close

Les Inrocks

Les Inrocks

[Vidéo] La réponse parfaite à “Hold-up” existe, et c’est un docu sur les chats

[Vidéo] La réponse parfaite à “Hold-up” existe, et c'est un docu sur les chats




Depuis quelques jours, une vidéo publiée en 2016 sur Vimeo refait surface. Son titre est tout un programme : Révélation : la véritable identité des chats. Ce documentaire reprend tous les codes d’une vraie vidéo complotiste, soutenant que les chats sont en fait…des extraterrestres. Mais il s’agit d’un subterfuge ! 
En fait, il a été réalisé par une classe de seconde d’un lycée de Bondy, comme le relate France Inter, pour mettre au jour les mécanismes des théories du complot qui deviennent virales sur Internet. Evidemment, alors que le documentaire Hold-up – qui distord la réalité pour défendre une vision conspirationniste de la crise du Covid-19 – n’en finit pas de se diffuser depuis le 11 novembre, en surfant sur le discrédit de toutes les autorités, voir ce faux documentaire aujourd’hui s’avère très utile. 

>> A lire aussi : “Hold-up” : pourquoi l’indifférence à la vérité a gagné du terrain

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

“La meilleure réponse au gloubiboulga complotiste”
D’ailleurs, la vidéo a été relayée par le journaliste à Télérama Samuel Gontier, qui la présente comme “la meilleure réponse au gloubiboulga complotiste et fascisant de Hold-up”. 
Si vous ne l’avez pas encore vue, voici sans doute la meilleure réponse au gloubiboulga complotiste et fascisant de “Hold-up”. Un film réalisé en 2016 par des lycéens de Bondy.https://t.co/7PfuoEE7Bp— Samuel Gontier (@SamGontier) November 20, 2020
Et ce n’est pas le seul à encourager à voir ce film, pour répondre à celles et ceux qui sont sensibles au discours tenu dans Hold-up. En effet, à partir de 4 minutes, la vidéo bascule pour reprendre depuis le début, et décrypter les codes utilisés précédemment pour attester de la théorie selon laquelle les chats sont envoyés sur Terre pour nous manipuler. “Ce que vous venez de voir est une fausse vidéo que nous avons fabriquée, nous, une classe de seconde”, explique la voix off. Commence alors le making-of du film, qui présente tous les ingrédients pour faire une bonne vidéo complotiste. 
“Les choses sont peu dites, seulement suggérées”
Voix anxiogène, structure linéaire et historique, citations et images fort à propos, éléments véridiques et d’autres invérifiables… Tout y est. William Laboury, le réalisateur derrière ce film avec la Fabrique du regard, interrogé aujourd’hui par France Inter, explique : “Je viens du monde du montage. L’idée n’était pas de débattre de ce qui est vrai ou faux mais juste de montrer à quel point c’est facile de manipuler l’information, de prouver tout ce qu’on veut.” 
Après avoir vu Hold-up, il affirme qu’il trouve des ressemblances avec le faux documentaire réalisé lors de son atelier scolaire : “On s’était dit qu’il ne fallait jamais formuler que les chats étaient des extraterrestres mais juste le suggérer, amener des éléments qui poussent le spectateur à se le dire lui-même. Dans Hold-up, les choses sont aussi peu dites, seulement suggérées. On passe d’ailleurs 1h20 avant d’avoir la moindre explication.” Il en faudra sans doute plus pour convaincre les aficionados de Hold-up, mais c’est un bon début. 

>> A lire aussi : Barbara Stiegler : “On assiste à un basculement spectaculaire dans l’arbitraire”



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/20/actualite/societe/video-la-reponse-parfaite-a-hold-up-existe-et-cest-un-docu-sur-les-chats/

Author :

Publish date : 2020-11-20 17:16:12

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Un street artiste épingle les masques de “50 connards” trouvés dans la rue

Un street artiste épingle les masques de “50 connards” trouvés dans la rue




Après avoir changé en octobre dernier les étiquettes de 200 bouteilles Coca-Cola pour alerter les consommateurs sur les déchets plastiques, le street artiste niçois Toolate a décidé de s’en prendre aux pollueurs ordinaires, de ceux qui se délestent nonchalamment de leur masque chirurgical dans la nature, parfois même à quelques centimètres d’une poubelle. “Pour les confinés, et ce, jusqu’au 1 er décembre, venez découvrir 50 œuvres uniques dans les rues de Paris. Merci aux connards pour leurs contributions, sans qui ces 50 masques trouvés par terre n’auraient jamais pu être exposés”, lâche-t-il dans un post Instagram datant du 14 novembre. Le street-artiste a émaillé la capitale d’une cinquantaine d’œuvres d’art : des masques encadrés avec pour titre “Voici l’œuvre d’un connard”. 
Des masques à usage unique 
“C’est en voyant tous ces masques au sol que j’ai eu cette idée, il y a quelques jours, et j’ai voulu mettre en place l’action rapidement. Ce genre de sujet n’attend pas. D’autre part, comme les musées sont fermés actuellement, je me suis dit que c’était le moment d’amener l’art dans les rues tout en sensibilisant les gens à ce fléau écologique”, raconte aux Inrockuptibles l’artiste. Au total, Toolate a placé 50 tableaux signés et numérotés dans Paris, du côté de la très passante place de la République jusqu’au cossu XVIe arrondissement. Démontrant ainsi que les pollueurs sont partout, même dans les quartiers chics. Certains masques ont déjà été retirés par la mairie de Paris, d’autres ont été récupérés par des passant·es : “Tant mieux si des gens veulent conserver un mauvais souvenir de ce virus dans leur salon”, ironise-t-il. 
C’est en observant le nombre croissant de masques jetés au sol que l’artiste a décidé de se pencher sur la question. “Ça m’a beaucoup interpellé et en me renseignant, j’ai appris que la France avait commandé 2 milliards de masques en Chine, et qu’un masque met 450 ans à se désagréger. Ils ont aussi beaucoup de chances de finir dans les océans. J’ai beaucoup réfléchi au moyen de traiter ce sujet et c’est alors que j’ai eu l’idée d’immortaliser ce geste, qui manque de civisme, en l’encadrant comme une œuvre d’art. Evidemment, je suis conscient que ce n’est malheureusement pas le seul objet polluant. Il y aurait beaucoup de choses à encadrer : les mégots, les chewing-gums, les bouteilles en plastique, mais j’ai jeté mon dévolu sur les masques, puisque ces objets ont récemment intégré notre quotidien et qu’ils demandent une attention toute particulière. Tout le monde est concerné car tout le monde doit porter des masques.”

