close

L’Express

Alice Ekman : “La Chine aurait la capacité de vassaliser la Russie, mais elle n’en a pas la volonté”

Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping à Pékin, le 16 mai 2024. Photographie publiée par le bureau de presse présidentiel russe




C’est devenu une habitude, entre deux dirigeants qui se disent “amis”. Xi Jinping et Vladimir Poutine se rencontraient pour la 43e fois, ce jeudi 16 mai, à l’occasion d’une nouvelle visite du président russe à Pékin. Le chef du Kremlin a réservé à son homologue son premier déplacement à l’étranger depuis sa “réélection” en mars dernier ; rendant ainsi la politesse à Xi Jinping, qui s’était envolé pour Moscou après avoir été reconduit pour un troisième mandat l’an dernier.Cette visite intervient à peine dix jours après la mini-tournée européenne du leader chinois, qui, après la France, s’était rendu en Serbie et en Hongrie, deux pays notoirement prorusses. Alors qu’Emmanuel Macron a tenté de convaincre Xi Jinping de faire pression sur Poutine pour qu’il mette fin à la guerre, le partenariat stratégique entre la Chine et la Russie semble toujours au beau fixe. La relation Chine-Russie “est non seulement dans l’intérêt fondamental des deux pays et des deux peuples, mais elle est également propice à la paix”, a estimé le n° 1 chinois. “Ensemble, nous soutenons les principes de justice et un ordre démocratique mondial reflétant les réalités multipolaires et fondé sur la loi internationale”, a, de son côté, crânement déclaré Poutine, soulignant en creux une volonté commune de bousculer un ordre international dominé par les Etats-Unis et ses alliés occidentaux.Pour la Chine, “la fin de la guerre en Ukraine ne doit pas se faire au bénéfice de l’Occident, ni de l’Ukraine”, souligne Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne et auteure de Chine-Russie. Le grand rapprochement (Tracts Gallimard, 2023). Pékin devrait donc, selon la sinologue, “continuer à soutenir Moscou, sur les plans diplomatique, économique et technologique”. Entretien.L’Express : Après avoir sa visite en France les 6 et 7 mai, Xi Jinping s’est rendu en Serbie, puis en Hongrie, deux pays prorusses. Il reçoit Vladimir Poutine à Pékin pour une visite de deux jours. Quel message envoie le président chinois avec cette séquence ?Alice Ekman : Xi Jinping confirme le rapprochement engagé avec la Russie depuis maintenant dix ans, au lendemain de l’annexion de la Crimée, et qui s’est accéléré depuis deux ans, au lendemain de l’invasion russe de l’Ukraine.Car la Chine a choisi son camp depuis longtemps. Elle n’a jamais condamné l’invasion russe, et ne l’a même jamais nommée comme telle. Pékin a régulièrement appelé à prendre en considération les préoccupations de sécurité de la Russie. Et a tout aussi régulièrement condamné les sanctions occidentales à l’encontre de Moscou. En parallèle, les échanges commerciaux sino-russes ont explosé depuis l’invasion de l’Ukraine et ont atteint 240 milliards de dollars (222 milliards d’euros) en 2023, selon les douanes chinoises. La coordination diplomatique entre les deux pays s’est renforcée au sein des organisations internationales (ONU, Organisation de coopération de Shanghai, Brics +…) et la Chine a tout fait pour éviter que la Russie ne devienne un “Etat paria”. Par ailleurs, les deux pays continuent d’organiser des exercices militaires conjoints.Emmanuel Macron a cherché à convaincre Xi Jinping de faire pression sur Poutine pour qu’il mette fin à la guerre. Mais est-ce l’intérêt du leader chinois ? Peut-il chercher à freiner le président russe de façon à ne pas compliquer ses relations avec les Etats-Unis et l’Europe au moment où son économie ralentit ?L’économie chinoise est en effet dans une phase très compliquée, mais jusqu’à présent le ralentissement de sa croissance n’a pas modifié en profondeur les orientations de la politique étrangère de la Chine, ni son approche de la Russie.A mon avis, il n’est pas crédible qu’elle puisse jouer les médiateurs pour essayer de trouver une sortie de crise, compte tenu de son parti pris évident en faveur de la Russie.Quelle est la stratégie de Chine par rapport à la guerre en Ukraine ? Que veut-elle in fine pour la Russie ? Va-t-elle freiner l’envoi de matériels ou composants à “double usage” (civil et militaire) pour échapper à des sanctions ?La Chine veut une Russie forte, qui reste dirigée par Vladimir Poutine. Pour elle, la fin de la guerre en Ukraine ne doit pas se faire au bénéfice de l'”Occident”, au sens large, et d’une Ukraine qui, selon la perception officielle chinoise, serait utilisée par les Etats-Unis et leurs alliés pour la promotion de leurs intérêts géostratégiques et économiques. Cette perception apparaît réductrice, mais c’est bien celle qui transparaît de la communication chinoise actuellement. Il est possible qu’à court terme, la Chine veuille donner l’impression – face à ses interlocuteurs occidentaux – d’être disposée à freiner l’envoi de composants à double usage, mais sa perception réelle et profonde est que ces sanctions occidentales sont totalement illégitimes, et qu’elle est dans son bon droit de continuer à “commercer normalement” avec la Russie, ce qu’elle fera probablement.Pékin continuera à soutenir la Russie sur les plans économique, diplomatique et technologique, en considérant que c’est sur la durée que la victoire se jouera.Xi a-t-il peur de s’enfermer dans une relation avec Poutine qui pourrait lui nuire si la Russie devenait incontrôlable ?Sa relation avec la Russie lui nuit déjà, depuis plus de deux ans : sanctions, dégradation de son image dans une partie du monde, y compris au sein de l’Union européenne, qui reste un marché très important pour la Chine. Mais Pékin semble être disposé à payer le prix de son rapprochement avec la Russie. Pour l’instant, la Chine ne cherche pas à freiner le rapprochement, ou à prévoir des garde-fous.Comment qualifier la relation entre Xi Jinping et Poutine ? Peut-on parler d’amitié ?Assurément, la relation sino-russe est entretenue par les très fréquents échanges entre les deux dirigeants : c’est aujourd’hui leur 43e rencontre, et la deuxième visite de Vladimir Poutine en Chine en à peine 6 mois. C’est aussi sa première visite à l’étranger depuis sa “réélection” – de même que Xi Jinping s’était rendu à Moscou peu après le 20e Congrès du Parti et le prolongement de son propre mandat, en mars 2023.Au-delà de la relation personnelle, les deux pays ont surtout des intérêts politiques et géostratégiques de plus en plus convergents. Leur rapprochement n’est pas uniquement pragmatique, de court terme. Il est fondé sur la volonté de faire front commun contre les Etats-Unis, l’Occident au sens large, et de restructurer ensemble la gouvernance mondiale à leur avantage, en soutenant la montée en puissance d’initiatives et d’institutions où les pays occidentaux seraient absents, minoritaires ou marginalisés. Les toutes premières déclarations, ambitieuses, en ce début de visite, le rappellent : elles font référence au travail conjoint pour l’avènement d’un nouvel “ordre mondial”, à l’opposition commune aux “alliances”.Pour certains observateurs, le fait que la Russie devienne de plus en plus dépendante de la Chine menacerait le partenariat sur le long terme, est-ce votre avis ?Non. On le disait déjà en 2014, et le rapprochement s’est pourtant consolidé de façon rapide et continue depuis. Bien sûr, il existe un déséquilibre très fort entre la 2e et la 11e puissance économique mondiale, et la dépendance de la Russie à l’égard de la Chine s’est accentuée depuis l’invasion de l’Ukraine. La Chine aurait la capacité de “vassaliser” la Russie, mais elle n’en a aujourd’hui aucunement la volonté, car ce n’est vraiment pas dans son intérêt. Au contraire, elle fait tout pour ménager la Russie, nourrir la relation, l’entretenir sans faire sentir à son partenaire qu’il est le “maillon faible” de la relation (ou le junior partner). Quand Xi Jinping déclare aujourd’hui que “la relation Chine Russie aujourd’hui a été durement acquise et les deux parties doivent la chérir et la nourrir”, c’est à prendre au premier degré.Outre la Russie, la Chine est proche de l’Iran et de la Corée du Nord. Ainsi que de nombreux pays qui critiquent l’Occident, comme la Hongrie ou le Venezuela. La Chine cherche-t-elle à former une coalition antioccidentale ?Oui, très clairement, la Chine a une stratégie de coalition en place depuis maintenant plus de six ans. Elle cherche à fédérer un maximum de pays autour de ses positions, avec toujours l’objectif de bâtir un front anti-occidental plus large. Elle considère que la Russie est un partenaire central dans le déploiement de cette stratégie.Comment la Chine considère-t-elle le rapprochement entre la Corée du Nord et la Russie ? Est-ce quelque chose qui l’inquiète ? A-t-elle peur de perdre son influence sur Pyongyang ?Je pense qu’il faut relativiser les éventuelles inquiétudes chinoises. Tout d’abord, objectivement, nous n’avons jusqu’à présent pas de preuves ou de signes concrets d’une telle inquiétude. Ensuite, vu de Pékin : la première menace reste américaine, de très loin. La Russie et la Corée du Nord ne sont pas perçues comme telles actuellement, à tort ou à raison. Alors que les partenariats entre les Etats-Unis et ses alliés dans la région se consolident (dialogue trilatéral Etats-Unis-Corée du Sud – Japon en janvier, et Etats-Unis-Philippines-Japon en avril), développements que la Chine voit d’un très mauvais œil, je ne serais pas étonnée que Pékin cherche à renforcer la coopération Chine-Corée du Nord-Russie à moyen terme, capitalisant sur le rapprochement actuel entre Moscou et Pyongyang. A confirmer.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/alice-ekman-la-chine-aurait-la-capacite-de-vassaliser-la-russie-mais-elle-nen-a-pas-la-volonte-W5HUVOYCYNGOTIDW5SNPL7DL4Q/

Author : Cyrille Pluyette

Publish date : 2024-05-16 16:58:04

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Guerre en Ukraine : l’Otan ne croit pas à une percée majeure de la Russie

Andreï Belooussov, le nouveau ministre russe de la Défense, mercredi 15 mai 2024.




La Russie n’a pas les forces suffisantes pour aboutir à une percée majeure dans son offensive en cours en Ukraine, a affirmé ce jeudi 16 mai un haut-responsable militaire de l’Otan. “Les Russes n’ont pas les forces nécessaires pour réaliser une percée stratégique, et plus précisément, ils n’ont ni les compétences ni la capacité de le faire”, a affirmé le commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur), le général américain Christopher Cavoli, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, où siège l’Otan.L’Ukraine a affirmé ce jeudi freiner l’avancée militaire russe dans le nord-est du pays, mais la situation y reste “extrêmement difficile” selon le président Volodymyr Zelensky, Moscou y menant une offensive qui lui a permis d’engranger ses plus importants gains territoriaux depuis fin 2022.Les autorités ukrainiennes ont par ailleurs accusé l’armée russe d’avoir exécuté au moins un civil ukrainien et d’en utiliser une quarantaine d’autres comme “boucliers humains” à Vovtchansk, localité de la région de Kharkiv (nord-est) et cible d’un assaut des troupes russes qui ont conquis, selon des estimations de l’AFP, près de 260 km2 en une semaine.Le président Volodymyr Zelensky s’est rendu jeudi à Kharkiv, capitale régionale et deuxième ville du pays, pour une réunion de son cabinet militaire. “A ce jour, la situation […] est globalement sous contrôle, nos militaires infligent des pertes sensibles à l’occupant”, a déclaré Volodymyr Zelensky. “Mais la zone reste extrêmement difficile, c’est pourquoi nous renforçons nos unités”, a-t-il ajouté.Le gouverneur régional Oleg Synegoubov a indiqué que “l’ennemi” avançait encore dans la zone de la localité de Lyptsi et que les Russes continuaient d’essayer “de prendre Vovtchansk”. “Nous ne pouvons pas dire que nos soldats soient parvenus à stabiliser la ligne de front”, a-t-il admis tout en estimant que la phase “active” de l’avancée adverse “a été arrêtée”. Dans la matinée, l’armée avait dit être parvenue à “stabiliser partiellement la situation” et à stopper les avancées russes dans “certains” secteurs.”Bouclier humain”Le ministre de l’Intérieur Igor Klymenko a lui accusé la Russie d’avoir procédé à des détentions arbitraires de civils et à au moins une exécution sommaire à Vovtchansk, ville de 18 000 habitants avant la guerre.Plus tard dans la journée, la police de cette région a précisé ces accusations affirmant que l’armée russe détenait de 35 à 40 civils, les utilisant comme “bouclier humain” pour protéger un quartier général militaire. Un habitant âgé qui essayait de s’échapper à pied en territoire contrôlé par l’Ukraine a été tué par une balle dans la tête, selon la même source.L’AFP n’est pas en mesure de confirmer ces accusations de source indépendante. La Russie n’a pas réagi dans l’immédiat. Les forces russes ont été accusées de nombreuses exactions documentées en Ukraine, en particulier le massacre de centaines de civils à Boutcha, banlieue de Kiev qu’ils ont occupée au début de leur invasion en 2022.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-lotan-ne-croit-pas-a-une-percee-majeure-de-la-russie-KT4IV5WGVVF45DEWRI5CPPV4UU/

Author :

Publish date : 2024-05-16 17:27:18

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Guerre en Ukraine : quand Poutine et Xi Jinping font la leçon aux Occidentaux

le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping se serrent la main lors d'une cérémonie de signature à l'issue de leurs entretiens à Pékin, le 16 mai 2024.




