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LSD, Greta Thunberg… l’interview malaisante d’Alain Finkielkraut sur France inter

LSD, Greta Thunberg… l’interview malaisante d’Alain Finkielkraut sur France inter




A l’occasion de la sortie de son livre A la première personne (éd. Gallimard), dans lequel il “fait l’histoire de [ses] pensées”, Alain Finkielkraut était l’invité d’Ali Baddou dans la matinale de France Inter, vendredi 20 septembre.
Pendant l’entretien, le philosophe controversé, que d’aucuns qualifient de réactionnaire – ce dont il se défend -, a enchaîné les sujets, évoquant tout à la fois sa consommation de LSD ou encore la gérontophobie dont il serait victime. Sans grande surprise, il a aussi attaqué la jeune militante écologiste Greta Thunberg – faisant ainsi aux autres ce que lui-même n’apprécie guère pour son cas personnel, lui qui dit “souffr[ir] des épithètes inamicales parfois accolées à [son] nom”. Florilège.

LSD : “J’en ai pris trois ou quatre fois, ce n’est rien du tout”

Dans A la première personne, on apprend avec stupéfaction qu’il lui est arrivé de consommer du LSD durant sa jeunesse, notamment en compagnie de Pascal Bruckner ou de Michel Foucault. Alors qu’Ali Baddou le lance sur le sujet, le philosophe lui répond : “J’aime l’humour, j’aime la gaieté, et il est vrai qu’à la surprise de certains, le prétendu scrogneugneu que je suis a pris du LSD. J’en ai pris trois ou quatre fois, ce n’est rien du tout.” “Je ne sais pas fumer, je crapote”, poursuit-il, expliquant qu’il préférait la prise de “cette petite pilule très démocratique” au “hasch”.
Alain Finkielkraut : “Il est vrai qu’à la surprise de certains, le prétendu scrogneugneu que je suis a pris du LSD. J’en ai pris trois ou quatre fois, c’est rien du tout” #le79Inter pic.twitter.com/XxE1j0bF48— France Inter (@franceinter) September 20, 2019

Greta Thunberg prise pour cible

“Je trouve lamentable que certains adultes s’inclinent aujourd’hui devant une enfant. Je crois que l’écologie mérite mieux”, explique Alain Finkielkraut. Le journaliste intervient alors, en rappelant que l’adolescente ne fait que demander la prise en compte d’éléments mentionnés dans le rapport du Giec. Alain Finkielkraut fait ensuite sèchement remarquer qu’il n’apprécie guère d’être interrompu : “Arrêtez et laissez moi répondre !” (toute ressemblance avec son désormais célèbre “Taisez-vous !” n’est que fortuite)
Et poursuit avec quelques mots doux à l’égard de la jeune femme : “Nous avons mieux à faire pour sauver ce qui peut l’être que de nous mettre au garde à vous devant Greta Thunberg et d’écouter les abstraites sommations de la parole puérile.”
Alain Finkielkraut sur l’ #écologie : “Nous avons mieux à faire pour sauver ce qui peut l’être que de nous mettre au garde à vous devant @GretaThunberg et d’écouter les abstraites sommations de la parole puérile #le79Inter pic.twitter.com/P9kzOJftfU— France Inter (@franceinter) September 20, 2019

“Le seul racisme autorisé aujourd’hui, c’est la gérontophobie”

Alain Finkielkraut ne s’est pas montré plus tendre envers les auditeurs, invités à lui poser des questions. Interpellé par l’un d’entre eux sur le fait de savoir si les intellectuels “d’un âge avancé” pouvaient encore avoir des interventions pertinentes dans le débat public, du fait des évolutions sociétales, l’essayiste de 70 ans n’a pas caché son agacement.
“C’est une question délibérément hostile.” Avant de préciser que celle-ci témoignerait “du seul racisme autorisé aujourd’hui” à savoir “la gérontophobie”. Et d’ajouter : “Dès qu’on est un peu vieux, il faut qu’on dégage. Je dégagerai peut-être un jour quand je n’aurai plus rien à dire.”
Pour Alain Finkielkraut, “le seul racisme autorisé aujourd’hui, c’est la gérontophobie. Dès qu’on est un peu vieux, il faut qu’on dégage. Je dégagerai peut-être un jour quand je n’aurai plus rien à dire” #le79Inter pic.twitter.com/ED8CoaW1VL— France Inter (@franceinter) September 20, 2019

En 1968 “nous brandissions des slogans absurdes comme CRS SS”

Le philosophe est également revenu sur mai 68. Il affirme être dans une certaine forme de nostalgie par rapport à cette époque, durant laquelle “tout le monde parlait avec tout le monde”. Mais ajoute très vite : “En 1968, nous étions sûrs d’être dans une période de lutte finale, nous brandissions des slogans absurdes, parce que nous vivions à l’ombre de la Résistance, et nous voulions nous montrer à la hauteur. Nous nous mentions à nous-mêmes.”
Alain Finkielkraut : “En 1968, nous étions sûrs d’être dans une période de lutte finale, nous brandissions des slogans absurdes, parce que nous vivions à l’ombre de la Résistance, et nous voulions nous montrer à la hauteur. Nous nous mentions à nous-mêmes’” #le79Inter pic.twitter.com/Z4HhilsPBp— France Inter (@franceinter) September 20, 2019




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Publish date : 2019-09-20 14:08:56

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Justin Trudeau empêtré dans plusieurs affaires de "blackface"

Justin Trudeau empêtré dans plusieurs affaires de "blackface"




Coup dur pour l’image du progressiste Justin Trudeau… Alors que le magazine américain Time a dévoilé une première photo de lui en brownface, mercredi 18 septembre, deux autres photos de blackface, sont venues ternir le tableau. À l’occasion d’une soirée de gala sur le thème “Nuits arabes” le premier ministre – alors professeur dans l’école privée “West Point Grey Academy”, est âgé de 29 ans – s’était déguisé en “Aladdin”. Sur la photo publiée par le magazine, on peut l’apercevoir avec une bande d’amis, turban vissé sur la tête, tunique blanche, et peau entièrement peinte en marron foncé, du visage jusqu’au bout des doigts.
Exclusive: Justin Trudeau wore brownface at 2001 ‘Arabian Nights’ party while he taught at a private school, Canada’s Liberal Party admits https://t.co/j3UobfYNIF— TIME (@TIME) September 18, 2019

C’est grâce à un ancien membre de cette école, Michael Adamson, aujourd’hui homme d’affaires, que le journal a pu se procurer cette photo. Il explique, dans les colonnes du journal, “qu’il avait vu la photographie pour la première fois en juillet, et qu’il estimait qu’elle devait être rendue publique”. Ces photos figuraient dans le Yearbook de l’école – albums recensant des photos de la promotion – en 2001.
Accusé de “brownface” – “cette variante du blackface qui consiste à se faire passer physiquement pour une personne venant d’Amérique du Sud, d’Inde, d’Afrique du Nord, de Polynésie ou d’Afrique du sud”, définit Wikipédia – Justin Trudeau s’est empressé de s’excuser.
There is a second photo of Justin Trudeau in brownface, from the same 2001 incident. This is from the school’s newsletter (he was a teacher at the time) https://t.co/Thg7mzVcJe pic.twitter.com/YZMda2hpkU— Katie Simpson (@CBCKatie) September 19, 2019

⁦@JustinTrudeau⁩ in blackface at Jean Brebeuf high school. #cdnpoli #elxn43 #BreakingNews pic.twitter.com/q6v5bgYJvJ— Robert Fife (@RobertFife) September 19, 2019

Au cours de la journée du jeudi 19 septembre, une troisième vidéo de blackface a été dévoilée par le site Globalnews. On y voit Justin Trudeau, à l’époque lycéen, le visage, les bras et les jambes couverts de maquillage noir.
Cet acte, qualifié de “blackface”, renvoie à de vielles pratiques racistes, apparues du XIXe siècles aux Etats-Unis. Lors de petits spectacles, des acteurs Blancs se maquillaient le visage en noir, pour caricaturer grossièrement les personnes Noires, tout en grossissant leurs traits (lèvres démesurées, yeux écarquillés, perruque). Et véhiculaient ainsi de nombreux clichés racistes, comme nous l’expliquions ici.
Global News has obtained video showing Liberal Leader Justin Trudeau in blackface, the third instance of racist dress to come to light in 12 hours. Global’s @MercedesGlobal, who broke this story, has more. #cdnpoli #elxn43

Full story: https://t.co/dUE5YnP3p3 pic.twitter.com/cEPUGBhydG— Globalnews.ca (@globalnews) September 19, 2019

Mauvais timing ?