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

>> A lire aussi : “Hold-up” : pourquoi l’indifférence à la vérité a gagné du terrain

“L’Homme est un loup pour l’Homme”
Toolate regrette que l’écologie soit un sujet souvent relégué après les autres. “C’est normal que les gens veuillent se protéger du virus, et si cette pandémie, je l’espère, prendra fin un jour, en revanche, les masques seront toujours là. De façon globale, l’écologie est toujours un sujet qui arrive bien longtemps après. C’est le propre de l’homme : se poser les questions quand il est déjà trop tard. C’est d’ailleurs le fil conducteur de tous mes travaux et c’est pour ça que j’ai choisi ce nom d’artiste.”
Avec cette exposition éphémère, Toolate espère sensibiliser les consommateur·rices à l’écologie et à la pollution en leur démontrant qu’ils et elles sont au cœur du problème. “L’écologie est un domaine qui m’inspire car l’humanité a encore beaucoup de travail à faire à ce sujet. Mais mon but premier est avant tout, de pointer du doigt la connerie humaine. ‘L’Homme est un loup pour l’Homme’, finalement, nous sommes les seuls coupables de notre propre malheur. Je pense qu’on est dans une société individualiste, où un connard peut se permettre de jeter son masque par terre sans se soucier de ce qu’il va devenir. J’ai lu des commentaires disant : ‘Oui, mais il est peut-être tombé sans faire exprès ?’ Bizarrement, je n’ai jamais trouvé de billets de 50 euros au sol. Ça prouve qu’on perd bien ce qu’on a envie de perdre.” A bon entendeur… 

>> A lire aussi : Barbara Stiegler : “On assiste à un basculement spectaculaire dans l’arbitraire” 



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/19/actualite/actualite/un-street-artiste-expose-les-masques-de-50-connards-jetes-dans-la-rue/

Author :

Publish date : 2020-11-19 12:58:14

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

“Hold-up” : pourquoi l’indifférence à la vérité a gagné du terrain

“Hold-up” : pourquoi l’indifférence à la vérité a gagné du terrain




Rarement un film aura aussi bien porté son nom. Depuis sa sortie le 11 novembre, le documentaire Hold-up semble avoir réalisé une sorte de séquestration indirecte de l’espace médiatique, qui s’interroge en longueur et à raison sur cet “autre virus” qui se répand à une vitesse inquiétante : celui du complotisme. Réalisé par l’ancien journaliste Pierre Barnérias, et éloquemment sous-titré “Mensonges, corruptions, manipulations : retour sur un chaos”, Hold-up a en effet été visionné des centaines de milliers de fois. En dépit de son retrait de la plateforme Vimeo, où il était disponible à la location, le film réapparaît de manière irrépressible sur différents réseaux où il est en accès libre (des extraits sont même diffusés sur Instagram et Snapchat, touchant un public jeune). 
Le documentaire fait intervenir 37 protagonistes, souvent présentés comme des expert·es : de Christian Perronne, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Raymond-Poincarré de Garches (Hauts-de-Seine), au directeur de la publication de France Soir (titre qui n’a plus rien de journalistique), Xavier Azalbert, en passant par l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy et la sociologue Monique Pinçon-Charlot, qui ont apporté leur crédit au film avant de s’en désolidariser a posteriori. Pendant 2h45, ils sont filmés sur fond noir et leurs paroles s’enchaînent quasiment sans respiration, avec une musique dramatique en sourdine. Comme l’ont montré plusieurs articles (Libération, Le Monde), de nombreuses contre-vérités sont assénées sans contradictoire, et avec l’approbation de la voix off, tout à sa démonstration. Celle-ci peut se résumer ainsi : la crise du Covid-19 n’est qu’une vaste supercherie mondiale ourdie par Bill Gates, David Rockefeller et Jacques Attali, pour “réinitialiser le système financier”, quitte à transformer “la planète entière en salle d’expérimentation”. 

“Le discours officiel était en décalage avec la réalité”

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/17/actualite/societe/hold-up-pourquoi-lindifference-a-la-verite-a-gagne-du-terrain/

Author :

Publish date : 2020-11-17 18:20:34

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Une pétition appelle Christiane Taubira à se présenter à la présidentielle

Une pétition appelle Christiane Taubira à se présenter à la présidentielle




A un an et demi de l’élection présidentielle de 2022, et alors que le seul candidat déclaré à gauche est pour l’instant Jean-Luc Mélenchon (qui a obtenu jeudi 12 novembre les 150 000 parrainages qui conditionnaient sa candidature), certain·es militent pour que Christiane Taubira se lance à son tour. A l’initiative de l’écrivaine Cloé Korman et du producteur Maxime Ruszniewski, 80 citoyen·nes dont Juliette Binoche, Mati Diop et Eric Reinhardt ont signé une pétition, relayée sur un blog de Mediapart, pour que l’ancienne garde des Sceaux de François Hollande passe le pas. 
Dépasser les “divisions historiques”
“La diversité du vivant se meurt, les inégalités ne cessent de s’aggraver, nous ne voulons plus être des Cassandre qui voient venir la destruction et ne peuvent rien faire pour l’empêcher”, écrivent les signataires de cette lettre adressée à Mme Taubira. Selon leur vision du moment politique, les valeurs et les espoirs portés par la gauche sortent “renforcés” par la crise sanitaire et sociale, car celle-ci a mis en évidence la nécessité de services publics forts, d’une redistribution des richesses et d’une transition écologique. C’est pourquoi, afin de dépasser les “divisions historiques” entre partis de gauche, ils demandent à Christiane Taubira de se présenter.  
“Nous pensons que vous pouvez être décisive dans la réalisation de ce mouvement [de réunion des forces progressistes, ndlr] car votre parole est unique”, défendent-ils, en arguant du bilan politique de Christiane Taubira (de la loi sur la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité à la loi sur le mariage pour tous). 

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

>> A lire aussi : Entretien avec Benoît Hamon : “Je ne me vis pas du tout comme une victime”

La candidature de Jean-Luc Mélenchon
L’émergence de cette pétition, signée par 300 personnes à l’heure où nous écrivons ces lignes, n’est sans doute pas étrangère à la récente annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon – à laquelle il n’est jamais fait référence dans ce texte. Celle-ci a été accueillie froidement par les autres partis de gauche. En 2017, EELV avait soutenu Benoît Hamon, le candidat du PS (6,3% des voix). Le PCF avait pour sa part soutenu Jean-Luc Mélenchon (19,5%). 
Les signataires pensent que Christiane Taubira serait mieux à même de rassembler. Cependant, selon un sondage Elabe (daté du 12/11/2020), parmi une liste de treize personnalités de gauche testées (incluant Christiane Taubira), Jean-Luc Mélenchon est la personnalité qui incarne le mieux l’avenir de la gauche pour l’ensemble des Français. C’est en effet la première personne citée (21%), devant Anne Hidalgo, Ségolène Royal, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg ou encore Christiane Taubira (8%), qui arrive dixième. Si l’on ne prend en compte que les sympathisants de gauche, le chef des Insoumis reste également la première personne citée (37%), devançant Anne Hidalgo (25%), Yannick Jadot (22%), Benoît Hamon (21%) et Christiane Taubira (16%). 

