pour vous faciliter la transformation ?Je ne sais pas s’il faut parler d’exception. Nous avons toujours envisagé le gaz naturel comme une énergie de transition en Europe, mais il se trouve que le recours à cette énergie utilisé aux Etats-Unis pour fabriquer le même produit que celui que nous produisons en Europe n’est pas taxé comme ici. Or le prix de l’acier est mondial, et l’Europe laisse la porte ouverte aux importations, nous n’évoluons donc plus dans une compétition loyale. Cela signifie que les investissements menés par nos concurrents américains, notamment du fait du programme d’investissements verts de l’Inflation reduction act, peuvent être beaucoup plus performants économiquement et à intensité carbone équivalente.La taxe carbone aux frontières de l’Europe peut-elle répondre à cette problématique ?C’est un mécanisme que nous avons appelé de nos vœux, mais nous ne saurons qu’en 2026 si il est efficace et ces conclusions seront fondées sur une analyse menée en 2023… Pourtant nous devons investir dès maintenant, pour respecter nos engagements et parce que nos quotas d’émissions gratuits sont amenés à s’arrêter quasiment en 2030.Au-delà du mécanisme d’ajustement carbone, il faut renforcer les barrières aux importations sur notre continent. Lorsque Donald Trump a lancé sa politique de l’America first a instauré des droits de douane sur l’acier entrant aux États-Unis, les importations se sont dirigées vers l’Europe. L’UE a réagi en mettant en place des quotas d’importation, qui se relâchent chaque année. Mais cela ne suffit plus. Les quotas doivent être plus stricts, car nous devons faire face désormais aux surcapacités de production en Chine, ce qui accroit le flux d’acier vers l’Europe. Cette situation rend notre activité intenable, d’un point de vue environnemental, mais aussi d’un point de vue social. D’autant que nos concurrents profitent de conditions favorables et de schéma d’aides à l’investissement que nous n’avons pas en Europe.Beaucoup de doutes planent sur l’hydrogène, sur sa disponibilité mais aussi sur son coût, comment voyez-vous ces problématiques ?Si on veut que l’hydrogène occupe une place importante dans le processus de décarbonation, il faut regarder les choses de manière pragmatique. Avons-nous suffisamment de puissance d’électrolyseurs [NDLR : les machines permettant de produire de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité] ? Il y a eu ces dernières années beaucoup de progrès dans ces technologies, mais en 2022, les capacités mondiales de production – concentrées en Chine – atteignaient 800 mégawatts, et 1,4 gigawatt environ en 2023. Or 800 MW, c’est la puissance dont on aurait besoin pour décarboner le seul site de Dunkerque… La technologie, même si elle progresse, est donc très loin des 6,5 gigawatts de capacité d’électrolyseurs dont nous aurions besoin en 2030. Les objectifs qui ont été fixés concernant l’utilisation de l’hydrogène pourront ne pas être atteints à temps.N’oublions pas non plus le prix de l’électricité qui compte pour 70% dans celui de l’hydrogène vert. Même si les énergies renouvelables coûtent de moins en moins cher, il n’est pas possible aujourd’hui de produire un hydrogène vert compétitif. Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est un hydrogène à environ 8 euros le kilo. A ce tarif là, pour produire du minerai de fer préréduit, nous sortirions du marché.Comment comptez-vous résoudre la question du coût et de l’acheminement de l’électricité ?Les volumes d’électricité nécessaires à nos nouveaux procédés de production vont être très importants : entre quatre et quatorze fois plus qu’aujourd’hui si on inclut la production d’hydrogène. Nous avons donc passé un contrat à long terme avec EDF pour une fourniture d’électricité étalée sur plusieurs années. Cela doit couvrir une partie significative de nos besoins. Nous sommes également en discussion avec RTE pour faire évoluer la ligne à haute tension située entre la centrale nucléaire de Gravelines et notre site de production à Dunkerque. L’alimentation électrique de nos installations à Fos-sur-Mer devra également être repensée.A combien estimez-vous le prix de l’acier “vert” par rapport à celui produit dans vos hauts fourneaux actuellement ?Je ne peux pas répondre précisément à cette question. En Europe, les importations peuvent se faire à des prix bien inférieurs à nos coûts de production. Si on parvient, sur l’ensemble des leviers industriels, à produire un acier décarboné qui soit équivalent à ce que l’on produit aujourd’hui avec du charbon, alors on restera producteurs d’acier sur le Vieux Continent. Mais pour le moment, on n’a pas le sentiment que sur le très long terme, nos clients soient capables d’accepter une production d’acier qui se fasse avec de l’hydrogène à 8 euros le kilo.Si on n’arrive pas à avoir un prix de l’électricité raisonnable, une partie de nos activités – la fabrication du préréduit – devra être réalisée ailleurs. La finalisation des produits, qui nécessite l’usage de fours électriques, resterait en France.Une partie des activités d’ArcelorMittal pourraient être délocalisée aux Etats-Unis ?Nous n’en sommes pas là. Cependant, je note que les Etats-Unis ont une politique qui soutient la demande alors que l’Europe taxe les producteurs d’acier qui ne se décarbonent pas. On paye d’ores et déjà des droits de CO2 pour produire une partie de notre acier alors que des importateurs ne sont pas taxés. Dans nos procédés de production, la ressource en électricité verte va devenir déterminante. Donc les régions dans lesquelles vous trouvez beaucoup de solaire, d’éolien, ou de gaz avec de la séquestration de carbone, deviennent des zones géographiques compétitives.La transition est-elle incompatible avec le maintien de la compétitivité en Europe ?Non, je pense que cette transition est possible si l’Europe se protège des importations. Nous devons investir pour nous décarboner, ce que nos concurrents étrangers ne sont pas obligés de faire. Nous attendons de la régulation européenne qu’elle prenne conscience du schéma de temps dans lequel elle nous met vis-à-vis des autres parties du monde.Vous bénéficiez pourtant d’un soutien financier très important de la part de l’Etat : 850 millions d’euros pour le projet de transformation à Dunkerque. N’est ce pas un coup de pouce suffisant ?Cela fait partie des éléments très favorables. Et c’est pour cela que nous croyons dans cette notion de transition énergétique de nos sites. Mais il faut voir sur la durée du projet, c’est-à-dire une quinzaine d’années, quelle sera la rentabilité.Les activités d’ArcelorMittal en Inde ne semblent pas être aussi décarbonées que celles que vous présentez à Dunkerque. N’y a-t-il pas une ambiguïté à poursuivre ces projets ?Il n’y a aucune antinomie entre ce qu’on fait en Inde et en Europe. Nous avons un objectif qui est de réduire de 25 % l’empreinte carbone du groupe dans le monde. Et je peux vous garantir que les hauts fourneaux qui sont en train d’être construits en Inde vont déjà réduire significativement notre empreinte carbone sur place car ils seront beaucoup moins émissifs en CO2 et seront prêts à utiliser des technologies de captation.Dans un groupe mondial comme le nôtre, l’idée de travailler sur différentes solutions est nécessaire. Cela nous permet de déterminer quel est le meilleur processus et de mettre en œuvre le plus adapté dans chaque région du groupe. Je ne vois pas d’antinomie, je pense plutôt qu’il s’agit d’une excellente stratégie.



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Author : Valentin Ehkirch, Sébastien Julian

Publish date : 2024-05-20 06:30:00

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Cannes, #MeToo du cinéma : comment les communicants de crise ont géré le poison de la rumeur

L'actrice Camille Cottin, maîtresse de cérémonie, à l'ouverture du 77e Festival de Cannes, le 14 mai 2024