Alors que cette polémique arrive à quelques jours des élections législatives qui se tiendront le 21 octobre, le Time a toutefois rappelé que le chef du parti libéral s’est positionné pendant longtemps comme “le champion des groupes minoritaires pendant près de quatre ans au poste de premier ministre et a fait de son attachement aux nombreuses cultures du Canada une part importante de ses chefs.”
En déplacement à “Winnipeg” au Manitoba, le chef du parti libéral a une seconde fois réitéré ses excuses devant la presse en déclarant : “Je n’ai pas été sensible à cette réalité [de la discrimination], étant donné la vie privilégiée que j’ai connue”. Il a également ajouté “à cause de l’historique raciste de ce geste, ce n’est jamais acceptable de foncer sa peau. J’aurai dû comprendre ça à l’époque et je n’aurai jamais dû le faire.”
NEW: Canadian PM Justin Trudeau: “Darkening your face, regardless of the context or the circumstances, is always unacceptable because of the racist history of blackface.”

“I should have understood that then, and I never should have done it.” https://t.co/9shXOtcjRG pic.twitter.com/wDtrhpK39D— ABC News (@ABC) September 19, 2019

Des réactions de politiciens n’ont pas manqué d’affluer sur Twitter. Jagmeet Singh, premier chef du Nouveau Parti Démocratique, s’est exprimé sur le sujet : “J’ai vécu le racisme dans ma vie. Je veux parler à tous les enfants, à tous ceux qui ont vécu cela, qui ont grandi et qui souffrent encore après avoir été victimes de racisme. Je veux que vous sachiez que vous pourriez être déçus par le Canada… Je veux que vous sachiez que vous avez une valeur et que vous êtes aimés.”
NDP leader Jagmeet Singh responds to a newly released photo of Justin Trudeau wearing brownface makeup and a turban in 2001. https://t.co/OvcQuuXhpb pic.twitter.com/44NR8qJ6Q8— CBC News: The National (@CBCTheNational) September 18, 2019





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Publish date : 2019-09-20 15:55:34

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Marche des jeunes pour le climat : On a trouvé les meilleures pancartes de la manif

Marche des jeunes pour le climat : On a trouvé les




Pour la troisième manifestation mondiale pour le climat depuis le début de l’année, ils étaient des milliers à arpenter les rues de Paris. Depuis la place de la Nation, collégiens, lycéens et étudiants se sont réunis en masse aux alentours de 13 heures. Et comme pour les deux premiers rendez-vous, ils ont fait preuve d’imagination et de créativité. Deux thèmes se sont particulièrement démarqués ce vendredi pour transmettre avec humour et jeux de mots, leurs messages d’alerte sur le réchauffement climatique.

Quand Game Of Thrones part à la recherche de l’iceberg de Jack

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Certains ont ironisé la célèbre phrase “C’est notre projeeeeet” d’Emmanuel Macron

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks

Place de la Nation à Paris, le 20 septembre. SSk/ Les inrocks



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Publish date : 2019-09-20 18:25:16

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A Paris, un festival féministe propose de “sortir de l’hétérosexualité”

A Paris, un festival féministe propose de “sortir de l’hétérosexualité”




“On ne naît pas hétérosexuel.le, on le devient”. C’est sur ce présupposé qu’est bâti un festival au nom aussi radical que prometteur qui commencera mardi 24 septembre à Paris : “Sortir de l’hétérosexualité”. Deuxième volet du festival “Des sexes et des ‘femmes’”, qui avait entrepris l’an dernier de dénaturaliser le mot “femme” en travaillant sur le désalignement genre/sexe, l’événement s’attaquera cette année au régime politique hétérosexuel en multipliant les perspectives critiques et les lignes de front : érotisation de la violence (avec Valérie Rey-Robert), répartition raciale du travail de care, économie du désir (avec Morgane Merteuil), production médicale de la binarité des sexes, éducation à l’hétérosexualité (avec Ovidie et Wendy Delorme), autant d’ateliers et de conférences à travers lesquels l’équipe du festival entend exposer l’hétérosexualité pour ce qu’elle est : un régime d’exploitation et une fiction politique. Pour en savoir plus, Les Inrocks ont discuté avec Juliet Drouar, Juliette Hammé (de l’émission de radio Gouinement Lundi) et Tamar, militantes féministes derrière ce festival ouvert à toutes et tous qui se tiendra du 24 septembre au 6 octobre.
Pourquoi vouloir sortir de l’hétérosexualité ?
Juliet Drouar – L’hétérosexualité est la pierre angulaire de la construction du patriarcat et les féminismes en parlent sans jamais la nommer. Elle est au fondement de la structuration de la binarité des genres et des sexes, de la création des classes mêmes d’hommes et de femmes qu’elle pose en miroir. Elle est aussi en lien étroit avec la construction du capitalisme, puisqu’elle permet de ne pas salarier le travail de reproduction.
Tamar – Avoir comme horizon de sortir de l’hétérosexualité est un projet féministe pour nous : on veut dire aux femmes que ça n’est pas leur destin de faire leur vie avec des hommes et pour les hommes, et qu’il y a des marges de manœuvre à gagner : en devenant lesbienne et en construisant une vie commune avec d’autres femmes mais aussi en faisant collectivement la critique de l’hétérosexualité pour montrer que ça n’a rien d’une évidence, et que dans la famille, l’organisation du travail ou la production des enfants, il y a des alternatives à inventer.
Certains ateliers ne s’adressent pas tant aux personnes LGBT mais plutôt aux femmes hétéros ?
Juliet Drouar – Il y a un réel intérêt pour les communautés LGBT, même si l’idée n’est pas d’adresser ces communautés en tant que minorités mais en tant que propositions politiques : sortir de l’hétérosexualité c’est autre chose que faire un coming out. On veut évacuer la notion de honte pour ré-insuffler la politique qu’il y a dans ces sorties, résistances et dissidences. C’est important pour nous de ne pas parler d’orientation sexuelle mais plutôt de rendre visible les contraintes spécifiques à un système hétérosexuel englobant.
Tamar – On a voulu que ça puisse être approprié par des personnes aux trajectoires sociales de classe, de race ou de genre différentes. On s’adresse aux femmes hétéros pour qu’elles puissent développer une critique de l’hétérosexualité qui a été longtemps faite par des lesbiennes dans le mouvement féministe, mais on estime que c’est aussi important pour elles de parler d’hétérosexualité, d’échanger sur des expériences, développer des outils et des stratégies au sein du couple hétéro. On ne fait pas d’opposition entre une réforme de l’hétérosexualité et des perspectives plus radicales qui peuvent être celles du lesbianisme voire du séparatisme : il n’y a pas d’un côté des femmes libérées qui flottent dans un hyperespace lesbien autonome – puisque les lesbiennes aussi doivent gérer l’hétérosexualité tous les jours au travail ou les transports – et de l’autre des femmes complètement aliénées dans le couple hétéro. Le festival veut articuler ces deux positions pour les faire dialoguer.
La dimension matérielle et économique y occupe une place importante…
Tamar – C’est important de mettre en avant qu’il y a une base économique à l’hétérosexualité, montrer que ça s’enracine dans des formes d’organisation de la vie, comment le désir est construit dans des échanges économiques – sujet abordé dans la conférence de Morgane Merteuil sur le travail du sexe.
Juliet Drouar – Le capitalisme est une culture du gratuit qui repose sur le fait de ne pas payer un certain nombre de populations comme les femmes ou les personnes racisées. Pour les femmes, on peut permettre le travail gratuit ou son report sur des personnes minorisées parce qu’à chaque fois ça fonctionne en binôme, c’est pour ça qu’on peut ne pas salarier le travail de reproduction, de care, d’éducation, etc. On sait aussi qu’il y a aujourd’hui toute cette négociation économique : chaque année en France le taux de précarisation à la retraite des femmes seules augmente. Donc repenser comment s’en sortir c’est repenser vraiment les structures qui permettent aux femmes de ne pas être en dépendance dans leur couple, et ça demande de négocier les salaires de reproduction pour toutes.
Critiquer l’hétérosexualité comme régime comme l’a fait Monique Wittig, c’est aussi critiquer le régime de la différence sexuelle. Ça fait partie de votre programmation ?
Tamar – La critique féministe lesbienne montre qu’être une femme c’est surtout être la femme d’un homme, et qu’on est produite en tant que femmes par notre dépendance et assujettissement aux hommes. Wittig disait que les lesbiennes ne sont pas des femmes, effectivement elles ne sont pas appropriées dans leur vie privée par un homme même si elles ont aussi des patrons, des pères, des voisins, des violeurs.
Juliet Drouar – Cette politique du miroir – même s’il n’est jamais un total miroir parce qu’on est toujours sur une domination des hommes sur les femmes – produit des féminités et masculinités par opposition qui n’existent pas de manière naturelle, et également des sexes : on parle beaucoup de genre mais moins de la production des morphologies, des hormones ou du génome, qui sont également conditionnés par des politiques de contrainte des mouvements ou de l’alimentation des femmes, qui produisent au fur et à mesure des années une binarisation des corps. Les corps ne sont pas une donnée mais des archives du sexisme et du patriarcat.
Tamar – Notre atelier sur les hormones, “hormones interdites, hormones obligatoires” veut montrer que la manière dont on impose la consommation d’hormones à certaines populations, notamment les femmes cisgenres hétérosexuelles, qu’on va contracepter par hormones en France où c’est le premier mode de contraception proposé aux jeunes filles, va féminiser leur corps. A l’inverse, on va empêcher l’accès à certains traitements ou forcer les corps intersexes à correspondre à des standards sexués qui sont finalement très artificiels, et cette régulation des hormones qui sont interdites et de celles qui sont permises vient alimenter et produire ces différences-là.
Travailler sur la médecine c’est aussi travailler sur la manière dont l’hétérosexualité est naturalisée. L’atelier sur l’IVG essaye, lui, de dénaturaliser l’assignation à la maternité des femmes : puisque les femmes existent pour être mères, qu’est-ce que ça veut dire des femmes qui ne sont pas mères, qui refusent ou ne peuvent pas l’être ? A l’inverse, on empêche les femmes racisées et en France les femmes des anciens pays colonisés d’accéder à la maternité. Mettre en regard comment la maternité fonctionne c’est aussi ébranler l’hétérosexualité. Ça implique de s’intéresser à la manière dont les femmes blanches vont déléguer aux femmes non-blanches le travail reproductif : quand on dit “les femmes ont le travail du care”, en fait ce ne sont pas n’importe quelles femmes qui font n’importe quel travail, et c’est là qu’on voit que c’est socialement construit : on va attribuer à certaines catégories de femmes des tâches différentes, favoriser la maternité des femmes blanches et réprimer celle des femmes non-blanches, assigner aux femmes non-blanches le soin des enfants des femmes blanches. Analyser ces circulations-là permet de dénaturaliser ça.
Quels sont les liens entre régime hétérosexuel et régime colonial, blanchité et hétérosexualité ?
Tamar – Si on part du principe – et c’est notre cas – que l’hétérosexualité a avant tout une utilité économique, alors elle va forcément s’insérer dans l’économie capitaliste qui est une économie racialisée et coloniale. De ce point de vue là, l’émancipation des femmes blanches s’est faite par l’exploitation des femmes non-blanches. De la même manière, la construction de l’hétérosexualité comme mode d’organisation de la vie désirable est infusée par la blanchité : la famille désirable c’est la famille blanche, une descendance blanche, un idéal de pureté et de normalité qui va reléguer toutes les familles non-blanches et des milieux populaires dans une sorte de classe dangereuse.
Classe à qui on va beaucoup déléguer l’homophobie, comme si être friendly était un truc de blancs, alors que beaucoup d’études ont montré comment les colons, lors de la colonisation française, ont régulé et rationalisé les rapports entre les hommes et les femmes, entre les hommes et les femmes entre eux : c’est par le biais de l’hétérosexualité qu’a été restructurée la domination coloniale, et celle-ci est un produit de notre histoire coloniale et raciste avec un contexte très français. On a l’impression que tout passe par les théories états-uniennes, notamment par le Black feminism, mais en France aussi il y a une histoire de la critique non-blanche de l’hétérosexualité qui reste à faire, alors avec Le Seum des meufs, on propose aussi un atelier sur les formes d’organisation et de luttes contre l’hétérosexualité d’un point de vue non-blanc.
Au-delà des perspectives critiques, le festival propose aussi une exposition rassemblant 25 artistes…
Juliet Drouar – Le but du festival est de promouvoir des artistes qui vont re-réflechir d’un point de vue féministe les normes esthétiques et la manière de produire, montrer comment toutes les normes esthétiques sont codifiées par les dominations et en particulier le patriarcat, mais aussi s’intéresser à l’imaginaire : c’est une partie qu’on a tendance à laisser de côté, sauf que si on n’imagine pas là où on veut aller alors on lutte contre mais on ne lutte pas pour. Quels seraient des mondes utopiques ou mythologiques qui représenteraient des sorties de l’hétérosexualité ? Qu’est-ce ça voudrait dire en termes de vision ?
Juliette Hammé – On accompagne aussi l’expo avec des extraits sonores. Dans nos podcasts, on a tenu à avoir des profils très différents, se concentrer sur comment tu en arrives à te rendre compte de l’injonction à l’hétérosexualité qui a pesé sur toi toute ta vie, et pourquoi tu ne l’as pas vue. Les gens se focalisent toujours sur ce moment du coming out qui est douloureux et horrible, moi je voulais me concentrer sur l’émancipation : montrer la diversité de comment tu réalises que tu es dans un système politique, économique, quelles rencontres font que tu en sors, et après le bonheur et la joie que c’est. Toutes les personnes interviewées disent : “Je ne regrette rien, c’est tellement mieux maintenant, il ne faut pas avoir peur” et ça c’est très beau. L’idée, donc, c’est que le public de l’expo soit la cible de pistes de sortie, d’extraits de Wittig ou de témoignages anonymes, de moments poétiques ou politiques, qui vont infuser dans leur tête.
Juliet Drouar – C’est subliminal [rires]. En fait tu ressors non-hétéro et brainwashé.
Tamar – L’hétérosexualité n’a qu’à bien se tenir !
Toute la programmation du festival sur Facebook.