>> A lire aussi : Portrait de Chantal Mouffe, la philosophe qui inspire Hamon et Mélenchon



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/16/actualite/politique/une-petition-appelle-christiane-taubira-a-se-presenter-a-la-presidentielle/

Author :

Publish date : 2020-11-16 17:21:49

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

La gestion de la crise sanitaire vue par Barbara Stiegler, philosophe et professeure “en grève” 

La gestion de la crise sanitaire vue par Barbara Stiegler, philosophe et professeure “en grève” 




Alors que la crise sanitaire semble s’être installée pour durer, et que la perspective d’autres catastrophes obscurcit l’avenir, jamais peut-être l’injonction néolibérale à s’adapter n’a été aussi forte, effaçant toutes les alternatives possibles. C’est dire si Barbara Stiegler a été visionnaire en publiant en 2019 son livre sur la généalogie du néolibéralisme contemporain, “Il faut s’adapter” – Sur un nouvel impératif politique (Gallimard).
La philosophe spécialiste de Nietzsche, enseignante à l’université de Bordeaux où elle est responsable du master Soin, éthique et santé, a fait récemment paraître Du cap aux grèves (Verdier), un récit vibrant de son engagement avec les Gilets jaunes, puis avec les grévistes contre la réforme des retraites. Désormais impliquée dans une grève paradoxale qui consiste à aller voir ses étudiant·es dans une université vide, “alors que tout est fait pour qu’on les laisse tomber”, elle s’érige contre les injonctions contradictoires du gouvernement qui conduisent au sacrifice d’“une génération entière”.
Depuis le 30 octobre, nous sommes à nouveau confiné·es, avec attestation obligatoire et limite kilométrique pour les déplacements. Que vous inspire cette gestion de crise et la pluie de météores d’interventions étatiques depuis mars 2020 ? 

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

Barbara Stiegler — Ce reconfinement est un immense aveu d’échec de la part de ceux qui nous gouvernent. Eux-mêmes s’étaient engagés à ne plus y recourir. L’effet de surprise et de déni de la première fois ne peut plus, cette fois, être plaidé. Pendant que des dizaines de milliards ont été dépensées pour un hypothétique plan de relance, poursuivant exactement la même logique que celle des politiques fiscales favorables aux grandes entreprises, rien n’a été fait pour réarmer le système hospitalier et mettre au point une véritable stratégie de santé publique face à ce virus. Bien plus, la loi de finances de la Sécurité sociale pour 2021 poursuit la logique austéritaire pour l’hôpital.
Mais peut-on vraiment dire que le gouvernement n’a rien fait ? N’est-il pas au contraire constamment occupé depuis mars à gérer cette crise ? 
Vous avez raison, le gouvernement a été très actif, car il a en fait continué à appliquer son programme. Alors que la crise sanitaire lui opposait un démenti cinglant, il a poursuivi la destruction de l’hôpital, en supprimant des lits, et il a continué à maltraiter son personnel et à mépriser ses revendications. Dès le mois de mai, les managers ont un peu partout repris la main sur les soignants, et le Ségur de la santé, avec sa logique de primes et de médailles aux plus méritants, a semé la division. La déception a été immense et elle a provoqué des démissions et des burn-out en masse, s’ajoutant aux graves effets collatéraux du premier confinement.
Le 16 juin dernier, à Paris, sur l’esplanade des Invalides embrumée par les gaz lacrymogènes, lors de la première manifestation de soignant·es à l’appel des syndicats et collectifs © Laure Boyer/Hans Lucas/AFP
Avec le confinement, puis l’annonce d’un stop-and-go permanent, la santé des Français s’est profondément détériorée, créant d’innombrables victimes dans le domaine de la santé mentale et des maladies chroniques. Pendant ce temps, rien n’a été fait pour porter secours aux personnes vulnérables à ce virus, qu’on a continué à abandonner à elles-mêmes, tantôt contraintes d’aller au travail sans protection, tantôt confinées dans des logements exigus avec des porteurs sains, tantôt isolées et très éloignées des services de soin. Rien d’étonnant, dès lors, si ces patients affluent aujourd’hui dans les services d’urgence eux-mêmes submergés, ce qui produit un cercle vicieux dont on ne voit pas la fin. 

“Cet enfermement de toute une population conduit à détruire progressivement la société en s’attaquant à tous ses organes vitaux en même temps” 

Vous contestez donc le confinement ?
L’unique forme de prévention que connaisse ce pouvoir – celui de “bloquer la circulation du virus” en enfermant la population et en la contraignant à une vie numérique sur écran – est à la fois inefficace et destructrice. Inefficace, puisque les contaminations continuent et que l’absence de stratégie sur les tests se révèle aussi calamiteuse que la gestion des masques au printemps dernier. Destructrice, puisque cet enfermement de toute une population conduit à détruire progressivement la société en s’attaquant à tous ses organes vitaux en même temps : l’éducation, la culture, la recherche, la vie politique, les échanges sociaux et affectifs, le commerce, l’économie réelle et la santé publique elle-même. 



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/16/actualite/actualite/la-gestion-de-la-crise-sanitaire-vue-par-barbara-stiegler-philosophe-et-professeure-en-greve/

Author :

Publish date : 2020-11-16 11:34:28

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Joe Biden est élu président des Etats-Unis

Joe Biden est élu président des Etats-Unis




Rien ne nous aura été épargné, dans cette course folle à la Maison Blanche, débutée fin 2019 par les déjà rocambolesques primaires démocrates. Alors que la victoire de Joe Biden semblait acquise dès les heures tardives d’une interminable nuit électorale (une fois son discours optimiste conclu par le désormais fameux “Keep the faith guys, we’re gonna win this”), il aura fallu trois jours supplémentaires pour la célébrer, sans être encore certain, à l’heure où sont écrites ces lignes, du nombre total de grands électeurs remportés — plus que 270 en tout cas, c’est l’essentiel. Trois jours de comptage minutieux pour aboutir à une victoire certes incontestable — quoique déjà contestée par le perdant — mais terriblement étriquée.
Trois jours s’apparentant à un supplice chinois pour Donald Trump, qui aura vu ses espoirs de victoire fondre comme neige au soleil, heure après heure, vote après vote, tandis que son “red mirage” laissait place au “blue shift”, par un processus électoral byzantin, que seuls les Etats-Unis, dans leur génie spectaculaire, savent produire. Après le discours de mauvais perdant du Président, le présentateur vedette de CNN, Anderson Cooper résumait ainsi, cruellement, la situation : “C’est comme regarder une tortue obèse sur le dos, se débattant sous le soleil brûlant, réalisant que son temps est terminé.”

Un pays divisé
Mais passé le soulagement immédiat, le champagne aura sans doute un goût amer. En effet, la vague bleue escomptée par les sondeurs, seule à même d’anéantir le trumpisme, n’a pas déferlé. Plus encore qu’en 2016, les instituts de sondage se sont plantés dans les grandes largeurs, ce qu’on pouvait pressentir sur le terrain, instinctivement, en discutant avec des électeurs de Trump.