Dans le petit monde de la communication de crise, “la rumeur de Cannes” peut être considérée comme un cas d’école. Où les règles d’or du métier – ne pas crédibiliser un ouï-dire en le commentant – ont dû être transgressées. “Pour stopper le processus, il vaut mieux, dans un cas précis comme celui-là, parler”, avance Guillaume Didier, ancien magistrat et communicant de crise depuis vingt ans, président France de l’agence Forward Global. Avant même que les réseaux sociaux ne s’emparent du sujet, plusieurs professionnels du secteur ont confirmé à L’Express avoir “entendu parler”, depuis plusieurs semaines, dans des boucles WhatsApp ou des discussions informelles, d’une poignée de personnalités du monde du cinéma potentiellement visées par une ou plusieurs enquêtes journalistiques à paraître, les accusant d’agressions sexistes et sexuelles dans le cadre du mouvement #MeToo. Sans plus de preuves, détails ou faits avérés, cette rumeur enfle, mute, s’étend. Jusqu’à ce qu’une liste de noms, composée d’une dizaine d’artistes, échoue début mai sur les réseaux sociaux, relayée par des comptes aux dizaines de milliers d’abonnés, aux relents complotistes ou proches des milieux d’extrême droite.Sur Internet, la mayonnaise monte en quelques jours. Sans qu’aucun élément tangible ne soit apporté à la rumeur, le nom du média d’investigation Mediapart est martelé par certains comptes, des articles de presse évoquent l’affaire, certaines émissions s’en font le relais. Les bruits de couloir se mélangent aux enquêtes journalistiques, bien réelles, sourcées et documentées, récemment publiées afin de dénoncer le comportement de producteurs ou de réalisateurs. Face à l’ampleur de l’affaire, Mediapart se voit obligé, le 13 mai – veille de l’ouverture du Festival -, de publier un article indiquant qu’aucune “liste” ne doit être publiée. Dans l’intervalle, le Festival de Cannes verrouille sa communication : plus d’une semaine avant le démenti de Mediapart, la présidente de l’événement Iris Knobloch choisit de s’exprimer dans Le Figaro, premier média à évoquer l’affaire dans une longue enquête publiée le 5 mai. Elle y admet être passée en “vigilance renforcée”, et être conseillée par une agence de communication de crise qui élabore “différents scénarios”.Quatre jours plus tard, dans une interview à Paris Match, elle précise “suivre la situation de près”. “Si le cas d’une personne mise en cause se présentait, nous veillerions à prendre la bonne décision au cas par cas […]. Mais on évoquerait aussi l’œuvre afin de voir ce qui est le mieux pour elle”, ajoutait-elle. Le 12 mai, La Tribune dimanche détaille que le Festival s’est attaché les services d’Image 7, la prestigieuse agence de conseil dirigée par la communicante de crise Anne Méaux, “afin d’imaginer les différents scénarios en cas de révélations sérieuses impliquant des membres du jury ou des personnalités en compétition”. Contactée sur le sujet, Anne Méaux n’a pas souhaité s’exprimer. Mais le travail de l’ombre de son agence de communication, comme toutes celles contactées par les institutions ou artistes lors de ce type de crise, est colossal.”Travail de off” et “contrôle du récit”Quand faut-il parler ? A qui ? Pour dire quoi ? Comment éviter de donner corps à une rumeur, sans pour autant perdre tout contrôle sur la situation ? “La rumeur est dangereuse : si on la dément trop tôt, on risque de l’accréditer. Si on ne la commente pas, on laisse le doute se distiller au sein de l’opinion publique”, commente Guillaume Didier. Habitué de ce type de dossiers, l’homme a appris à détecter “les signaux faibles” d’une montée en puissance de la rumeur, et les meilleurs moyens de la désamorcer. “Il y a d’abord un vrai travail de fond, en off avec les journalistes : quand vous sentez la pression monter, vous tentez d’enrayer la crise, d’expliquer le contexte, l’origine de la rumeur, les polémiques qui risquent d’en découler”, explique-t-il. Une fois ce travail de “pédagogie” réalisé, certaines rumeurs, souvent non fondées, meurent dans l’œuf. Mais malgré ces efforts, les bruits de couloir peuvent continuer à s’amplifier, jusqu’au point de non-retour.”Tout le milieu commence à en parler en off, puis la presse vous rappelle, prend contact avec des producteurs, des agents, voire des artistes eux-mêmes, dont la moindre phrase ou présence médiatique va être décryptée et analysée”, détaille-t-il. Lorsque le poison du doute atteint à la fois une communauté de fans, une communauté de victimes, un milieu professionnel spécifique ou les partenaires financiers d’un événement, l’expert en communication de crise Yannick Augrandenis évoque “un cocktail de tous les risques, qui peut exploser n’importe quand”. “Il faut alors rassurer, et prendre le contrôle du récit autant que possible”, estime l’associé de l’agence Plead, qui a déjà travaillé sur “ce type de dossiers”. Dans un contexte aussi délicat que le mouvement #MeToo, le sujet de cette rumeur ne pouvait pas, selon la directrice générale de l’agence de conseil Hopscotch décideurs, Patricia Chapelotte, être ignoré par le Festival. “C’est un énorme business, qui agrège des millions et ne peut pas se permettre de se laisser polluer par des pseudo-listes d’acteurs de premier plan qui ne sortent pas. Iris Knobloch a eu raison de stopper l’hémorragie tout de suite, en montrant qu’elle était prête, sans pour autant évoquer directement la rumeur de cette liste”, juge-t-elle.Prise de parole à “double tranchant”Au-delà des institutions concernées, les artistes mis en cause ont, eux aussi, leur rôle à jouer. “Notre mission consiste à réduire les risques réputationnels nés de ce type d’accusations”, résume Florian Silnicki, fondateur de l’agence LaFrenchCom, qui admet avoir accompagné “des centaines de situations où des accusations sensibles portées sur les réseaux sociaux auraient pu nuire à la réputation de clients”. Dans ce type de cas, les conseils soufflés par les communicants à leurs interlocuteurs sont souvent les mêmes : ne jamais s’emporter ou répondre de manière émotionnelle sur les réseaux, éviter de se cacher ou de fuir les apparitions publiques – “ce qui pourrait être perçu comme un signe de culpabilité” -, ne pas prendre les accusations à la légère, et ne jamais tenter de discréditer les quelconques accusateurs de manière agressive ou méprisante en public – malgré le sentiment de colère ou d’impuissance parfois généré par de telles rumeurs. “Si l’un des acteurs accusés dans cette fameuse liste avait décidé, sous le coup de la colère, de s’en prendre au mouvement #MeToo par exemple, cela aurait tout à fait pu se retourner contre lui”, glisse un communicant.En fonction des cas, les spécialistes réfléchissent à une stratégie de réponse proportionnée. Gérer une rumeur infondée peut ainsi s’apparenter, selon Florian Silnicki, à jouer “à tape-taupe dans une fête foraine” : analyser d’où vient la rumeur, “frapper vite et fort” pour la faire disparaître et agir “avec précision” lorsqu’elle se matérialise. Pour le spécialiste, le silence n’est “jamais une bonne idée”, et une réponse médiatique des accusés peut s’avérer “cruciale”. Yannick Augrandenis confirme : “Quand bien même aucun fait répréhensible n’a été commis, il y aura toujours ce poison du doute, ce cliché du “qui ne dit mot consent”. Pour un artiste très exposé par une promotion, par exemple, mieux vaut prendre la parole dans un environnement connu, avec des règles préétablies.” Un exercice d’équilibriste auquel s’est essayé le comédien Raphaël Quenard, interviewé par Mouloud Achour dans une interview pour Clique, sur Canal+, le 14 mai. Directement nommé sur les réseaux sociaux dans la fameuse “liste” d’agresseurs présumés, le trentenaire évoque “un sentiment d’injustice et d’impuissance”.”[La rumeur] prolifère du fait d’inconscients qui répètent des ‘il paraît que’, et le conditionnel devient une affirmation, qui devient ensuite une accusation. C’est une mécanique infernale”, plaide-t-il, évoquant un “niveau de perniciosité cataclysmique”. “Ça veut dire dix personnes par jour qui t’appellent, des amis qui te convoquent […], des gens qui parlent à ta famille, des contrats qui sont entachés, des gens avec qui on travaille qui en viennent à être contaminés par une espèce de suspicion malsaine”, raconte l’acteur. Une prise de parole “plutôt réussie”, selon Adrien Cicurel, directeur associé chez Publicis Consultants chargé de l’expertise crise. “Le fait de répondre à ce sujet émotionnel par l’émotion fonctionne, tout comme le choix d’en parler dans un format long, dans un environnement connu. Tous ces vecteurs sont souvent analysés et calculés en communication de crise : une fois la rumeur retombée, vous reprenez en main la gestion de votre réputation”, commente-t-il.Techniques “à double tranchant”Pour le spécialiste, cet exercice est pourtant à double tranchant. Comme de nombreux autres confrères, il cite “le cas d’école” Dominique Baudis. En 2003, alors président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, l’homme politique est accusé à tort de proxénétisme, viol, meurtre et actes de barbarie, dans l’affaire du tueur en série Patrice Alègre. Soucieux d’affirmer son innocence, il répond à la rumeur lors d’une interview en direct au 20 Heures de TF1. Mais se montre crispé et transpirant : sa défense fait l’effet inverse, sa “prestation”, jugée suspicieuse par l’opinion publique, renforce la rumeur. “Malgré lui et surtout malgré les faits, il donne le sentiment d’être coupable. Même après qu’il a été blanchi, son image a été totalement écornée”, souligne Adrien Cicurel.”Vouloir prendre le contrôle du récit n’est pas toujours une bonne chose, a fortiori si vous êtes directement impliqué dans certaines affaires ou enquêtes journalistiques ou que des plaintes ont déjà été déposées”, prévient Yannick Augrandenis, évoquant l’affaire Nicolas Hulot. Le 24 novembre 2021, veille de diffusion d’un reportage de Complément d’enquête, l’ancien ministre de l’Ecologie participe à une interview-fleuve chez Bruce Toussaint, sur BFMTV, pour tenter de faire entendre “sa vérité”. “Il y a eu une espèce de confrontation avant même la diffusion du reportage : il a créé du buzz, de l’attente, et l’émission qui le mettait en cause a cartonné le lendemain. Le fait d’avoir démenti toutes accusations avant même d’entendre les faits qui lui étaient reprochés a rendu absolument inaudible toute sa défense après diffusion”, juge le communicant.Même prise de risque lors de la sollicitation de soutiens aux artistes accusés d’agression. L’exemple de la prise de parole d’une cinquantaine de soutiens à Gérard Depardieu dans Le Figaro, en décembre 2023, après la diffusion d’un Complément d’enquête montrant des images du comédien multipliant les remarques sexuelles et sexistes, notamment à l’encontre d’une enfant d’une dizaine d’années, est souvent évoqué par les communicants interrogés par L’Express. Quelques jours après la publication du texte, certains signataires se rétractent, expliquant avoir “mal lu” ou “mal compris” la pétition. “Je m’interroge sur l’efficacité de telles stratégies de communication de crise, qui ne font en aucun cas taire la polémique, et peuvent au contraire renforcer le flou du message lorsque les signataires font machine arrière”, tacle Guillaume Didier. L’experte en communication de crise Anne Hommel, qui aurait, selon l’auteur de la tribune Yannis Ezziadi, contribué à mettre en relation Le Figaro et Gérard Depardieu – également connue pour avoir conseillé Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel de New York ou le réalisateur Roman Polanski – n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de L’Express.”Gérer l’après-crise”Dans un autre registre, l’humour permet parfois de venir à bout de certains bruits de couloir. L’intervention d’Emmanuel Macron au sujet d’une rumeur qui lui prêtait une relation avec l’ancien directeur de Radio France Mathieu Gallet en est le “meilleur exemple”, selon certains communicants. En 2017, en pleine campagne présidentielle, le candidat met les pieds dans le plat, en évoquant face au public cette rumeur lors d’un meeting au théâtre Bobino, à Paris. “Si dans les dîners en ville, dans les boucles de mails, on vous dit que j’ai une double vie avec Mathieu Gallet ou qui que ce soit d’autre, c’est mon hologramme qui soudain m’a échappé mais ça ne peut pas être moi !” lance-t-il, en référence à la performance réalisée la veille par Jean-Luc Mélenchon, dont le meeting avait été dédoublé de Paris à Lyon par un hologramme.”C’était quitte ou double : d’un côté, il prend de court la rumeur à son sujet, mais de l’autre, il la rend publique pour l’immense majorité de Français qui n’en avaient absolument pas entendu parler”, décrypte un communicant, quand un autre salue la pirouette, qui aurait largement contribué à faire taire la rumeur. Quoi qu’il en soit, Mayada Boulos rappelle qu’il est souvent “heureux”, pour les personnes suspectées puis blanchies, “de ne pas oublier de gérer l’après-crise”. “Un grand entretien, un livre, une prise de parole spécifique après l’événement, peut permettre de marquer les esprits et faire considérer l’affaire comme terminée”, estime la présidente exécutive de Havas Paris.