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Publish date : 2019-09-20 17:10:56

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Tweet injurieux envers la police : Mathieu Kassovitz condamné

Tweet injurieux envers la police : Mathieu Kassovitz condamné




1000 euros d’amende pour “injure publique” envers des fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique. Voilà ce à quoi Mathieu Kassovitz a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 19 septembre, comme l’a relaté l’AFP. En cause : un tweet posté par l’acteur et réalisateur en 2017, où, en réaction à un post de la “Police nationale 44”, il qualifiait des policiers mobilisés pour une opération de recherche de stupéfiants dans un hôpital nantais de “bande de bâtards”.
“Bande de bâtards. 7g !!! 24 policiers !!!!! Vous êtes une belle bande de bon (sic) à rien @Police nationale”, avait-il écrit. Ce tweet a depuis été supprimé, Mathieu Kassovitz – peu avare de déclarations polémiques, lire cet excellent papier du Monde – ayant carrément fermé ses comptes sur les réseaux sociaux quinze jours avant le procès.
Des policiers de Nantes ont déposé plainte après un tweet injurieux de Mathieu Kassovitz raillant une opération anti-drogue dans un hôpital psychiatrique de la ville https://t.co/xgeXbu7Sza #AFP pic.twitter.com/6CUaMp2gtg— Agence France-Presse (@afpfr) December 28, 2017

Un euro de dommages et intérêts par agent

Mathieu Kassovitz devra, pour avoir utilisé les termes “Bande de bâtards”, s’acquitter de deux amendes de 500 euros, réclamés dans le cadre de deux jugements distincts. En outre, il devra verser un euro de dommages et intérêts aux agents de police qui avaient porté plainte contre lui – lesquels, 17 en tout, réclamaient 3000 euros.
Le syndicat policier Alliance s’est déclaré “satisfait de la condamnation” par le biais de son secrétaire national adjoint, David-Olivier Reverdy, cité par l’AFP. Me William Bourdon, qui défendait Mathieu Kassovitz, n’était lui “pas certain” que son client allait faire appel – Kassovitz n’ayant pas été condamné pour les propos “belle bande de bon à rien”.
Comme le rapporte France bleu Loire-Atlantique, lors de son audience, le réalisateur de La Haine avait déclaré ne pas vouloir “blesser” les policiers, qu’il “respecte”. Mais avait plaidé le fait d’avoir seulement usé de “raillerie” en réaction à la “vantardise” du tweet de “Police nationale 44”. Le tout, en expliquant subir lui-même “des violences policières” depuis de nombreuses années, et vouloir, à travers son travail, prêcher pour le “respect” entre les forces de l’ordre et la population.



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Publish date : 2019-09-20 16:26:42

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Diffusion d’un clip antisémite : Alain Soral condamné à 18 mois de prison ferme

Diffusion d’un clip antisémite : Alain Soral condamné à 18 mois




“La haine n’est pas une opinion, mais un délit”, peut-on lire sur le compte Twitter de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) en réaction à la condamnation d’Alain Soral. Comme l’a rapporté l’AFP, ce dernier a en effet été condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme, ainsi qu’à 45 000 euros d’amende. Le parquet, lui, avait requis deux ans de détention ferme.
L’essayiste d’extrême droite était poursuivi pour “provocation à la haine raciale et injure publique aggravée” pour avoir diffusé sur son site Egalité et réconciliation un clip de rap antisémite, intitulé “Gilets jaunes”. Le tribunal a en outre demandé à Soral de le retirer, sous peine de “1000 euros d’amende par jour de retard”.
Dans cette vidéo, étaient jetées au feu une pancarte affichant le nom de Rothschild ainsi que des photos de Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy et Patrick Drahi. En outre, le clip appelait à “virer” les trois premiers cités, tout en les qualifiant de “parasites”.