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

Si leur certitude de l’emporter apparait rétrospectivement comme une fanfaronnade, leur capacité de mobilisation sidérante et leur diversité posent question. Lorsqu’on analyse les premiers résultats, on constate en effet que la vague bleue a existé en réalité, mais qu’elle a été contrée par une vague rouge, à peine moins puissante — et c’est ce petit écart, de quelques dizaines de milliers de voix dans une poignée d’Etats-bascule, qui offre la victoire à Biden et à sa vice-présidente Kamala Harris qui devient la première femme noire des Etats-Unis à occuper ce poste. 
My absurdly precise forecast of the final popular vote margin is Biden +4.3%, with 81.8m votes for Biden and 74.9m for Trump on turnout of 159.6m.

That’s using Edison’s estimate of the outstanding vote in each state and my best guesses for how it will be distributed.— Nate Silver (@NateSilver538) November 5, 2020
Selon les projections, une fois tous les bulletins comptés, la participation devrait dépasser les 160 millions de votes (66% des adultes en âge de voter) : un record absolu, pulvérisant celui de 2016 établi à 136 millions (60%). La bonne nouvelle, c’est que Biden réalise le meilleur score de l’histoire pour un candidat démocrate (près de 85 millions de voix). La mauvaise, c’est que Trump aussi, ayant convaincu plus de 75 millions d’Américains de voter pour lui — contre 63 en 2016. C’est certes une minorité, mais une une minorité élargie et sur-motivée, pour ne pas dire fanatisée, qui va continuer de peser dans la vie politique américaine.
En outre, les démocrates ne reprendront vraisemblablement pas le contrôle du Sénat (on ne le saura qu’en janvier, à l’issue d’un deuxième tour pour les deux sièges de Géorgie), ce qui va gréver leur capacité à réformer le pays. Sans parler de la cour suprême ultra-conservatrice (grâce à la nomination express d’Amy Coney Barrett), qu’il sera impossible de rééquilibrer avant longtemps.
L’ombre Trump planera
Certes, le scénario fasciste s’éloigne, mais derrière cette victoire étriquée de Biden, plane l’ombre du Lincoln project, ce groupe de Républicains anti-Trump dont on a tant aimé retweeter les vidéos assassines et hilarantes, tout en sachant qu’on pactisait avec le diable. Ils sont de fait les grands gagnants de l’élection. Promis à des postes gouvernementaux, ils vont sans nul doute imposer leur centrisme oligarchique à l’administration Biden, dont l’aile gauche (celle de Bernie Sanders, d’Elisabeth Warren, d’Alexandria Ocasio-Cortez) aura du mal peser dans cette configuration. Il n’est même pas certain que le Président-élu puisse choisir librement son cabinet, qui devra passer par les fourches caudines d’un Sénat rouge…
#Election2020. CNN et NBC déclarent @JoeBiden vainqueur, cris de joie à Boerum Hill, Brooklyn depuis plusieurs minutes. New York va être en fête aujourd’hui. pic.twitter.com/l3cRVzGF8A— Mathieu Magnaudeix (@mathieu_m) November 7, 2020
Le trumpisme, nous le disions, n’est pas prêt de disparaître. Une contestation autre que timide au sein du parti républicain est improbable, tant ce mouvement en constitue désormais l’ossature idéologique et stratégique. Si son leader n’a pas, à cette heure, appelé à la guerre civile, comme on pouvait le craindre, il s’accroche au pouvoir tel un bigorneau sur son rocher, et va garder toute sa capacité de nuisance, tant qu’il ne sera pas enterré ou derrière les barreaux (ce qui n’est pas acquis). Il a maintes fois promis de créer sa propre chaine de télévision pour concurrencer Fox News la traitresse (le divorce est consommé avec Rupert Murdoch), et va continuer à faire la seule chose pour laquelle il est compétent : faire prospérer son nom, sa marque, ces cinq lettres maléfiques qui sont, qu’on le veuille ou non, inscrites dans l’Histoire et dans nos têtes (un peu à l’instar de Berlusconi en Italie).
La bulle n’a pas explosé, et la réalité parallèle de Trump va continuer d’exister encore un temps. Le virus QAnon est quant à lui bien ancré (y compris à la Chambre, où une poignée d’élus républicains s’en réclament ouvertement), et va continuer à ravager des cerveaux par millions. Et il ne suffira pas d’ignorer ces cinglés minoritaires pour remettre le pays à l’endroit : la parole de Trump résonne bien au-delà d’eux, parmi une population qu’il serait catastrophique de mépriser, tant elle ne correspond pas à la caricature de rednecks racistes qu’on a voulu en faire (le fameux “panier de déplorables”, funeste commentaire d’Hillary Clinton en 2016 qui a, et qui continue de coûter cher au parti démocrate).
Les gains nets du candidat populiste parmi les minorités (selon le sondage sorti des urnes du New York Times : 12% des Afro-Américains, 32% des latinos et des Asiatiques, 28% des LGBT, 42% des salariés modestes, soit plus qu’en 2016) doivent interroger. Le parti démocrate ne peut plus détourner la tête en se bouchant le nez : afin que le cauchemar s’arrête pour de bon, il est impératif d’en analyser les causes profondes. Et de réparer ce qui peut l’être. Patiemment. Sans arrogance.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/07/actualite/monde/joe-biden-est-elu-president-des-etats-unis/

Author :

Publish date : 2020-11-07 19:45:03

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Ce qu’il ne sera plus possible de faire avec la loi “sécurité globale”

Ce qu'il ne sera plus possible de faire avec la loi “sécurité globale”




Gérald Darmanin l’avait promis aux policiers lors du congrès de l’Unsa Police, en septembre : il ferait interdire la diffusion d’images de policiers dans l’exercice de leurs fonctions si leurs visages ne sont pas floutés. “Personne ne pourra empêcher les gens de filmer, mais je retiens l’idée d’obliger les télés et les réseaux sociaux à ne pas diffuser les images des visages des policiers, mais de les flouter”, avait-il alors déclaré. 
C’est précisément ce qui est à l’étude au parlement, dans la nouvelle proposition de loi “sécurité globale”, dont le troisième volet porte sur la protection des fonctionnaires de police et militaires (comme le rapporte LCP, la proposition vient de franchir l’étape de la commission des lois, avant d’être examinée en séance publique à la mi-novembre, ndlr). L’article 24, qui porte entre autres sur la captation d’images lors des opérations de maintien de l’ordre, a déclenché un tollé. En cas d’adoption de ce projet de loi, le fait “de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police” sera puni d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende.