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Author : Céline Delbecque

Publish date : 2024-05-19 16:00:00

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Présidentielle américaine : comment Joe Biden espère conserver l’État-clef de Géorgie

Le président américain Joe Biden au Morehouse College à Atlanta, le 19 mai 2024




Le déplacement était considéré comme décisif pour le début de sa campagne américaine : le président et candidat Joe Biden était en visite ce week-end à Atlanta, la capitale de la Géorgie, un Etat qui avait été crucial pour sa victoire en 2020. Acquise aux Républicains depuis une trentaine d’années, la Géorgie avait alors penché pour les Démocrates grâce aux votes de la communauté noire, dans la foulée de la mobilisation antiraciste “Black Lives Matter”. Mais en 2024, les choses pourraient être différentes : alors que 95 % des femmes noires et 87 % des hommes noirs ont voté pour Joe Biden en 2020, seuls 55 % des électeurs noirs déclaraient en avril qu’ils apporteraient leur soutien au candidat démocrate, selon le Pew Research Center.”La situation est particulièrement urgente en Géorgie, qui avait joué un rôle crucial” en faisant élire deux sénateurs démocrates à Washington, “donnant au parti le contrôle de la chambre haute”, rappelle le Financial Times. “La Géorgie a également été au centre des efforts de Donald Trump pour inverser le résultat de l’élection, en implorant les responsables électoraux locaux de trouver “11 780 voix” pour le donner gagnant”.Or un récent sondage mené par le New York Times donne à Donald Trump une avance en Géorgie et dans quatre autres Etats décisifs (le Michigan, l’Arizona, le Nevada et en Pennsylvanie), là où Joe Biden n’est en tête que dans l’Etat-pivot du Wisconsin.Perte de vitesse chez les jeunesCette situation est due au fait que “le soutien à Joe Biden s’est atténué parmi les groupes qui avaient joué un rôle déterminant dans son succès en 2020”, selon le New York Times, notamment les jeunes et les Noirs-américains, en raison du “mécontentement actuel face à la situation économique” et du fait que, selon eux, “Joe Biden ne confronte pas suffisamment Israël sur ses actions à Gaza”.Les électeurs jeunes, noirs et hispaniques ont pourtant toujours constitué la base sociale du parti démocrate. “Les sondages suggèrent que la force de Donald Trump parmi les électeurs jeunes et non blancs a bouleversé au moins temporairement la carte électorale”, poursuit le quotidien new-yorkais.Reconquérir la communauté noirePour tenter d’inverser cette tendance, Joe Biden s’est notamment rendu, ce dimanche 19 mai, au Morehouse College, une prestigieuse institution noire – celle où a notamment étudié Martin Luther King – pour tenter de rallier la communauté locale. Devant 500 jeunes diplômés, il a prononcé un discours sur l’importance des libertés et de la démocratie, en jeu selon lui dans l’élection de novembre. Une visite émaillée de quelques protestations, des étudiants ayant refusé de se lever pendant son discours, ou ayant arboré des symboles de la Palestine comme le foulard traditionnel keffieh. Certains professeurs avaient également déclaré qu’ils boycotteraient l’événement, selon le New York Times, pour protester contre la gestion du président américain de la guerre à Gaza.Pourtant, le sort de Joe Biden en Géorgie n’est pas scellé à moins de six mois des élections, poursuit le quotidien, les sondages précoces n’étant pas nécessairement révélateurs, tandis que “la percée de Donald Trump parmi les jeunes électeurs traditionnellement démocrates, noirs et hispaniques ne repose peut-être pas sur des bases solides”. Cependant, pour Dontaye Carter, un responsable du parti démocrate de Géorgie, Joe Biden devra étoffer son discours auprès de la communauté noire et défendre son bilan en tant que président : “le message, ‘tout le monde sauf Trump’ ne fonctionnera plus”, déclare-t-il au Financial Times.Le quotidien économique estime également que les démocrates pourraient compenser la perte de cette base électorale en allant chercher des électeurs républicains plus modérés, parmi les personnes âgées ou les femmes, opposées majoritairement aux restrictions prise sous le mandat Trump contre l’IVG. Prochaine date décisive dans la course à la Maison Blanche : Joe Biden et Donald Trump tiendront leur premier débat télévisé à la fin du mois de juin à Atlanta, justement, ce qui pourrait commencer à les départager.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/presidentielle-americaine-comment-joe-biden-espere-conserver-letat-clef-de-georgie-VSZKC7L7CZH2HMQBVMFTNCCFAU/

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Publish date : 2024-05-19 16:41:15

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En Iran, la vie du président Raïssi “en danger” ? Ce que l’on sait de son accident d’hélicoptère

Photo émanant de la présidence iranienne montrant le président Ebrahim Raïssi (2eG) avant l'inauguration d'un barrage avec le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, sur la rivière Aras, à la frontière entre les deux pays, le 19 mai 2024