>> A lire aussi : Alain Soral condamné pour propos antisémites

“Multirécidiviste de la haine”

C’est à la suite d’une citation directe d’un collectif d’associations – SOS Racisme, la Licra, la LDH, J’accuse, le MRAP et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) – qu’Alain Soral, Alain Bonnet de son vrai nom, a été condamné. Sur Twitter, la LDH s’est “félicitée” de ce jugement, qui “marque légitimement la fin de l’impunité dont bénéficie ce multirécidiviste de la haine”.
[Communiqué] La #LDH et d’autres organisations se félicitent de la condamnation d’@AlainSoralOffic qui marque légitimement la fin de l’impunité dont bénéficie ce multirécidiviste de la haine !
➤ https://t.co/4TKgadxOhZhttps://t.co/qYyr6Op8sM— LDH France (@LDH_Fr) September 20, 2019

Ce n’est en effet pas la première fois que Soral a maille à partir avec la justice pour “provocation à la haine raciale” : en juin 2018, il avait déjà été condamné à des peines de prison avec sursis pour avoir diffusé en 2017, toujours sur son site, des dessins antisémites. Sans compter sa condamnation, en avril 2019, à un an d’emprisonnement ferme pour négationnisme.

>> A lire aussi : Alain Soral : un an de prison ferme pour négationnisme



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/20/actualite/societe/diffusion-dun-clip-antisemite-alain-soral-condamne-a-18-mois-de-prison-ferme/

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Publish date : 2019-09-20 15:17:49

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Nora Hamzawi digresse complètement sur France Inter, et c’est très drôle

Nora Hamzawi digresse complètement sur France Inter, et c’est très




De son caviste à une page web en passant par les végétariens…. La carte blanche de Nora Hamzawi dans Boomerang (France Inter), ce mercredi 18 septembre, n’avait ni queue ni tête.
Une multitude de digressions parce que, finalement, cette fuite, ce voyage, cette porte de sortie, cela permet d’éviter l’ennui. “J’aime bien qu’on ne sache pas pourquoi on en est arrivé là”, lance la comédienne en préambule. Et nous aussi finalement.



Source link : https://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/nora-hamzawi-digresse-completement-sur-france-inter-et-cest-tres-drole/

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Publish date : 2019-09-19 16:48:47

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"Décadence","porte-jarretelles", "savates"… L’interview complètement lunaire de Nadine Morano à Sud Radio

"Décadence","porte-jarretelles", "savates"… L’interview complètement lunaire de Nadine Morano à Sud




De la tenue de Sibeth Ndiaye, à une photo d’Emmanuel Macron, en passant par le traitement des forces de police… Nadine Morano s’est complètement lâchée. Dans une interview à Sud Radio, ce dimanche 15 septembre, la députée européenne (LR) a notamment abordé les mauvaises conditions de travail des forces de l’ordre. Et pour se faire, Nadine Morano a choisi, sérieusement, d’évoquer son enfance. “Quand j’étais gosse et que je n’étais pas sage… on nous disait : ‘Attention si tu n’es pas sage on va appeler les gendarmes.'”

C’est “la décadence”

Nadine Morano était sur Sud Radio. Ou au bistrot. On ne sait plus trop… 😏🍻 pic.twitter.com/hDb7ybZ8cA— Quotidien (@Qofficiel) September 18, 2019

Interrogée ensuite sur une photo d’Emmanuel et Brigitte Macron lors de la fête de la musique à l’Elysée, le 21 juin 2018, dans laquelle ils sont entourés de Kiddy Smile et de ses danseurs, elle s’est indignée de leurs tenues : “Mais quelle décadence. Je trouve ça dingue. C’est d’une vulgarité, moi ça me choque, où sont nos repères dans cette France ? Si moi je me trimballe en porte-jarretelles, hétérosexuelle, dans la rue, avec des talons, on va me dire que je n’ai rien à faire dans la rue.”
View this post on Instagram A post shared by Pierre Olivier Costa (@poc17) on Jun 21, 2018 at 2:33pm PDT

Sibeth Ndiaye “fait honte au Sénégal et à la France”

Puis finalement c’est au tour de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye d’avoir droit à une remarque sur sa tenue. “Quand elle a participé au Sénégal à un dîner d’Etat en présence d’Emmanuel Macron, elle était venue en savate, avec un jean et un pull et ça a outré tout le monde. Donc ça fait honte au Sénégal et à la France.” Bref, une interview qui plonge la députée européenne vers les lieux les plus sombres du marigot politique…





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Publish date : 2019-09-19 17:23:28

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4 choses à savoir sur le procès de Jean-Luc Mélenchon

4 choses à savoir sur le procès de Jean-Luc Mélenchon




Pourquoi Jean-Luc Mélenchon comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Bobigny ?

Le 16 octobre 2018, le siège de la France insoumise (LFI), à Paris, faisait l’objet d’une perquisition, de même qu’une dizaine d’autres lieux, parmi lesquels le domicile de Jean-Luc Mélenchon. Et ce, dans le cadre de deux enquêtes – l’une sur ses comptes de campagne pour l’élection présidentielle de 2017, l’autre sur les conditions d’emploi d’assistants eurodéputés de son mouvement – du Parquet de Paris.
Le ton était très vite monté lors la perquisition des locaux de LFI, Jean-Luc Mélenchon y arrivant juste après avoir filmé sur Facebook celle ayant lieu chez lui. Très tendu, le leader de la France insoumise invectivait alors un policier se tenant devant la porte d’entrée, tout en pointant un doigt vers lui, avant de s’approcher de plus en plus de son visage. Et lançait, devant les caméras de Quotidien (TMC), son désormais célèbre “La République, c’est moi !” avant de lancer “Poussez-moi, ouvrez-moi cette porte”. Le député des Bouches-du-Rône tentait alors, avec d’autres insoumis, de forcer le passage. On le voyait également bousculer un membre du parquet.
Dans la foulée de cette perquisition mouvementée, Mélenchon et cinq de ses proches – les députés Bastien Lachaud et Alexis Corbière, l’eurodéputé Manuel Bompard, l’attachée de presse du parti Muriel Rozenfeld et le conseiller d’Etat Bernard Pignerol – comparaissent pour “actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation”.
[#Thread]
Après la #perquisition menée à son domicile, Jean-Luc Mélenchon s’est rendu au siège de la France insoumise, également perquisitionné.

Voici la scène hallucinante devant la porte de son propre local. ⬇#Quotidien pic.twitter.com/c661VAxp5q— Quotidien (@Qofficiel) October 16, 2018

>> A lire aussi : Nouvelles images de la perquisition du siège de LFI : “Quotidien” fait son “SAV”

Comment va se passer le procès ?

Le procès s’est ouvert jeudi 19 septembre et se déroulera sur deux jours, au tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Une heure après le début de l’audience qui a débuté à 9h30, le parquet a demandé le renvoi de l’affaire car, d’après les informations de France Info, “quatre des six prévenus n’avaient reçu que tardivement la copie de la procédure de l’IGPN, c’est-à-dire l’enquête menée dans le cadre des plaintes de LFI pour violences policières, classées sans suite depuis”. Le renvoi a été refusé et l’audience maintenue.
Arrivée de @JLMelenchon au tribunal entouré de députés LFI et de militants pic.twitter.com/bWsjI28he8— Martin Baumer (@MartinBaumer) September 19, 2019

Dix-sept personnes se sont constituées parties civiles, notamment des policiers et des magistrats présents lors de cette perquisition. Me François Saint-Pierre et Me Eric Dupond-Moretti assurent leur défense, le premier appelant, selon l’AFP, à “un débat dans la sérénité et le respect”, et le second affirmant : “Je souhaite répondre à M. Mélenchon que mes clients sont des fonctionnaires de police qui agissent dans un esprit républicain.”

Que risquent Jean-Luc Mélenchon et ses proches ?

Comme le rapporte l’AFP, les cinq prévenus encourent jusqu’à dix ans de prison, 150 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
Dans la foulée de cette perquisition, trois plaintes avaient par ailleurs été déposées par des insoumis, présents sur place, pour violences policières. Toutes ont été classées sans suite par le Parquet de Paris, même si, selon ce papier de Libé, deux autres plaintes pour “violation du secret de l’enquête” auraient été déposées.