Les deux “meilleurs amis”, comme ils aiment à s’appeler, peut-être plus que jamais sur la même longueur d’onde. Xi Jinping et Vladimir Poutine ont défendu ce jeudi 16 mai l’axe Pékin-Moscou comme un facteur de “stabilité” et de “paix” dans le monde, alors que le chef d’Etat russe est en Chine pour sa première visite d’Etat depuis sa réélection en mars dernier.La relation Chine-Russie “est non seulement dans l’intérêt fondamental des deux pays et des deux peuples, mais elle est également propice à la paix”, a insisté Xi Jinping. Et “la Chine est prête à travailler avec la Russie pour […] soutenir l’équité et la justice dans le monde”. “La relation Chine-Russie aujourd’hui a été durement acquise et les deux parties doivent la chérir et la nourrir”, a-t-il ajouté.Cette relation est “un facteur de stabilité sur la scène internationale”, a assuré de son côté Vladimir Poutine, selon le Kremlin. Elle “n’est pas opportuniste et elle n’est dirigée contre personne”. “Ensemble, nous soutenons les principes de justice et un ordre démocratique mondial reflétant les réalités multipolaires et fondé sur la loi internationale”, a-t-il déclaré. Après leur entretien bilatéral, les deux hommes ont signé un communiqué commun pour approfondir le “partenariat stratégique global” sino-russe, selon l’agence officielle Chine nouvelle.Chine et Russie taclent les OccidentauxVladimir Poutine est arrivé jeudi matin à Pékin pour une visite de deux jours, son deuxième voyage en Chine en un peu plus de six mois, et son quatrième depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. A peine quelques heures plus tôt, il s’était félicité des avancées de l’armée russe sur le front, alors que les forces de Moscou ont lancé une nouvelle offensive dans la région de Kharkiv.Dans leur communiqué commun jeudi, Pékin et Moscou jugent “nécessaire” d’éviter toute décision contribuant “à la prolongation des hostilités et à une nouvelle escalade du conflit”. Une formulation qui semble viser Européens et Américains, la Chine et la Russie affirmant régulièrement que ce sont les livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine qui font durer la guerre.S’exprimant devant la presse au côté de Xi Jinping, Vladimir Poutine s’est dit jeudi “reconnaissant” envers la Chine pour ses “initiatives” de paix dans la crise ukrainienne, selon les agences russes. La Chine, qui n’a jamais condamné l’invasion russe, appelle régulièrement au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays (sous-entendu Ukraine comprise) mais exhorte aussi à prendre en considération les préoccupations de sécurité russes. “Les deux parties sont d’accord sur le fait qu’une solution politique à la crise en Ukraine est la voie à suivre”, a ajouté Xi Jinping. “La Chine espère que la paix et la stabilité seront rapidement rétablies sur le continent européen et continuera à jouer un rôle constructif à cette fin”, a-t-il promis.Par ailleurs, Vladimir Poutine a jugé “nuisible” toute alliance politique et militaire “fermée” en Asie-Pacifique, où son partenaire chinois est en concurrence avec les Etats-Unis, qui coopèrent avec l’Australie et le Royaume-Uni pour contrer l’influence de Pékin.”Approfondir la coopération” économiqueAutre sujet très important de cette visite de Poutine à Pékin : les relations commerciales entre les deux pays. La Chine est la planche de salut économique cruciale pour la Russie, en proie aux lourdes sanctions occidentales. Tout juste de retour d’une tournée en Europe, Xi Jinping y a défendu le droit de maintenir avec son voisin russe des liens économiques normaux. La Chine bénéficie notamment d’importations d’énergie russe bon marché. Les échanges commerciaux entre Pékin et Moscou sont également plus élevés que jamais, ayant atteint près de 240 millions de dollars en 2023, soit près de deux fois plus élevés qu’avant le début de la guerre en Ukraine.Sur ce sujet, le président russe a ainsi rencontré ce jeudi le Premier ministre Li Qiant. Ce dernier a déclaré que Pékin souhaitait “continuer à approfondir la coopération dans divers domaines” avec Moscou. Vladimir Poutine avait évoqué en début de semaine dans un entretien à une agence de presse officielle chinoise vouloir développer une coopération plus étroite “dans l’industrie et la haute technologie, l’espace extra-atmosphérique et l’atome pacifique, l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et d’autres secteurs innovants”.L’importance des sanctions américainesCes liens sino-russes étroits sont vus avec une suspicion croissante en Occident. Washington a fixé une ligne rouge à Pékin – ne pas fournir directement d’armes à Moscou – et dit n’avoir à ce jour pas eu la preuve du contraire. Les Etats-Unis estiment cependant que le soutien économique chinois permet tout de même à la Russie de renforcer sa production de missiles, de drones et de chars.Si la dynamique des échanges commerciaux est à la hausse constante ces dernières années, une certaine bascule semble s’être opérée ces derniers mois. Les exportations chinoises vers le voisin russe ont ainsi baissé en mars et en avril, après la menace de sanctions américaines. En cause, un décret signé en décembre par le président américain Joe Biden, qui autorise désormais des sanctions secondaires contre les banques étrangères liées à la machine de guerre russe. Le Trésor américain peut les exclure du système financier mondial, fondé sur le dollar. Face à ces pressions, plusieurs banques chinoises ont interrompu ou réduit leurs transactions avec leurs clients russes, selon huit ressortissants des deux pays impliqués dans le commerce bilatéral.Malgré tout, Moscou et Pékin ont signé jeudi plusieurs accords commerciaux. Ce vendredi, Vladimir Poutine doit d’ailleurs se rendre dans la ville de Harbin, au nord-est de la Chine, afin de visiter une foire dédiée au commerce et aux investissements.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-ukraine-quand-poutine-et-xi-jinping-font-la-lecon-aux-occidentaux-J3BC6UX6MNAEPPCHGLUMM3ZGBA/

Author :

Publish date : 2024-05-16 13:03:30

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Guerre en Ukraine : Kiev affirme avoir arrêté la progression russe

Photo transmise par le service de presse ukrainien des armées le 25 février 2024 montrant Le commandant en chef de l'armée ukrainienne Oleksandre Syrsky (D) lors d'une visite de positions sur la ligne de front dans l'est de l'Ukraine




Alors que Vladimir Poutine s’est félicité la veille des prises de guerre russes dans l’oblast de Kharkiv, Kiev indiqué ce jeudi 16 mai avoir arrêté “l’avancée” russe dans certaines zones de la région du nord-est de l’Ukraine.Le 10 mai dernier, la Russie avait lancé une attaque surprise dans la région, aboutissant à l’occupation de nouveaux territoires. Cette attaque à travers la frontière, par le nord, a pris de court des forces ukrainiennes affaiblies par le manque d’armements et d’hommes après plus de deux ans de guerre et des mois de retard de l’aide occidentale.Les infos à retenir⇒ L’Ukraine affirme avoir arrêté l’avancée russe⇒ L’armée russe “continue d’accumuler des forces” dans l’oblast de Kharkiv⇒ Vladimir Poutine remercie son homologue chinoisL’avancée russe stoppée selon KievL’armée ukrainienne a indiqué jeudi matin avoir arrêté “l’avancée” russe dans certaines zones de la région de Kharkiv (nord-est) où la Russie a lancé une attaque surprise le 10 mai, occupant de nouveaux territoires.Bien que “la situation dans le secteur de Kharkiv reste compliquée […] nos forces de défense ont réussi à stabiliser partiellement la situation”, a indiqué le porte-parole des forces ukrainiennes dans la région, Nazar Volochyne qui l’assure : “l’avancée de l’ennemi dans certaines zones et localités a été stoppée”.Même son de cloche du côté du populaire blogueur militaire ukrainien Ioury Boutoussov, suivi par un demi-million de personnes : “l’offensive russe dans le nord de la région de Kharkiv a été de facto stoppée”. Et de préciser quelques heures plus tard sur Facebook : “Les groupes d’assaut russes ont subi des pertes, mais n’ont pas encore été détruits, et les combats se poursuivent”.L’armée russe progresse à certains endroitsReste que dans certaines localités, l’armée russe “continue d’accumuler des forces” admet le blogueur. C’est le cas à Vovtchansk, ville de 19 000 habitants située à une soixante de kilomètres du nord de Kharkiv. Selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov, quelque 8 779 personnes avaient été évacuées dans la région. Une quinzaine de personnes ont en outre été blessées dans divers bombardements dans la région.Il faut dire qu’en seulement une semaine, l’armée russe est parvenue à grignoter quelque 278 kilomètres dans l’Est de l’Ukraine. Et depuis le début de l’année 2024, la Russie a conquis environ 800 km2, soit plus que sur l’ensemble de l’année 2023 (600 km2). Selon une analyse jeudi de l’AFP à partir de données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), son gain de territoire ukrainien le plus important depuis un an et demi.Si les chiffres peuvent paraître impressionnants, ceux-ci restent toutefois à relativiser. Et pour cause, l’avancée totale représente moins de 1 % du territoire ukrainien actuellement contrôlé par Moscou. Ces prises sont donc sans commune mesure avec les régions conquises par l’armée russe au début de l’invasion en février et mars 2022.Un conflit invisibilisé par la guerre au Proche OrientL’offensive russe dans la région de Kharkiv doit toutefois faire figure de “signal d’alarme” pour les alliés de l’Ukraine, a affirmé mercredi le ministre de la Défense britannique Grant Shapps, regrettant que les Occidentaux aient été “distraits” par d’autres conflits.”Il ne s’agit pas d’une guerre dans laquelle vous pouvez vous permettre d’être pleinement attentifs, puis de vous détourner ou de vous laisser distraire par un autre conflit, et ensuite vous attendre à ce que rien ne change sur le terrain”, a précisé Grant Shapps sur la chaîne Sky News. Et de marteler : “Nous devons soutenir (les Ukrainiens) tout le temps, et pas que périodiquement” a-t-il insisté, sans toutefois citer nommément le conflit à Gaza entre Israël et le Hamas, qui accapare la diplomatie occidentale et régionale depuis le 7 octobre.Vladimir Poutine, “reconnaissant” envers PékinLors d’une conférence de presse à Pékin aux côtés du dirigeant chinois Xi Jinping, le président russe s’est dit “reconnaissant […] pour les initiatives” visant à mettre fin aux conflit russo-ukrainien mises en œuvre par la Chine. Pays figurant parmi ceux n’ayant jamais condamné l’invasion russe en Ukraine.Moscou se dit ouverte à des pourparlers avec l’Ukraine pour mettre fin à la guerre, mais insiste sur le fait que Kiev doit accepter la situation sur le terrain, à savoir la revendication par la Russie de l’annexion des régions de Donetsk, Kherson, Lougansk et Zaporizhzhia.En parallèle, Vladimir Poutine a profité de sa visite officielle en Chine pour infliger un taquet aux alliances de sécurités dirigées par l’Occident dans la région indo-Pacifique, qu’il qualifie de “très nuisibles” et “contre productive”.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-ukraine-kiev-affirme-avoir-arrete-la-progression-russe-O4PFF2B7ZJE2DDYVYLMZ7Z7KOE/

Author :

Publish date : 2024-05-16 08:57:09

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Guerre à Gaza : Bachar el-Assad, la stratégie payante du fantôme du Moyen-Orient

Bachar El-Assad à Riyad, en Arabie saoudite, lors d'un sommet des pays arabes consacré à la bande de Gaza, le 11 novembre 2023.