L’incertitude règne toujours en Iran, ce dimanche 19 mai, plusieurs heures après l’annonce de “l’accident” d’un hélicoptère dans lequel se trouvait le président Ebrahim Raïssi, selon des responsables et des médias officiels. L’appareil qui le transportait, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, le gouverneur de la province et le principal imam de la région, aurait été contraint à un “atterrissage brutal” dans la région montagneuse et rurale de Jofa, près de la frontière entre l’Iran et Azerbaïdjan, a indiqué la télévision d’Etat.Les deux autres aéronefs du convoi transportant la délégation présidentielle ont atterri sans encombre à Tabriz, la grande ville du nord-ouest, d’où Ebrahim Raïssi devait rejoindre Téhéran. Le sort du président, qui n’est pour l’heure pas commenté par le régime, est inconnu. “Nous espérons encore, mais les informations qui nous proviennent du lieu du cash sont très inquiétantes”, a indiqué, sous couvert d’anonymat, un officiel iranien à l’agence de presse Reuters, deux heures après l’accident. Selon lui, la vie du dirigeant est bel et bien “en danger”.Plus de vingt équipes de secours ont été mobilisées pour les retrouver, drôles et chiens de sauvetage à l’appui. Mais les recherches sont rendues très difficiles par de mauvaises conditions météorologiques, et notamment du brouillard, selon les mots du ministre de l’Intérieur à la télévision d’Etat.Visage de la répression en IranAu pouvoir depuis 2021, Ebrahim Raïssi a bâti sa carrière sur une politique de brutales purges des opposants au pouvoir, y compris civils. Il est devenu, en 40, ans le visage d’une répression d’une grande violence, dans ce pays secoué par des manifestations populaires – réprimées dans le sang – depuis la mort de Mahsa Amini, une Kurde iranienne morte après avoir été détenue par la police de la moralité en septembre 2022 pour n’avoir pas porté une tenue appropriée.Né en novembre 1960 dans la ville sainte chiite de Machhad, cet ayatollah ultraconservateur a d’abord gravi tous les échelons de l’appareil judiciaire iranien, devenant notamment procureur général de Téhéran puis procureur général du pays. En août 2021, il a finalement été élu président de la République Islamique dès le premier tour d’un scrutin marqué par une abstention record pour une présidentielle et l’absence de concurrents de poids. Il menait depuis une politique rétrograde basée sur l’extrémisme religieux, l’annihilation de la liberté d’expression et des droits des femmes. Toujours coiffé de son turban noir et vêtu d’un long manteau de religieux, il a succédé au modéré Hassan Rohani, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats consécutifs.Successeur potentiel du Guide suprême KhameneiIl doit son ascension en grande partie à l’ayatollah Khamenei, actuel Guide suprême de la Révolution et donc véritable chef de l’État iranien, par ailleurs né dans la même ville que lui. À 63 ans, Ebrahim Raïssi fait partie des potentiels successeurs de Khamenei, alors que le Guide de la Révolution serait atteint, à 83 ans, d’un cancer de la prostate.Avant son accident, le président iranien s’est rendu ce dimanche dans la province de l’Azerbaïdjan orientale, où il a notamment inauguré un barrage en compagnie du président Ilham Aliev, à la frontière entre les deux pays.Au cours d’une conférence de presse commune, il avait de nouveau apporté son soutien aux Palestiniens dans la guerre dans la bande de Gaza entre le Hamas et Israël. “Nous pensons que la Palestine est la première question du monde musulman, et nous sommes convaincus que les peuples d’Iran et d’Azerbaïdjan soutiennent toujours les peuples de Palestine et de Gaza et détestent le régime sioniste”, avait-il déclaré.



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Publish date : 2024-05-19 17:13:19

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En Inde, la campagne de Modi en pleine dérive antimusulmane

Le Premier ministre Narendra Modi lors d'un meeting, le 10 mai 2024 à Hyderabad, dans le sud de l'Inde




“Les hindous sont en danger.” Faute de nouveau projet politique, Narendra Modi reprend une vieille antienne de son parti, le BJP, en pleines élections générales. Le chef du gouvernement, qui vise un troisième mandat et est manifestement en manque d’inspiration après dix ans au pouvoir, s’échine à faire croire que les musulmans, environ 200 millions de personnes sur 1,4 milliard, veulent s’emparer du pouvoir grâce à leur dynamique démographique.Hors normes, le scrutin est organisé en sept journées, sur la période du 19 avril au 1ᵉʳ juin, entre lesquelles la campagne bat son plein. Le 21 avril, lors d’un meeting dans le Rajasthan, le leader nationaliste hindou a mis tous les maux de l’Inde sur le dos de “ceux qui font plus d’enfants” (les musulmans), qui ne seraient que des “infiltrés” auxquels le Congrès, principal parti d’opposition, se préparerait à donner les clés du pays. Ce fantasme du grand remplacement repose sur des chiffres fournis par le Conseil économique consultatif, placé auprès du Premier ministre.Entre 1950 et 2015, avance cette instance, la part des hindous dans la population aurait diminué de 7 points, tandis que celle des musulmans aurait bondi de plus de 4 points. Ce “constat” résulte d’une extrapolation de statistiques démographiques datant de 2011 et ledit Conseil se garde bien de rappeler que les musulmans restent très minoritaires, à 14 % de la population, contre 80 % pour les hindous.En vérité, il faudrait que s’écoulent “plus de mille ans” pour que les musulmans dépassent les hindous, si les taux de natalité des deux communautés demeuraient inchangés, calcule le mathématicien Dinesh Singh. Mais toutes les études scientifiques le montrent : la natalité dépend non pas de la religion mais du revenu et du niveau d’éducation. S’il existe encore un écart de fertilité entre hindous et musulmans, c’est parce que les seconds sont plus touchés par la pauvreté.A défaut de pouvoir mettre en avant un bilan économique avantageux, l’autocrate d’extrême droite s’en prend quotidiennement au Parti du Congrès, à grands coups de fake news : “Si le Congrès revient au pouvoir, il retirera leur collier de mariage aux femmes hindoues pour le donner aux musulmans” ; “Le Congrès veut voler les quotas d’emplois dans la fonction publique réservés aux basses castes et aux intouchables pour les donner aux musulmans” ; “Le Congrès appelle à voter pour le djihad”… Modi va jusqu’à accuser le parti dirigé par la famille Nehru-Gandhi d’avoir “reçu des cargaisons d’argent illégal” des deux hommes d’affaires les plus riches d’Inde, Mukesh Ambani et Gautam Adani. Gonflé, alors que ces oligarques proches du Premier ministre financent le BJP à tour de bras et ont fait fortune grâce à lui.”Modi perd pied…”Les contre-vérités du dirigeant nationaliste sont tellement grossières que ses opposants les recensent sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Modilies (“Modi ment”), créé il y a cinq ans. “Si Modi pense pouvoir faire croire des mensonges si flagrants, c’est que le BJP dispose d’une énorme équipe informatique pour les amplifier sur Internet, ainsi que du soutien total des chaînes de télévision contrôlées par des entreprises privées”, note Ram Puniyani, président du Centre d’études sur la société et la laïcité, à Bombay.Il faut dire que les nouvelles ne sont pas très bonnes pour un homme donné imbattable il y a encore quelques semaines et aujourd’hui sur la défensive. Le taux d’abstention est en hausse (entre 33 et 38 %), ce que certains interprètent comme un signe de désaffection à l’égard du régime. “Modi perd pied, il est pris d’une forme d’hubris qui pourrait finalement le laisser très loin des 400 sièges [sur 543] qu’il vise à la Chambre des députés”, estime le politologue Christophe Jaffrelot, directeur de recherche à Sciences Po.L’opposition se sent pousser des ailes, d’autant que, le 10 mai, la Cour suprême a libéré Arvind Kejriwal, chef du gouvernement régional de Delhi, la région de la capitale, jeté en prison sur ordre de l’équipe de Modi juste avant le scrutin. Depuis, l’intéressé ne cesse d’interpeller le dirigeant nationaliste sur les 75 ans qu’il atteindra en 2025, un âge qui, en Inde, sonne traditionnellement la mise à la retraite. “Modi ne sera bientôt plus Premier ministre”, veut croire Rahul Gandhi, chef de file de l’opposition. On n’en est peut-être pas là, mais sa machine de campagne semble tourner à vide.



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Publish date : 2024-05-19 12:00:00

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Gaza : le cabinet de guerre de Netanyahou au bord de l’implosion

Benny Gantz lors d'une rencontre avec la presse à Ramot Naftali, près de la frontière avec le Liban, le 29 octobre 2023.