Comment a-t-il axé sa défense ?

D’après Ouest-France, l’avocat Mathieu Davy, qui défend le député, a décidé de plaider “l’inutilité, l’injustice et l’irrégularité” des perquisitions. Et d’ajouter : “Les délits ne sont pas constitués. Le comportement des mis en cause a été provoqué par des perquisitions disproportionnées.”
En outre, Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de dénoncer “des opérations d’instrumentalisation politique de la justice”, lors de sa conférence de presse de rentrée le 12 septembre 2019.
“Ils nous convoquent dans un procès politique spectaculaire pour que nous soyons condamnés. Ce n’est ni du droit ni de la justice. C’est juste une exécution politique”, avait-il affirmé dans une interview accordée au JDD, dimanche 15 septembre.
Le leader insoumis publie part ailleurs un livre ce jeudi 19 septembre, soit le premier jour de son procès. Son titre ? Et ainsi de suite, un procès politique en France. L’occasion de réaffirmer sa position, lui qui dénonce le “lawfare” – soit une technique “d’instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques” – dont il serait victime, tout comme, selon lui, l’ex-Président brésilien Lula. Jean-Luc Mélenchon a même signé une tribune à ce propos dans le JDD.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet, elle, a dénoncé des propos “indignes” de la part de l’ex-candidat à l’élection présidentielle, l’accusant de tomber dans le “complot”.

>> A lire aussi : Jean-Luc Mélenchon va rencontrer Lula en prison, il ne sera donc pas à l’université d’été de la France insoumise




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Publish date : 2019-09-19 16:06:27

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Comment “DxE France” dévoile la réalité qui se cache derrière les élevages intensifs 

Comment “DxE France” dévoile la réalité qui se cache derrière




Nouvelle venue dans le milieu de la protection animale, DxE France est déjà à l’origine de plus de trente enquêtes réalisées au sein d’élevages intensifs. L’association a été montée par deux anciens militants de L214, William Burkhardt et Léa Dubost. Les cofondateurs sillonnent les routes de France dans le but de montrer, en photos et en vidéos, la dure réalité qui se cache derrière les barquettes de viande à bas coût vendues dans nos supermarchés.
DxE France épingle régulièrement des géants de l’agroalimentaire en diffusant des images prises dans les élevages qui fournissent ces marques, consommées par une grande partie de la population. Après 36 enquêtes menées en élevages ou en abattoirs, dans lesquels elle a constaté saleté, mutilations et cadavres qui jonchent le sol, l’association dénonce les conditions dans lesquelles les animaux sont détenus. Y compris dans les établissements qui n’enfreignent pas la réglementation imposée aux éleveurs par l’Etat, laquelle est censée protéger les animaux des maltraitances.
William Burkhardt revient pour les Inrocks sur les actions menées par DxE et expose les limites d’une réglementation trop laxiste pour permettre de garantir des conditions de vie respectant les besoins physiologiques de l’animal. Entretien.
Quel est le but poursuivi par DxE France et en quoi consistent vos actions ?
DxE fonctionne sur le même modèle que L214. Nous faisons des enquêtes vidéo pour que les Français constatent directement comment est produite la viande qu’ils mangent, et ce, afin qu’ils puissent voir de leurs yeux les maltraitances qui sont infligées aux animaux. Nous allons surtout dans des élevages de porcs et de poulets. Parce que ce sont les animaux les plus consommés, mais aussi ceux qui sont élevés de la manière la plus intensive.
Les cochons et les poulets sont dans un tel état que les images parlent d’elles-mêmes. Le but est donc de laisser les gens tirer leurs propres conclusions, et d’agir par eux-mêmes. Nous voulons vraiment faire le maximum d’enquêtes pour montrer que ces traitements sont récurrents, et on invite tous les journalistes qui veulent le faire à se rendre dans des élevages avec nous.
Nous invitons aussi des députés, comme par exemple Bastien Lachaud (député La France insoumise qui avait suivi DxE dans un élevage porcin en mai, ndlr) ou encore des personnalités comme Stomy Bugsy (qui, idem, a fait une vidéo aux côtés de l’asso en février, ndlr). On a monté l’association en octobre 2018, et, en un peu moins d’un an, nous avons publié 36 vidéos.
On ne milite pas pour quoi que ce soit. On veut juste donner à voir ce qui se passe à travers nos photos et nos vidéos, en montrant des images d’animaux enfermés, dans des lieux très sales, parfois baignant dans leurs excréments, qui finissent par se manger entre eux tellement ils s’ennuient. On espère ainsi que les gens prennent conscience de la réalité des élevages intensifs. McDonald’s, c’est de l’élevage intensif, Herta, c’est de l’élevage intensif, et peut-être qu’en voyant la barquette de jambon au supermarché, les gens repenseront à nos images et prendront conscience de ce qu’ils achètent. Parce que, en fait, tout est fait pour que cette réalité soit cachée.
Vous parliez de la réalité que cachent les élevages intensifs aux consommateurs. Pouvez-vous décrire ce que vous découvrez la plupart du temps lorsque vous vous infiltrez dans ces établissements ?
Dans les élevages intensifs, neuf fois sur dix, on trouve des cadavres, des dizaines de tablettes de médicaments, des seringues, des scalpels extrêmement sales, des insectes, des cafards, des animaux mutilés et des bennes remplies de cadavres… Les cochons, lorsqu’ils décèdent, sont séparés des autres, placés dans un petit couloir avant d’être, seulement dans les jours qui suivent, mis à la poubelle. Et encore, il y en a tellement que les éleveurs ne se cassent même pas la tête à les mettre dans la poubelle… Il nous est arrivé de visiter des élevages où les cochons morts, dans un état de décomposition avancé, étaient laissés au milieu des vivants.
Normalement, les cadavres doivent être sortis de l’élevage, pour qu’un camion d’équarrissage vienne les récupérer au bout de maximum 48 heures. Sauf que, dans chaque élevage, il y a des cochons décédés tous les jours. Par conséquent, les camions ne peuvent pas passer assez fréquemment.
Dans les “maternités” on trouve souvent des petits porcelets morts au milieu des vivants et d’autres en train d’agoniser. Les truies sont enfermées dans des cages dans lesquelles elles peuvent uniquement se lever ou se coucher, pas se retourner. Les éleveurs les enferment pour éviter qu’elles n’écrasent leurs petits. Or, les truies font 300 kg et sont enfermées avec leurs porcelets dans un espace qui fait environ 1 mètre 80 de long, soit tout juste leur longueur, pour une largeur équivalente. Dans cet espace, elles ont à peine la place pour se coucher, alors, forcément, elles risquent d’écraser leurs porcelets.
Plutôt que de leur donner plus d’espace, la solution que les éleveurs ont trouvée pour éviter cela a été de les enfermer. Elles restent dans ces cages pendant plusieurs mois. Selon la réglementation, elles ne peuvent pas y rester plus de six mois dans l’année, ce qui est déjà énorme, mais, dans les faits, il n’y a aucun contrôle et ce n’est pas possible d’en faire. Comment contrôler le temps d’enfermement d’un animal ? C’est impossible.
Quand les éleveurs leur retirent leurs porcelets, après environ vingt jours d’allaitement – contre deux à quatre mois dans la nature -, elles sont remises en enclos avec d’autres truies, ou bien dans ce qu’on appelle un “réfectoire”. Ce sont des cages, qui font juste leur taille, dans lesquelles elles ne peuvent pas non plus se retourner. Ensuite, elles sont réinséminées, retournent à la “maternité” et ainsi de suite.

La taille de la cage qui maintient la truie ne lui permet aucun mouvement, mai 2019 (capture d’écran Dxe France)
Ce qui est frappant dans les élevages que l’on a visité, c’est l’odeur. Elle est pestilentielle, les animaux restent enfermés toute leur “vie” dans ces bâtiments, ils ne sortent jamais et baignent parfois dans leurs excréments. A peu près un quart des établissements que nous avons infiltrés n’avaient même pas de fenêtre, donc pas d’air qui circule – et, quand il y en a, elles sont souvent tellement sales que la lumière du jour ne peut même pas passer à travers.

>> A lire aussi : Manifeste L214 : “Un livre dans lequel on peut tous se retrouver, que l’on mange de la viande ou non”

Constatez-vous régulièrement des infractions à la réglementation dans les élevages ?
Non, la majorité du temps la réglementation est respectée. Le problème, c’est qu’elle est trop floue, et qu’elle n’empêche pas les souffrances. Par exemple, en ce qui concerne la lumière, il est simplement dit que les animaux doivent être exposés à une certaine quantité de lumière dans la journée. Mais la loi ne précise pas si l’éclairage doit être naturel, donc les élevages qui n’ont pas de fenêtre, ne contreviennent pas à la réglementation si des éclairages artificiels sont installés.
Parfois, ils laissent la lumière allumée tout le temps. Pour les poulets par exemple, c’est fait délibérément pour que les animaux soient plus “actifs”, c’est-à-dire pour qu’ils mangent plus et qu’ils grossissent plus vite. Mais, de manière générale, les normes sont tellement laxistes qu’elles permettent à des élevages de détenir des animaux dans des conditions déplorables, qui ne permettent pas de respecter leurs besoins physiologiques, sans pour autant être en dehors de la réglementation.