Sur les clichés, la soirée paraît douce et joyeuse à Tartous, en Syrie, ce 8 avril. Dans cette ville portuaire de la Méditerranée, Bachar el-Assad se soumet à une nuée de selfies avant de prendre place au centre du banquet de l’iftar, la rupture du jeûne du ramadan, au bras de sa femme Asma. Détendu, en chemise noire légère, le dictateur syrien vient envoyer un message au monde entier ce soir-là, sept jours après qu’une frappe israélienne a éliminé sept commandants iraniens en plein cœur de Damas. “Il voulait souligner que, pour lui, c’est business as usual, que cette frappe ne change rien à sa stratégie régionale : la Syrie ne participera pas à la réplique de l’Iran et ne sera pas le théâtre de la réponse armée à Israël”, observe l’analyste syrien Haid Haid, chercheur à la Chatham House de Londres.Un membre de “l’axe de la résistance” très passifAprès treize ans de guerre civile, Bachar el-Assad reste à la tête du grand voisin d’Israël – l’ennemi historique – et sous perfusion de l’Iran. Depuis le 7 octobre et le début de la guerre à Gaza, pas un jour ne passe sans que l’aviation israélienne ne pénètre en territoire syrien, le plus souvent pour mener des attaques contre des dépôts d’armes du Hezbollah ou des milices chiites pro-Iran. Membre de “l’axe de la résistance” mis en place par Téhéran, le régime syrien, pourtant, ne réplique pas. Ou si peu.Bachar el-Assad se contente d’encourager la “résistance palestinienne” et de fustiger “l’ennemi sioniste”, mais ses paroles restent en l’air. “Depuis le début de la guerre à Gaza, Assad fait le maximum pour se tenir à l’écart de toute escalade régionale”, poursuit Haid Haid. En réalité, l’ancien ophtalmologue laisse faire : les milices chiites qui harcèlent les troupes américaines présentes en Syrie ; les assassinats ciblés du Mossad contre des commandants iraniens ; les frappes israéliennes sur les aéroports de Damas ou d’Alep ; les attaques de milices pro-Iran vers le plateau du Golan, territoire disputé entre Damas et l’Etat hébreu… “L’opinion répandue chez les dirigeants internationaux, qu’ils soient à Moscou, à Washington DC ou à Téhéran, consiste à penser que mener des attaques en Syrie n’a que peu de conséquences, indique Dareen Khalifa, spécialiste du Moyen-Orient à l’International Crisis Group. C’est un champ de bataille low cost, qui peut servir de rampe de lancement pour les milices pro-Iran et de cible pour les missiles israéliens. Israël a sans doute commis une erreur de calcul avec sa frappe sur le consulat iranien du 1er avril, mais tant qu’ils ne visent que certaines installations et certaines personnes en Syrie, les Israéliens s’en tireront sans problème.”La première raison de cette passivité tient à l’état du régime syrien, exsangue après treize ans de guerre. Seul, le clan Assad ne contrôle qu’une petite zone du territoire, se reposant sur ses alliés russes et surtout iraniens pour tenir les deux tiers de la Syrie. Le reste se trouve aux mains des Turcs, des Kurdes (aidés par un millier de soldats américains) et de quelques groupes armés indépendants. Dans son discours du 11 novembre dernier, le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a souligné que le régime syrien n’était pas présent concernant la lutte contre Israël, tout en reconnaissant : “Nous ne pouvons pas lui en demander davantage.” “Depuis dix ans, la politique de Damas consiste à prendre des coups et à ne pas répondre, ou alors de manière minime, car la priorité du régime d’Assad reste sa propre survie, soutient Joseph Bahout, directeur de l’Institut de politiques publiques Issam Farès à Beyrouth. Il n’a aucune envie d’ouvrir un front avec Israël, ce qui est réciproque : les Israéliens ne visent presque jamais les intérêts du régime en Syrie, mais des milices pro-Iran et des agents iraniens présents sur place.” Dans les cercles de pouvoir du Proche-Orient, plusieurs rumeurs font état d’une connivence entre les services de sécurité du clan Assad et l’armée israélienne. Ce serait d’ailleurs le seul moyen pour qu’Israël ait des informations aussi précises et puisse éliminer des commandants iraniens en plein Damas.Une haine tenace contre le HamasCes rumeurs sont d’autant plus fortes que Bachar el-Assad voue une haine tenace au Hamas depuis 2012. A l’époque, alors que le régime perd du terrain face aux rebelles, l’organisation palestinienne décide de quitter Damas pour installer son siège au Qatar, et marque ainsi son opposition frontale à la répression de la population sunnite par le pouvoir alaouite (une branche de l’islam proche du chiisme). Le Hamas aurait ensuite prêté main-forte à la rébellion, voire envoyé des hommes combattre en Syrie, d’après le récit fait aujourd’hui par Assad. “Dans la foulée du 7 octobre, les Iraniens sont allés à Damas pour demander à Bachar el-Assad de rejoindre le front contre Israël, assure Joseph Bahout depuis Beyrouth. Sa réponse fut glaciale, à la hauteur de sa rancœur contre le Hamas, qu’il estime central dans le soulèvement en Syrie. Assad voulait montrer que le sort de ce groupe n’a plus aucune importance pour lui.” L’agence de presse officielle syrienne ne mentionne d’ailleurs jamais le nom du Hamas dans ses communiqués sur la guerre à Gaza, évoquant uniquement “les braves martyrs de la Palestine”.Loin de l’enclave palestinienne, Assad reste focalisé sur ses périples internes. Il profite de l’attention portée à Gaza pour reprendre son éradication de toute opposition chez lui, avec une reprise intensive des bombardements depuis octobre, notamment sur Idleb, la capitale des rebelles dans le nord-ouest de la Syrie. “Assad a disparu des radars internationaux grâce aux crises ailleurs dans le monde, notamment en Ukraine et à Gaza, ce qui permet au régime de bénéficier d’un conflit gelé – ou du moins d’un conflit oublié – en Syrie”, souligne Joseph Bahout. La voie est dégagée pour avancer sur le chemin de la normalisation.Ostracisé depuis 2013 et l’utilisation d’armes chimiques contre sa propre population, Bachar el-Assad s’assied désormais autour de la table lorsque la Ligue arabe se réunit pour parler de la guerre à Gaza. Sous l’égide du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui l’avait invité au sommet de Djeddah en mai 2023, le dictateur syrien peut à présent donner son opinion sur les affaires régionales et sermonner ceux qui “envisagent de pactiser avec l’ennemi sioniste”, comme en novembre dernier à Riyad. “La situation interne est difficile pour le régime, avec une économie en souffrance, une armée mal équipée et qui n’a accès qu’à une partie réduite de son territoire, pointe l’analyste syrien Haid Haid. Assad a su tirer profit de la guerre à Gaza pour accélérer sa normalisation avec les pays du Golfe, ce qui a été mis en évidence par la nomination d’un ambassadeur émirati en Syrie pour la première fois depuis 2011. C’était sans doute une manière pour les Emirats arabes unis [NDLR : qui disposent de relations avec Israël depuis les accords d’Abraham de 2020] de remercier le régime syrien, après lui avoir demandé de ne pas intervenir dans une escalade régionale.”Le dictateur syrien mise aussi sur l’avenir. Il sait qu’en intervenant contre Israël, ses efforts pour reprendre langue avec les Occidentaux seraient réduits à néant. D’autant que, ces derniers mois, des fissures apparaissent dans le front européen contre le boucher de Damas. Certains, comme le Danemark ou la Grèce, envisagent de déclarer la Syrie comme un pays sûr, afin d’y renvoyer des réfugiés présents sur leur sol. “Il n’existe plus de consensus fort entre les gouvernements européens au sujet du régime d’Assad, avance Joseph Bahout. Je peux vous assurer qu’en coulisses, via les services de renseignement, plusieurs pays européens ont repris lien avec Damas. Certains vont jusqu’à se rendre de nouveau sur place. De plus en plus, les Européens attendent de voir ce que les Américains décideront à propos de la Syrie après l’élection présidentielle de novembre.”A Washington, plusieurs signaux viennent troubler le message vis-à-vis de Bachar el-Assad. Le Caesar Act, qui sanctionne toute entreprise ou pays qui pourrait collaborer de près ou de loin avec le régime syrien, arrive à expiration à la fin de l’année. En février, la Chambre des représentants a voté à une large majorité (389 voix pour, 32 contre) une nouvelle loi contenant une salve de sanctions contre le régime et contre ceux qui participent à sa normalisation. Mais d’après le Washington Post, la Maison-Blanche a écarté ces nouvelles sanctions d’un paquet législatif voté en avril, probablement pour ne pas toucher ses alliés du Golfe et envenimer la situation régionale dans un Moyen-Orient sous tension. Suffisant pour semer le doute dans les esprits. Sur les bords de la Méditerranée, Bachar el-Assad peut avoir le sourire.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-a-gaza-bachar-el-assad-la-strategie-payante-du-fantome-du-moyen-orient-6VWWBOFIIRC3FKS26YQNEEGZFM/

Author : Corentin Pennarguear

Publish date : 2024-05-16 04:45:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Guillaume Limousin, le “petit prof” contre Didier Raoult : “On peut tous faire bouger les choses”

Guillaume Limousin, professeur de mathématique en Isère, a gagné son procès face à Didier Raoult, qui a été condamné à lui verser 2000 euros.