De violents combats opposaient, samedi 18 mai, les troupes israéliennes à des combattants palestiniens à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza et à Rafah, dans le sud. Au huitième mois de la guerre contre le Hamas, les dissensions se creusent au sommet de l’Etat israélien.Les infos à retenir⇒ Benny Gantz, membre du cabinet de guerre israélien, menace de démissionner⇒ Des combats entre Tsahal et les groupes terroristes à Rafah⇒ Un émissaire américain en visite en Israël ce dimancheDissensions dans le cabinet de guerre israélienBenny Gantz, membre du cabinet de guerre, a menacé de démissionner si un “plan d’action” stratégique notamment pour l’après-guerre à Gaza n’était pas adopté d’ici trois semaines. Avant lui, le 15 mai, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, avait déjà sommé le Premier ministre Benyamin Netanyahou de “préparer immédiatement” une “alternative gouvernementale au Hamas” à Gaza.Benyamin Netanyahou, qui s’est refusé jusque-là à “toute discussion” sur l’avenir avant que “le Hamas soit anéanti”, a accusé Benny Gantz, un rival politique du centre-droit, de risquer “la défaite d’Israël”, et de vouloir “renverser le gouvernement”.Combats entre Tsahal et les groupes terroristes à RafahSur le terrain, l’armée israélienne a affirmé samedi avoir “éliminé une cinquantaine de terroristes” dans l’est de Rafah, la ville gazaouie du sud accolée à l’Egypte, où ses troupes sont entrées le 7 mai. Selon des journalistes de l’AFP, les tirs d’artillerie et les frappes aériennes se poursuivent dans l’est et le nord-est de Rafah. Les Brigades al-Qods, branche armée du Djihad islamique palestinien, ont aussi affirmé affronter dans l’est de la ville des troupes israéliennes.Depuis qu’Israël a ordonné l’évacuation des secteurs est de Rafah, le 6 mai, “800 000” personnes ont “été forcées de fuir”, pour s’entasser notamment à Khan Younès, plus au nord, a indiqué sur X Philippe Lazzarini, le patron de l’UNRWA, agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.Ordres d’évacuation à JabaliaDans le nord de la bande de Gaza, l’armée a ordonné dans la soirée l’évacuation “immédiate” de quartiers ouest de la ville de Jabalia, d’où selon elle des roquettes ont été tirées sur des villes israéliennes. Début janvier, Israël avait annoncé avoir neutralisé le Hamas dans le nord du territoire palestinien, mais selon l’armée, le mouvement – considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’UE – contrôlait “totalement” Jabalia “il y a quelques jours”.Le Hamas y a fait état de “dizaines” de morts et “centaines de blessés, accusant l’armée israélienne de cibler “des immeubles résidentiels” ainsi que “des écoles et abris”. Les Brigades Al-Qods ont, elles, affirmé avoir ciblé à Jabalia un centre de commandement israélien. Des témoins ont ainsi rapporté dimanche des explosions et des combats continus toute la nuit.Un camp de réfugiés ciblé par une frappe aérienneUne frappe aérienne israélienne a tué ce dimanche avant l’aube vingt personnes dans une maison du camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, ont rapporté l’hôpital Al-Aqsa ainsi que des témoins. L’armée israélienne a dit vérifier ces faits. L’hôpital Al-Ahli Arab, dans la ville de Gaza, fait par ailleurs état de trois personnes tuées et de plusieurs blessées dans une frappe aérienne israélienne sur une école où s’abritaient des personnes déplacées dans le quartier d’Al-Daraj.Un émissaire américain en Israël ce dimancheAprès des mois de bombardements et opérations qui ont ravagé le nord et le centre de la bande de Gaza, et poussé des centaines de milliers de déplacés à Rafah, l’armée israélienne a annoncé jeudi intensifier ses opérations dans cette ville, avec l’objectif affiché d’y anéantir les derniers bataillons du Hamas, malgré les inquiétudes internationales.Vendredi, 13 pays – Japon, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud et sept Etats membres de l’UE parmi lesquels la France – ont adressé à Israël un appel conjoint à ne pas lancer d’offensive de grande ampleur sur Rafah. Premier soutien d’Israël, les Etats-Unis, qui s’opposent également à une offensive d’ampleur à Rafah, ont annoncé la visite ce dimanche en Israël du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.Alors que l’acheminement de l’aide humanitaire est quasi à l’arrêt depuis des jours en raison de la fermeture des passages routiers, “plus de 300 palettes” de matériel ont été envoyées pour la première fois samedi via une jetée flottante temporaire construite par les Etats-Unis, a annoncé samedi l’armée israélienne.



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Publish date : 2024-05-19 08:49:31

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En Nouvelle-Calédonie, bientôt des pénuries ? Comment l’Etat s’organise

Des clients passent dans les rayons dégarnis d'un supermarché dans le quartier de Magenta, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, le 18 mai 2024




80 à 90 % du circuit de distribution de Nouméa – à savoir les magasins, entrepôts, et grossistes de la capitale – auraient été “anéantis” au cours de la semaine, s’alarmait dès jeudi 16 mai David Guyenne, le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nouvelle-Calédonie, évaluant les pertes à plusieurs centaines de millions d’euros.Alors que plusieurs routes sont bloquées et que de nombreux magasins ont été incendiés ou pillés dans les émeutes qui ont éclaté depuis lundi, les autorités locales ont annoncé plusieurs mesures, vendredi 17 mai, pour pallier les difficultés d’accès à l’alimentation et aux soins, notamment en libérant les grands axes routiers pour une opération de “ravitaillement”.Pas encore “de pénurie alimentaire”Depuis plusieurs jours, des témoignages d’habitants de l’archipel font état de difficultés pour se procurer des biens de première nécessité. “Les grandes surfaces sont prises d’assaut. Il y a plusieurs heures de queue. Il y a des bébés qui n’ont plus de lait. Les aliments primordiaux ne sont plus là, tout a été dévalisé”, a ainsi témoigné sur BFMTV Thomas, le gérant d’une société à Nouméa. Une autre habitante, toujours au micro de la chaîne de télévision, expliquait avoir fait “une heure de queue pour deux baguettes”.Pour l’heure, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a estimé dans un communiqué qu'”il n’y a pas de pénurie alimentaire” sur le territoire, disant avoir “identifié un stock suffisant de deux mois”. Mais la situation pourrait changer si l'”on continue sur cette voie destructrice”. “Il va falloir faire un énorme travail pour rétablir le fonctionnement de la société du Grand Nouméa, qui a été durement impactée par tout ce qui a été pillé et détruit”, a prévenu vendredi le représentant de l’Etat sur ce territoire du Pacifique sud, Louis Le Franc. Le Haut-commissaire de la République a retenu pour l’heure deux “priorités” : alimentation et santé.Renforts pour libérer les routes”Il y a des problèmes d’approvisionnement que nous allons résoudre : une manœuvre de ravitaillement va être mise en place”, a-t-il déclaré devant la presse. Pour cela, le Haut-commissaire compte sur les renforts de sécurité intérieure qui sont arrivés dans la nuit de jeudi à vendredi, soit près d’un millier d’effectifs, s’ajoutant aux 1 700 sur place. Ils doivent permettre de dégager les axes routiers “qu’on a besoin d’emprunter pour que les convois de réapprovisionnement alimentaire, de réapprovisionnement en médicaments, puissent se diriger vers les structures où c’est nécessaire, vers les surfaces commerciales”. Louis Le Franc a en effet ajouté que deux bateaux “avec plus d’une centaine de containers qui sont bourrés de denrées” alimentaires sont stationnés au large de la Nouvelle-Calédonie.Sur le plan de la santé, un poste médical avancé a également été mis en place afin de permettre “une première prise en charge” lorsque cela est nécessaire, a encore annoncé le gouvernement calédonien. Les autorités locales craignent en effet pour l’accès aux soins dans l’archipel. “Des gens meurent déjà, non pas à cause des conflits armés, mais parce qu’ils n’ont pas accès aux soins, pas accès à l’alimentation”, s’est ému le ministre local de la Fonction publique, Vaimu’a Muliava. “Il y a des gens dialysés, qui devaient être dialysés, qui ont trouvé la mort”, a-t-il affirmé. “Libérez les routes, laissez les médecins, les infirmiers aller sauver les gens. Laissez les gens circuler”, a exhorté Vaimu’a Muliava. “Un jour de plus, c’est le jour de trop”, a-t-il encore déclaré, estimant que la population calédonienne est “en train de s’entretuer”.Difficultés d’approvisionnement en médicamentsLe président de la commission médicale de l’hôpital de Nouméa, Thierry de Greslan, s’est également alarmé vendredi du risque de “pénurie majeure de médicaments […] si la situation devait se pérenniser”, notamment après l’incendie d’un entrepôt où étaient stockés les médicaments à destination des pharmacies du territoire.La situation en Nouvelle-Calédonie est “loin d’un retour à l’apaisement”, a affirmé ce samedi 18 mai Sonia Lagarde, la maire de Nouméa, en réaction à la mort d’une sixième personne, dont deux gendarmes dans des révoltes. Depuis lundi 13 mai, l’archipel est le théâtre d’émeutes inédites depuis 40 ans après le soulèvement des indépendantistes contre une réforme électorale votée à Paris.