Les poulets le ventre brûlé par l’ammoniac qui se dégage de leurs excréments qui jonchent le sol / juillet 2019 (capture d’écran Dxe France)
Ainsi, mettre les truies dans des cages minuscules est dans les normes, laisser les porcs respirer l’ammoniac de leurs excréments jusqu’à ce que certains en meurent, c’est également dans les normes. Les castrer sans anesthésie, leur limer les dents pour éviter qu’ils ne se mordent parce que leur enclos est trop petit, et leur couper la queue, ça l’est aussi. Tout ça, ce sont des maltraitances animales, faire ça à un chien c’est bien considéré comme de la maltraitance et puni par la loi. Pas pour les cochons.
Ceux-ci, quand ils sont confinés dans des espaces trop petits, se mordillent les uns les autres toute la journée parce que l’ennui les rend fous. Ils ont les oreilles et le petit bout de queue qui leur reste en sang. Et ça, c’est connu des éleveurs, il y a plein de livres professionnels qui l’expliquent. Dans la nature, les cochons passent leur temps à renifler la terre et la retourner avec leur nez, ils mâchouillent ce qu’ils trouvent en permanence. Sauf que là il n’y a rien, il n’y a que du béton donc ils se grignotent les uns les autres.
IMAGES CHOC. Un élevage de la marque Cochonou dégoûtant où des cochons handicapés vivent dans leurs excréments, voici la vrai recette du saucisson Cochonou et Vous.
C’est la deuxième enquête réalisée par DxE France dans un élevage Cochonou.
Vidéo réalisé le 18 juillet 2019. pic.twitter.com/1VMmZivuS8— DxE France (@DxeFrance) August 8, 2019

Les actions de DxE se concentrent-elles uniquement en France ou intervenez-vous également à l’étranger ?
En général nous nous enquêtons dans des élevages Français mais, au mois de juillet, nous sommes partis en Chine avec l’aide de l’association Stéphane Lamart, qui a financé le voyage. On voulait aller filmer dans un élevage de chiens destinés à la consommation, pour interpeller la population. Une minorité de la population en Chine consomme du chien, mais, en Europe, c’est considéré comme quelque chose de choquant. On voulait donc montrer comment se passe l’abattage d’animaux que nous considérons comme des compagnons, qui sont proches de nous, parce que cela touche plus. L’idée avec cette enquête était de dire que ça se passe pareil chez nous pour les cochons, les vaches et les poulets, et que si on est choqué pour les chiens, il n’y a pas de raison de ne pas l’être pour les autres animaux.
Nous n’avons finalement pas pu faire de vidéo dans un abattoir de chiens, parce qu’aucune association locale n’a bien voulu nous donner une adresse, de peur que les autorités fassent fermer leurs refuges. Par ailleurs, en ne parlant pas chinois, c’était un peu compliqué. Mais nous avons pu aller dans un refuge qui recueille des chiens sauvés par des activistes chinois, ainsi que sur un marché aux chiens.
Au départ, ils sont vendus comme animaux de compagnie dans des toutes petites cages, mais on sait très bien que, s’ils ne sont pas vendus, ils finissent à l’abattoir. Là-bas, une minorité de la population considère que les chiens d’élevage sont faits pour être mangés, ici on considère que les cochons et les poulets sont faits pour être mangés, et les chiens pour être câlinés. Mais ce n’est qu’une construction, ça n’existe pas un animal fait pour être mangé.
Propos recueillis par Adeline Malnis



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/19/actualite/societe/comment-dxe-france-devoile-la-realite-qui-se-cache-derriere-les-elevages-intensifs/

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Publish date : 2019-09-19 12:40:33

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[Vidéos] Une panthère noire se balade sur les toits d’Armentières

[Vidéos] Une panthère noire se balade sur les toits d’Armentières




Certains aiment les chiens ou les cochons d’Inde, d’autres préfèrent… les panthères. Comme le raconte La Voix du Nord, mercredi 18 septembre, vers 18h30, les habitants du quartier de Saint-Roch, à Armentières (Nord), ont eu la surprise d’apercevoir un (gros) félin se promenant oklm sur les toits de la ville. L’animal est même rentré dans une maison, s’engouffrant par la fenêtre de celle-ci, avant d’en ressortir.
🚨 [Intervention hors norme]
Une panthère sur les toits d’Armentières

Appelés à 18h23 pour animal dangereux, les sapeurs-pompiers du Nord sont confrontés à un félin de grande taille se baladant sur les chéneaux d’habitation. pic.twitter.com/KhhB8beiET— SDIS 59 (@Sdis59) September 18, 2019

Je suis mort sa mère imagine tu marche et tu fais attaquer par une panthère qui tombe du ciel À ARMENTIÈRES 😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭 https://t.co/ODjZGeroFI— chocomint (@Aymen177013) September 18, 2019

Alertés, les pompiers ont établi un périmètre de sécurité, rapporte la VDN, puis un vétérinaire a endormi la panthère, qui se trouvait à l’intérieur de la maison, à l’aide d’un fusil à fléchette. Celle-ci, en bonne santé, a été mise en cage avant d’être prise en charge par l’office national de la chasse et de la faune sauvage. Selon le quotidien, le félin devrait ensuite être confié à la ligue protectrice des animaux, avant de s’établir dans un zoo.
armentieres c le wakanda y’a une panthère wsh pic.twitter.com/T8lwW35S91— tsyko🧞‍♀️ (@anxsch) September 18, 2019

Mais d’où sortait cet animal, qui, mélancolique, “s’arrêt [ait] parfois pour regarder passer le train ou suivre de son regard clair un chat qui déguerpit sur la chaussée” ? Son propriétaire serait, selon le voisinage cité par la VDN, “en vacances”.
Une image surréaliste prise à Armentieres en début de soirée !

👉 Une panthère sur les toits d’Armentières @SkyrockFM pic.twitter.com/UXV1GKbMwt— seb saffer (@tiofils59) September 19, 2019




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Publish date : 2019-09-19 11:29:37

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Fist bumps et ambiance décontractée… Quand Greta Thunberg rencontre Barack Obama

Fist bumps et ambiance décontractée… Quand Greta Thunberg rencontre Barack




Checks, fist bumps, et accueil chaleureux… Quand Barack Obama reçoit la jeune Greta Thunberg, c’est toujours avec sa coolitude légendaire. L’ancien président américain s’est entretenu avec la militante suédoise mardi 17 septembre, à Washington.
Celle qui prépare le sommet sur le climat de l’ONU a été accueillie au sein de la Obama Fondation, cette organisation du couple Obama qui tente “d’encourager les gens à passer à l’action et leur donner la force de changer leur monde pour le rendre meilleur”.

“Toi et moi, on est une équipe”

Our future will be shaped by the next generation—and @GretaThunberg isn’t waiting to get started. At 16, Greta is a leading voice in the fight to save our planet. Yesterday, she sat down with @BarackObama for a conversation about how no one is too young to change the world. pic.twitter.com/7qnIXyUY8P— The Obama Foundation (@ObamaFoundation) September 17, 2019

“Toi et moi, on est une équipe”, a affirmé l’ancien président à l’adolescente qu’il qualifie de “l’une des plus grandes défenseures de notre planète”. Il a également salué la ténacité de Greta Thunberg, et sa prise de conscience “du fait que sa génération sera la plus durement touchée par les changements climatiques” et “qui n’a pas peur de réclamer que des mesures concrètes soient prises”.

>> A lire aussi : Haine anti-Greta Thunberg : “Les gardiens du système climaticide ne trouvent plus d’arguments”

Après avoir échangé quelques checks de la main, ils ont parlé changement climatique, et mobilisation de la jeunesse. Vendredi dernier, Greta Thunberg avait déjà participé à une manifestation sur le climat de jeunes mobilisés devant la Maison Blanche.
Un défilé géant est d’ailleurs prévu le 20 septembre prochain, quelques jours avant le sommet sur le climat de l’ONU. “Personne n’est trop petit pour avoir un impact et changer le monde, alors faites tout ce que vous pouvez”, a déclaré la jeune suédoise.