“N’ont pas été jugés diffamatoires ni injurieux” les messages qui affirmaient que Didier Raoult avait commis “de nombreuses ‘erreurs niveau collège’ dans ses publications scientifiques”. C’est le verdict rendu mardi 14 mai par le tribunal correctionnelde Marseille qui a relaxé Guillaume Limousin, un professeur de mathématiques d’un collège dans l’Isère. Ce dernier était attaqué par Didier Raoult en diffamation et injure publique pour avoir publié une série de messages sur le réseau social X (ex-Twitter) en janvier 2022. L’ancien directeur de l’IHU Méditerranée est, en outre, condamné à payer 2 000 euros au défenseur au titre des frais d’avocat. Ses représentants ont annoncé vouloir faire appel.Sous le pseudonyme Sonic_urticant, Guillaume Limousin avait dressé un “best-of des pires publications ’scientifiques’ de Didier Raoult”, affirmant que certains résultats, dont des images, étaient retouchés et que “des centaines” de publications étaient “autoplagiées”. Il dénonçait aussi la non prise en compte de patients décédés dans le cadre d’une étude censée démontrer l’efficacité de l’hydroxychloroquine, ainsi qu’une série d’erreurs “niveau brevet des collèges”.🔥📣[THREAD]
1/
Là on touche au sublime de la NULLITE avec cette nouvelle publi. J’ai donc décidé de faire un BEST OF des PIRES PUBLICATIONS “scientifiques” de Didier #Raoult. Toutes ces erreurs (erreurs ?…) sont de niveau… collège !
Sur vos impôts, Mesdames et Messieurs.⏬— Guillaume Limousin (@Sonic_urticant) January 30, 2022Si ce procès a été l’occasion de remettre en lumière les fautes commises par Didier Raoult, il a aussi placé sur le devant de la scène Guillaume Limousin. Ancien ingénieur et docteur en hydrogéologie géochimie, très actif sur Twitter, cet enseignant s’est lancé depuis quatre ans dans la dénonciation des fausses informations scientifiques et médicales sur les réseaux sociaux, quitte à remuer ciel et terre pour faire éclater la vérité et dénoncer l’inaction des autorités. Avec un succès indéniable… Il a accepté, pour la première fois, de répondre sous son véritable nom. Entretien.L’Express : Vous avez été relaxé des deux chefs d’accusation (diffamation et injure publique). Comment accueillez-vous cette décision ?Guillaume Limousin : Je suis satisfait. La justice confirme qu’il est possible de dire que des publications de Didier Raoult “n’ont pas le niveau collège”, quand on en apporte la preuve et que tout est documenté.Qu’est-ce qui a donné envie à un enseignant en collège comme vous de contester avec autant d’énergie les études de l’IHU de Marseille ?Je suis depuis très longtemps passionné par les sciences et les questions de santé. Quand j’ai vu Didier Raoult porté aux nues par la presse en 2020, je me suis logiquement intéressé à ses publications scientifiques. Après avoir lu son premier article sur l’hydroxychloroquine, je me suis dit : “C’est grotesque, cela ne tiendra pas une semaine”. Mais au contraire, ses thèses n’ont cessé de prendre de l’ampleur. L’hydroxychloroquine a fait l’objet de grands essais randomisés, on a dépensé des milliards dans ce qui était un mauvais candidat médicament dès le départ. Cette molécule a même influencé Donald Trump et des décisions sanitaires au Brésil !J’ai aussi été ému lorsque j’ai vu que l’IHU avait inclus des enfants dans ses études. C’est cela qui a déclenché mon action. Pareillement lorsque j’ai constaté que des morts avaient disparu des résultats de l’une des études menées par les équipes de Didier Raoult. Je pressentais que cela allait devenir un scandale sanitaire. J’étais sûr que les autorités allaient stopper ce délire. Mais non. Alors au bout de quelques mois, j’ai activé des contacts dans des sociétés savantes, à l’Inserm ou dans des hôpitaux. Certains étaient trop occupés, d’autres avaient peur pour leur carrière. Je me suis dit : “Si tu ne fais rien, tu vas t’en vouloir toute ta vie”. Toutes mes actions ont abouti et les autorités sanitaires ainsi que les corps d’inspection et la justice m’ont donné raison, mais cela m’a entraîné dans un maelström que je n’imaginais pas.Maelström qui vous a notamment conduit à fédérer de nombreux scientifiques et médecins qui combattaient la désinformation médicale chacun de leur côté, ou encore à contacter des députés et des sénateurs pour qu’ils portent des amendements dans des lois…Ma toute première action a été de contacter des connaissances afin qu’ils rédigent une tribune pour dire “Halte à la fraude scientifique”. Elle a été publiée en septembre 2020 dans Libération. J’ai également envoyé un document détaillé à l’ordre des médecins qui a contribué à ce que Didier Raoult soit sanctionné.Il est parfaitement anormal qu’un “petit prof de maths” soit obligé de s’occuper de celaPuis j’ai créé mon compte Twitter pour faire connaître le fact-checking sur l’hydroxychloroquine et les études de l’IHU. Des personnes d’horizons divers – informaticiens, scientifiques, médecins – sont venues m’aider spontanément. Ensuite, j’ai mis en relation celles qui me semblaient les mieux informées pour leur dire qu’il fallait mener des actions en dehors des réseaux sociaux. J’ai, par la suite, coorganisé une tribune publiée dans Le Monde en octobre 2020 [NDLR : demandant la définition dans la loi de règles garantissant l’honnêteté et la rigueur scientifique] et signée par un collectif de près de 90 sociétés savantes. C’est, à ma connaissance, la plus importante tribune dans le champ de la recherche et de la médecine en nombre de signataires. Cela représente des dizaines de milliers de personnes.Ce travail s’inscrivait dans le cadre d’un autre projet visant à convaincre députés et sénateurs de porter des amendements contre la fraude scientifique dans la loi de programmation de la recherche. J’ai donc été en contact étroit avec des politiques. Et la loi a fini par être votée avec les bons amendements. Reste, maintenant, à l’appliquer…Pourquoi des politiques vous ont-ils accordé leur oreille ?Ils ne m’ont sans doute pas accordé plus de temps qu’à d’autres. C’est pour cela que je dis : “Les réseaux sociaux ne suffisent pas, parlez à la presse, écrivez aux cabinets ministériels, aux sénateurs, aux députés et aux autorités de santé de façon factuelle et sourcée : c’est beaucoup plus efficace.” Tout le monde peut le faire. Après, j’ai sans doute eu l’avantage d’être apolitique, même si les extrêmes ne sont pas ma tasse de thé. Le texte a d’ailleurs reçu l’adhésion de certains LR, et de représentants d’autres partis, jusqu’au PCF. Sans doute aussi que l’envoi de documents “clefs en main”, bien documentés et synthétisés, a aidé. Les politiques ont dû voir que c’était sérieux.Comment expliquez-vous qu’il ait fallu l’action d’un citoyen anonyme comme vous pour contribuer à faire tomber Didier Raoult ?Je me pose la même question ! C’est inadmissible de la part du gouvernement et des autorités de santé. Même les sociétés savantes et académies ont tardé à prendre position. Il est parfaitement anormal qu’un “petit prof de maths” soit obligé de s’occuper de cela ! C’est le signe d’une faillite à tous les niveaux, comme un article de la prestigieuse revue Science l’a dit.En démocratie, les citoyens peuvent faire bouger les chosesOn parle tout de même de dizaines de millions d’euros de surfacturation à l’IHU de Marseille, ce que l’IGAS a qualifié de “fraude à l’assurance maladie” dans son rapport. On parle aussi de centaines de morts rien qu’en France et de plus d’une dizaine de milliers de morts dans le monde, sans doute des dizaines de milliers, d’ailleurs. C’est peut-être, en nombre de morts, le plus grand scandale sanitaire de tous les temps. Et tout le monde savait. Avoir laissé faire est impardonnable. Mais s’il y a un message d’espoir à retenir, c’est qu’en démocratie, les citoyens peuvent faire bouger les choses, même si on est un petit citoyen lambda.Les plaidoiries du procès que Didier Raoult a intenté, qui se sont déroulées vendredi 1er mars 2024, ont été marquées par de violents dérapages. Comment avez-vous vécu ce moment ?C’était hallucinant. Il y avait un comité d’accueil avec des pancartes antivax, des fourgons de CRS. La salle de 60-70 places était pleine à craquer. Je me suis fait injurier en continu pendant plus de vingt minutes, dont des insultes handiphobes venant d’un professeur proche de M. Raoult. J’ai entendu des choses comme : “Ça fait quoi d’être dépressif ? Il faut aller voir un psy !”, “Ici c’est Marseille bébé”, “Je vais pisser (sic), surveille mes affaires, il y a des voleurs ici”, en me pointant du doigt.Ma témoin, l’épidémiologiste et biostatisticienne Dominique Costagliola, a également été prise à partie. On lui a demandé : “Alors, bientôt un film avec Marc Dutroux ?”. Et quand elle a témoigné, elle a dû préciser qu’elle se faisait diffamer au même moment sur les réseaux sociaux. Quant à Didier Raoult, il a pris la parole pendant plus d’une demi-heure pour évoquer des choses qui n’avaient rien à voir avec le procès. Avec d’autres personnes du public, il est sorti avant la fin de l’audience, alors que mon avocat était en pleine plaidoirie. Même la présidente a fait remarquer qu’il s’agissait d’un “non-respect inacceptable du tribunal”. J’ai détaillé tout cela dans des messages sur mon compte X.Vous évoquez des insultes handiphobes, pourquoi ?Lors du procès, des larmes me sont montées aux yeux lorsque j’ai évoqué les potentielles dizaines de milliers de morts liées à l’usage d’hydroxychloroquine contre le Covid-19 [NDLR : une référence à une étude scientifique publiée en janvier 2024 démontrant la dangerosité de l’administration de ce médicament]. Mon avocat a alors précisé que j’étais atteint d’un trouble du spectre autistique. Des personnes se sont moquées de moi pendant le procès et cela a été une déferlante sur les réseaux sociaux, avec des centaines d’insultes, des élucubrations sur ma santé mentale, etc. Ceux qui ne voient les autres qu’à travers leur trouble ou leur spécificité neuronale sont détestables…Mais s’il faut en parler, j’admets que quand quelque chose me tient à cœur, je vais jusqu’au bout. Et ce depuis tout petit. J’ai aussi des centres d’intérêt spécifiques, comme tous les autistes. Je ne peux pas supporter l’injustice et l’illégalité. J’aime l’ordre, je suis attaché au respect de la loi et à la protection des plus faibles.Et, en réalité, vous avez aussi un solide parcours scientifique…Je n’ai que deux ou trois publications scientifiques à mon actif. Mais au moins, elles sont soignées. L’une d’elles a été publiée dans une grande revue de géochimie et a été citée plus de 1 300 fois et notamment par l’ONU. Il s’agissait d’une revue bibliographique qui a demandé un important travail de recherche. C’est finalement logique : j’ai toujours dévoré les livres et les documents et aimé décortiquer des milliers de pages. J’ai aussi travaillé comme ingénieur, avant de quitter cet emploi pour revenir à ma première passion : l’enseignement. J’ai donc enseigné l’horticulture auprès d’enfants handicapés. Puis je suis devenu professeur de mathématiques car il existe un fort besoin. J’adore mon métier et je n’en changerais pour rien au monde.Votre implication dans ce combat a demandé des heures de travail incalculables… Quelles ont été les conséquences financières et sur votre santé ?Si je mets tout bout à bout, je dois en être à plus d’une dizaine de milliers d’heures depuis quatre ans. Certaines périodes, j’y passais mes vacances, mes week-ends et jusqu’à tard le soir. Quand vous mettez en relation pour l’écriture d’une tribune 90 sociétés savantes qui discutent chaque virgule (rires), cela prend du temps !Côté finances, j’ai été obligé de lancer des cagnottes en ligne pour mes frais judiciaires. Pour me défendre, mais aussi parce que je poursuis ceux qui ont appelé au meurtre, m’ont doxé [NDLR : révéler des informations qui permettent d’identifier quelqu’un en ligne], ont publié le nom de mon collège ou qui me harcèlent en permanence. Il y a quand même un gros problème en France : même lorsque vous êtes intégralement relaxé, même lorsque d’autres personnes vous poursuivent, il est très rare d’être intégralement remboursé, alors que cela implique des milliers d’euros par procédure. C’est intolérable : on ne devrait pas avoir à payer lorsqu’on est innocent.Quant à la santé… Ce qui est sûr, c’est que recevoir des milliers de messages haineux n’est pas anodin. De même quand Didier Raoult passe sur BFMTV et cite mon nom en disant à quatre reprises : “C’est un prof de maths cinglé.” Ou lorsque France-Soir publie un article appelant à la décapitation de nombreuses personnes, dont moi. Quand j’ai reçu des appels anonymes, j’ai compris que cela prenait une tournure dangereuse. Mais ces attaques ne me feront pas renoncer à la lutte pour l’intégrité scientifique et contre le charlatanisme. Je reconnais être inquiet pour l’avenir, car un monde qui verse dans le complotisme ou le trumpisme et où le rapport à la vérité devient biaisé est très dangereux.



Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/guillaume-limousin-le-petit-prof-contre-didier-raoult-on-peut-tous-faire-bouger-les-choses-7XXE77HMTNBGVI4D6O5UDBVO7Y/

Author : Victor Garcia

Publish date : 2024-05-15 16:30:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Slovaquie : le Premier ministre Robert Fico “entre la vie et la mort” après avoir été blessé par balle

Le populiste Robert Fico avant une rencontre avec la présidente slovaque à Bratislava, le 2 octobre 2023




Le Premier ministre slovaque Robert Fico a été blessé par balle, ce mercredi 15 mai, à Handlova, une ville du centre du pays, après une réunion de cabinet, a indiqué le gouvernement de ce pays d’Europe centrale.Robert Fico – un populiste nommé Premier ministre l’année dernière et dont l’allié a été récemment élu président – se trouve “entre la vie et la mort”, selon le gouvernement. Selon sa page officielle Facebook, il a été touché par balle “plusieurs fois”. “Il est actuellement acheminé par hélicoptère à Banska Bystrica”, une ville du centre de la Slovaquie, a encore précisé le gouvernement dans un communiqué.L’attaque est intervenue après une réunion de cabinet à Handlova, dans le centre de la Slovaquie, selon le journal Dennik N, dont un reporter a vu le chef de gouvernement emmené dans une voiture par des gardes du corps. “La police a arrêté l’assaillant et donnera davantage d’informations le plus vite possible”, a déclaré dans un communiqué la présidente de la Slovaquie Zuzana Caputova.Il serait un écrivain de 71 ans selon des informations de presse, mais les autorités n’ont donné aucune indication sur son identité.”Aujourd’hui, après une réunion gouvernementale à Handlova, il y a eu une tentative d’assassinat sur le Premier ministre”, a confirmé le gouvernement. “Nous confirmons l’attaque sur le Premier ministre”, a également déclaré à l’AFP le porte-parole de la police Matej Neumann. Robert Fico avait tout d’abord été transporté à l’hôpital de Handlova, dans “l’unité de chirurgie vasculaire”, a indiqué à l’AFP la directrice de l’établissement, Marta Eckhardtova, qui n’a pas donné de précisions sur la nature de ses blessures.Une “attaque ignoble””Je suis choquée. Je souhaite à Robert Fico beaucoup de force dans ce moment critique pour se remettre de cette attaque”, “brutale et irresponsable”, a réagi la présidente slovaque Zuzana Caputova, dans un communiqué.Les dirigeants des institutions de l’Union européenne ont vivement réagi à la nouvelle.”Je condamne fermement l’attaque ignoble contre le Premier ministre Robert Fico. De tels actes de violence n’ont pas leur place dans notre société et sapent la démocratie, notre bien commun le plus précieux. Mes pensées vont vers le Premier ministre Fico et sa famille”, a écrit de son côté sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.”Rien ne peut jamais justifier la violence ni de telles attaques”, a aussi souligné le président du Conseil européen Charles Michel. La présidente du Parlement européen Roberta Metsola s’est également dite “choquée par l’horrible attaque” contre le dirigeant slovaque. “Au nom du Parlement européen, je condamne cet acte de violence”, a ajouté la responsable maltaise.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé l’attaque “épouvantable” contre le Premier ministre slovaque, un populiste ayant tenu des déclarations vues comme favorables à la Russie avant d’adopter un ton plus conciliant ces derniers mois. Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est pour sa part dit “bouleversé par le lâche attentat”. “La violence ne peut avoir sa place dans la politique européenne. En ces heures, mes pensées vont à Robert Fico, à la famille et aux citoyens slovaques”, a-t-il ajouté sur le réseau X.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/slovaquie-le-premier-ministre-robert-fico-blesse-par-balles-et-hospitalise-O2YK3IOMYRGQVJEQGTNUZU4ZAA/