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Publish date : 2024-05-18 13:51:26

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“C’est inouï” : ces nouvelles SCPI qui profitent du marché immobilier

La crise n'a pas vraiment érodé le pouvoir d'achat immobilier des ménages en France, excepté à Paris, aujourd'hui inaccessible aux jeunes acheteurs, pour qui Nancy, Strasbourg, Rennes ou encore Toulouse constituent un bien meilleur pari.




Les soldes ont commencé sur le marché immobilier. Et de nouveaux acteurs en profitent pour se lancer dans l’univers des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Après Iroko Zen (Iroko) fin 2020 et Remake Live (Remake AM) en 2021, place à trois nouveaux supports en moins d’un an : Upêka de Axipit REP, Alta Convictions d’Altarea et Osmo Energie de Mata Capital. Toutes sont des SCPI diversifiées investissant dans le tertiaire européen – bureaux, commerces, logistique, hôtels…-, avec un objectif de rendement annuel net de frais compris entre 5,5 % et 6,5 %, alors que la moyenne du marché se situait entre 4,5 % et 4,8 % ces dernières années.En cette période de crise pour la pierre, elles ont un boulevard pour négocier et mettre la main sur des actifs à bon prix. “C’est inouï, indique Philippe Delhotel, directeur général délégué d’Altarea IM. Nous pouvons actuellement acheter, en moyenne, jusqu’à 25 % moins cher qu’il y a deux ans.” Sa SCPI a déjà collecté 35 millions d’euros depuis novembre dernier.Une gestion opportuniste du cycle immobilierCertains segments sont particulièrement bon marché. “Sur les bureaux prime [d’excellente qualité] à Paris, nous obtenons des décotes allant jusqu’à 40 %, renchérit Foulques de Sainte-Marie, managing director chez Mata Capital. Nous jouons le cycle immobilier de manière opportuniste pour optimiser nos prix d’achat et donc notre rendement à venir.” Ce dernier espère attirer 70 à 100 millions d’euros au cours de la première année de sa SCPI.Ces nouveaux arrivants profitent d’un autre atout : ils n’ont pas à gérer un patrimoine historique, souvent acquis au prix fort, et qui a parfois besoin d’être rénové. Mais ils ont aussi le défaut de leur jeunesse : aucun historique de performance, et des frais qui ne font pas dans la légèreté. Tous sont néanmoins déjà actifs dans le secteur. “Nous sommes adossés au groupe Capella, coté en Suède, et nous pouvons capitaliser sur leur expérience en immobilier et leurs bureaux à l’étranger”, indique Jean-François Charrier, directeur général de Axipit REP, dont la SCPI a reçu 23 millions d’euros depuis septembre dernier.Avant de souscrire, “un critère clef consiste à regarder s’ils disposent d’équipes en Europe leur permettant de chercher des opportunités dans tous les pays, estime Jonathan Dhiver, fondateur de meilleureSCPI. com. Il faut voir aussi s’ils peuvent se positionner sur des achats de plus de 20 millions d’euros, somme au-delà de laquelle les acquéreurs – moins nombreux – ont vraiment la main pour négocier.”



Source link : https://www.lexpress.fr/argent/placements/cest-inoui-ces-nouvelles-scpi-qui-profitent-du-marche-immobilier-2EX6AMDLEFCYFL662XWL3CDJCU/

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Publish date : 2024-05-18 14:00:00

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Géorgie : la présidente annonce son veto à la loi décriée sur “l’influence étrangère”

La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili prononce un discours lors d'un rassemblement célébrant la Journée de l'Europe devant sa résidence à Tbilissi, le 9 mai 2024. (Photo par Vano SHLAMOV / AFP)




La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili a annoncé, ce samedi 18 mai, avoir mis son veto à la loi controversée sur l'”influence étrangère”, qui a suscité des protestations de masse dans ce pays du Caucase. “Aujourd’hui, je mets un veto […] à la loi qui est russe dans son essence et qui contredit notre Constitution”, a-t-elle déclaré dans une allocution télévisée.Il s’agit cependant d’un veto hautement symbolique de la présidente pro-européenne, en conflit ouvert avec le gouvernement, car le parti au pouvoir “Rêve géorgien”, à l’origine de la loi, assure avoir assez de voix au Parlement pour passer outre.Adopté mardi par le Parlement, le texte est dénoncé par ses détracteurs comme visant à détourner la Géorgie de l’Europe pour l’entraîner vers la Russie. Il a provoqué des manifestations de masse qui durent depuis plus d’un mois en Géorgie, avec des milliers de personnes – essentiellement des jeunes – descendant dans la rue en signe de protestation. L’Otan, la Commission européenne et l’ONU ont condamné cette initiative du gouvernement géorgien.Surnommée “loi russe”La loi impose à toute ONG ou à tout média recevant plus de 20 % de son financement de l’étranger de s’enregistrer en tant qu'”organisation poursuivant les intérêts d’une puissance étrangère” et de se soumettre à un contrôle administratif. Ses détracteurs l’ont surnommé “loi russe” en raison de sa similitude avec une législation votée en Russie pour réprimer l’opposition.La présidente Zourabichvili a proposé des amendements au projet de loi mais a mis en garde contre toutes négociations “artificielles”. Le Premier ministre Irakli Kobakhidzé s’est dit pour sa part prêt à évoquer de possibles modifications. Ancienne république soviétique, la Géorgie est officiellement candidate à l’entrée dans l’Union européenne depuis décembre 2023 et elle aspire également à rejoindre l’Otan.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/georgie-la-presidente-annonce-son-veto-a-la-loi-decriee-sur-linfluence-etrangere-W3RFSJNLP5GS5CZUTK7O6R4PIU/

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Publish date : 2024-05-18 15:58:49

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Trêve olympique : ce que répondent la Russie et l’Ukraine à Emmanuel Macron

Photo distribuée par l'agence étatique russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse à Harbin (Chine), le 17 mai 2024




“J’ai dit : Emmanuel, nous n’y croyons pas.” Vendredi 17 mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rejeté, dans un entretien à l’AFP, la suggestion d’une “trêve” dans la guerre avec la Russie pendant la durée des Jeux olympiques de Paris. Une volonté exprimée par le président français Emmanuel Macron.”Imaginons une seconde qu’il y ait un cessez-le-feu. D’abord, on ne fait pas confiance à Vladimir Poutine, a indiqué Volodymyr Zelensky. Deuxièmement, il ne va pas retirer ses troupes. Troisièmement, […] dis-moi Emmanuel, ai-je dit, qui garantit que la Russie ne va pas en profiter pour faire venir ses troupes sur notre territoire ?”.”Nous ne sommes pas contre une trêve, nous ne sommes pas contre la fin de la guerre. Mais nous voulons une fin juste à cette guerre. Et nous sommes contre une trêve qui ferait le jeu de l’ennemi”, a-t-il ajouté.Pas de volonté de trêve non plus côté russeQuelques heures plus tôt, le président russe Vladimir Poutine, en déplacement en Chine, avait sous-entendu qu’il était opposé à une trêve olympique car son pays était interdit de JO à cause de son invasion de l’Ukraine. “Les fonctionnaires sportifs internationaux violent aujourd’hui les principes de la Charte olympique […] à l’égard de la Russie en empêchant nos sportifs de participer aux JO sous leur drapeau, avec leur hymne national, mais ils veulent que nous nous pliions aux règles qu’ils nous imposent”, a-t-il déclaré.”Pour exiger quelque chose des autres, il faut soi-même respecter les règles”, a-t-il conclu. D’autre part, le président russe avait déclaré ne pas croire à ces principes de trêve olympique. “Ils sont très justes […] Mais peu de pays l’ont respectée dans l’Histoire, à l’exception de la Grèce antique”, a-t-il déclaré à la presse russe.Emmanuel Macron a, lui, assuré vouloir “tout faire” pour avoir une trêve olympique à travers le monde durant les JO. Il a affirmé que le président Xi Jinping lui avait apporté début mai son soutien. Pourtant, Xi Jinping et Vladimir Poutine n’ont pas évoqué publiquement le sujet, jeudi, lors de leur rencontre à Pékin.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/treve-olympique-ce-que-repondent-la-russie-et-lukraine-a-emmanuel-macron-LY26467CPFA5JNNZ67PGVHNWQE/