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Publish date : 2019-09-18 10:55:02

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Un sketch des “Grosses Têtes” sur Aya Nakamura fait polémique

Un sketch des “Grosses Têtes” sur Aya Nakamura fait polémique




Dans l’émission Les Grosses Têtes de RTL diffusée exceptionnellement sur France 2 ce samedi 14 septembre, l’animateur radio Florian Gazan s’est lancé dans une imitation complètement ratée de la chanteuse Aya Nakamura qui n’a pas été du goût de tous. Si certains internautes estiment “qu’il faut arrêter de s’insurger pour tout et n’importe quoi”, pour d’autres, il s’agit bien là d’un énième cas de “racisme ordinaire”.
Back to the 80s ! pic.twitter.com/4GWe7HMriE— doudou Jackson (@doudoujackson) September 18, 2019

Le pire ? C’est qu’ils vont même pas comprendre pk ce genre delire est complètement raciste !!! Bienvenue dans le pays des Lumières en 2019— Mo (@MoSavastano) September 18, 2019

Je ne comprends même pas… Aya n’a pas d’accent… donc je ne comprends pas.— Mélissa Raynaud (@MelRaynaud93) September 18, 2019

“Florian Gazan, il pourrait faire N’oubliez pas les paroles parce qu’il est capable de chanter toutes les versions… par exemple, cette chanson de Francis Cabrel par Aya Nakamura, ça donne quoi ?”, lance Laurent Ruquier à son chroniqueur pendant l’émission. Réaction immédiate de l’intéressé qui se met à fredonner l’air de Djadja en remplaçant les paroles par “waka” – seul mot qu’il utilisera pour sa parodie – tout en prenant un accent ressemblant à celui régulièrement utilisé par Michel Leeb.
Tandis que Laurent Ruquier et l’ensemble des personnes présentes sur le plateau éclatent de rire, seule Caroline Diament semble percevoir l’aspect problématique de la scène : “Il va se faire tuer…”, plaisante-t-elle tout de même. Contactée par Les Inrocks, France Télévision n’a pas souhaité réagir indiquant simplement que “France TV laisse l’intéressé s’exprimer à ce sujet”. De son côté, le service de communication de RTL – chaîne partenaire de la diffusion télévisée de son émission Les Grosses Têtes – déclare que, n’ayant pas produit cette émission, la chaîne n’avait “pas la main dessus”.

Une séquence qui rappelle le “sketch de l’Africain” de Michel Leeb

L’humoriste Kévin Razy, a vivement réagi sur Instagram où il a déploré qu’une telle parodie – qu’il a comparée au “sketch de l’Africain” de Michel Leeb – puisse encore être diffusée en 2019 : “Alors là, il est grand temps de dépoussiérer le PAF de ces gens en décalage générationnel parce que… imiter Aya Nakamura avec un accent à la Michel Leeb, c’est pas possible les frères. Je vois même pas la drôlerie… Laissez-nous faire de l’humour sincèrement, nous c’est notre taff. Vous avez pris ce qu’il fallait prendre pendant 30 ans maintenant faut nous laisser manger…”

Cher Flo Gazan y’a que toi qui as capté ta référence à Shakira… On t’avait lancé sur Cabrel. Bref, affaire classée. Bisous— Kevin Razy (@KevinRazy) September 18, 2019

Oui sur Cabrel « je l’aime à mourir » repris par Shakira que je chante juste avant si t’y avais pris la peine de voir toute la séquence mais c’est ça les réseaux on juge et on s’enflamme sur un petit extrait sorti souvent du contexte. Sans rancune non plus. Bisous— Florian Gazan (@flogazan) September 18, 2019

Cette séquence n’est pas sans rappeler des polémiques passées. Notamment le sketch de Michel Leeb – auquel Kévin Razy fait référence – dans lequel il prend un accent se voulant “africain”. Un “personnage” que l’humoriste a joué pendant des décennies sans voir, lui non plus, le problème… En 2017 alors que Michel Leeb reprenait une énième fois le “sketch de l’Africain”, suscitant une vive polémique, il déclarait sur le plateau de Salut les Terriens (C8) : “Actuellement sur scène, je fais l’Africain, c’est-à-dire que je raconte l’histoire du jazz en partant de l’Afrique, vraiment, avec un personnage qui parle de cette manière-là. Parce que l’Afrique, c’est ce langage-là. Je fais une caricature de ce personnage […] mais il n’y a jamais eu une seconde une once de racisme”.

Gad Elmaleh et Kev Adams

Fin 2016, les humoristes Gad Elmaleh et Kev Adams avaient, eux aussi, joué un sketch largement controversé qui tournait en dérision les coutumes des Asiatiques, avec au programme : déguisements grotesques et accents caricaturaux. En réponse, la DJ Louise Chen publiait alors une tribune sur Lesinrocks.com dans laquelle elle écrivait en préambule : “Je suis en réalité très très en colère parce qu’on a essayé de me faire croire l’espace d’un sketch que c’est ça la France de 2017.” Et interpellait :
“Avec ce sketch, symboliquement, Kev Adams et Gad Elmaleh se sont, en quelque sorte, illustrés comme portes-paroles de la France. Nous Français allons rire tous ensemble de ‘l’étranger’. On va isoler un peuple tout entier, un peuple d’un peu plus de 1,385 milliard et on va s’en moquer. Et qui de mieux pour incarner l’étranger que l’Asiatique ?”
“Ce sketch s’ap­puie volon­tai­re­ment sur des clichés : il n’y a aucune malice, il n’y a aucune inten­tion de bles­ser une commu­nauté. On ridi­cu­lise les clichés, c’est même une mise en abîme. C’est presque un sketch sur un sketch sur les Asia­tiques”, s’était défendu Gad Elmaleh sur C8. Rappelons que le racisme se définit par une “attitude d’hostilité et de mépris envers des individus appartenant à une race, à une ethnie différente généralement ressentie comme inférieure”.



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Publish date : 2019-09-18 18:30:41

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Le premier rapport sexuel ne serait pas consenti pour une Américaine sur seize

Le premier rapport sexuel ne serait pas consenti pour une




D’après une étude américaine publiée lundi 16 septembre dans la revue JAMA Internal Medicine et repérée par l’AFP, une femme sur seize aux Etats-Unis n’aurait pas été consentante lors de son premier rapport sexuel. Les chercheurs plantent le décor en déclarant : “Le mouvement #MeToo lancé en 2017 a mis en lumière la façon dont les femmes subissent la violence sexuelle. Cependant, aucune étude récente n’a évalué la prévalence de la contrainte lors du premier rapport sexuel et son impact en termes de santé.”
Alors, pour pallier le manque d’informations sur le sujet, une étude réalisée par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies – sur laquelle se base le rapport – a recensé les témoignages de près de 13 000 femmes, âgées de 18 à 44 ans, entre 2011 et 2017. Parmi elles, 6,5 % ont déclaré ne pas avoir été consentantes lors de leur premier rapport sexuel, soit l’équivalent de 3,3 millions de femmes si l’on rapporte ce résultat à l’échelle du pays. L’enquête révèle les impacts de ce traumatisme sur la santé des jeunes femmes, une fois l’âge adulte atteint.
From @jamainternalmed: In a national survey study of American women 18- 44 yo, 6.5% reported forced sexual initiation (mean age 15.6 y), and forced initiation appeared to be associated w adverse reproductive, gynecologic, and general health outcomes https://t.co/hVnzaZJ5vn— JAMA (@JAMA_current) September 16, 2019

Par ailleurs, l’AFP souligne que le terme de “viol” n’est jamais utilisé dans le rapport, “même si des situations qui y sont abordées semblent correspondre à cette définition pénale”.

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Des problèmes de santés significatifs

D’après la revue médicale JAMA, les femmes ayant été forcées lors de leur premier rapport sexuel subiraient des effets négatifs sur leur santé. Elles seraient entre autres victimes de maladies pelviennes inflammatoires, ou encore de problème d’ovulation lors de leurs règles. En moyenne, ces femmes interrogées avaient plus de 15 ans lors de leur premier rapport, et leur partenaire était plus âgé.
En France, une étude du genre avait été réalisée en octobre 2018. L’agence Santé publique France avait lancé la campagne de sensibilisation, “OK pas OK”, pour attirer l’attention sur la notion de consentement dans les rapports sexuels des jeunes. D’après les chiffres du baromètre santé 2016, 10,7 % des femmes “auraient cédé aux attentes de leur partenaire lors du premier rapport”, contre 6,9 % chez les hommes.

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Des rapports sous le coup de la menace et de la pression

Parmi les chiffres énoncés dans le rapport de la revue JAMA, 56,4 % des femmes ont fait l’objet de pressions verbales lors de leur premier rapport, et 22 % ont été forcées de boire ou se droguer. Aussi, 46,3 % ont témoigné avoir été maintenues contre leur gré, 25,1 % ont été victimes de violences.