Author :

Publish date : 2024-05-15 18:19:14

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Des “clusters de cancers pédiatriques” en France ? La réponse d’une spécialiste à Marie Toussaint

Marie Toussaint




Lundi 13 mai, sur le plateau de C à vous, Marie Toussaint, cheffe de file des Verts aux élections européennes, poussait un cri d’alarme : il y aurait, en France, de plus en plus de “clusters” de cancers pédiatriques, qui faucheraient des enfants d’ordinaire épargnés par cette maladie. La tête de liste des Ecologistes assurait y voir l’effet de polluants comme le glyphosate ou les PFAS, ou encore des OGM, qu’elle cherche à limiter dans l’Union européenne.Un “empoisonnement massif”, vraiment ? Voilà des années que le débat resurgit, au grand dam des spécialistes du sujet, comme Véronique Minard-Colin, oncologue à Gustave-Roussy, le premier centre européen de recherche, d’enseignement et de soins contre le cancer, et vice-présidente de la Société française de lutte contre les cancers et les leucémies de l’enfant et de l’adolescent (SFCE). Décryptage.L’Express : Les déclarations de Marie Toussaint ont provoqué l’ire des scientifiques. Contrairement à ce que l’on croit souvent, les polluants ont des effets modestes voire anodins sur notre santé ?Véronique Minard-Colin : Bien sûr que les polluants, comme les facteurs environnementaux, peuvent poser problème, pour diverses raisons. Mais, en tant que médecin et scientifique, il me faut rappeler ce que l’on sait, ce qui a été documenté par les études les plus sérieuses. Et ces travaux ne disent pas ce qui est régulièrement colporté sur le sujet…Que sait-on des “clusters” évoqués par Marie Toussaint ?Un cluster, c’est un regroupement de cas d’une même pathologie dans le temps et dans l’espace. Là, on parle de cancers pédiatriques, mais on entend souvent le terme pour les maladies infectieuses, comme le Covid-19. Ces cas sont signalés par les familles des malades, par les soignants, ou par des registres épidémiologiques.Quand un agrégat semble important, des enquêtes sont menées pour vérifier s’il s’agit simplement d’un hasard statistique ou si un facteur nouveau entre en jeu. Comme les cancers chez les enfants sont heureusement rarissimes, environ 2 300 cas par an sur l’ensemble du territoire, deux jeunes patients malades suffisent dans un même village pour qu’un signalement de suspicion soit effectué.Combien compte-t-on réellement de clusters de cancers de l’enfant en France ?A ma connaissance, il n’y a pas dix-neuf mais deux regroupements de cas de cancers pédiatriques considérés comme anormaux actuellement dans notre pays, un dans le Haut-Jura et un dans l’Eure. Un troisième, celui de Sainte-Pazanne, en Loire-Atlantique, a été récemment exclu de la liste après enquête. Il arrive en effet bien souvent que le terme ne tienne pas, pour diverses raisons, géographiques ou statistiques. Ces clusters ne semblent pas en augmentation.Ces regroupements de cas sont certes rares, mais ils n’en demeurent pas moins inquiétants. Comment les expliquer ?Après signalement, Santé publique France dépêche des équipes sur place pour analyser le sol, l’air et l’eau. Des chercheurs indépendants peuvent aussi mener des enquêtes de leur côté. A ce jour, aucun produit de l’environnement n’a été identifié comme étant la cause des cancers recensés. En réalité, on ne sait pas pourquoi ces clusters surviennent.Des travaux ont également été menés à l’étranger, mais, de la même façon, la plupart du temps, aucune cause n’est trouvée. Les clusters s’éteignent, puis réapparaissent à d’autres endroits. Un tel comportement laisse penser qu’il n’y a pas de facteur environnemental unique, comme une pollution aux pesticides, car, sinon, les regroupements seraient persistants et de plus en plus importants.L’environnement n’intervient pas du tout ?Il est toujours possible que l’environnement et les polluants aient leur part de responsabilité, dans certains cas. Simplement, à ce jour, les données des enquêtes épidémiologiques ne permettent pas de l’affirmer.Qu’est-ce qui entre en compte, d’ordinaire, dans la survenue de ces tumeurs, du moins les plus courantes ?On identifie un facteur génétique dans 10 à 15 % des cas. Pour le reste, des recherches sont en cours. Sur les gènes mutés en mosaïques par exemple. Ce sont codes génétiques différents que l’on a parfois dans certaines cellules. Sur le système immunitaire aussi. Durant les premières années de la vie, il est plus immature et plus tolérant. Cela permet d’éviter qu’il n’affronte celui de la mère durant la grossesse, mais cela pourrait aussi, dans certaines conditions, avoir un effet sur la manière dont le corps surveille le cancer.Des travaux sont aussi menés sur la division cellulaire. A cet âge, elle est très importante. Plus de divisions, cela veut dire plus de “copies” de cellules et donc plus de risques d’erreurs. C’est une hypothèse. Enfin, il y a bien sûr les études sur les facteurs environnementaux, qui ne sont pas menées que sur les clusters, mais sur tous les cancers pédiatriques.Aux Etats-Unis, certaines équipes se sont ainsi penchées sur les vaccins, ou sur le fait de visiter des fermes, par exemple. En réalité, ces deux éléments semblent plutôt protecteurs, probablement par “éducation” du système immunitaire. Un risque accru a pu en revanche être mis en lumière chez les enfants résidant à proximité de certaines routes. Mais ces résultats sont encore discutés et l’effet est très faible. Tout ceci pointe là encore vers une conjonction de facteurs. Sinon, nous aurions déjà trouvé.Vous ne citez pas les causes les plus courantes chez l’adulte, comme l’alcool ou le tabac…De nombreux confrères se sont penchés sur les principales causes chez l’adulte : alcool, tabac, soleil, obésité. Cela a été fait en France dans le cadre des projets ESTELLE et ESCALE. En réalité, ces causes ne pèsent pas vraiment dans la balance. Ce qui n’est pas étonnant, car on ne trouve pas chez l’enfant les mêmes cancers que chez l’adulte. Il n’y a quasiment pas de cancer du poumon, du sein ou de la peau, mais plutôt des leucémies, des lymphomes, des tumeurs cérébrales…Pas de causes claires, des pistes multiples… Pourquoi ces cancers sont-ils si mystérieux ?Le cancer pédiatrique est très particulier. D’abord, parce qu’il est rare, ce qui complique les recherches. Chaque cas est quasiment unique. C’est pour cela que la Société Française de lutte contre les Cancers de l’Enfant et de l’adolescent [SFCE] et l’Inca [l’Institut national du cancer] participent au “G7 cancer”, une coalition de sept pays qui vont se partager leurs données, afin de les compiler, dans l’espoir que cela puisse aider la science. Ensuite, parce que ces maladies interviennent à des stades très précoces de la vie, alors que normalement le cancer est une maladie du temps long. Ce qui implique, semble-t-il, des mécanismes complètement différents.Il existe en France un consortium de recherche appelée PEDIAC, regroupant onze des meilleures équipes de scientifique sur le sujet. Ces travaux doivent permettre de faire avancer la science sur l’origine et les causes des cancers pédiatriques. Poursuivons nos efforts : une fois ces mystères levés, les chances seront plus grandes de trouver les thérapies et les dépistages adaptés.Pourquoi y a-t-il tant de fausses informations sur ce sujet, selon vous ?C’est un sujet particulièrement sensible, un véritable cataclysme pour les familles. Chaque cas est un drame qu’il nous faut éviter. La première question que me posent les parents, c’est “pourquoi”. Pourquoi mon enfant ? C’est déchirant de ne pas pouvoir répondre. Je comprends que l’on cherche à tout prix des explications, quitte à piocher parmi des communications non scientifiques. Elles sont malheureusement très nombreuses.Vous dites aussi qu’il n’y a pas d’épidémie de cancer chez les enfants, comme on peut pourtant régulièrement l’entendre. Comment en être sûr, alors que l’Inca, l’instance qui se charge du sujet, ne publie pas de statistiques au-dessous de 40 ans ?Je vous assure que l’on compte très sérieusement chaque cas. Si l’Inca ne publie pas de statistique, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de surveillance. Nous avons un registre qui couvre l’ensemble du territoire et recense tous les cancers jusqu’à 18 ans. Il est dirigé par des scientifiques et compile de nombreuses sources, comme la Cnam, les hôpitaux et les relevés d’enquêteurs. Ces derniers assistent le personnel et sont présents à nos côtés. Il y en a deux rien qu’à Gustave-Roussy, dans mon service.Ce que montrent les données qui en ressortent, c’est qu’il n’y a pas d’augmentation massive des cas. En réalité la tendance est très stable depuis des dizaines d’années, en France et dans les autres pays industrialisés. Elle est aussi très surveillée : je ne pense pas que l’on puisse dire, comme c’est souvent affirmé, que l’Etat fasse l’autruche. En tout cas, personnellement, je n’ai aucune entrave de la sorte dans mes recherches.



Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/des-clusters-de-cancers-pediatriques-en-france-la-reponse-dune-specialiste-a-marie-toussaint-SQY7XSAXSVFYRNEDTWC5VTV3R4/

Author : Antoine Beau

Publish date : 2024-05-15 16:00:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Ukraine : la Russie revendique la conquête du village symbole de Robotyné

Des militaires ukrainiens sur une position dans la région de Zaporijjia, le 6 avril 2024