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Publish date : 2024-05-18 14:56:30

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Ukraine : près de 10 000 personnes évacuées de la région de Kharkiv après les assauts russes

Photo diffusée par les services d'urgence ukrainiens, le 17 mai 2024, montrant des sauveteurs évacuant des civils victimes de bombardements russes dans la région de Kharkiv




Près de dix mille habitants de la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, ont été évacués depuis le début de la nouvelle offensive terrestre des forces russes, qui pourrait présager une attaque encore plus large, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Vendredi 17 mai, Moscou a revendiqué la prise d’une douzaine de localités en une semaine.Les infos à retenir⇒ 10 000 personnes évacuées de la région de Kharkiv, attaquée par la Russie⇒ Moscou a revendiqué vendredi 17 mai la prise d’une douzaine de localités ukrainiennes⇒ Pour faire face à la pénurie de soldats, Volodymyr Zelensky a approuvé une loi permettant de recruter des détenusLes habitants de Kharkiv fuient les attaques russesPrès de dix mille personnes ont été contraintes de quitter leur habitation dans la région de Kharkiv, au nord-est de l’Ukraine, depuis le début de l’offensive terrestre des forces russes. “Au total, 9 907 personnes ont été évacuées”, a déclaré le gouverneur, Oleg Synegoubov, plus d’une semaine après le lancement de l’assaut russe, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu qu’il pourrait n’être que la première vague d’une offensive plus vaste.Vendredi après-midi, Kharkiv, très régulièrement bombardée, a été touchée par de nouvelles frappes russes qui ont fait au moins trois morts et 28 blessés, selon un dernier bilan fourni dans la soirée par le maire, Igor Terekhov. Les habitants ont fui les soldats russes qui ont réussi à avancer de cinq à dix kilomètres le long de la frontière nord-est avant d’être stoppés par les forces ukrainiennes. Oleg Synegoubov a déclaré que les forces armées ukrainiennes avaient repoussé deux tentatives de percer les défenses au cours de la nuit. Mais la situation est “sous contrôle”, les “défenseurs menant des assauts et des opérations de ratissage dans certaines zones”, a-t-il précisé.Volodymyr Zelensky dit s’attendre à une offensive plus large de la Russie”Ils ont lancé leur opération, elle peut être constituée de plusieurs vagues. Et ça, c’est leur première vague”, a fait savoir Volodymyr Zelensky dans un entretien l’AFP, vendredi, alors que la Russie vient d’engranger ses plus grands gains territoriaux depuis fin 2022.Le président ukrainien a néanmoins assuré que, malgré les avancées russes des derniers jours dans la région de Kharkiv, la situation était meilleure qu’il y a une semaine pour ses forces, lorsque les troupes du Kremlin ont franchi par surprise la frontière. Pour lui, la Russie veut attaquer la ville de Kharkiv, deuxième ville du pays, à seulement quelques dizaines de kilomètres du front. Moscou avait déjà échoué à la prendre en 2022, et Vladimir Poutine a affirmé vendredi ne pas avoir l’intention de l’attaquer “pour l’instant”.La Russie revendique la prise de 12 localitésDe son côté, l’armée russe a revendiqué vendredi la capture, en une semaine, de 12 localités dans la région et affirmé que ses forces continuaient à progresser. Moscou a engrangé en une semaine ses plus importants gains territoriaux depuis fin 2022, avec quelque 257 km2 conquis dans la seule région de Kharkiv, selon une analyse jeudi de l’AFP à partir de données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).Moscou a attaqué plusieurs localités, dont Vovchansk, à seulement cinq kilomètres de la frontière. “Dans la zone de la ville de Vovchansk, les troupes ukrainiennes renforcent leur défense”, a ajouté Oleg Synegoubov. Un jour plus tôt, il avait déclaré que les forces russes avaient pris Vovchansk et que tous les habitants (18 000 avant la guerre), à l’exception de 200 d’entre eux, avaient fui à cause des combats.Ukraine : nouvelle loi sur l’enrôlement militaireLes forces de Moscou essayent de profiter du manque d’hommes et d’armes auquel est confronté l’Ukraine après deux ans de guerre. Volodymyr Zelensky a reconnu auprès de l’AFP un manque d’effectifs. “Il y a un nombre important de brigades qui sont vides”, a-t-il dit.Face à ses carences, Kiev a voté une législation controversée pour accélérer la mobilisation militaire avec l’abaissement de l’âge de 27 ans à 25 ans, qui est entrée en vigueur samedi. Vendredi, le président Volodymyr Zelensky a également signé une loi qui permet de recruter des détenus en échange d’une libération conditionnelle.Attaques de drones ukrainiens en CriméeEn attendant, l’Ukraine a encore lancé, selon Moscou, des drones d’attaques contre plusieurs régions russes et la péninsule ukrainienne occupée de Crimée, faisant deux morts et entraînant des coupures de courant et des incendies d’infrastructures. Le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov, a fait état de la mort d’une mère et de son enfant de quatre ans dans le village d’Oktiabrski. Dans la soirée, il a en outre annoncé la mort d’un homme dans le village de Novaïa Naoumovka attaqué par des drones, et d’un blessé hospitalisé.Dans la région de Krasnodar (sud-ouest), les autorités ont affirmé que deux drones ukrainiens avaient incendié une raffinerie à Touapsé. Dans cette même région, des “infrastructures civiles” ont été touchées et pris feu à Novorossiïsk, port de la mer Noire. En Crimée, péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, la ville de Sébastopol, quartier général de la flotte russe en mer Noire, a été en partie privée de courant car une installation électrique a été endommagée, selon les autorités locales. Enfin, dans la journée de vendredi, une femme a été tuée par une frappe dans la région russe de Briansk, selon le gouverneur.



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Publish date : 2024-05-18 09:02:35

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Immigration et Etat-providence : une question taboue mais… Par Nicolas Bouzou

This photograph taken on October 20, 2020 shows a sign reading "naturalisation, informations" ahead of a visit of the French president about the fight against separatism at the Seine Saint Denis prefecture headquarters in Bobigny, near Paris. (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)




Est-ce qu’un Etat-providence très développé et redistributif comme la France est compatible avec une immigration extra-européenne soutenue ? Cette question, qui était encore récemment taboue, est pourtant largement étudiée dans les universités d’économie. Le résultat de ces recherches, c’est que la réalité est moins politiquement correcte que ce qu’imagine l’intelligentsia de gauche.Le premier résultat largement admis, c’est que la “diversité ethnique” a un effet négatif sur le soutien à la redistribution – voir par exemple “L’immigration rend-elle les Européens moins favorables à la redistribution ?” d’Alberto Alesina, Elie Murard et Hillel Rapoport (Paris School of Economics, 2019). En effet, les groupes les plus homogènes ont tendance à être plus solidaires que les autres. C’est l’un des éléments qui explique que les pays scandinaves considèrent l’Etat-providence comme faisant partie de leur identité, alors que cette notion est contestée aux Etats-Unis, comme en a témoigné par le passé la difficulté politique extrême pour Barack Obama de mettre en place une assurance santé plus large que le système actuel.Obama explique dans ses mémoires qu’il s’est heurté à une difficulté granitique. L’analyse économique confirme que, dans un pays communautariste et divisé comme le sont les Etats-Unis, le sentiment de solidarité globale est faible. A l’inverse, un pays comme le Danemark limite drastiquement l’immigration afin, notamment, de maintenir un contrat social solidaire. L’idée sous-jacente, c’est que le sentiment de solidarité s’étiole avec l’éloignement culturel et religieux.La redistribution transcende le clivage droite-gaucheEn théorie, ce premier résultat pourrait être contrebalancé par un “effet compensation”. Autrement dit, l’arrivée d’une vague d’immigration dans un pays, si elle est massive et soudaine, peut entraîner une incertitude économique, par exemple la crainte de voir baisser son salaire dans certains secteurs – en pratique, ces baisses sont minimes – ou même de perdre son emploi au profit d’un immigré – ce qui n’arrive quasiment jamais –, incertitude qui peut déboucher sur une demande accrue de redistribution.Dans la réalité, on a beaucoup de mal à identifier ce schéma théorique qui lie l’immigration à un besoin accru de solidarité. Cette rationalité du raisonnement ne se retrouve pas dans le monde réel. La recherche économique sur ces sujets révèle, en revanche, un deuxième fait stylisé, bien visible celui-ci, appelé le “policy bundle effect”. L’idée est qu’un même objectif, en l’occurrence défendre l’Etat-providence, peut animer un électeur de gauche comme de droite. L’électeur est tenté de voter à gauche pour conforter une politique sociale-démocrate redistributive. Il peut aussi vouloir voter à droite pour réduire l’immigration et protéger l’Etat-providence.Depuis une dizaine d’années, ce conflit se résout le plus souvent par un choix clairement de droite, comme le montrent par exemple les sondages en France. Certaines personnalités politiques tentent d’attirer les électeurs à eux en proposant la politique de leur camp… et celle du camp opposé. Marine Le Pen est la plus performante dans ce domaine grâce à sa thématique de la “préférence nationale”. Elle annonce une réduction drastique de l’immigration tout en mettant en avant une politique économique peu libérale, plaçant un fort accent sur la redistribution avec, par exemple, le recul de l’âge légal de départ à la retraite et le rétablissement de l’ISF. A gauche, François Ruffin a adopté une stratégie symétrique : une accentuation de la redistribution accompagnée d’un regard critique sur l’immigration.C’est aussi la synthèse opérée en Allemagne par Sahra Wagenknecht. Cette marxiste a quitté le parti de gauche Die Linke pour créer un parti de gauche anti-immigration et faire rempart à l’AfD, formation d’extrême droite qui promeut des idées très similaires. Il appartient aujourd’hui aux non-populistes de constater cette réalité et de l’intégrer dans un programme qui protège l’Etat-providence tout en évitant la mise sous cloche de la France. L’une des pistes pourrait être une politique très offensive pour attirer les diplômés étrangers qui adhèrent à nos valeurs et qui alimenteront, demain, les rangs de nos chercheurs, créateurs et dirigeants d’entreprises.