>> A lire aussi : Contrôle des images de la police : “Un retour évident de la propagande politique”

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

#CettePhotoNexisteraPlus
Exit, donc, les vidéos de journalistes et de citoyens témoignant des opérations de maintien de l’ordre, et dans certains cas, de dérives graves. De nombreuses personnes ont réagi vigoureusement à ce texte sur les réseaux sociaux, notamment avec les hashtags #CettePhotoNexisteraPlus et #LiberteDinformerEnDanger. Plus de 570 000 personnes ont d’ores et déjà signé une pétition : “Si cette loi est votée, l’impunité de la police ne sera que plus grande. Nous nous devons d’empêcher ceci, pour toutes les victimes de la police mais pour toutes celles et ceux qui en seront victimes. Ne les laissons pas faire barrière à nos libertés fondamentales”, déclarent les signataires. 
Avec la nouvelle loi et la restriction de la presse qui va nous obliger à flouter la police
#CettePhotoNexisteraPlus #LiberteDinformerEnDanger pic.twitter.com/XpWRgk5DEw— … 📷 (@NnoMan1) November 2, 2020
David Dufresne, réalisateur du film Un Pays qui se tient sage, sur les violences policières, a recueilli plusieurs témoignages qui montrent tout ce qui a été possible grâce à ces images. Par exemple, les vidéos de l’interpellation de Cédric Chouviat, décédé dans la foulée, le 3 janvier 2020, ou celles de la militante niçoise Geneviève Legay, grièvement blessée suite à une charge des forces de l’ordre le 23 mars 2019, ne seraient plus possibles. De même que la diffusion en direct d’images des forces de l’ordre sur les réseaux sociaux. 
#GenevièveLegay 73 ans à #Nice
Victime de #ViolencesPolicières lors de l’#Acte19 des #GiletsJaunes
Nouvel angle, de #cnews pourtant !!
On y voit bien le policier la pousser avec son #GiletJaune a la main 🤔#CastanerDemission #MacronDemission #Attac_fr pic.twitter.com/cJb5Hb5P8e— Lorentz mathias (@LorentzMathias) March 26, 2019

>> A lire aussi : David Dufresne : “Ces images au téléphone portable, c’est l’histoire”

“Une atteinte grave à la liberté d’informer”
La Défenseure des droits, Claire Hédon, s’est dite “particulièrement préoccupée”, ce 3 novembre, par cette partie du projet de loi, qui ne doit pas “entraver ni la liberté de la presse, ni le droit à l’information”. “L’information du public et la publication d’images relatives aux interventions de police sont légitimes et nécessaires au fonctionnement démocratique”, rappelle-t-elle. Reporters Sans Frontières juge aussi le texte “dangereux” en l’état. 
La députée LRM Alice Thourot, qui porte ce projet de loi avec Jean-Michel Fauvergue, affirme que cette disposition vise des cas où des fonctionnaires ont été identifiés sur des vidéos et menacés ensuite dans leur vie privée. Or, comme nous l’expliquait il y a peu l’avocat Arié Alimi, “cette loi, si elle devait passer, constituerait une atteinte grave à la liberté d’informer. Elle entraînerait tout simplement, en pratique, l’arrêt des diffusions en direct des opérations policières et la disparition de la spontanéité journalistique”. 



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/06/actualite/societe/ce-quil-ne-sera-plus-possible-de-faire-avec-la-loi-securite-globale/

Author :

Publish date : 2020-11-06 15:00:49

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Tous·tes engagé·es auprès des librairies et des disquaires

Tous·tes engagé·es auprès des librairies et des disquaires




Les Inrocks et Nova se mobilisent aux côtés des librairies et des disquaires. Retrouvez sur lesinrocks.com des recommandations de livres par des libraires renvoyant au click and collect de chacun·e, des témoignages d’artistes qui parlent des disquaires et des librairies qui les ont formé·es, des analyses de professionnels.
Tous les vendredis, dans Super Nova, Radio Nova ouvre son antenne à tous les disquaires indépendants de France et d’ailleurs. Chaque jour à 9h20 et 16h20 les recommandations d’un·e libraire et d’un·e disquaire indépendant·es. Et d’autres rendez-vous encore pour soutenir ces commerces essentiels. #rendeznousnoslibrairies  #supportyourlocaldealer

>> A lire aussi : Librairies, disquaires : pourquoi il faut les rouvrir d’urgence

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/02/actualite/medias-actualite/toustes-engagees-aupres-des-librairies-et-des-disquaires/

Author :

Publish date : 2020-11-02 11:33:21

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

[L’édito de Luz] Pourquoi devenir rédacteur en chef le temps d’un numéro ?

[L’édito de Luz] Pourquoi devenir rédacteur en chef le temps d’un numéro ?




Pourquoi accepter l’invitation des Inrockuptibles à être leur rédacteur en chef le temps d’un numéro ?

1. Parce que je suis né à Tours et que ma mère a coiffé la mère d’Arnaud Viviant, l’un des premiers collaborateurs du journal.
2. Parce que j’adorais y lire des interviews-fleuves de groupes shoegaze qui n’avaient absolument rien à dire (genre Ride) pendant mes cours de droit civil, planqué au fond d’un amphi qui était un ancien cinéma porno. 

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

3. Parce que Les Inrocks ont publié mon tout premier dessin de presse sur la musique (My Bloody Valentine chez le dentiste).
4. Parce que, même si je ne suis pas chanson française, je chéris un numéro avec la tête de Jean-Louis Murat en couverture parce qu’il y a un entretien formidable avec Robert Wyatt.
5. Parce qu’être un vieux lecteur des Inrocks, c’est avoir été aussi fidèle qu’infidèle, déçu qu’émerveillé, agacé qu’emballé, fâché que réconcilié, et j’ai été tout cela sans regret.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/03/actualite/actualite/ledito-de-luz-pourquoi-devenir-redacteur-en-chef-le-temps-dun-numero/

Author :

Publish date : 2020-11-03 15:27:39

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

[Vidéo] Des célébrités rendent un hommage émouvant à Samuel Paty

[Vidéo] Des célébrités rendent un hommage émouvant à Samuel Paty




Camélia Jordana, Patrick Pelloux, Richard Berry, JoeyStarr, Elsa Wolinski, Ana Girardot, Guillaume Gouix ou encore Julie Gayet. En tout, vingt-et-une personnalités médiatiques françaises ont tenu à rendre un dernier hommage à Samuel Paty et à l’ensemble du corps enseignant, en récitant les vers de Liberté face caméra. A l’initiative du collectif artistique et solidaire Music4heroes créé lors du premier confinement, cette vidéo collective a été réalisée sans fioritures, au smartphone et en noir et blanc.
Le poème de Paul Eluard a rarement été aussi émouvant, prenant un écho particulièrement tragique dans les circonstances actuelles. Surtout lorsqu’Elsa Wolinski et Patrick Pelloux – directement concerné·es par les attentats de Charlie Hebdo – évoquent “toutes celles et tous ceux qui défendent la liberté”… Cette vidéo a été mise en ligne le jour de la rentrée scolaire des vacances de la Toussaint pour qu’élèves et enseignants puissent “échanger, réfléchir et rendre hommage à Samuel Paty” : “Le 16 octobre était sauvagement assassiné un hussard de la République dans l’exercice de sa vocation (…). Face à l’obscurantisme, nous refusons le silence. Face aux pressions qu’ils endurent chaque jour, nous souhaitons dire notre soutien aux enseignants de notre pays”.
https://www.instagram.com/tv/CHFGDc4o8Y_/?utm_source=ig_embed