Jour après jour, Moscou pilonne le nord de l’Ukraine, et gagne du terrain. L’avancée russe est telle que l’armée ukrainienne a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir dû se replier dans certaines zones du front nord, dans la région de Kharkiv.Les infos à retenir⇒ La Russie revendique la conquête du village symbole de Robotyné dans le sud de l’Ukraine⇒ L’Ukraine envoie des renforts dans la région de Kharkiv⇒ L’armée ukrainienne se replie dans “certaines zones” du front nordLa Russie revendique la conquête du village symbole de Robotyné dans le sud de l’UkraineLa Russie a affirmé mercredi avoir repris le village complètement détruit de Robotyné, dans le sud Ukrainien, une localité symbolique car elle était l’une des rares conquêtes ukrainiennes lors de la contre-offensive de l’été 2023.Les troupes russes “ont entièrement libéré le village de Robotyné dans la région de Zaporijjia”, a indiqué le ministère russe de la Défense au sujet de cette localité reprise par l’Ukraine en août 2023 après une terrible bataille et où le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’était rendu en février 2024 pour soutenir ses troupes.L’Ukraine envoie des renforts dans la région de KharkivL’Ukraine a annoncé l’envoi de renforts dans la région de Kharkiv, au nord-est du pays, cible depuis une semaine d’un assaut des troupes russes. “Des forces supplémentaires sont déployées, des réserves sont disponibles”, a annoncé sur Facebook le porte-parole de Volodymyr Zelensky, Serguiï Nykyforov, à l’issue d’une réunion entre le président ukrainien et le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandre Syrsky.Le ministère russe de la Défense a de son côté revendiqué la prise de deux nouveaux villages dans le nord-est de l’Ukraine, alors que les forces ukrainiennes ont annoncé se replier dans la région. Les forces russes “ont libéré les localités de Glibokié et Loukiantsi dans la région de Kharkiv et ont également progressé en profondeur dans les défenses ennemies”, a affirmé l’armée russe dans un communiqué.Zelensky annule ses déplacements à l’étranger “des prochains jours”Le président ukrainien Volodymyr Zelensky annule tous ses déplacements à l’étranger “des prochains jours”, a annoncé ce mercredi son porte-parole Serguiï Nykyforov, sur fond d’une nouvelle offensive russe depuis une semaine dans la région de Kharkiv.”Volodymyr Zelensky a demandé que tous les événements internationaux prévus pour les prochains jours soient reportés et que les nouvelles dates soient fixées”, a indiqué Serguiï Nykyforov sur Facebook sans dire quels voyages étaient annulés. Le président ukrainien était notamment attendu à Madrid, selon le palais royal espagnol.Levée du rationnement de l’électricité dans plusieurs régionsAprès de longues coupures de courant dans la nuit de mardi à mercredi, qui avait conduit les opérateurs à restreindre l’accès à l’électricité, la levée du rationnement a été effectuée ce mercredi matin.Des bombardements russes ont endommagé des centrales mardi, ce qui les a rendues incapables de faire face à une chute des températures, avait annoncé la compagnie publique d’électricité Ukrenergo. “Entre 21 h 00 et 00 h 00 (entre 18 h 00 et 21 h 00 GMT, NDLR), Ukrenergo est obligée de procéder à des coupures d’urgence contrôlées dans toutes les régions d’Ukraine. La raison en est le manque sensible d’électricité dans le système après des frappes russes et une augmentation de la consommation à cause d’un coup de froid”, a-t-elle expliqué sur Telegram.La Russie dit avoir neutralisé 17 drones ukrainiens”Pendant la nuit, plusieurs tentatives du régime de Kiev de perpétrer des attaques terroristes […] contre des cibles sur le territoire russe ont été empêchées”, a indiqué le ministère de la Défense russe dans un communiqué. Les systèmes de défense antiaérienne russes ont notamment intercepté et détruit 17 drones aériens dans plusieurs régions frontalières de l’Ukraine, ainsi que dix missiles ATACMS au-dessus de la péninsule annexée de Crimée, selon la même source.Dans la région de Rostov, qui abrite le QG militaire de l’opération russe en Ukraine, deux drones ont visé un dépôt de carburant en provoquant des explosions, a indiqué sur Telegram le gouverneur local, Vassili Goloubev. L’attaque n’a pas provoqué d’incendie, “personne n’a été blessé”, a-t-il assuré.Poutine salue “le désir sincère” de Pékin d’aider la crise en UkraineLe président russe Vladimir Poutine a salué le “désir sincère” de Pékin d’œuvrer à la résolution de la crise ukrainienne, dans un entretien publié mercredi par un média d’État chinois avant sa visite en Chine. Le dirigeant russe doit arriver jeudi dans la capitale chinoise avec l’espoir d’obtenir de son “cher ami” et homologue Xi Jinping un plus net soutien à son effort de guerre en Ukraine.”Nous saluons l’approche adoptée par la Chine pour résoudre la crise en Ukraine”, a déclaré Vladimir Poutine lors d’un entretien accordé à l’agence de presse étatique Chine nouvelle à Moscou. “Pékin est bien conscient des causes profondes de la crise et de son importance géopolitique mondiale”, a poursuivi le président russe, qui fait notamment référence à un document en 12 points publié par la Chine en février 2023 pour expliquer sa position sur le conflit.La Russie toujours en croissance, tandis que la guerre à Gaza pèse sur les pays voisinsL’économie russe s’est montrée plus résiliente que prévu et continuera à croître cette année malgré les sanctions occidentales, tandis que la guerre à Gaza pèse sur les pays de la région, selon de nouvelles prévisions de la Berd parues mercredi. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), qui tient son assemblée annuelle à Erevan en Arménie jusqu’à jeudi, a publié de nouvelles prévisions de croissance pour l’ensemble des régions qu’elle couvre.”Je pense qu’il était irréaliste de s’attendre à ce que des sanctions contre la Russie conduisent à une crise économique et financière profonde, comme beaucoup l’espéraient”, a commenté auprès de l’AFP Beata Javorcik, cheffe économiste de la Berd. La Russie, qui a connu une croissance économique de 3,6 % l’an dernier, devrait enregistrer une hausse de 2,5 % de son produit intérieur brut (PIB) cette année, soit 1,5 point de plus que prévu en septembre, d’après les dernières projections de la Berd. L’économie russe est désormais revenue au-dessus des niveaux d’avant la guerre en Ukraine.Le nouveau ministre russe de la Défense veut la victoire en Ukraine, avec des “pertes minimales”Le nouveau ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, un économiste sans expérience militaire, a dit mardi vouloir moderniser les forces armées et remporter la victoire en Ukraine avec des “pertes humaines minimales”. “L’objectif-clef de l’opération militaire spéciale (en Ukraine) est bien sûr de parvenir à la victoire […] et cela avec des pertes humaines minimales”, a-t-il déclaré, sans préciser quel niveau de pertes serait acceptable et alors que la Russie ne révèle pas le nombre de ses morts et de ses blessés. Mardi, M. Belooussov, dont le président Vladimir Poutine a confirmé le même jour par décret la nomination, a insisté sur le fait qu’il voulait “optimiser” les dépenses militaires.Depuis le début de l’assaut contre l’Ukraine, en février 2022, de nombreux experts parlent de plusieurs dizaines de milliers de soldats russes tués. La BBC et le média indépendant Mediazona affirment pour leur part avoir vérifié la mort d’au moins 50 000 militaires russes.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-larmee-annonce-se-replier-dans-certaines-zones-du-front-nord-HYKB5W4CZFHOVG7ZL4ZBBP6GNI/

Author :

Publish date : 2024-05-15 10:44:15

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Violences en Nouvelle-Calédonie : un mort et “des centaines” de blessés… Les dernières infos

De la fumée à Nouméa après des violences, le 14 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie




Malgré la mise en place d’un couvre-feu, Nouméa s’est réveillé ce matin avec des rues saccagées, des commerces brûlés et pillés. Une personne est décédée par balle durant cette nuit de violences. “Des trois blessés admis aux urgences, il y en a un qui est mort, victime d’un tir par balle. Pas d’un tir de la police ou de la gendarmerie, mais de quelqu’un qui a certainement voulu se défendre”, a déclaré le Haut-Commissariat de la République devant la presse, sans donner d’autres détails.Au terme de la nuit, le représentant de l’Etat dans l’archipel français du Pacifique Sud a fait état de “graves troubles à l’ordre public […] toujours en cours”, dont de “nombreux incendies et pillages de commerces et d’établissements publics” et annoncé plus de 130 interpellations depuis le début des violences, les plus graves depuis celles, meurtrières, des années 1980. “Plusieurs dizaines d’émeutiers ont été placés en garde à vue et seront présentés à la justice”, a précisé le Haut-commissariat de la République dans un communiqué.En outre, “une soixantaine de blessés sont à déplorer parmi les forces de l’ordre”, précise-t-il affirmant qu’une “nouvelle rébellion avec tentative d’évasion s’est déroulée au centre pénitentiaire de Nouméa.” Un bilan plus précis a été livré ce matin par le ministre de l’Intérieur et des Outre-Mer Gérald Darmanin, affirmant des “centaines” de personnes ont été blessées, dont une “centaine” de policiers et gendarmes, a-t-il déclaré sur RTL. Les “circonstances” dans lesquelles une personne a été tuée par balles dans la nuit de mardi à mercredi restent à “préciser”, a ajouté le ministre. Des “dizaines” de “maisons, d’entreprises” ont été brûlées, a-t-il également annoncé.#NouvelleCalédonie : “Le couvre-feu sera maintenu. Un appel au calme dans les minutes qui viennent par des responsables politiques, notamment indépendantistes, c’est heureux”@GDarmanin dans #RTLMatin avec @amandine_begot pic.twitter.com/JIs7tVoPXZ— RTL France (@RTLFrance) May 15, 2024La tension est telle que dans un courrier adressé au président de la République, la présidente de la province sud de l’archipel, Sonia Backès, réclame la mise en place de l’état d’urgence, “notamment en engageant l’armée aux côtés des forces de police et de gendarmerie”. “Nous sommes en état de guerre civile”, a-t-elle déploré.Elargissement du corps électoralA des milliers de kilomètres de là, en métropole, à Paris, l’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mardi à mercredi par 351 voix contre 153 le texte qui élargit le corps électoral. C’est le texte qui a ravivé les tensions. La réforme devra encore réunir les trois cinquièmes des voix des parlementaires réunis en Congrès à Versailles. Dans un courrier adressé mercredi aux représentants calédoniens condamnant des violences “indigne(s)” et appelant au “calme”, Emmanuel Macron a précisé que le Congrès se réunirait “avant la fin juin”, à moins qu’indépendantistes et loyalistes ne se mettent d’accord d’ici là sur un texte plus global.Le projet de loi constitutionnelle vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, cruciales dans l’archipel. Mais les partisans de l’indépendance jugent que ce dégel risque de “minoriser encore plus le peuple autochtone kanak”. Devant la presse, le président indépendantiste du gouvernement du territoire, Louis Mapou, a “pris acte” de la réforme votée à Paris mais déploré une “démarche qui impacte lourdement notre capacité à mener les affaires de la Nouvelle-Calédonie”.Appels au calmeDans un communiqué publié sur Facebook et relayé par nos confrères de La1ère, le FLNKS, parti indépendantiste, lance “un appel à l’apaisement”. Il demande la “levée des barrages pour permettre le libre accès de la population aux produits, services et besoins de première nécessité”. Le président Emmanuel Macron a également appelé au calme, condamnant des “violences indignes”.Mercredi matin, faute d’approvisionnement des commerces, les pénuries alimentaires ont provoqué de très longues files d’attente devant les magasins. Certains à Nouméa étaient pris d’assaut, d’autres étaient quasiment vides, n’ayant plus de pain ni de riz à vendre. Dans un bilan provisoire rendu public mardi, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin a fait état de “plus de 70 policiers et gendarmes blessés” dans les violences. Et “80 chefs d’entreprises ont vu leur outil de production brûlé ou détruit”, a-t-il précisé devant l’Assemblée mardi.Les premières altercations entre manifestants et forces de l’ordre avaient commencé dans la journée de lundi, en marge d’une mobilisation indépendantiste contre la réforme constitutionnelle. Dans la crainte d’un enlisement, des éléments du GIGN, du RAID (son équivalent pour la police), quatre escadrons de gendarmes mobiles et deux sections de la CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, ont été mobilisés.



Source link : https://www.lexpress.fr/societe/violences-en-nouvelle-caledonie-un-mort-et-des-centaines-de-blesses-les-dernieres-infos-DJEECJRADBAQNNEMHU23Z6U4X4/

Author :

Publish date : 2024-05-15 06:27:20

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

“Empêcher un prochain 7 octobre” : comment le deuil unit familles israéliennes et palestiniennes

Les animateurs de la cérémonie à Givat Haviva, rassemblant des familles israéliennes et palestiniennes endeuillées par le conflit.