Source link : https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/immigration-et-etat-providence-une-question-taboue-mais-par-nicolas-bouzou-F3ZHXKORTJEGPPA2LBICU3H5DA/

Author : Nicolas Bouzou

Publish date : 2024-05-18 06:00:00

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Emeutes en Nouvelle-Calédonie : l’interdiction de TikTok fait débat

Une voiture en feu aux alentours de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, le 16 mai 2024




C’est une décision “sans précédent” dans une démocratie européenne. Le gouvernement français a annoncé ce mercredi l’interdiction du réseau social TikTok en Nouvelle-Calédonie, alors que la situation sur l’archipel ne cesse de s’embraser depuis le début de semaine. Cette décision a été justifiée par le cabinet du Premier ministre dans le média Numerama “en raison des ingérences et de la manipulation dont fait l’objet la plateforme dont la maison mère est chinoise”, ajoutant que l’application serait “utilisée en tant que support de diffusion de désinformation sur les réseaux sociaux, alimenté par des pays étrangers, et relayé par les émeutiers”.Malgré l’ampleur du chaos en Nouvelle-Calédonie, où cinq personnes sont mortes depuis le début de la semaine, cette restriction fait l’objet de vives critiques. Deux associations, La Quadrature du Net et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ont annoncé ce vendredi avoir déposé un référé-liberté auprès du Conseil d’Etat pour suspendre la décision. “Par cette décision de blocage, le gouvernement porte un coup inédit et particulièrement grave à la liberté d’expression en ligne, que ni le contexte local ni la toxicité de la plateforme ne peuvent justifier dans un Etat de droit”, explique dans un communiqué La Quadrature du Net, association spécialisée dans la défense des droits et libertés sur Internet. “Personne n’est dupe : en réalité, le blocage de TikTok n’est absolument pas justifié par une quelconque présence sur la plateforme de contenus terroristes, mais bien par le fait qu’il s’agit d’une plateforme centrale dans l’expression en ligne des personnes qui en viennent aujourd’hui à se révolter”, poursuit l’association.Contacté ce mercredi par l’AFP, TikTok avait de son côté jugé “regrettable qu’une décision administrative de suspension de (son) service ait été prise […] sans aucune demande ou question, ni sollicitation de retrait de contenu, de la part des autorités locales ou du gouvernement français”. “Nos équipes de sécurité surveillent très attentivement la situation et veillent à ce que notre plateforme soit sûre, assure le réseau social. Nous nous tenons à la disposition des autorités pour engager des discussions.”La spécificité juridique de la Nouvelle-CalédonieL’idée d’interdire TikTok n’est pas une première au sommet de l’Etat français. Elle avait déjà été évoquée lors des émeutes urbaines en métropole l’été dernier, avant d’être vite abandonnée, face au casse-tête juridique pour faire appliquer une telle mesure. En effet, un blocage des réseaux sociaux sur le sol métropolitain doit être validé par l’Union européenne… ce qui n’est pas le cas pour la Nouvelle-Calédonie.Le gouvernement a cette fois-ci justifié cette interdiction par la proclamation, depuis mercredi, de l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie. Elle est enfin rendue possible par le fait que l’unique opérateur télécoms sur l’île, l’office des postes et des télécommunications, soit public. Là où, en métropole, interdire à des opérateurs télécoms privés (Free, SFR, Bouygues et Orange) l’usage d’un réseau social serait bien plus difficile.Un blocage “contreproductif” ?Les arguments juridiques du gouvernement ne convainquent néanmoins pas totalement. Sur le réseau social X, le juriste Nicolas Hervieu, qui enseigne à Sciences Po et à l’université d’Evry, a estimé qu’il s’agissait d’une décision “sans précédent” et jugé que sa légalité était “discutable”, bien que liée à l’état d’urgence. En effet, cette restriction se réfère à la loi du 3 avril 1955, qui affirme que “le ministre de l’Intérieur peut prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication au public en ligne provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou en faisant l’apologie”. Toujours selon Nicolas Hervieu, “le lien avec le terrorisme est plus que douteux”.Même au-delà de l’aspect juridique – contesté donc par un référé auprès du Conseil d’Etat par la Quadrature du Net et la LDH – cette interdiction ne fait pas non plus l’unanimité dans la sphère politique. Le député Renaissance Eric Botherel, spécialisé dans les questions numériques, s’est ainsi demandé sur X si le blocage de TikTok n’allait pas “être contreproductif, en contribuant à alimenter le narratif de ceux qui cherchent à nous nuire en désignant l’Etat français comme liberticide”.Je me demande si le blocage de #tiktok ne va pas être contreproductif en contribuant à alimenter le narratif de ceux qui cherchent à nous nuire en désignant l’État 🇫🇷 comme liberticide.
ils iront sur d’autres plateformes si elles leur sont utiles à déclencher ou amplifier des op. pic.twitter.com/AzReDl5e9O— eric bothorel (@ebothorel) May 15, 2024De son côté, la députée Insoumise Mathilde Panot a également fustigé l’interdiction du réseau social sur l’île. “Je ne suis pas d’accord avec” l’interdiction de TikTok “parce que ce qui se fait généralement dans des territoires d’outre-mer se fait ensuite dans l’Hexagone”, a-t-elle déclaré ce vendredi. “La situation est politique, c’est parce qu’ils ont rompu un processus de paix civile en passant en force en trois jours, ils ont réussi à détruire des années et des années de consensus”, a martelé la cheffe de file des députés LFI, jugeant “extrêmement suspect de penser que l’Azerbaïdjan pourrait mettre 10 % du peuple kanak dans la rue”.Des ingérences documentées venant d’AzerbaïdjanToujours selon Eric Botherel, “il faut souhaiter que le lien entre TikTok et les événements du moment en Nouvelle-Calédonie soit clairement établi, sinon le bénéfice-risque d’une telle mesure pourrait être malheureusement défavorable”. Des preuves d’ingérence sur les réseaux sociaux : c’est ce que les autorités françaises ont apporté ce vendredi… à propos de X (ex-Twitter) et Facebook.Viginum, l’organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères, a détaillé dans une fiche technique “plusieurs manœuvres informationnelles d’origine azerbaïdjanaise” ciblant la France dans le contexte des émeutes en Nouvelle-Calédonie. Il a notamment été détecté une “diffusion massive et coordonnée de contenus manifestement inexacts ou trompeurs – des montages photo ou vidéo – accusant la police française de tuer des manifestants indépendantistes en Nouvelle-Calédonie” par des comptes “reliés à des acteurs azerbaïdjanais”. Si ce rapport vient apporter des preuves aux accusations du gouvernement français contre l’Azerbaïdjan, qui reproche à Bakou d’amplifier les émeutes, aucun détail n’est cependant donné sur des manœuvres d’ingérence établies et constatées en particulier sur TikTok.



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Publish date : 2024-05-17 17:33:34

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