>> A lire aussi : Laurence de Cock sur l’assassinat de Samuel Paty : “Un sentiment de paralysie et d’effroi”

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

>> A lire aussi : Procès des attentats de janvier 2015 : “C’est aussi le symbole du débat sur la censure”




Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/02/actualite/societe/video-des-celebrites-rendent-un-hommage-emouvant-a-samuel-paty/

Author :

Publish date : 2020-11-02 18:46:21

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

17 œuvres emblématiques des années Trump

17 œuvres emblématiques des années Trump




Un vieil adage veut que pire est l’environnement politique, meilleurs sont les arts – en réaction. C’est ainsi que sous Thatcher se sont écrites certaines des plus belles pages du rock anglais (punk, cold wave, new wave, jangle pop, C86…) , tandis que les années 69-74, sous Nixon, ont été celles d’une effervescence artistique extraordinaire (impossible de tout citer, de la protest soul au Nouvel Hollywood).
Qu’en fut-il sous Trump ? Difficile de trancher, entre l’indéniable foisonnement artistique précédemment décrit dans ce dossier spécial, les lapalissades politiquement correctes des films, œuvres ou livres “à thème” (peut-on, encore, outre-Atlantique, créer une œuvre d’art qui n’ait pas un “message à faire passer” ?), les méfaits de la “cancel culture”… Les grandes revendications ont, sous cette présidence pas comme les autres, donné le meilleur comme le pire en matière de création artistique. Retour chronologique sur quelques œuvres emblématiques, dans tous les domaines, des années Trump

2017-2019 : L’insurrection qui vient 

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

1) Split & Glass : une société schizée et surveillée
Il est des œuvres qui parviennent à saisir l’air du temps sans avoir besoin de le formuler noir sur blanc. Le zeitgeist s’y diffuse simplement, naturellement, dans chaque photogramme, dans chaque page, dans chaque note, sans tambour ni trompette. A cet égard, Split et Glass de M. Night Shyamalan sont deux grands films politiques qui ne parlent pas de politique. Deux radiographies de l’Amérique de Trump parmi les plus saisissantes et stimulantes qu’on ait vu ces quatre dernières années, sans faire de référence à Trump. Sorti en février 2017, juste après l’investiture (donc conçu bien avant l’élection, qu’il ne pouvait prévoir), Split nous frappa instantanément par son actualité : à travers l’histoire du kidnapping et de la séquestration de trois jeunes filles par un psychopathe souffrant d’un syndrome de personnalité multiple, le film racontait, en sous-texte, l’émergence d’un homme nouveau, d’une bête immonde née d’un ventre toujours fécond.
Cette colère sourde qui venait, dans la stupeur générale, de porter au pouvoir un dangereux démagogue que l’on ne s’autorisait alors pas encore à nommer fasciste, faisait écho à la colère des “broken” de Shyamalan. Il y avait là l’idée d’une blessure profonde qui ressurgissait : d’abord, sous la forme d’une schize mentale (les 22 personnalités cohabitant dans le cerveau de Kevin), puis d’un monstre surpuissant (la 23e personnalité : the Beast). Cet esprit splité, dont les différentes parties sont sous la coupe réglée d’une brute épaisse alliée à un menteur pathologique, c’est en quelque sorte l’Amérique d’aujourd’hui, où les différents blocs psychiques sont hermétiques les uns aux autres.
Sorti deux ans plus tard, Glass suivait le même horizon politique gazeux, en s’intéressant, cette fois, aux nouvelles technologies de surveillance, et à leur possible retournement pour en faire des outils de libération populaire – ou de débordement populiste, c’était toute l’ambiguïté, captivante, que Shyamalan ne tranchait pas. Le devenir super-héros de tout un chacun est-il un ferment révolutionnaire ou une impasse réactionnaire ? Vous avez deux fois deux heures.

2) Colson Whitehead, “le conteur de l’Amérique” 
Impossible de choisir entre les deux. Le premier, Underground Railroad, avait ouvert le mandat Trump par une note d’espoir. L’histoire extraordinaire de ce réseau clandestin qui permit, à la fin de l’esclavage, de faire passer les premiers affranchis du Sud vers le Nord, apportait l’antidote à l’élection qui nous permettait de croire encore aux Etats-Unis. Le second, Nickel Boys, prolonge son exploration de l’histoire raciste des Etats-Unis à travers une histoire sordide : le scandale de la Dozier School for Boys, institution de l’Etat de Floride fermée à la suite d’accusations de tortures et de meurtres révélées par d’anciens pensionnaires survivants. Deux prix Pulitzer, par le romancier le plus emblématique de ces années 2016-2020, successeur désigné de Toni Morrison, résumé en cette formule, sur sa couverture, par le Time magazine : “Le Conteur de l’Amérique.”
Underground Railroad et Nickel Boys, de Colson Whitehead, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Charles Recoursé, (éd. Albin Michel)
vec “Nickel Boys”, son roman qui paraîtra en France en janvier 2020, Colson Whitehead fait la couverture du magazine TIME qui voit en lui l’un des plus grands écrivains vivants. Voir un auteur à la Une de Time n’était pas arrivé depuis 2010, il s’agissait de Jonathan Franzen. pic.twitter.com/oUIRccHRUm— marianne payot (@mariannepayot) July 4, 2019

>> A lire aussi : Lauréat de deux Pulitzer, Colson Whitehead raconte le racisme US

Retrouvez tous les épisodes de notre série “La Culture contre Trump” :
>> Episode 1 : Quel rapport Donald Trump a-t-il à la culture ?
>> Episode 2 : Comment la “Trump culture” a envahi l’Amérique
>> Episode 3 : Comment les artistes US se mobilisent contre Donald Trump 
3) Get Out, Atlanta, Black Panther : la “black Renaissance”




Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/02/actualite/monde/17-oeuvres-emblematiques-des-annees-trump/

Author : ,

Publish date : 2020-11-02 13:22:03

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

La saine colère d’Ariane Ascaride contre l’oubli de la culture

La saine colère d'Ariane Ascaride contre l'oubli de la culture




Dans son allocution du 28 octobre, annonçant le deuxième confinement, Emmanuel Macron n’a pas eu un mot pour le secteur culturel. Ce black-out a vivement fait réagir. Aujourd’hui, le combat mené par les librairies indépendantes pour leur survie et leur réouverture concentre notamment beaucoup l’attention, à raison. Mais c’est sur l’arrêt général des spectacles, du cinéma et de l’art que la comédienne Ariane Ascaride a écrit une lettre à Emmanuel Macron, qu’elle a lue pour France Inter le 30 octobre. 
“Nous sommes indispensables”
Dans cette missive, la comédienne qui jouait Le Dernier Jour du Jeûne de Simon Abkarian au Théâtre de Paris depuis la rentrée insiste sur le rôle essentiel des artistes, et regrette que le chef de l’Etat l’ait passé sous silence : “Nous sommes indispensables à l’âme humaine, nous aidons à la soigner, je ne parle même pas de tout le travail que nous faisons avec les psychiatres.”