L’une, Michal Halev, originaire de la localité bucolique de Pardès Hanna en Israël et expatriée dans le New Jersey, a perdu Laor, son fils unique de 20 ans, tué lors du festival de musique Tribe of Nova le 7 octobre. L’autre, Ahmed Helou, originaire de Gaza, élevé en Cisjordanie et père de quatre enfants, déplore la mort de près de soixante membres de sa famille élargie dans l’enclave palestinienne depuis le début de la riposte militaire israélienne. Tous deux se sont retrouvés par écrans interposés ce 12 mai à l’occasion du “Jour du Souvenir”, un hommage national aux soldats tombés au front et aux victimes du terrorisme.L’événement qui rassemble Michal et Ahmed ce dimanche est organisé chaque année par le Cercle des Parents, un forum regroupant quelque 700 membres de familles palestiniennes et israéliennes endeuillées, qui ont toutes perdu un être cher dans ce conflit entre deux peuples.Depuis 19 ans, ce rassemblement, critiqué par certains, s’est ancré dans le paysage mémoriel des deux sociétés civiles et se tient en présentiel à Tel Aviv. En 2018, le grand écrivain David Grossman, dont le fils a été tué au combat lors de la seconde guerre du Liban, en était le principal orateur. “Personne ne peut donner des leçons à l’autre en matière de deuil. S’il vous plaît, respectez notre choix”, avait-il alors déclaré, suite aux tentatives de plusieurs dizaines de militants de la droite radicale de troubler la cérémonie, protégée par les forces de l’ordre.”Pertes abyssales”Mais à la suite de la tragédie du 7 octobre, dans un contexte de guerre de longue durée et de traumatisme inégalé, des changements se sont imposés cette année. “Nous avons décidé d’organiser cette cérémonie uniquement en ligne : il y a tant de souffrance et de pertes abyssales des deux côtés”, explique Robi Damelin, la porte-parole du Cercle des Parents. Celle qui porte le deuil de son fils David, abattu en 2002 par un sniper palestinien, évoque les restrictions de mouvements subies par les Palestiniens de Cisjordanie depuis le début des violences, qui n’auraient pu obtenir les permis pour se rendre à l’événement dédié cette année “aux enfants dans la guerre”.Alors que l’an passé, la cérémonie conjointe avait attiré quelque 15 000 participants et avait été visionnée par près de 200 000 internautes du monde entier,elle s’est cette fois-ci déroulée en petit comité dans le centre éducatif de Givat Haviva, et a été pré-enregistrée le 8 mai à l’abri des regards.Dans l’auditorium, près de 250 personnes ont écouté, pendant une heure et demie, en essuyant des larmes, les récits des proches des victimes des deux côtés du conflit. Face à cette assistance, les intervenants palestiniens sont apparus sur un grand écran, tandis que les allocutions en hébreu et en arabe étaient entrecoupées de performances musicales d’artistes issues des deux communautés.A l’ombre de cette double tragédie, les voix du deuil individuel peuvent-elles aider à réamorcer un dialogue, une empathie mutuelle, et générer un quelconque espoir permettant de briser ce cycle infernal ? Pour le public de Givat Haviva, c’est une certitude. “Je ne suis pas une activiste, il m’importe que ma douleur personnelle puisse contribuer à un processus guérison collective. Mais pour moi, l’esprit de vengeance est une histoire qui ne marche pas”, nous confie Michal Halev, la mère de Laor, tué par le Hamas le 7 octobre alors qu’il commençait à travailler aux platines sur les traces de son père, un DJ très connu en Israël.”Mon grand-père paternel a péri pendant la Guerre d’Indépendance [en 1948], poursuit cette brunette de 47 ans aux allures d’étudiante, qui n’a pas pu reprendre son activité de thérapeute depuis sept mois. Sa première épouse a été tuée dans un attentat à l’aéroport de Ben Gourion en 1972, nous sommes la troisième génération de familles endeuillées et nous ne sommes pas les seules. Nous payons des deux côtés un prix exorbitant. Il n’y a pas de gagnants dans une guerre.”Son homologue palestinien Ahmed Helou, 52 ans, a participé à ce moment de recueillement depuis Jéricho, en Cisjordanie. Lui affiche un tout autre parcours. “À l’âge de 15 ans, j’ai voulu combattre l’occupation, nous raconte-t-il au téléphone. J’ai rejoint le mouvement local du Hamas, jeté des pierres et fabriqué des drapeaux – à cette époque, le drapeau palestinien était illégal. En 1992, j’ai été condamné à sept mois de prison militaire israélienne en tant que détenu politique.”Incarcéré pendant les accords d’Oslo (signés en septembre 1993), Ahmed Helou découvre qu’il existe une autre voie, participe à plusieurs séminaires avec des Israéliens, et rejoint les Combattants pour la paix, une plate-forme composée d’anciens militaires et de prisonniers palestiniens qui ont déposé les armes et œuvrent chaque jour pour une fin pacifique du conflit.Entre 1998 et 2021, Ahmed n’a réussi à se déplacer que deux fois à Gaza City, notamment pour rendre visite à sa sœur malade, que sa famille tente toujours de faire évacuer. Depuis le 7 octobre, malgré son chagrin et sa frustration, Ahmed Helou n’a pas renoncé à ses convictions, même si elles le placent dans une position encore plus difficile. “Les relations que j’entretiens avec des Israéliens juifs font grincer des dents dans mon environnement, dit-il. Mais je reste optimiste, je crois à la non-violence : nous pouvons vivre sur cette terre, égaux et en sécurité.”Fin d’un “coma politique”Invité à s’exprimer à Givat Haviva, Yonatan Zeigen, le fils de la militante pour la paix Viviane Silver, assassinée par le Hamas le 7 octobre dans son kibboutz de Be’eri, illustre un autre type d’engagement. L’histoire de son activisme reflète celle de toute la constellation des associations qui œuvrent pour le dialogue civil israélo-palestinien. Marchant sur les traces de sa mère, il milite à l’âge de 20 ans dans le quartier de Jérusalem-Est, Sheikh Jarrah, fait du bénévolat auprès des “Rabbins pour les droits de l’homme”, s’implique au sein des “Combattants pour la paix”, admire l’avocat Michael Sfard, spécialisé dans la défense des résidents palestiniens.”J’ai choisi d’étudier le droit, mais j’ai eu des enfants, la paix s’est évaporée puis j’ai sombré dans un coma politique”, confesse Yonatan Zeigen, qui a aussi participé aux activités du Cercle des Parents. “Cette fois, je suis vraiment endeuillé, glisse-t-il. Je m’attaque à la faute commise. Si à l’instar de ma mère, tout le monde s’était engagé dans une activité pacifiste, avant d’être frappé par le sort de manière personnelle, nous ne serions peut-être pas arrivés au 7 octobre. Malheureusement, il ne nous reste plus qu’à essayer d’empêcher un prochain 7 octobre. Je refuse d’accepter l’idée selon laquelle la perte que j’ai subie serait partie intégrante d’un conflit qui ne pourrait pas être résolu pacifiquement.”Viviane Silver faisait notamment partie de l’association Road to Recovery (R2R), grâce à laquelle des bénévoles israéliens se chargent d’accompagner des malades palestiniens vers des hôpitaux de l’Etat hébreu. “Depuis le 7 octobre, nous ne pouvons plus conduire des patients venant de Gaza”, précise son fondateur, Yuval Roth, après avoir assisté à la cérémonie alternative du Jour du Souvenir. Ebéniste et jongleur, ce septuagénaire a rejoint le Cercle des parents endeuillés après avoir perdu son frère Udi, tué en octobre 1993 au retour d’une mission effectuée comme réserviste dans la bande de Gaza. “Cette horreur va peut-être déboucher sur quelque chose de nouveau, dans l’activisme civil et aussi sur le plan politique, si un leader avec une réelle vision peut émerger. Il nous faut de nouvelles voix”, ajoute l’initiateur de l’association R2R, qui compte huit victimes – tuées ou kidnappées le 7 octobre – dans ses rangs.Autre motif d’espoir pour Yuval Roth : les Arabes d’Israël (20 % de la population) n’ont pas lâché les juifs pendant ces terribles évènements. Bien au contraire. Résident de Saint Jean D’Acre, et ex-cadre supérieur d’Apple, Loui Haj s’est ainsi fait un point d’honneur à faire le déplacement pour la cérémonie conjointe. Les poèmes rédigés en anglais sur son compte Facebook depuis le 7 octobre ont apporté un peu de consolation à de nombreux endeuillés, et lui ont valu cette invitation. Son dernier aphorisme, posté le 12 mai, fait directement référence au Jour du Souvenir, veille du 76e anniversaire de l’indépendance de l’Etat d’Israël, qui ne peut guère cette année être célébré dans la joie : “Honorer les morts en défendant la paix, transformer leurs sacrifices en fondement d’un avenir meilleur”.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/empecher-un-prochain-7-octobre-comment-le-deuil-unit-familles-israeliennes-et-palestiniennes-LAEIF3IBNZCCLIUWL23VU65NXY/

Author :

Publish date : 2024-05-14 17:09:46

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Géorgie : des manifestations d’ampleur après l’adoption de la loi sur “l’influence étrangère”

Un manifestant brandit le drapeau de la Géorgie lors d'un rassemblement contre le projet de loi controversé sur "l'influence étrangère" à Tbilissi le 14 mai 2024.




Des milliers de Géorgiens ont manifesté ce mardi après l’adoption par le Parlement d’un projet de loi controversé sur l'”influence étrangère”, inspiré d’une loi russe. Lors d’un examen en troisième et dernière lecture, les députés ont voté à 84 voix “pour” et à 30 voix “contre”, selon des images retransmises par la télévision publique.La répression policière s’est tout de suite fait ressentir dans la capitale, Tblissi. Treize manifestants ont été arrêtés “après avoir désobéi aux ordres de la police”, selon le ministère de l’Intérieur. L’épouse de l’activiste David Katsarava a assuré que son mari avait été passé à tabac par la police après son arrestation. Signe de la tension ambiante, des élus de la majorité et de l’opposition se sont brièvement affrontés à coups de poing lors des débats. Des bagarres similaires s’étaient déjà produites ces dernières semaines.Devant le Parlement, environ 2 000 manifestants étaient rassemblées en fin d’après-midi encadrés par une importante présence policière, selon une correspondante de l’AFP sur place. Les protestations contre ce texte, qui cible des médias et ONG recevant des fonds étrangers, durent depuis plus d’un mois.”Ils essaient de renier les dernières 30 années”La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili, pro-européenne et ancienne diplomate française en conflit ouvert avec le gouvernement, devrait mettre son veto au texte, mais le parti au pouvoir “Rêve géorgien” assure avoir assez de voix pour passer outre. “Nous manifesterons jusqu’à ce que ce gouvernement russe quitte notre pays !”, a juré Salomé, une manifestante de 20 ans, juste après le vote. “Ils essaient de renier les dernières 30 années”, soit le chemin parcouru depuis la chute de l’URSS, s’agaçait plus tôt dans la foule de manifestants Mariam Javakhichvili, 34 ans.Ses détracteurs ont surnommé ce texte “loi russe” en raison de sa similitude avec une législation adoptée en Russie pour réprimer l’opposition. La référence est sensible en Géorgie, pays qui balance entre les sphères d’influence russe et européenne et a été envahi par Moscou lors d’une intervention militaire en 2008. Alors que les forces de l’ordre ont, lors de certains rassemblements, utilisé des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, l’adoption du projet de loi pourrait entraîner de nouveaux heurts.”Obstacle” vers l’UEEn 2023, les manifestations massives avaient forcé “Rêve géorgien” à abandonner une première mouture de ce texte. Mais, cette fois, les députés de la majorité sont passés outre les protestations. Peu avant le vote, un porte-parole de l’UE a réaffirmé que l’adoption de ce texte constituerait pourtant un “grave obstacle” sur la voie de l’adhésion du pays à l’Union européenne.Un secrétaire d’Etat adjoint américain, James O’Brien, a rencontré mardi à Tbilissi le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidzé. Le cabinet de ce dernier a affirmé que les deux responsables s’étaient dits “inquiets” des “processus” à l’oeuvre dans le pays ces dernières années. “Nous estimons que le gouvernement géorgien doit changer de trajectoire par rapport à celle qu’il suit actuellement”, a ajouté en fin de journée le porte-parole du département d’Etat américain Vedant Patel, lors d’un point de presse.Au Royaume-Uni, la secrétaire d’Etat chargée de l’Europe Nusrat Ghani a quant à elle appelé le gouvernement géorgien à “retirer cette législation”. “Ce projet de loi et les intimidations coordonnées de manifestants l’accompagnant ne correspondent pas aux valeurs démocratiques d’un pays aspirant à rejoindre l’Otan”, a-t-elle affirmé, citée dans un communiqué du gouvernement. Le ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis a lui affirméce mardi à l’AFP qu’il allait se rendre en Géorgie avec ses homologues islandais, estonien et letton pour exprimer leurs “inquiétudes aux responsables politiques”.Le “dirigeant de l’ombre”La loi doit imposer à toute ONG ou média recevant plus de 20% de son financement de l’étranger de s’enregistrer en tant qu'”organisation poursuivant les intérêts d’une puissance étrangère”. Le gouvernement assure qu’elle vise simplement à obliger les organisations à faire preuve de davantage de “transparence” sur leurs financements. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui salué “la ferme volonté des dirigeants géorgiens de protéger leur pays contre toute ingérence flagrante”.La controverse autour de ce texte met aussi en lumière l’influence de Bidzina Ivanichvili, homme d’affaires richissime perçu comme le dirigeant de l’ombre de la Géorgie. Premier ministre de 2012 à 2013 et aujourd’hui président honoraire du “Rêve géorgien”, il est soupçonné de proximité avec la Russie, pays où il a fait fortune. Même s’il assure vouloir faire entrer la Géorgie dans l’UE, il a récemment fait des déclarations hostiles à l’Occident et voit les ONG comme un ennemi de l’intérieur. Le moment est particulièrement sensible en Géorgie, où se tiendront en octobre des élections législatives.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/georgie-le-parlement-adopte-la-loi-controversee-sur-linfluence-etrangere-MDJP7O7G6JE2JF2LFIBC5DMSJI/

Author :

Publish date : 2024-05-14 17:48:37

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

“Liste noire” du cinéma français… L’inquiétant succès de la rumeur de Cannes, par Gérald Bronner