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Publish date : 2019-09-18 18:46:49

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Portraits Macron : “La désobéissance civile n’est pas une menace pour la démocratie, au contraire”

Portraits Macron : “La désobéissance civile n’est pas une menace




Lundi 16 septembre, l’annonce de la relaxe à Lyon de deux militants d’Action non-violente COP21 (ANV-COP21), jugés pour “vol en réunion” pour avoir décroché un portrait du Président de la République, a agréablement surpris l’opinion publique – du moins, les personnes les soutenant. Et pour cause, cela faisait près de quinze ans qu’une telle décision n’avait pas été rendue par un juge pour les motifs “d’état de nécessité” et de “motif légitime” appliqués à la cause environnementale.
La notion d’état de nécessité – prévue à l’article 122-7 du Code pénal – renvoie à l’idée selon laquelle “n’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien”.
Les juges du tribunal de grande instance de Lyon ont donc estimé que le fait de décrocher et de garder des portraits officiels d’Emmanuel Macron, au nom de “l’urgence climatique”, relevait de cette notion ainsi que du “motif légitime”. Une décision qui a fait débat, cf. ce papier de France info. Le parquet a quant à lui fait appel.
Ces deux militants ne sont pas les seuls concernés par des procédures judiciaires – selon ANV-COP21, “la rentrée [s’est faite]… au tribunal” pour l’ONG, celle-ci évoquant 17 dates de procès, 74 perquisitions et 57 convocations de ses membres. Neuf personnes comparaissaient par exemple à Paris mercredi 11 septembre, pour les mêmes motifs que les militants de Lyon.
Présent lors de cette audience parisienne, le sociologue Manuel Cervera Marzal, spécialiste de la désobéissance civile, revient pour les Inrocks sur la portée de la décision du tribunal de grande instance de Lyon et sur les enjeux de ces nouveaux modes d’actions.
Pourquoi avoir choisi de participer au procès des neuf militants écologistes mercredi 11 septembre ?
Manuel Cervera Marzal – C’est l’avocat des prévenus qui m’a sollicité, en invoquant “mon expertise scientifique sur la question de la désobéissance civile.” J’ai pris quelques jours pour y réfléchir, et j’ai finalement accepté. Pourquoi ? Pas pour prendre la défense des militants, même si j’ai de la sympathie pour leur cause et qu’il serait malhonnête de la cacher. J’y suis allé parce que je pense que les sciences sociales, qui ont beaucoup étudié la désobéissance civile, peuvent aider la justice à comprendre les ressorts de ce phénomène.
En l’occurrence, et c’est ce que j’ai brièvement essayé de montrer à la magistrate durant les dix minutes qu’elle m’a accordées, de nombreux travaux en sociologie, en histoire, en philosophie et en psychologie sociale, montrent que la désobéissance civile n’est pas une menace pour la démocratie, bien au contraire.
Qu’est-ce que cette relaxe symbolise aujourd’hui ?
On peut se réjouir de cette décision, voire parler de bataille gagnée, mais on ne peut pas parler de décision historique. Il y a eu un précédent cas dans les années 2005, où le tribunal correctionnel d’Orléans avait prononcé la relaxe pour l’affaire des faucheurs d’OGM, qui alertaient sur la dangerosité sanitaire et environnementale des épis de maïs transgéniques. Ils avaient été relaxés en première instance pour le même argument utilisé par le juge de l’époque, c’est-à-dire l’état de nécessité appliqué à la cause environnementale. Quelques mois plus tard, cela avait été cassé en appel. Il y a eu deux ou trois cas similaires à l’époque.
Pour rappel, cette notion “d’état de nécessité”, qui est apparue pour la première fois dans la jurisprudence du juge Magnaud, en 1898, implique que des actions illégales peuvent conduire à la relaxe si elles servent un intérêt supérieur. Dans le cas ci-présent, le climat. Le procès de Lyon est le sixième sur près de vingt procès, et les cinq précédents se sont soldés par des condamnations. La tendance majoritaire elle est quand même à des condamnations.
Vous faites référence au juge Paul Magnaud, inventeur de “l’état de nécessité”, précurseur dans son domaine. Quel parallèle fait vous avec la décision rendue lundi ?
C’est une figure complètement oubliée par nos contemporains, qu’on gagnerait à redécouvrir. Ce juge a une histoire très parlante, car il a pris toute une série de décisions qui allaient complètement à l’encontre de son temps. Il a notamment décidé que la violation de la propriété privée n’était pas un problème quand il s’agissait d’un intérêt supérieur.
Quelques années après, il a prononcé le premier divorce mutuel entre deux époux et la loi sur l’adultère. Il avait aussi relaxé une jeune femme ayant volé du pain pour nourrir son enfant, au motif que l’acte avait été motivé par un besoin de première nécessité. Il a été précurseur sur des sujets qui sont ensuite rentrés dans la loi, et il en a payé de sa personne. On peut faire un parallèle avec les désobéissants eux-mêmes, qui se mettent dans l’illégalité pour des choses qui vont sûrement devenir légales. Ce sont des condamnations de personnes en avance sur leur époque.
Vous mettez en lien les enjeux climatiques et les enjeux démocratiques. Est-ce urgent de se saisir de ce genre de mode d’action ?
Je pense que les modes d’expression traditionnels se révèlent aujourd’hui beaucoup trop lents face à l’urgence de la menace. Quand on voit la façon de procéder de “L’affaire du siècle” – des assos qui ont attaqué l’Etat en justice pour son “inaction défaillante” en matière d’écologie -, je ne dis pas que c’est un mode d’action contradictoire avec la désobéissance civile, mais simplement qu’il ne suffit pas.
Aujourd’hui, chaque jour compte et se traduit par une accélération du réchauffement climatique. On ne peut pas se payer luxe d’attendre en faisant uniquement des procès juridiques, uniquement des manifestations, des pétitions ou en se contentant d’aller voter pour les partis dont on pense qu’ils prendront au sérieux la cause climatique.
Ces mouvements de lutte non-violents ont déjà existé par le passé. En quoi ceux d’aujourd’hui sont-ils novateurs ?
On assiste aujourd’hui à un renouveau de la désobéissance civile. Au sein de la grande mouvance écologique, on a vu s’opérer un basculement des modes d’actions. Aujourd’hui, des grandes ONG comme WWF, avec des centaines de salariés, se sont institutionnalisées, et sont beaucoup plus dans un rapport de collaboration avec l’Etat, notamment à travers des concertations et des grenelles de l’environnement.
Elles sont quasiment devenues des entreprises de l’environnement, ce qui les a conduits à euphémiser leur discours et leurs modes d’action. Cela a clairement créé un décalage et un sentiment d’insatisfaction chez la jeune génération militante, qui prend conscience de l’urgence climatique. Cette nouvelle génération se dit que ce que proposent ces ONG, c’est peut-être bien, mais que c’est largement insuffisant, et pas assez radical. Elle se tourne donc aujourd’hui vers des actions plus directes, comme le blocage des ponts ou le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron. Je vois un clivage générationnel qui recoupe politique et stratégie.

>> A lire aussi : On a suivi les militant.e.s écolos parti.e.s bloquer les pollueurs à la Défense

Ces mouvements sont de plus en plus nombreux. D’où vient ce regain d’actions de désobéissance civile ?
D’abord, il y a eu la prise de conscience d’une part croissante de la population française. Celle-ci prend de plus en plus en considération le péril et se dit que, face à une grande menace, il faut une réponse forte, et que la désobéissance civile en fait partie. Il y a aussi le fait que ce mode d’action a déjà fait ses preuves par le passé.
C’est grâce à cela qu’il y a une vingtaine d’années, la question des OGM et la question de leur nuisance environnementale a été mise sur la table. Cela a permis d’introduire de nouveaux débats. Par ailleurs, il faut aussi soulever le fait qu’il y a également eu un durcissement répressif de l’Etat, qui conduit à une radicalisation du mode d’action. Les deux s’alimentent l’un l’autre.
Vous avez déclaré lors du procès parisien que “la désobéissance est comme une respiration et pas comme une menace pour la démocratie”…
La démocratie n’est jamais un état définitif et figé dans le marbre. En fait, c’est ce dont on s’aperçoit rétrospectivement quand on regarde les grands cas de désobéissance civile, tant du côté de Gandhi, Martin Luther King ou encore Henry David Thoreau [philosophe américain chantre de la non-violence, ndlr]. A chaque fois, sur le moment, ces mouvements ont été vilipendés, stigmatisés comme étant des fossoyeurs de la loi et de la démocratie. Et on s’aperçoit a posteriori qu’on en revient à cette idée de “précurseur”. Pour aller vers plus de démocratie, il faut parfois transgresser la loi qui a été votée.



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Publish date : 2019-09-18 17:19:11

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