>> A lire aussi : Librairies : pourquoi il faut les rouvrir d’urgence

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

Avec ses mots bien choisis, elle parle au nom de tous·tes les protagonistes du secteur culturel. Et souligne que ce qui est jugé dispensable pour le gouvernement est en réalité indispensable pour tout le monde : “Nous faisons du bruit, nous parlons et rions fort, nous dérangeons certes, mais sans nous, l’expression de la vie est réduite à néant. Aujourd’hui, je suis perdue. Je sais, je veux le croire, les lieux de culture ouvriront à nouveau et on pourra retourner dans les librairies acheter un livre, qu’on glissera dans la poche de son manteau comme un porte-bonheur, un porte vie.” 
“Quelque chose s’est brisé dans mon cœur”
Elle conclut sur une note pessimiste, à la hauteur des inquiétudes qui rongent la société, lassée des catastrophes qui s’amoncellent et qui bouchent l’avenir : “Hier soir, quelque chose s’est brisé dans mon cœur. Je ne sais pas bien quoi. Peut-être l’espérance.”

>> A lire aussi : Ariane Ascaride : “On essaye de tuer la bienveillance dans les milieux populaires”

>> A lire aussi : L’autrice Jeanine Cummins dans la tempête d’une polémique injustifiée



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/11/02/actualite/societe/la-saine-colere-dariane-ascaride-contre-loubli-de-la-culture/

Author :

Publish date : 2020-11-02 11:23:23

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Reconfinement : la culture n’échappe pas au coup de massue

Reconfinement : la culture n'échappe pas au coup de massue




L’appel du Syndicat national de l’édition (SNE), du Syndicat de la librairie française (SLF) et du Conseil permanent des écrivains (CPE) à “laisser nos librairies ouvertes”, lancé le 29 octobre en vue du reconfinement, n’a donc pas été entendu. Lors d’une conférence de presse donnée par le Premier ministre, Jean Castex, le même jour, Roselyne Bachelot a été claire sur ce point : “Les librairies ne font pas pour le moment partie des commerces ouverts. Mais elles pourront, comme les disquaires d’ailleurs, organiser des activités de livraison et de retraits de commandes, c’est-à-dire le “click and collect””. 
En conséquence, le Prix Goncourt, qui devait être décerné le 10 novembre, a été reporté, “par solidarité”. Françoise Rossinot, la déléguée générale de l’académie Goncourt, a affirmé : “Pour les académiciens, il n’est pas question de le remettre pour qu’il bénéficie à d’autres plates-formes de vente.” Car, comme lors du premier confinement, la concurrence d’Amazon et des supermarchés ne faiblira pas.
Librairies fermées, mais Fnac ouverte
Le fait que les boutiques Fnac soient, elles, autorisées à rester ouvertes, est à ce titre incompréhensible. Alors que les libraires s’étaient dotées d’un protocole de sécurité sanitaire éprouvé, les magasins Fnac, souvent immenses, pourront continuer leur activité au prétexte qu’ils vendent du matériel informatique “essentiel au télétravail”, comme s’en est indigné le député de la France insoumise Alexis Corbière.

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

Les magasins #FNAC vont finalement rester ouverts pendant le #confinement, au prétexte qu’ils vendent du matériel informatique “essentiel au télétravail”. Soit. Mais qui comprendrait qu’ils puissent continuer à vendre des livres si les petites #librairies doivent, elles, fermer ?— Alexis Corbière (@alexiscorbiere) October 29, 2020
Les Fnac, « considérées essentielles pour le télétravail », vont rester ouvertes, me dit un gérant.

J’encourage donc tous les libraires de France à dealer du câble USB— Grégory Blachier (@GregoryBlachier) October 29, 2020
Le “click and collect” n’est pour sa part pas suffisant pour consoler les librairies : “Il n’y a pas de commune mesure entre l’activité normale d’une librairie et du click and collect ou des expéditions qui ne représentent qu’un pis-aller, guère plus de 10 % de l’activité”, a expliqué Philippe Touron, directeur de la librairie Le Divan, à Paris, dans Le Monde.

>> A lire aussi : Y a-t-il un plan pour sauver les librairies ?

Les librairies constituaient pourtant une exception dans le pays culturel dévasté par la crise du coronavirus. Entre le 11 mai et fin septembre, les ventes avaient augmenté de 12 % par rapport à la même période en 2019, selon le Syndicat de la librairie française. Preuve que les livres constituent une valeur refuge importante, dont on aura du mal à se passer une nouvelle fois – il n’y avait qu’à voir le monde se presser une dernière fois dans les rayonnages des librairies le 29 octobre.
Derniers achats avant le confinement : les librairies prises d’assaut, à Paris comme ailleurs. pic.twitter.com/nOHTjRkyCw— Denis Cosnard (@DenisCosnard) October 29, 2020
Un monochrome noir
Ce “coup de tonnerre” – pour reprendre l’expression de la ministre de la Culture – est représentatif du choc à nouveau administré au secteur culturel par ce reconfinement. Le fait qu’Emmanuel Macron ne prononce même pas le mot culture lors de son allocution du 28 octobre était un signe avant-coureur : le secteur culturel se retrouvait, dans ses phrases, dilué dans les fameux “commerces non essentiels” et les “établissements recevant du public”. Jean Castex a confirmé les craintes dans sa conférence de presse le 29 octobre : “Les entreprises de l’événementiel et les secteurs du cinéma et du spectacle vivant seront fermés”, a-t-il affirmé, soulignant que cette décision était “douloureuse mais nécessaire pour assurer l’effectivité” des mesures anti-Covid.
Dans son discours à l’Assemblée nationale un peu plus tôt, il avait énoncé une maigre exception : “Pour la culture, nous autorisons le travail préparatoire aux spectacles, les répétitions, les enregistrements et les tournages afin de préparer les activités de demain.” Roselyne Bachelot a confirmé que “dès lors qu’il n’y aura pas de public”, certaines activités seront maintenues : “Tournages, répétitions à huis clos, enregistrements et captations des œuvres sans public.”
Mais ces nuances ne suffisent pas à rendre le tableau moins sombre. Pour le secteur de la culture, c’est un monochrome noir – a fortiori pour le monde de la nuit, comme l’a signalé récemment Laurent Garnier. A l’image du précédent confinement, il est à craindre que les seules entreprises de commerce en ligne – les Gafam, Netflix ou YouTube -, qui ont une vision bien à elles de la culture, en profitent. Pour ce qui est de l’expérience émotionnelle, malgré la magie d’Internet, on repassera.

>> A lire aussi : Comment les artistes US se mobilisent contre Donald Trump 




Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/10/30/actualite/societe/reconfinement-la-culture-nechappe-pas-au-coup-de-massue/

Author :

Publish date : 2020-10-30 10:12:27

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Ce que révèle l’insondable pauvreté du lexique de Donald Trump

Ce que révèle l'insondable pauvreté du lexique de Donald Trump




S’il y a bien une chose qui caractérise Donald Trump, c’est sa passion de l’expressivité. Sur Twitter, il s’enivre compulsivement de l’affirmation de ses propres jugements ; à l’oral, il congédie, caricature, brocarde avec des formules définitives et un art consommé de l’invective. Si l’on glosait au début de son mandat sur la pauvreté de son vocabulaire, force est de constater qu’il a fait de ses mots des armes taillées pour faire mal.
La sémiologue Cécile Alduy, professeure de littérature à l’université de Stanford (Californie) et autrice de Ce qu’ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots (Seuil, 2017), décrypte la vision du monde du président américain à travers dix de ses mots ou procédés rhétoriques.

> > Lire aussi : 12 livres pour comprendre les années Trump

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

Nasty

Trump véhicule une vision manichéenne du monde, où tout est noir et blanc, et même hyper-noir et hyper-blanc. Il divise tout en catégories binaires hyperboliques et essentialisées. Il y a ses adorateurs inconditionnels (“fantastic”) et les autres (“horrible”, “loser”), les bons et les méchants (“bad”).
Toute personne qui le critique subit ses foudres, notamment sur Twitter, même si ce sont d’anciens supporteurs ou collaborateurs, comme Omarosa Manigault Newman (ancienne participante de The Apprentice, directrice de la communication de la Maison Blanche jusqu’en janvier 2018 – ndlr). “Nasty” est l’un des adjectifs courts, simples, efficaces qui discréditent les critiques d’une flèche.
Trump l’utilise surtout contre les femmes (Nancy Pelosi, Kamala Harris, Meghan Markle, la journaliste April Ryan, la maire de San Juan à Puerto Rico), ce qui trahit sa misogynie : les femmes politiques sont systématiquement ramenées à des traits de caractère émotionnels infantilisant (“nasty” s’utilise notamment pour les enfants – “nasty little girl”).

Cela joue sur le cliché de la femme vengeresse et irrationnelle. Trump ne répond jamais aux critiques sur le fond, ni par une correction factuelle, puisque son administration a inventé les “faits alternatifs”, ni par un mea culpa, qui serait un aveu de faiblesse dans son système de pensée, où il est impératif de projeter constamment une image de surperformance, de masculinité, de force.

Loser

La cosmologie trumpienne est calquée sur un reality show : le monde est divisé en “winners” et “losers”. Cela peut sembler primaire ou peu sérieux, mais cette partition de la société est fondamentalement ancrée dans l’imaginaire américain, fondé sur le darwinisme social, et se retrouve dans l’idéologie managériale du capitalisme à tous crins. Trump est devenu une célébrité avec le show The Apprentice, où il “virait” ou gardait les candidats et dégommait vertement les “losers”.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/10/28/actualite/actualite/ce-que-revele-linsondable-pauvrete-du-lexique-de-donald-trump/

Author :

Publish date : 2020-10-28 15:06:54

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
Les Inrocks

Comment les artistes US se mobilisent contre Donald Trump 

Comment les artistes US se mobilisent contre Donald Trump 




Ce ne sont que deux mots, cryptiques, et néanmoins la seule chose qu’on retiendra de la cérémonie des Oscars, le 4 mars 2018 : “Inclusion rider.” A l’issue d’un discours pour lequel l’épithète “vibrant” semble avoir été inventée, Frances McDormand, meilleure actrice pour 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance, demande à toutes les femmes nominées de se lever lorsqu’elle prononce ces sibyllines paroles que personne, sur le coup, ne comprend.
“Inclusion rider” (“avenant d’équité”), allait-on apprendre le lendemain dans la presse, est une clause d’inclusivité que certaines stars glissent dans leurs contrats afin d’obliger les producteurs à embaucher des technicien·nes (ou d’autres acteur·trices) issu·es de minorités. Prenant à témoin toute la profession devant les caméras, Frances McDormand allait donner corps à une idée qui commençait alors tout juste à circuler à Hollywood, et qu’on pourrait ranger sous une plus large bannière : Time’s Up. 
Le tournant Time’s Up
Né en janvier, dans la foulée de l’affaire Weinstein et du MeToo d’octobre de l’année précédente, Time’s Up (“il est temps”) entend non seulement en finir avec le harcèlement sexuel, mais aussi promouvoir l’inclusivité sur les plateaux de cinéma. Très vite, il devient le symbole et même le bras armé de cette lutte sur laquelle Frances McDormand vient de braquer les projecteurs. Au-delà d’Harvey Weinstein (grand donateur démocrate par ailleurs), c’est le Président, et tout ce qu’il incarne, contre lequel se dresse le mouvement.

sas.cmd.push(function() {
sas.render(“84812”);
});

Time Magazine ne s’y trompe pas, qui fait des “Silence Breakers”, celles qui ont brisé le silence pour parler haut et fort des femmes victimes d’abus sexuels, sa “personnalité de l’année 2017” dans un calendrier renvoyant sans cesse à Trump, du jour de son arrivée au pouvoir aux Women’s March (“marche des femmes”), évoquant ses déclarations telle “grab them by the pussy” (“il faut les choper par la chatte”) dénoncés par Tarana Burke, l’initiatrice de MeToo. 
Autant que la cause qu’il défend, le modus operandi de Time’s Up marque un tournant. Aux atermoiements des célébrités (les menaces, restées lettre morte, de quitter le pays) et au Trump bashing stérile des débuts succède ce mouvement collectif, comparable au mouvement de défense des droits civiques dans les années 1960 ; un mouvement pragmatique et efficace, avec ses deux cents avocats proposant par exemple, sur son site web, un soutien juridique à toute femme voulant porter plainte pour harcèlement sexuel.
Time’s Up va commencer à changer la donne, également, en termes d’inclusion. Selon le Center for the Study of Women in Television and Film, les femmes franchissent, en 2018-2019, “la barre historique des 30 %” aux postes principaux de l’industrie (productrice, actrice, réalisatrice, etc.). 5 % de plus qu’avant MeToo, même si on est encore loin, très loin, de la parité.
Retrouvez tous les épisodes de notre série “La Culture contre Trump” :
>> Episode 1 : Quel rapport Donald Trump a-t-il à la culture ?
>> Episode 2 : Comment la “Trump culture” a envahi l’Amérique



Source link : https://www.lesinrocks.com/2020/10/28/actualite/actualite/comment-les-artistes-us-se-mobilisent-contre-donald-trump/

Author : ,

Publish date : 2020-10-28 15:18:10

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Read more
1 2 3
Page 1 of 3