Tapis rouge à Cannes le 20 mai 2023




Tout le monde connaît la rumeur d’Orléans qui s’est développée en 1969 et diffusait le récit antisémite d’enlèvements de femmes dans les magasins de vêtements de la ville sur fond de traite des blanches. Elle est connue notamment parce qu’elle a donné lieu à une étude menée par Edgar Morin et son équipe qui fut publiée la même année avec un succès retentissant. Il n’est pas certain que le récit qu’on pourrait appeler “rumeur de Cannes” aura le même succès. Pourtant, la 77e édition du célèbre festival a été précédée d’un vent de panique dont les médias se sont fait l’écho. De quoi s’agit-il ? Une liste de professionnels du cinéma français – dix hommes – s’est diffusée sur les réseaux sociaux assortie d’un avertissement : ces personnes se verront accusées d’être des agresseurs sexuels au cours du festival. Il faut être prudent car, à l’heure où j’écris ces lignes, nul ne sait encore si ce récit aura le moindre fondement. Il se pourrait qu’il soit partiellement ou entièrement vrai… ou totalement faux. D’autant que le site d’investigation Mediapart a formellement démenti détenir une liste d’auteurs présumés d’agressions appartenant au milieu du cinéma.En réalité, le statut de rumeur est bel et bien constitué car, ce qui autorise cette qualification, ce n’est pas tant la vérité d’un récit que la façon dont l’information se produit et s’adosse, au moment de sa diffusion, à une incertitude.Marché cognitif secondaireIndépendamment de sa véracité, on peut s’interroger sur le succès de cette histoire qui dit beaucoup de l’ambiance qui règne sur le débat public. Avant d’intéresser Edgar Morin, le phénomène a suscité des travaux de deux psychologues américains à la fin des années 1940 : Gordon Allport et Leo Postman. En se fondant sur la diffusion orale d’une information, ils remarquèrent qu’elle se simplifiait rapidement et se déformait en mobilisant des éléments stéréotypés. À cette époque, la rumeur existait sur un marché cognitif qu’on pourrait dire secondaire, il était rare qu’elle accède au marché premier – c’est-à-dire celui des médias conventionnels. Il existe de nombreux contre-exemples à ce constat mais du moins jusqu’à récemment dans notre histoire commune, le mur qui séparait ce marché cognitif secondaire du traitement professionnel de l’information tenait bon. La dérégulation que les mondes numériques ont opérée rende ce mur plus poreux que jamais. C’est d’autant plus vrai que la rumeur de Cannes a une certaine crédibilité. D’abord parce qu’elle est “préparée” narrativement par des affaires récentes qui impliquent des grands du cinéma français : Gérard Depardieu, Benoît Jacquot, Jacques Doillon, Philippe Garrel…Ensuite, parce qu’elle touche un événement vers lequel des millions de regards vont se tourner. Ainsi, il faut s’attendre désormais à ce que toute manifestation de cette envergure soit précédée d’infox (que l’on songe aux J.O. par exemple). Celles-ci sont généralement négatives car, tous les travaux scientifiques sur la question le montrent, ces récits douteux sont statistiquement fondés sur des thématiques qui inquiètent et interpellent par les passions tristes qu’elles convoquent.Affaiblissement de la crédibilité des victimesEnfin, la crédibilité de cette rumeur tient aussi par l’équilibre entre des éléments intuitifs et contre-intuitifs qui la composent. En ce qui concerne les éléments intuitifs, nous avons vu que le récit était narrativement préparé. En revanche, certains noms figurant sur cette liste surprennent tant ils impliquent des personnages dont l’image publique est orthogonale à de telles accusations. Bien entendu, l’opinion positive dont ils bénéficient ne les innocente pas du tout a priori, j’entends seulement que ces éléments créent une surprise propre à capter notre attention.Le plus inquiétant dans cette histoire est qu’elle fut relayée à la fois par des sites conspirationnistes et par des médias conventionnels. Ce mariage de la carpe et du lapin n’est pas inédit mais la dépendance des médias traditionnels aux mondes numériques fait craindre qu’elle se reproduise de plus en plus fréquemment. L’un des effets négatifs de cette rumeur, si elle se révèle infondée, pourrait être un affaiblissement de la crédibilité des victimes. De même que la multiplication des images créées par l’IA risque de favoriser un scepticisme généralisé, les légendes urbaines peuvent affecter notre capacité à nous mobiliser pour des causes justes.



Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/liste-noire-du-cinema-francais-linquietant-succes-de-la-rumeur-de-cannes-par-gerald-bronner-I7SHMVXFAZAYLPMECOSUGU672I/

Author : Gérald Bronner

Publish date : 2024-05-14 16:57:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

Arrêts de travail “autodéclarés” : pourquoi l’idée fait polémique

Face à l'explosion du coût des arrêts maladie, le gouvernement veut ainsi renforcer les pouvoirs de contrôle de l'assurance maladie




C’est une mesure qui refait surface depuis quelques années. Dans un rapport critique sur la politique de lutte contre les déserts médicaux, publié lundi 13 mai, la Cour des comptes suggère aux responsables politiques d’”explorer” l’idée de supprimer les certificats médicaux pour les arrêts de travail de “très courte durée”.En pratique, cela signifie que les patients pourraient déclarer eux-mêmes leurs arrêts de travail. Selon le rapport, la procédure permettrait aux médecins de perdre moins de temps, en se concentrant sur les patients qui ont le plus besoin de soin.Interrogé mardi matin sur TF1, le ministre délégué à la Santé Frédéric Valletoux a dit vouloir “ouvrir [ce sujet] avec les employeurs”. “Il faut, avec les réseaux patronaux, discuter de la faisabilité de cette mesure, qui permettrait de libérer du temps médical”, a-t-il déclaré. “La question est effectivement de voir son encadrement et veiller à ce que ce ne soit pas une nouvelle filière d’abus, c’est un équilibre à trouver, mais en tout cas la mesure mérite d’être discutée” et “on va la regarder de près”, a-t-il insisté.Pas une idée nouvelleS’agit-il d’un changement de paradigme ? L’année dernière, en juin 2023, dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels de santé par la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux s’était clairement opposé à une proposition donnant la possibilité aux patients de s’autodéclarer pour des arrêts de moins de trois jours. L’amendement, qui visait à “libérer du temps médical”, n’avait ainsi pas été retenu par les députés.”On peut penser que libérer du temps médical pour ce type d’arrêts de travail c’est quelque chose de positif et que ça n’a pas de conséquence. Mais il faut prendre en compte que supprimer la nécessité d’un certificat médical pour les arrêts de travail autodéclarés remet en question un certain équilibre trouvé entre les salariés, la Sécurité sociale et les employeurs”, avait-il considéré.Les arrêts de travail autodéclarés ne sont pas un fait nouveau et ont même déjà été utilisés. Pendant l’épidémie de Covid-19, la mesure avait été brièvement mise en place pour que les personnes symptomatiques ou contact s’isolent au plus vite, pour éviter les contaminations au travail. Une liste des maladies ouvrant droit à s’autodéclarer en arrêt de travail avait même été précisée par l’Assurance maladie sur la base de recommandations établies en premier lieu par le Haut Conseil de la santé publique.L’exemple du Royaume-Uni, du Québec et du Portugal”Ça existe ailleurs et cela marche”, a souligné lundi le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. “Dans le paysage français cela paraît surprenant, mais ce principe d’autodéclaration des arrêts de courte durée est en vigueur depuis de nombreuses années dans plusieurs pays proches”, a-t-il ajouté. “Il va de soi qu’un tel dispositif ne peut être mis en place sans un système de régulation”, s’est toutefois empressé de préciser le premier président de la Cour.En effet, au Royaume-Uni par exemple, la procédure d’autocertification pour les arrêts de moins de sept jours, généralisée en 1985, est aujourd’hui “utilisée en routine” via un simple formulaire à remplir. Le salarié “pouvant être rémunéré pour ses jours d’absence au-delà de trois jours”, observe la Cour dans son rapport.Depuis avril 2023, le Portugal a lui aussi adopté la mesure. Les Portugais peuvent ainsi déclarer un arrêt de travail jusqu’à trois jours, sur simple “autodéclaration” de maladie par Internet ou téléphone. La mesure n’impliquerait aucun coût pour l’Etat ou l’employeur, puisque la durée maximale de l’arrêt correspond au délai de carence pendant lequel le salarié n’est pas rémunéré par la Sécurité sociale, selon le ministère portugais de la Santé.En France, le sujet reste néanmoins sujet à de nombreux débats, plus ou moins houleux. “On est en train de tuer son chien en disant qu’il a la rage, en démolissant la médecine générale et le vrai rôle qu’est la médecine de premier recours”, a réagi auprès de Franceinfo Didier Simon, délégué général du syndicat des Médecins généralistes de France.



Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/arrets-de-travail-autodeclares-pourquoi-lidee-fait-polemique-7SRX2IXAQZGYZIU5V4E377NSTA/

Author :

Publish date : 2024-05-14 11:30:27

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more

“Quelle place pour les peuples tibétain et ouïghour ?” : nos lecteurs réagissent à l’actualité

Selon l'un de nos lecteurs, les droits de l'homme n'ont pas pesé lourd face aux enjeux économiques  lors de la visite en France du président chinois (ici, Emmanuel Macron et Xi Jinping à l'Elysée, le 6 mai).




Et le Tibet ?Bruno Lonchampt, Dole (Jura)La France, considérée comme une démocratie libre, terre de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, a donc reçu le président chinois. Quelle place a été laissée aux peuples colonisés tibétain et ouïghour, dont les civilisations vivent une lente et longue agonie ? La France fête soixante années de relations diplomatiques avec la Chine. Que pèsent les peuples face aux enjeux économiques, industriels et commerciaux ? (Face à Xi Jinping, Macron reproduit-il la même erreur qu’avec Poutine ?, sur lexpress.fr).Livres : les méfaits du parisianismeJacques Brachat,Saintry-sur-Seine (Essonne)Le patron d’Amazon nous l’explique : plus de 90 % des 35 000 communes françaises n’ont pas de librairie quand Paris concentre 20 % de ce commerce, avec 3 % de la population. Pour autant, le numérique reste tenu à l’écart des politiques publiques culturelles (quand il n’est pas surtaxé). Alors qu’envoyer un livre de 500 grammes à Londres coûte 1,67 euro, il faut débourser 6,30 euros chez nous. Pendant ce temps, les commentateurs des pages littéraires versent des larmes de crocodile sur le peu d’attrait de la lecture chez les jeunes… Le caractère ubuesque, obsolète, anti-économique et finalement anti-culturel de l’organisation de la lecture en France fournit le meilleur exemple de l’ignorance crasse d’un certain “microcosme” parisien, persuadé que Paris est la France. (Livres : le vrai coût des frais de port obligatoires, par Frédéric Duval (Amazon), L’Express du 25 avril).Glucksmann : une expulsion symboliqueAdriana Quijoux, Triel-sur-Seine (Yvelines)Raphaël Glucksmann, républicain modéré, démocrate humaniste et Européen convaincu, a donc été hué et chassé à coups d’insultes et de peinture lors d’une manifestation le 1er mai à Saint-Etienne par des extrémistes de gauche, LFI en tête… Hier, dans les défilés, on refoulait le fasciste, le casseur, le faiseur de chaos ; aujourd’hui, on fait fuir l’essayiste, le philosophe, le libre-penseur. Que se passe-t-il ? Cet “incident” n’est pas, à mon sens, un simple débordement, mais un acte grave, une véritable entrave à la liberté d’expression, un acte semblable à ceux que l’on peut voir dans les pires dictatures. (1er mai : Raphaël Glucksmann empêché de rejoindre le cortège à Saint-Etienne après des jets de peinture, sur lexpress.fr).Matisse : n’inversons pas les rôles !Sarah Olivier, Bordeaux (Gironde)Quand une femme est victime d’un viol, les misogynes les plus odieux laissent entendre qu’elle avait provoqué son agresseur. Cette pratique immonde est encore à l’œuvre à la suite de l’assassinat du jeune Matisse. Les récurrentes logorrhées sur une prétendue “récupération” dénotent un cynisme et une absence d’empathie qui font froid dans le dos. C’est en outre une effarante inversion des rôles. Il s’agit également d’un effondrement humain et moral, d’une déshumanisation de la classe dirigeante et d’une inhumanité érigée en politique. (Meurtre de Matisse : 8 000 personnes à la marche blanche à Châteauroux, sur lexpress.fr).Foucault, précurseur du wokismeDenis Malgrange, Limay (Yvelines)Vous semblez vous étonner de ce que Michel Foucault reste plus populaire au sein des universités américaines qu’en France. C’est votre étonnement qui m’étonne… En effet, par sa défense intransigeante de toutes les minorités, toutes victimes du même oppresseur capitaliste-impérialiste-mâle-blanc-occidental, Foucault a été un précurseur de l’idéologie woke. Par sa fascination pour la révolution iranienne – car l’ennemi de mon ennemi ne peut pas être entièrement mauvais –, il a également été le père fondateur de l’islamo-gauchisme. Comment s’étonner dès lors que les campus nord-américains, où ces idéologies croissent et embellissent, lui rendent hommage ? (Les Américains auraient-ils mieux compris la pensée de Foucault que les Français ?, L’Express du 25 avril).



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/quelle-place-pour-les-peuples-tibetain-et-ouighour-nos-lecteurs-reagissent-a-lactualite-Y36GLBVW35EF5C4BGSMGQJTKUA/

Author :

Publish date : 2024-05-14 07:32:10

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
1 2 3 4 5 139
Page 3 of 139

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .